La Méditation - Cours de base en dix leçons
Leçon 1 : La posture, la respiration, et le mental au repos
LEÇON 1
La posture, la respiration, et le mental au repos
Les meilleurs moments pour pratiquer la méditation sont le matin dès le ré-veil, et le soir juste avant de se coucher. L'assise durera de 10 à 15 minutes envi-ron. S'il y a un risque d'interruption ou de bruit, choisissez d'autres moments plus favorables.
Au début, n'essayez pas d'en faire trop. La réussite de la méditation dépend d'un bon état de relaxation et de la faculté de compréhension. Augmentez la du-rée et la fréquence des séances selon ce que vous jugerez adéquat.
Que vous en ayez envie ou non, la seule discipline consiste à pratiquer la mé-ditation de façon régulière. Parfois, le mental ne voudra pas méditer, particuliè-rement lorsque vous progressez et parvenez à lui procurer plus de quiétude. Il se peut que vous soyez contraint à changer les moments où vous méditerez ; mais toute excuse que vous vous trouverez pour essayer de justifier que vous devez sauter une séance sera fausse, mensongère.
À condition que vous soyez seul, vous pouvez vous asseoir n'importe où pour méditer. Au cas où un ami ou un membre de votre famille est en train d'appren-dre avec vous, il est concevable de vous asseoir ensemble ; cette séance, cepen-dant, ne devrait être qu'une séance supplémentaire. En méditant en solitaire, vous progressez plus rapidement. La présence d'une tierce personne va vous dis-traire ; vous verrez qu'il y a déjà suffisamment de distractions dans une pièce vide et silencieuse pour ne pas en ajouter d'autres. Il se peut aussi que vous tom-biez dans la dépendance, et soyez alors incapable de méditer en solitaire. Fina-
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lement, vous allez vous apercevoir que vous pourrez méditer n'importe où, même au cœur du tintamarre le plus bruyant, à condition que vous n'y soyez pas impliqué physiquement, et que vous demeuriez capable de maintenir la cons-cience de vous-même.
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Asseyez-vous sur une chaise, le dos bien droit, les pieds se touchant ou à quelques centimètres l'un de l'autre, les genoux écartés d'une façon naturelle. Les mains peuvent soit reposer individuellement sur les genoux ou les cuisses, soit être posées l'une sur l'autre sans effort, d'une manière détendue.
Maintenez la colonne bien droite.
Relâchez les muscles afin d'être bien détendu et à votre aise.
Gardez la tête droite.
Regardez droit devant vous et fermez les yeux.
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Il est important de se sentir à l'aise ; cependant, vous devez avoir, plus que d'habitude, une conscience précise de votre posture. Si vous n'êtes pas à l'aise, le mental se précipitera sans cesse sur la cause de l'irritation, au lieu de demeurer là où vous voulez qu'il soit. Si votre corps n'est pas plus droit que d'habitude, vous risquez de vous endormir.
Certaines gens ont du mal à ne pas tomber dans la somnolence, ce qui peut poser problème. C'est là un autre exemple des automatismes qui vous dominent. Ne vous découragez pas pour autant. Normalement, cela disparaît avec la prati-que. Le mental n'est pas habitué à être ralenti, sauf quand il s'endort ; il associe donc la méditation au besoin de dormir. C'est là un nouvel exemple du contrôle
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que le mental exerce sur notre subconscient. Évitez de méditer immédiatement après un repas : un estomac lourd est une incitation au sommeil.
Les méditants indiens pratiquent la méditation assis à même le sol, les jambes croisées, parce qu'il est normal, en Inde, de s'asseoir de cette façon-là. Eux aussi risquent de s'endormir. Lors de la méditation, ils s'efforcent donc d'avoir une position un petit peu plus droite. Certains Occidentaux, qui ne comprennent pas cela, adoptent la posture indienne comme si celle-ci était essentielle à la médita-tion. Ils luttent pendant des mois afin de surmonter le manque de confort de cette position inaccoutumée et, après y être parvenus, considèrent souvent cet exploit de maîtrise de soi comme étant le fruit d'une méditation réussie. Ce n'est pas le cas. Il s'agit là d'une maîtrise du corps et non pas d'une maîtrise de soi-même.
Le mental est l'ennemi de la méditation. À ce stade, vous ne devez pas perdre de temps à lutter contre le corps. La lutte implique un entraînement ; et l'entraî-nement est un automatisme. Il n'y a aucun conflit ; il n'y a rien à prouver. Car le mental est en mesure de l'emporter à chaque fois.
Il est préférable de fermer les yeux, parce que cela empêche le mental de s'emballer. Tout ce que vous voyez, tout ce que vous entendez, va, par associa-tions, vous rappeler d'autres choses. Du fait que ces autres choses sont présentes dans votre mémoire, vous allez vous mettre à penser – et de nouveau, c'est le mental qui prend le dessus. Vous ne pouvez ni vous boucher les oreilles ni met-tre votre odorat en veilleuse, ni supprimer votre goût ou votre toucher. En ce qui concerne la vue par contre, qui est des cinq sens celui qui peut nous distraire le plus, vous pouvez éliminer temporairement cette distraction en fermant les yeux.
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Asseyez-vous bien droit sur une chaise. Maintenant, fermez les yeux et respi-rez lentement et profondément, trois à quatre fois de suite.
Ces respirations lentes et profondes permettent de mettre le corps à l'aise et d'empêcher le mental de trouver une cause supplémentaire d'irritation dans le manque d'oxygène. Chaque fois que l'on tente quelque chose de nouveau, on a tendance à respirer faiblement. Alors, le corps ne reçoit plus suffisamment d'oxygène et perd une partie de son efficacité. Parce qu'il lui manque une connaissance suffisante de lui-même, le mental est incapable de localiser la cause du mal ; cette confusion se traduit par un manque de concentration ou d'at-tention. Cet effet peut s'avérer désastreux pour un artiste qui se produit pour la première fois face à un public. La peur de l'échec augmente la tension, la respi-ration devient haletante, se transforme en souffle saccadé, et le corps devient de plus en plus inefficace. Le mental n'est pas conscient que c'est sa propre an-goisse qui en est la cause. Il se sent de plus en plus rapidement emporté par une vague de panique, jusqu'à ce qu'il en vienne à un brusque arrêt ; il reste alors fi-gé, immobile, non dans la liberté, mais dans la terreur provoquée par l'émer-gence de sa propre conscience. Si la personne concernée commence à jouer sur scène d'une manière mécanique, il lui faudra reprendre son souffle afin de réta-blir le cycle respiratoire, ce qui lui permettra de s'en sortir d'une manière non consciente.
Commencez donc par respirer consciemment ; pendant la séance, respirez profondément toutes les trois ou quatre minutes, ou bien à chaque fois que vous sentez que votre corps éprouve le besoin de prendre deux ou trois respirations profondes.
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Tout ce dont vous avez besoin maintenant, c'est de pouvoir fixer votre mental sur un élément précis. C'est à ce stade que, la plupart du temps, les méditations échouent. Vous avez besoin d'un objet : il est en effet impossible que le mental non-maîtrisé puisse atteindre la quiétude en pleine conscience sans se fixer sur un objet. Le mental dominé par les automatismes est incapable d'être au repos ; même pendant le sommeil, il continue son bavardage, en-dessous du niveau de la conscience immédiate. Il est constamment en train de penser ou de s'occuper.
Si vous fermez les yeux maintenant et essayez de ne pas penser, vous allez échouer. Vérifiez-le.
En quelques secondes, le mental se sera mis à penser par associations. Autre-ment dit, il entend, sent ou ressent quelque chose qui lui rappelle un fait enfoui dans sa mémoire. Il dévale alors le long d'une suite d'idées ou d'images apparen-tées. Lorsque vous le rattrapez de nouveau, vous verrez qu'il est à un kilomètre de la première idée. Si vous fixez votre attention sur un sujet défini, la pensée suivra une voie plus logique ; mais le mental refusera quant à lui de rester calme, quel que soit le sujet sur lequel vous le fixiez.
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La plupart des gens confondent un mental calme avec un mental à vide, stupé-fié. Loin de là. Un tigre calme n'est pas la même chose qu'un tigre avachi ou abruti. Un mental calme, tout comme un tigre calme, est alerte, conscient, équi-libré et prêt à l'action.
En Orient, il est courant de fixer le mental sur une statuette du Bouddha, ou sur tout autre aspect formel d'une divinité. Cependant, si l'étudiant n'a pas la sta-tuette sur lui, cela va poser un problème, et dans cette éventualité, méditer va s'avérer difficile. Le mental commence à obéir à la présence de la statuette
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comme un lion dressé qui obéit à la vue du fouet. Il y a, dans l'Himalaya, un In-dien qui a pratiqué la méditation pendant de nombreuses années. De sa petite hutte, il a une vue incroyablement belle sur la chaîne enneigée des Himalayas : la grandeur et la majesté de ces montagnes sont un véritable ravissement chaque fois que vous les regardez. Pourtant, face à ce paysage magnifique, il a placé une petite statuette d'un dieu hindou en béton gris, sur laquelle il médite...
Si l'étudiant essaie de fixer son mental sur une seule image, comme l'ensei-gnent certaines écoles, il échouera. En effet, le mental non maîtrisé n'est pas ca-pable de se fixer de façon continue sur une seule image. La seule exception, c'est lorsque le mental est saisi par un amour extraordinaire ou une douleur immense : dans ce cas, la méditation est naturelle et constante, et aucune méthode n'est né-cessaire. Mais de tels cas sont rares et impliquent une très grande souffrance.
Certains maîtres encouragent à méditer sur des passages d'Écritures Saintes. Ceci est efficace si vous aimez vraiment Dieu, et admettez la vérité des passages en question. Mais ce n'est pas là une méthode de méditation : c'est une fin en soi. La méditation est un moyen, non une fin.
La méditation est une route qui mène quelque part, une voie qui mène à un état d'être inébranlable. La première chose est d'apprendre comment accéder à cette route, comment amener votre mental à la quiétude et le réduire au silence. Ça n'est qu'ensuite, en fin de compte, que la quiétude pourra devenir un état na-turel à part entière.
Il arrive assez souvent que des gens aient des moments de quiétude, des intui-tions et des révélations lumineuses par d'autres moyens que celui d'une médita-tion correctement pratiquée. Mais ces moments sont douloureusement éphémè-res, même pour les chercheurs les plus ardents. Ceci est dû au fait qu'ils se sont mis en route pour trouver la voie à suivre avec un mental tendu, agité, avide, et
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non avec un mental apaisé, au repos. Tant que vous rechercherez à obtenir un résultat avant d'avoir calmé votre mental, vous agirez en vain. Le calme est la voie.
Un mental au repos n'a pas besoin de chercher ou de demander. Tout est déjà là, simultanément au début et à la fin. Il suffit de regarder, simplement, et alors on voit ce qui est.
Dans la prochaine leçon, nous méditerons sur un élément qui va nous faire accéder à la quiétude, et non à un accroissement du flot de la pensée. Puisque le mental se met à penser lorsqu'il regarde des objets extérieurs à vous-même, pour commencer à l'apaiser, il va vous falloir tourner votre regard vers l'intérieur.
Mais tout d'abord, relisez cette leçon et mettez-la en pratique...
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Prenez votre résolution...
Je suis assis ici pour méditer.
Pendant les dix minutes qui viennent, je n'ai besoin de ne rien faire d'autre, ni de penser à autre chose.
S'il y a quelque chose à faire, allez-y et faites-le, ou pensez-y,
Puis revenez, l'esprit vierge.
Je sais que toute idée ou agitation qui risque de surgir en moi est totalement fausse et provient du mental.
Je suis assis ici pour méditer.
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Prenez place sur une chaise solide.
Tenez-vous droit.
Maintenez la colonne bien droite.
Relâchez les muscles.
Fermez les yeux et expirez jusqu'à ce que tout l'air soit parti.
Inspirez lentement et doucement ; remplissez-vous d'air.
Expirez jusqu'à ce que vous soyez vide.
Répétez ce cycle de respiration profonde trois fois de suite.
Profondément. Lentement. D'une manière égale.
Maintenant laissez votre corps respirer naturellement.
Soyez calme.
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Une pensée arrive.
Vous commencez à penser à quelque chose.
Observez-vous.
Penser est la manifestation d'un automatisme.
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Attrapez la pensée.
Puis expirez...
comme si vous vouliez souffler la pensée loin de vous.
Expirez les pensées !
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