La Méditation - Cours de base en dix leçons
Comprenez ce que vous faites
Le premier objectif de la méditation est de devenir le maître de votre mental. Celui qui reste dans l'inquiétude n'a évidemment pas réussi. Même si vous vous rendez compte de la stupidité et de la futilité de cet étrange phénomène qu'est l'inquiétude ou l'angoisse, et que vous décidez de cesser de l'éprouver, vous ne parvenez pas à le faire. C'est le mental – votre maître – qui s'inquiète, pas vous.
Tout le monde a maîtrisé le mental jusqu'à un certain point. Étant donné ce-pendant que cette maîtrise n'est pas totale, l'effet obtenu est le même que si l'on prétendait être le maître d'un chien qui ne mord que de temps en temps. De toute évidence, le mental refuse d'être maîtrisé ; il va vous résister dès le début. Re-connaître ce fait ici et maintenant est une indication que vous avez déjà com-mencé à vous engager dans la bataille, de par votre faculté de compréhension.
Parmi ceux qui débutent une pratique de méditation, il y en a peu qui réussis-sent vraiment. La raison en est qu'ils ne comprennent pas que le mental lui-même est le problème. Leurs méthodes, leurs systèmes et leurs instructeurs utili-sent le mental pour vaincre le mental – c'est un exercice sans espoir. Dans la mé-thode que je vous propose, vous allez utiliser cette faculté supérieure qu'est votre compréhension, ainsi que quelques “trucs” pour inciter le mental à faire ce que vous voulez, alors même que vous allez de mieux en mieux comprendre quelle est sa nature. Le principe est simple : ce que vous comprenez, vous êtes en me-sure de le contrôler.
La compréhension se révèle être la clé de cette méthode. N'obéissez donc à aucune injonction de ce livre sans en avoir d'abord compris la raison, et sans avoir vérifié dans votre propre expérience si elle a ou non un sens. Si vous obéissez de façon automatique, vous êtes semblable à ces animaux dressés qui accomplissent une tâche sans en avoir compris la raison. Votre objectif est de
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devenir le maître – et tout maître est un maître parce qu'il ou elle comprend le sens de ce qui est accompli.
La méditation va vous démontrer que l'inquiétude est un automatisme. Elle n'est cependant qu'un des aspects de ce qui peut constituer un automatisme. La colère, la haine, l'agressivité, l'envie, le ressentiment, la tendance à juger les au-tres, à vous justifier, à condamner... sont tous des automatismes. Il en va de même pour l'apitoiement sur soi et la peur, ainsi que pour les deux émotions les plus persistantes et les plus douloureuses qui soient : le regret et le remords.
Alors que le mental vous contrôle, la moitié de votre vie se perd dans des “si”, des “mais”, des “il faudrait” ou “ça devrait”..., dans des doutes et des peurs mécaniques. Vous êtes pris au piège d'un monde où vous ne vivez qu'à moitié, alors qu'en même temps vous restez instinctivement conscient que quelque chose au plus profond de vous crie en sourdine pour pouvoir être délivré et s'ex-primer.
Comme le mental est incapable de trouver la clé par lui-même, cela vous conduit finalement – à l'instar de très nombreuses personnes avant vous – à vous demander en soupirant : “Où est-ce que je vais ? À quoi rime tout cela ?” Et vous ne trouvez pas la réponse. Même les génies et les millionnaires ne sont pas épargnés.
On a écrit et raconté beaucoup de bêtises à propos de la méditation. Pour cer-tains, le terme de "méditation" est presque considéré comme une grossièreté. Pour d'autres, il apparaît comme une plaisanterie. Pour la plupart des gens, la méditation est quelque chose d'aussi obscur et éloigné que peut l'être l'alchimie médiévale ; quelque chose dont les escrocs et les charlatans se sont emparés de-puis des siècles, aux fins d'exploiter sans cesse, par des absurdités et des mysti-fications, tous ceux et celles qui cherchent à se connaître.
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Il est bon également de signaler ici que le saint n'est pas nécessairement un sage et que le sage n'est pas nécessairement un saint.
Une grande partie de ce qu'on raconte sur la méditation relève en fait d'un su-jet différent : celui du monde psychique. Il est vrai que la méditation peut créer des expériences qui touchent au domaine psychique, et qu'elle en est souvent à l'origine. Mais ces expériences ne constituent que le sous-produit d'un état qu'il vous faudra traverser pour accéder à votre propre vérité. Si vous vous y arrêtez ou si vous tentez d'utiliser les forces totalement instables, non-fiables et fantai-sistes du monde psychique, vous n'aurez pas de vraies réponses mais, au contraire, de nouvelles questions.
Certaines techniques de méditation pratiquent l'excitation ou la stimulation émotionnelle, en proposant entre autres des moyens tels que la visualisation, les chants, les exercices d'imagination, la transe, etc. ; mais ces méthodes ne vous mèneront à aucun résultat concret si ce n'est d'accroître encore davantage votre confusion. Cela vient du fait que tout ce que vous projetez à partir de vous-même dans le monde psychique va, tôt ou tard, revenir vers vous sous une autre forme ; alors que, dans la méditation réelle, vous êtes toujours avec le neuf, sans jamais vous référer au passé ni ressentir le besoin de l'invoquer.
Même si elle utilise le corps, la méditation ne dépend pas de la position cor-porelle. Des exercices physiques particuliers, tels que le contrôle de la respira-tion ou le jeûne, ne sont pas nécessaires. Mais si vous les pratiquez déjà (en comprenant ce que vous faites), il n'y a aucune raison d'arrêter. Si ces exercices ne vous semblent pas nécessaires ou ne vous conviennent pas vraiment, ils vont disparaître naturellement au fur et à mesure que vous progresserez.
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L'ennemi, c'est le mental. C'est votre mental qui s'inquiète et bouillonne d'émotions négatives. C'est votre mental qui vous trahit, en omettant de s'obser-ver lui-même dans ses propres automatismes.
C'est le mental qui fait sourire le corps et qui en même temps complote la tra-hison. Ce n'est qu'une fois le corps libéré de l'interférence obstinée du mental, qu'il pourra sourire et fonctionner d'une manière naturelle.
Il n'est pas nécessaire d'envisager de renoncer à quoi que ce soit, d'aller visiter un autre pays ou de vous retirer dans une forêt ou une grotte. Le mental de l'homme est là où l'homme se trouve, et c'est à cet endroit même qu'il va lui fal-loir le maîtriser.
Lorsque vous étudiez un sujet quelconque, vous êtes en état de méditation ; votre esprit est alors calmement fixé sur ce sujet, à l'exclusion de tout autre. Après avoir étudié ou médité suffisamment longtemps sur le sujet en question, la connaissance que vous absorbez se cristallise en compréhension, et vous n'avez plus besoin de penser avant d'accomplir quelque chose.
Une telle compréhension produit à son tour une faculté d'un niveau plus élevé encore : l'intuition. En fonction de l'amour que vous portez au sujet étudié, la connaissance acquise se transforme en connaissance de vous-même, parce que l'amour crée l'union avec vous-même. Ainsi, en pratiquant de cette façon, vous devenez capable de percevoir des choses que d'autres ne voient pas, parce qu'ils ont étudié sans enthousiasme ou par obligation. Ceci est vrai non seulement si vous prenez pour sujet d'étude une langue étrangère par exemple, mais aussi et plus particulièrement dans l'apprentissage de la méditation, où le sujet étudié est vous-même.
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Plus vous méditez sur vous-même et plus vous vous observez au cours de vo-tre activité, plus votre esprit va s'apaiser et s'éveiller à la vigilance. Au bout d'un certain temps, vous constaterez que bon nombre des éléments perturbants et des-tructeurs contenus dans vos pensées auront commencé à disparaître. Vous cons-taterez que vous ressentez plus de beauté et de richesse dans votre vie ; un acte bienveillant, la profondeur d'un sourire, la volonté d'aider quelqu'un sans recher-cher la reconnaissance, l'absence de la peur du lendemain et d'autres sentiments positifs du même type vont remplir le vide laissé par la disparition des forces négatives. Vous commencez alors à “connaître” certaines choses qui ne peuvent être expliquées par des mots. Ceci constitue la naissance de l'intuition de la vie – la sagesse –, naissance engendrée par votre union croissante avec le sujet étu-dié, le sujet étant vous-même en l'occurrence.
Combien de temps faut-il pour maîtriser le mental ? À peu près aussi long-temps que pour apprendre une langue étrangère. La réussite dépend du temps et du calme que vous allez y consacrer. Si vous pratiquez les exercices de médita-tion en n'étant qu'à moitié motivé, vous échouerez tout comme un linguiste qui étudierait sans conviction.
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