La Méditation - Cours de base en dix leçons
Leçon 9 : Quel est votre but ?
LEÇON 9
Quel est votre but ?
Quand les hommes et les femmes ont quelque chose d'important à faire dans la vie, ils s'en remettent aux faits. Dans leur vie personnelle, ils s'en remettent avant tout à leurs impressions. Pour les activités pratiques — ce qu'ils appellent les choses “réellement importantes” — il leur importe d'avoir un but. Ils dirigent leurs affaires de façon à en retirer un profit, pour gagner la course. D'une façon ou d'une autre, toute démarche est subordonnée à un but. Quel est le but de votre vie intime ? Être heureux ? Le bonheur, l'épanouissement ou la plénitude, la paix de l'âme, ne peuvent pas constituer un but. On en a l'expérience ici et mainte-nant, ou alors ils n'existent pas.
Penser que le bonheur est un but est un leurre, une impression illusoire, un mot que nous utilisons pour cacher le fait qu'en réalité, nos nombreux buts per-sonnels s'opposent les uns aux autres, et qu'il est impossible de les atteindre. Quand on s'efforce d'atteindre le bonheur, c'est qu'on confond ses désirs avec la réalité.
Par exemple, être un partenaire affectueux et amasser de l'argent sont deux buts communs. Un partenaire affectueux peut-il consacrer son temps à amasser une fortune ? Personne n'est capable d'amasser de l'argent alors qu'il rentre chez lui à l'heure pour partager les repas ou pour se détendre avec sa compagne et sa famille en fin de semaine. Il y a un conflit évident entre ces objectifs. Pour pou-voir réaliser l'un d'eux, il va falloir négliger l'autre. Si l'on cherche à réaliser les
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deux, on sera contraint de les négliger l'un et l'autre, de se diviser – ce qui ne manque pas de produire un malaise persistant.
Pour vivre dans le malheur et le mécontentement, nous sommes ainsi obligés de nous duper nous-mêmes. Puisqu'il nous est impossible de nous duper à pro-pos des faits, nous nous servons des impressions – des demi-vérités – pour justi-fier à nos yeux et aux yeux des autres notre conflit personnel pourtant injustifia-ble. Il n'est pas facile d'en prendre conscience, car chacun s'imagine que cela ne s'applique pas à lui.
Un être humain ordinaire court après tellement de buts éphémères, chan-geants, que, finalement, ceux-ci s'évaporent et conduisent la personne à une vie sans but. La plupart des objectifs qu'elle poursuit vont s'ajouter à celui de défen-dre ce qu'elle pense savoir. Aussi va-t-elle passer ses journées à se disputer, à spéculer, à s'affirmer, à exprimer son accord ou son désaccord à propos de ce qui se passe ou de ce qui se dit, ou encore à rester indifférente. Sa vie devient ainsi un compromis vague qui s'adapte au hasard des circonstances ; il n'y a aucun progrès, aucune ligne directrice. Le résultat est un épouvantable ennui ou un énorme désir d'évasion. Voilà pourquoi cette personne va se précipiter sur le journal du matin, sur la télévision, la radio, le téléphone, ou qu'elle passera son temps au bistrot et se consacrera à ses amis – cherchant tout ce qui peut combler le vide. Enlevez-lui le journal du matin ou telle émission de télé et sa journée est gâchée.
Cela fait longtemps que l'homme s'est persuadé que les journaux et tout le reste sont absolument nécessaires ; il n'a pas compris que ce sont des béquilles qui soutiennent habituellement le vide de son âme. Sinon, comment pourrait-il expliquer pourquoi des éléments tellement superficiels représentent une si grande partie de sa joie de vivre ?
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Votre problème, c'est que votre bonheur personnel dépend d'objets qui vous sont extérieurs, objets qui vont disparaître ou changer immanquablement, et de-venir ainsi la cause de votre malheur.
Passer aux actes vous tient à cœur, mais seulement pour des succès concrets, ou en vue d'une réussite. Que pouvez-vous faire pour remplacer votre dépen-dance habituelle à l'égard des journaux et des choses extérieures – sans pour au-tant interférer avec quoi que ce soit ? Pratiquer la méditation, l'observation de vous-même, la connaissance de vous-même. Parmi toutes les autres activités, celle-ci ne dépend de rien d'autre que de vous-même, et elle est sans fin.
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Observez la différence entre le fait de gérer des faits
et de gérer des impressions.
Notez comment, d'une façon ou d'une autre,
vous annoncez vos préférences ou vos aversions.
Ah, j'adore cela...
...Non, non, cela ne me plaît pas...
J'ai vraiment horreur de telle ou telle chose...
Regardez et voyez quel est le rapport
entre vos préférences et vos aversions
et le sujet en question.
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Quand vous êtes malheureux
ou frustré,
ou même lorsque vous êtes simplement
en train de grogner et de soupirer,
demandez-vous où est le compromis.
Quel est le compromis ?
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Essayez de passer cette journée sans parler du passé.
Ne soyez pas déçu si vous échouez.
Voyez comme le monde est fait du passé
et observez simplement comment vous-même y contribuez.
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Situation : une rencontre entre amis.
Vous êtes avec un groupe d'amis
et chacun raconte son histoire.
Abstenez-vous de raconter la vôtre
et voyez quel effet ça vous fait.
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Il y a quelque chose que vous faites par habitude,
qui est un gaspillage d'énergie
– et vous le savez.
Identifiez de quoi il s'agit.
Je ne ferai pas cela aujourd'hui.
Je renonce à le faire dès maintenant.
Renoncez-y maintenant
et chaque fois que cela se présente.
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Privez-vous du journal et de la télévision.
Simplement pendant une ou deux journées.
Passez-vous de vos distractions habituelles.
À la place, accordez-vous plus de temps pour vous-même.
Et au long de ces deux journées,
méditez aussi souvent que vous le pouvez.
Cherchez au moins à doubler la durée
de votre période de quiétude.
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