La moisson rouge
Chapitre Premier
La première fois que j’avais entendu appeler Personville, Poisonville, c’était par un rouquin prétentieux du nom de Hickey Devey dans la grande salle du Big Ship, à Butte. Mais comme il prononçait les i comme les r, je n’avais pas fait at-tention à la manière dont il déformait le mot. Plus tard, je devais entendre des hommes capables de prononcer correc-tement les r lui faire subir la même déformation. Je n’y avais jamais vu autre chose que le même genre d’humour facile par lequel la pègre transforme « dictionnary » en « ri-
chardsnary » 1. Ma visite à Personville me démontra mon er-reur.
Utilisant une des cabines téléphoniques de la gare, j’appelai le Herald et demandai Donald Willsson pour lui dire que j’étais arrivé.
– Voulez-vous venir chez moi à dix heures, ce soir ? (Il avait une voix nette et bien timbrée.) C’est 2101, Mountain Boulevard. Prenez le tram de Broadway et descendez à Lau-rel Avenue. C’est à deux rues de là.
Je lui promis. Je me fis ensuite conduire en taxi jusqu’au Great Western Hotel et, après y avoir déposé mes bagages, je partis faire un tour dans la ville.
1 Dick, diminutif de Richard.
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La ville n’était pas jolie. La plupart de ses propriétaires devaient aimer le genre voyant. L’effet avait peut-être été ré-ussi au début. Mais, depuis, la fumée jaune des fonderies dont les cheminées de brique s’élevaient au sud devant une morne colline, avait tout revêtu d’une teinte uniforme et triste.
Par là-dessus s’étendait un ciel gras qu’on aurait dit éga-lement issu des cheminées des usines.
Le premier policeman que j’aperçus aurait eu besoin d’un coup de rasoir. Le second portait un uniforme minable auquel il manquait deux boutons. Un troisième se tenait au milieu du principal carrefour de la ville – le croisement entre Broadway et Union Street – dirigeant la circulation avec un cigare au coin du bec. Après celui-là, je cessai de les passer en revue.
À neuf heures trente, j’attrapai un « car » dans Broadway et me mis en devoir de suivre les instructions de Donald Willsson. Elles m’amenèrent à une maison située au milieu d’une pelouse entourée d’une haie qui formait l’angle d’une rue.
La bonne qui vint m’ouvrir la porte me déclara que Mr Willsson n’était pas chez lui. Pendant que je lui expli-quais que j’avais rendez-vous avec lui, une mince jeune femme blonde paraissant un peu moins de trente ans, vint à la porte. Elle avait une robe de crêpe de Chine vert. Lors-qu’elle sourit, ses yeux bleus ne perdirent rien de leur dureté minérale. Je lui répétai mon explication.
– Mon mari n’est pas là pour le moment. (Un accent presque imperceptible estompait la prononciation de ses s.)
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Mais s’il vous attendait, il ne va probablement pas tarder à rentrer.
Elle me fit alors monter dans une pièce donnant sur Lau-rel Avenue. C’était une pièce décorée en brun et rouge qui contenait une quantité de livres. Lorsque nous fûmes assis sur des chaises de cuir, à demi tournés l’un vers l’autre et à proximité du charbon qui rougeoyait dans une grille, elle se mit en devoir de découvrir quelle était l’affaire qui m’amenait voir son mari.
– Vous habitez Personville ? commença-t-elle.
– Non, San Francisco.
– Mais ce n’est pas la première fois que vous venez ?
– Si.
– Vraiment ? Comment trouvez-vous notre ville ?
– Je n’en ai pas vu assez pour être fixé. (C’était un men-songe, je l’étais.) Je ne suis arrivé que cet après-midi.
Elle détourna son regard pour dire :
– Vous allez sans doute trouver que c’est un endroit bien morne.
Puis elle revint à son enquête :
– Mais je suppose que tous les centres miniers sont la même chose. Vous vous occupez de mines ?
– Pas en ce moment.
Elle jeta un coup d’œil vers la pendule et dit :
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– Ce n’est pas bien de la part de Donald de vous avoir fait venir ici à une heure pareille pour vous faire attendre.
Je l’assurai que cela ne faisait rien.
– Mais vous n’êtes peut-être pas venu pour affaire ? sug-géra-t-elle.
Je ne répondis pas.
Elle se mit à rire, d’un rire bref et irrité.
– Je ne suis réellement pas aussi indiscrète d’ordinaire, que vous pouvez le croire, dit-elle en souriant. Mais vous êtes si extraordinairement renfermé que je n’ai pu m’empêcher de me sentir curieuse. Vous n’êtes pas un « boo-tlegger », par hasard ? Donald en change si souvent…
Je me bornai à sourire.
Le téléphone sonna quelque part en bas. Mrs Willsson tendit vers le feu un pied chaussé d’un escarpin vert, et fit mine de n’avoir pas entendu. Je ne m’expliquai pas le pour-quoi de cette mimique.
Elle commença : « Je crains bien d’être obligée de… » puis s’interrompit pour regarder la bonne qui venait d’apparaître à la porte.
Celle-ci annonça qu’on demandait Mrs Willsson à l’appareil. Elle s’excusa et sortit derrière la bonne. Elle ne descendit pas au rez-de-chaussée mais utilisa un appareil placé à portée de voix.
J’entendis : « Ici, Mrs Willsson… Oui… Je vous de-mande pardon ?… Qui ?… Vous ne pourriez pas parler un
– 7 – peu plus haut ?… Quoi ?… Oui… Oui… Qui parle ?… Allo, allo ! »
Le crochet de l’appareil cliqueta et des pas rapides s’éloignèrent dans le hall.
J’allumai une cigarette et gardai les yeux fixés sur l’extrémité allumée jusqu’à ce que j’eusse entendu descendre l’escalier. Je m’approchai alors d’une fenêtre. Soulevant un coin du store, je jetai un regard dans Laurel Avenue et sur le cube blanc d’un garage qui se trouvait de ce côté, sur les der-rières de la maison.
Bientôt, une mince silhouette féminine, en manteau et en chapeau noirs, sortit de la maison et se hâta vers le ga-rage. C’était Mrs Willsson. Elle s’éloigna au volant d’un cou-pé Buick. Je retournai à ma chaise et attendis.
Trois quarts d’heures s’écoulèrent. Cinq minutes après onze heures, les freins d’une automobile grincèrent au de-hors. Deux minutes après, Mrs Willsson entrait dans la pièce. Chapeau et manteau avaient disparu. Son visage était livide, ses yeux presque noirs.
– Je suis absolument désolée, dit-elle avec un mouve-ment convulsif de ses lèvres minces, mais vous allez avoir at-tendu tout ce temps pour rien. Mon mari ne rentrera pas ce soir.
Je lui dis que je tâcherais de l’atteindre le lendemain ma-tin au Herald.
Je m’éloignai en me demandant pourquoi le bout vert de son soulier gauche portait une tache sombre et humide qui ressemblait à du sang.
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*
* *
J’allai à pied jusqu’à Broadway où je sautai dans un tram. Trois blocs avant mon hôtel, je descendis en marche pour découvrir la raison d’un rassemblement formé devant une entrée latérale du City Hall.
Trente ou quarante hommes et une poignée de femmes étaient massés sur le trottoir, regardant une porte marquée Police Department. Il y avait là des mineurs et des ouvriers des fonderies encore vêtus de leurs vêtements de travail, des gigolos de dancing et des habitués d’académies de billard, minces avec de minces figures pâles, des hommes dont l’aspect effacé révélait leur qualité de respectables pères de famille, une pincée de femmes tout aussi respectables et ternes et quelques belles du trottoir.
Je fis halte au bord de ce rassemblement, à côté d’un in-dividu trapu vêtu d’un costume gris tout froissé. Son visage présentait également une teinte grise qui s’étendait jusqu’à ses lèvres épaisses. La grossièreté de traits de son visage large n’excluait pas l’intelligence. La seule note de couleur de l’ensemble était fournie par une cravate rouge qui flottait sur sa chemise de flanelle grise.
– Qu’est-ce qui se passe ? demandai-je.
Avant de répondre, il commença par me regarder en dé-tail, comme s’il avait voulu s’assurer que son renseignement s’adressait au bon endroit.
– Don Willsson est monté s’asseoir à la droite du Père… si une peau trouée par des balles ne lui offusque pas la vue.
– Qui a tiré sur lui ? demandai-je.
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L’homme en gris se gratta la nuque et dit :
– Quelqu’un avec un revolver.
Je cherchais des renseignements et non des plaisante-ries. J’aurais tenté ma chance auprès d’un autre spectateur mais la cravate rouge m’intéressait. Je repris :
– Je suis un étranger ici. Payez-vous ma tête, c’est pour ça que les étrangers sont faits.
– Donald Willsson, esquire, éditeur des Morning et Eve-ning Herald, a été trouvé quelques instants auparavant dans Hurricane Street, tué à coups de revolver par une main in-connue… Il avait récité sa tirade d’un ton rapide et chanton-nant. « Cela suffira-t-il à vous empêcher d’être vexé ? »
– Merci. Je tendis un doigt et touchai le bout flottant de la cravate rouge.
– Ça signifie quelque chose… ou c’est juste pour l’effet ?
– Je suis Bill Quint.
– Bon Dieu ! m’écriai-je, en essayant de situer le nom ; je suis heureux de vous rencontrer !
Je sortis mon porte-carte et feuilletai rapidement la col-lection de pièces d’identité que j’avais ramassé à droite et à gauche. Ce que je cherchais c’était la carte rouge. Elle me donnait pour un certain Henry F. Neil, navigateur qualifié et membre estimé de l’internationale Ouvrière. Naturellement, il n’y avait pas un mot de vrai.
Je passai la carte à Bill Quint. Il la lut soigneusement, recto et verso, me la rendit et m’examina des pieds à la tête sans marquer beaucoup de confiance.
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– On ne va pas le re-tuer tout de suite, dit-il. De quel cô-té allez-vous ?
– Ça m’est égal.
Nous descendîmes la rue ensemble, tournâmes dans une autre et, d’après ce qu’il me sembla, tout à fait au hasard.
– Qu’est-ce qui vous amène ici, si vous êtes marin ? de-manda-t-il sans avoir l’air d’attacher aucun intérêt à sa ques-tion.
– Où avez-vous pris que j’étais marin ?
– Et la carte ?
– J’en ai une autre qui dit que je suis bûcheron, répli-quai-je. Si vous voulez que je sois mineur, j’en aurai une autre demain matin.
– Pas de danger, c’est moi qui les donne ici.
– Et si vous receviez une dépêche de Chi2 ? répliquai-je.
– Chi peut aller au diable ! C’est moi qui commande ici. D’un signe de tête, il indiqua l’entrée d’un restaurant et sug-géra : « Un glass ? »
– Seulement entre les repas…
Nous traversâmes le restaurant et montâmes un escalier qui nous conduisit à une pièce étroite du second étage, gar-nie d’un long bar et d’une rangée de tables. Bill Quint salua d’un signe de tête, lança un « Hullo ! » à un certain nombre
2 Chi, abréviation de Chicago.
– 11 – d’hommes et de femmes assis aux tables et au bar et me pilo-ta jusqu’à une des stalles masquées de rideaux verts ména-gées dans le mur en face du bar.
Nous passâmes les deux heures suivantes à boire du whisky et à causer.
Dans l’opinion de l’homme gris, je n’avais aucun droit à la carte que je lui avais montré non plus d’ailleurs qu’à celle que j’avais mentionné ensuite. Il ne croyait pas que je fusse un « pur ». Et, en sa qualité de grand manitou de l’Internationale Ouvrière de Personville, il considérait comme un devoir de me tirer les vers du nez sans se laisser pomper les secrets des « rouges » de l’endroit.
Je n’y voyais pas d’inconvénients. Les affaires de Per-sonville m’intéressaient et il ne demandait pas mieux qu’en parler dans l’intervalle de ses tentatives périodiques pour élucider la manière dont la carte rouge était venue en ma possession.
Ce que je réussis à en tirer revenait à peu près à ceci :
Pendant quarante ans, le vieil Elihu Willsson – le père de l’homme qui venait d’être tué cette nuit-là – avait possédé Personville et, comme on dit, jusqu’au trognon. Président et propriétaire de la majorité des actions de la Personville Mi-ning Corporation, ainsi que de la First National Bank, des Morning et Evening Heralds, les seuls journaux de la ville, il était également propriétaire – ou, au moins, commanditaire – de presque toutes les autres entreprises présentant quelque importance. En même temps que ces différentes possessions, il tenait en son pouvoir un sénateur de l’Union, une paire de Représentants du Peuple, le Gouverneur, le Maire et la plus
– 12 – grande partie de la législature locale. Elihu Willsson était Per-sonville et il n’était pas loin d’être l’État entier.
Pendant la guerre, les I. W. W.3 – alors en pleine ascen-sion dans l’Ouest – avaient réussi à syndiquer le personnel de la Personville Mining Corporation. Le personnel n’avait pas été exactement gâté par la Société. Une fois syndiqués, les ouvriers utilisèrent leur force toute neuve pour exiger les choses qu’ils voulaient. Le vieil Elihu leur accorda ce qu’il ne pouvait leur refuser et attendit son heure.
Elle arriva en 1921. Les affaires allaient mal. Le vieil Eli-hu ne demandait pas mieux que fermer boutique pour un bout de temps. Il dénonça l’arrangement conclu avec ses hommes et commença à les ramener à leurs gages d’avant-guerre à coups de pied dans les reins.
Naturellement, le personnel se mit à hurler à l’aide. L’Internationale Ouvrière de Chicago délégua Bill Quint pour les organiser un peu. Il était opposé à une grève ouverte et préférait le vieux truc de sabotage ; continuer le travail, mais tout bousiller de l’intérieur. Mais l’énergie des gars de Per-sonville réclamait autre chose. Ce qu’ils voulaient, c’était se mettre en vedette et écrire une page d’histoire ouvrière.
Ils firent grève.
La grève dura huit mois. Des deux côtés, il y eut du sang. Les « purs » furent obligés de faire leur travail eux-mêmes mais le vieil Elihu embaucha des gunmen, briseurs de
3 I.W.W., International Workers of the World ; Internationale ou-vrière américaine, sans rapport avec les organisations européennes similaires.
– 13 – grève et autres gardes nationaux et jusqu’à des hommes de l’armée régulière. Le dernier crâne fendu, la dernière côte enfoncée, le prolétariat conscient de Personville ne fut plus qu’une fusée éteinte.
Mais, disait Bill Quint, le vieil Elihu ne connaissait pas son histoire italienne. Il avait brisé sa grève mais il avait per-du sa prise sur la ville et sur l’État. Pour mater les mineurs, il avait été obligé de lâcher la bride à ses tueurs. Et, la bataille finie, il s’était découvert incapable de s’en débarrasser. Il leur avait donné sa ville et il n’était pas assez fort pour la leur reprendre. Personville ne leur avait pas semblé un mau-vais morceau et ils s’en étaient saisis. Ils avaient gagné sa grève mais sa ville constituait leur butin. Il ne pouvait rompre ouvertement avec eux. Ils en savaient trop long. C’était lui qui était responsable de tout ce qu’ils avaient fait pendant la grève.
Parvenus à ce point du récit de Bill Quint, lui et moi étions passablement mûrs. Il repoussa ses cheveux qui lui tombaient dans les yeux, vida son verre et mit son exposé historique complètement à jour :
– À l’heure actuelle, le plus fort de la bande est proba-
blement Pete le 4 Finn. La drogue que nous buvons en ce moment, c’est la sienne. Ensuite, il y a Lew Yard. Il a une boutique de prêteur sur gage dans Parker Street et fait un tas de fric dans les affaires de cautions judiciaires. D’après ce qu’on dit, il a une main dans tous les coups durs de la ville, tout en étant rudement bien avec Noonan, le chef de la Po-
4 Surnom formé par l’abréviation du mot désignant la nationali-sé finlandaise.
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lice. Ce 5 6 kid de Max Thaler – Whisper – a aussi une bande d’amis. C’est un petit brun avec quelque chose qui cloche dans la gorge… Peut pas parler. C’est un joueur. Ces trois là et Noonan mènent la barque avec Elihu… et ils la mènent plus que le vieux ne voudrait. Mais il faut qu’il marche, si-non…
– Le type qui a été descendu ce soir, le fils d’Elihu, qu’est-ce qu’il faisait dans tout ça ? demandai-je.
– Il restait à la place où son papa l’avait mis… et il y est encore en ce moment.
– Vous voulez dire que le vieux l’aurait fait…
– Possible, mais je ne veux pas dire ça. Don venait de revenir ici et il avait commencé à diriger ses journaux pour le vieux. Ça ne ressemblait pas beaucoup au vieux crabe de se laisser arracher quelque chose sans regimber. Mais il était obligé de rester copains avec les types en question. Il a donc ramené son garçon et sa Française de femme ici pour se ser-vir de lui comme homme de paille – un joli truc, pour un père ! Don a commencé une campagne de réforme dans ses canards. Il voulait nettoyer le patelin « du vice et de la cor-ruption », c’est-à-dire : balayer Pete, Lew et Whisper si on pouvait y arriver. Vous saisissez ? Le vieux utilisait le gars
5 Kid, gosse. Épithète fréquemment accolée à un nom pour constituer un surnom. Peu avoir pour origine la jeunesse effective de celui qu’on surnomme ainsi, mais quelquefois simplement l’aspect de la jeunesse ou même la juvénilité du caractère.
6 Whisper, littéralement : chuchotement.
– 15 – pour se débarrasser de ceux qui le gênaient. À mon idée, ils se sont fatigués du truc.
– Il y a bien des choses qui n’ont pas l’air de coller avec cette idée-là, dis-je.
– Rien ne colle avec rien dans ce sacré patelin de mal-heur… Vous n’en avez pas assez de cette boîte ?
Je répondis que si. Nous descendîmes la rue. Bill Quint m’informa qu’il habitait le Miners’Hotel, dans Forest Street. Comme mon hôtel était sur son chemin, nous fîmes route en-semble. Devant mon hôtel, un grand type mastoc, qui se te-nait debout sur le bord du trottoir et qui avait l’allure d’un agent en bourgeois, parlait à l’occupant d’une Studs de tou-risme.
– C’est Whisper qui est dans la voiture, me dit Bill Quint.
Mon regard dépassa le gros policier et j’aperçus le profil de Thaler. C’était un homme jeune, brun et de petite taille avec des traits aussi nets que s’ils avaient été gravés au bu-rin.
– Il est mignon, dis-je.
– Mignon ? dit l’homme gris. Qu’est-ce que vous diriez de la dynamite, alors !
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