La moisson rouge

Dashiell Hammett · Chapitre 20 sur 27

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La moisson rouge

Chapitre XX: Le Laudanum

CHAPITRE XX

 

 

LE LAUDANUM

 

Dick Foley attendait au coin de la rue dans l’automobile qu’il avait louée. Je me fis conduire par lui jusqu’à une rue voisine de chez Dinah Brand où je descendis pour faire le reste du chemin à pied.

– Vous avez l’air fatigué, dit-elle. C’est le travail ?

– J’ai assisté à une conférence de paix d’où devraient sortir au moins une douzaine d’assassinats.

Le téléphone se fit entendre. Elle répondit et m’appela.

C’était la voix de Reno Starkey :

– J’ai pensé que ça vous intéresserait d’apprendre que Noonan a été transformé en écumoire à coups de revolver à sa descente de bagnole, juste en face de chez lui. On peut dire qu’il a eu son compte. Ils lui ont flanqué au moins trois douzaines de balles dans la peau.

– Merci.

Les grands yeux bleus de Dinah se firent interrogateurs.

– Premiers fruits des négociations de paix, annonçai-je. C’est Whisper Thaler qui les a cueillis. Où est le gin ?

– C’était Reno qui parlait, n’est-ce pas ?

 

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– Oui. Il avait pensé que ça m’intéresserait de savoir que la police de Poisonville n’avait plus de chef.

– Vous voulez dire que…

– Que Noonan vient de passer l’arme à gauche, d’après ce que Reno affirme. Est-ce que vous n’avez pas de gin ou tenez-vous absolument à me le faire réclamer ?

– Vous savez où il est. Vous leur avez encore joué un de vos tours ?

Je passai dans la cuisine, j’ouvris la glacière et je com-mençai à briser la glace en morceau avec un pic à glace composé d’une lame aiguë longue d’une douzaine de centi-mètres emmanchée dans une poignée ronde, blanche et bleue. La fille s’était postée debout dans le cadre de la porte et posait des questions. Je les laissai sans réponse le temps d’emplir deux verres de glace, de jus de citron, de gin et d’eau de Seltz.

– Qu’est-ce que vous avez bien pu faire ? répéta-t-elle pendant que nous portions nos verres dans la salle à manger. Vous avez l’air sens dessus dessous.

– Cette saleté de ville commence à me faire perdre la tête. Si je ne pars pas bientôt je vais devenir aussi sangui-naire que ses habitants. Qu’est-il arrivé depuis que je suis ici ? Une douzaine et demi d’assassinats ! Donald Willsson, Ike Bush, les quatre macaronis et le flic de Cedar Hill ; Jerry ; Lew Yard ; Dutch Jack, Blackie Whalen et Put Collings à la Flèche d’Argent ; Big Nick, le flic que j’ai descendu ; le gamin blond que Whisper a descendu ici ; Yakima Shorty, le visiteur du vieil Elihu, et maintenant, voilà que c’est le tour de Noo-nan. Ça en fait seize en moins d’une semaine et ça ne fait que commencer.

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– Ne faites pas cette figure-là, dit-elle vivement.

Je me mis à rire et continuai :

– Ce n’est pas le premier meurtre que je vois et j’en ai arrangé plus d’un quand c’était nécessaire. Mais c’est la première fois que ça me porte à la tête. C’est cette saleté de ville ! Pas moyen de marcher droit ici. Je suis mal parti dès le commencement. Quand le vieil Elihu m’a eu lâché, la seule chose qui me restait à faire était de lancer les types les uns contre les autres. Il fallait bien que je me débrouille pour faire le travail. Ce n’est pas ma faute si la seule manière de le faire devait déclencher cette kirielle d’assassinats ? Si le vieil Elihu se dégonflait, il n’y avait pas moyen de faire autrement.

– Eh bien ! si ce n’est pas votre faute, à quoi sert-il d’en faire toute une histoire ? Buvez donc votre verre.

J’en bus la moitié et éprouvai le désir de continuer.

– Si on joue avec le sang, ça finit toujours par vous at-traper. Ou ça vous rend fou ou ça vous rend malade. Pour Noonan, c’est la dernière chose qui est arrivée. Après l’assassinat de Yard, il a eu les foies. Il était prêt à tout pour faire la paix. Je l’ai mis dedans en lui conseillant d’organiser une réunion pour arranger les choses et faire la paix avec les autres survivants.

« La réunion en question a eu lieu chez Willsson, cette nuit. Charmante soirée ! Sous prétexte de dissiper tous les malentendus, j’ai mis la conduite de Noonan à découvert pour les lancer tous contre lui… Contre lui et Reno. Ça leur a fait lever la séance. Whisper a annoncé qu’il se retirait et Pete leur a dit leur fait à tous. Il leur a déclaré que toutes leurs chamailleries ne valaient rien à son commerce et qu’il

 

– 223 – lancerait ses bootleggers contre le premier qui bougerait. Ça n’a pas eu l’air de faire grand effet à Whisper ni à Reno.

– Le contraire m’aurait étonné, dit Dinah. Qu’est-ce que vous avez fait à Noonan ? Je veux dire, comment avez-vous tourné les autres contre lui et Reno ?

– J’ai dit aux autres qu’il avait toujours su que c’était MacSwain qui avait tué Tim. C’est d’ailleurs le seul men-songe que je leur aie raconté. Après ça, je leur ai expliqué que l’attaque de la banque avait été montée par Reno et le Chef et que Jerry avait été emmené et tué à la porte de la banque pour faire attribuer le coup à Whisper. Je savais que c’était ce qui avait dû arriver si ce que vous m’aviez raconté était vrai, c’est-à-dire si vous aviez bien vu Jerry descendre de l’auto, s’avancer vers la banque et tomber à ce moment-là. La balle qui l’avait tué l’avait en effet atteint dans le dos. De plus, cadrant avec ça, il y avait le fait que Mac Graw pré-tendait que, lorsqu’il avait aperçu l’auto des bandits pour la dernière fois, elle tournait dans King Street. La direction prise indiquait qu’ils devaient retourner au City Hall pour se ménager un alibi.

– Mais je croyais que le gardien de la banque prétendait que c’était lui qui avait tué Jerry ? C’était dans les journaux.

– Il l’a dit, mais c’est un bonhomme capable de dire n’importe quoi et de croire ensuite que c’est arrivé. Il a dû appuyer sur la gâchette en fermant les yeux et il s’est figuré que c’était lui qui avait abattu le gibier. Vous avez bien vu Jerry tomber ?

– Oui, je l’ai vu et il était bien tourné vers la banque, mais tout cela était trop embrouillé pour me permettre de

 

– 224 – distinguer qui l’avait tué. Il y avait un tas de types qui ti-raient et…

– Oui. Ils ont dû s’arranger pour ça. J’ai aussi révélé le fait que c’était Reno qui avait tué Lew Yard. Ce Reno est un dur, n’est-ce pas ? Noonan s’est dégonflé mais ils n’ont rien tiré de Reno qu’un « Alors, quoi ? ». Tout c’est d’ailleurs très bien passé, comme entre gens bien élevés. Ils étaient deux contre deux. Pete et Whisper contre Noonan et Reno. Mais aucun ne pouvait compter sur son allié pour le soutenir s’il tentait quelque chose et, avant la fin de la réunion, les al-liances étaient déjà changées. Noonan n’était plus dans le coup et Reno et Whisper étaient l’un contre l’autre avec Pete contre tous les deux ensemble. Et pendant qu’ils étaient tous là, assis bien sages à se surveiller, moi, je continuais à souf-fler la mort et la destruction.

« Whisper a été le premier à partir et, d’après ce qui s’est passé, on dirait qu’il a eu le temps de réunir quelques-uns de ses tueurs devant la maison du Chef avant le retour de celui-ci. Si Pete le Finn a parlé sérieusement, et il en avait bien l’air, il va essayer d’avoir la peau de Whisper. Pendant ce temps-là, comme Reno est au moins aussi responsable que Noonan de la mort de Jerry, Whisper devrait s’attaquer à lui. Mais Reno va essayer de devancer Whisper et ça va donner une chance à Pete. De plus, pendant ce temps-là, Reno va probablement avoir sur les bras tous les types de l’ancienne bande de Lew Yard qui ne veulent pas de lui comme chef. Et tout ça va faire un joli gâchis.

Dinah Brand tendit le bras à travers la table et me cares-sa là main. Son regard était troublé.

 

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– Ce n’est pas votre faute, mon chéri, assura-t-elle. Vous avez dit vous-même qu’il n’y avait rien d’autre à faire. Finis-sez votre verre et nous allons en boire un autre.

– J’aurais pu faire bien d’autres choses, au contraire, af-firmai-je pour la contredire.

« Le vieil Elihu ne s’est défilé la première fois que parce qu’ils en savaient trop sur lui pour les attaquer sans être complètement certain d’avoir leur peau. Comme il ne voyait pas comment je pourrais y arriver, il s’est mis de leur côté. Ce n’est pas absolument un bandit dans leur genre et, de plus, il s’imagine que la ville est sa propriété privée et il n’aime guère la manière dont ils la lui ont retirée des mains.

« J’aurais pu aller le voir cet après-midi et lui montrer que je les tenais. Il m’aurait probablement écouté et il se se-rait mis de mon côté. Il m’aurait alors fourni l’aide néces-saire pour conclure l’affaire d’une manière légale. J’aurais pu faire ça. Mais il était plus facile de les faire s’entre-tuer, plus facile et plus sûr en même temps et, maintenant que je m’y suis habitué, plus agréable aussi. Je ne sais pas comment je pourrai arranger ça aux yeux de l’Agence. Si le vieux dé-couvre ce que j’ai fait, il me fera mourir à petit feu. C’est cette saleté de ville. On a raison de l’appeler Poisonville, elle m’a empoisonné.

« Tenez. Ce soir, pendant que j’étais assis à la table de Willsson, j’ai joué avec eux comme le chat avec les souris, et il est certain que j’en tirais le même plaisir. Quand je regar-dais Noonan, je savais qu’il n’avait pas une chance sur mille de passer la nuit vivant à cause de ce que je lui avais fait, et ça ne m’empêchait pas d’avoir envie de rire et de me sentir tout chaud et tout joyeux. Je ne me reconnais plus. Ce qui me reste d’âme a la peau plutôt dure et, depuis vingt-cinq

– 226 – ans que je m’occupe de crimes, je peux regarder n’importe quel assassinat sans y voir autre chose que le pain de tous les jours. Mais que ça me fasse plaisir n’est pas naturel. C’est l’endroit qui est cause de ça.

Elle eut un sourire trop doux et parla avec une indul-gence affectée :

– Vous exagérez beaucoup, chéri. Ils n’ont pas volé ce qui leur arrive. Mais ne prenez pas cet air-là, vous me don-nez la chair de poule.

Je ricanai et passai dans la cuisine pour reprendre du gin. Lorsque je revins, elle me regarda d’un air anxieux, les sourcils froncés.

– Pourquoi rapportez-vous le pic à glace par ici, mainte-nant ?

– Pour vous montrer les idées que j’ai dans la tête. Il y a deux jours, si je l’avais seulement remarqué, ce n’aurait été que pour y voir un bon outil à casser la glace. Aujourd’hui… (je fis glisser un doigt le long des quinze centimètres d’acier jusqu’à l’extrémité aiguë). Une jolie épingle pour clouer un homme à sa cravate ! Voilà comment je suis devenu, parole. Je ne peux même pas voir un briquet automatique sans pen-ser que ça serait une bonne farce à faire à quelqu’un qu’on n’aime pas que de remplir le sien de dynamite. En passant, j’ai aperçu, dans le ruisseau en face de chez vous, un bout de fil de cuivre. Il était mince, souple, facile à tordre et juste as-sez long pour qu’on puisse le passer autour du cou de quelqu’un en laissant deux bouts dépasser pour serrer. J’ai eu un mal de chien à m’empêcher de le ramasser et de le fourrer dans la poche, juste en cas…

– Vous êtes fou !

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– Je le sais. C’est justement ce que je suis en train de vous dire. Je me sens pris de la folie du meurtre.

– Oui, eh bien ! tout ça ne me plaît pas beaucoup ! Allez reporter ça dans la cuisine, asseyez-vous et soyez raison-nable.

J’obéis aux deux premiers tiers de son admonestation.

– Vous avez tout simplement les nerfs à bout, me gron-da-t-elle. Vous en avez trop vu ces derniers jours. Si vous continuez, vous allez voir ce qui va vous arriver. C’est une vraie dépression nerveuse qui vous guette.

J’étendis une main, les doigts dépliés. Elle ne tremblait pas.

Elle la regarda et dit :

– Ça ne signifie rien. C’est en vous que ça se passe. Pourquoi ne filez-vous pas pour un jour ou deux ? Vous avez amené les choses d’ici au point où elles vont s’arranger toutes seules. Allons faire un tour à Salt Lake. Ça vous fera du bien.

– Pas possible, ma petite. Il faut que quelqu’un reste ici pour compter les morts. D’autre part, toute la combinaison actuelle est fondée sur les rapports qui existent entre les choses et les gens. Si nous partions, tout serait changé, et il est bien probable que tout serait à recommencer.

– Personne n’aurait besoin de savoir que vous êtes parti, et moi, je n’ai rien à faire avec tout ça.

– Depuis quand ?

Elle se pencha en avant, cligna des yeux et demanda :

 

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– Qu’est-ce que vous voulez dire ?

– Rien, sauf que je me demande comment vous êtes tout d’un coup devenue une simple spectatrice. Vous avez oublié que ce qui a tout mis en branle est le meurtre de Donald Willsson et qu’il a été commis à cause de vous ? Et vous avez sans doute oublié que c’est le tuyau que vous m’avez donné sur Whisper qui a empêché l’affaire de me claquer dans la main ?

– Vous savez aussi bien que moi que rien de tout ça n’est de ma faute ! riposta-t-elle avec indignation. Et de toute fa-çon, c’est passé. Vous n’en parlez que parce que vous êtes de mauvaise humeur et que vous cherchez une discussion.

– Vous ne disiez pas ça la nuit dernière lorsque vous trembliez de peur à l’idée que Whisper allait vous tuer ?

– Voulez-vous cesser de parler de tuer ?

– Le jeune Albury m’a dit une fois que Bill Quint avait menacé de vous faire votre affaire, dis-je.

– Assez !

– On dirait que vous avez un don pour faire naître des idées de meurtres dans la cervelle de vos amis. Albury attend de passer en jugement pour avoir tué Willsson. La seule idée de Whisper vous fait trembler et j’ai toujours eu derrière la tête l’idée que Dan Rolff essaierait de vous avoir un de ces jours.

– Dan ? Vous êtes fou ! Pensez-vous, je…

– Oui. Il est tubard, complètement à plat et fini et vous l’avez recueilli. Vous lui avez donné un foyer et tout le lau-danum qu’il veut. Mais vous vous en servez pour faire vos

– 229 – courses et vous le giflez devant tout le monde. Il est amou-reux de vous. Un de ces jours vous vous réveillerez égorgée.

Elle frissonna, se leva et dit en riant :

– J’espère au moins que vous savez ce que vous dites, car, pour moi, je n’y comprends rien.

Elle disparut dans la cuisine, emportant nos verres. J’allumai une cigarette en me demandant ce qui m’avait pris et ce qu’il y avait de vrai dans toutes ces histoires de pres-sentiments.

– Si vous ne voulez pas prendre un ou deux jours de re-pos, la meilleure chose à faire pour vous, dit la fille en repa-raissant avec deux verres pleins, est de vous soûler à fond et de tout oublier. Je vous ai mis une double dose de gin dans votre verre. Vous en avez besoin.

– Ce n’est pas moi qui ai quelque chose, c’est vous, dis-je en me demandant pourquoi je racontais ça mais en y pre-nant un bizarre plaisir. Toutes les fois que je parle de tuer, vous me tombez dessus. C’est bien, ça les femmes ! Vous croyez que, si on n’en parle pas, aucun des nombreux types de cette ville qui voudraient vous tuer ne le feront. C’est stu-pide. Rien de ce que nous pourrons dire ou ne pas dire ne pourra faire que Whisper, par exemple, ne…

– Oh ! assez, je vous en prie ! De grâce ! C’est vrai, je suis stupide. J’ai peur de parler de ça. J’ai peur de lui. Je… Oh ! pourquoi ne l’avez-vous pas tué quand je vous l’ai de-mandé ?

– Je regrette, dis-je avec sincérité.

– Croyez-vous qu’il…

 

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– Je ne sais pas, lui dis-je, mais je crois que vous avez raison. Il est inutile d’en parler. La meilleure chose à faire est de boire… malgré que ce gin ne soit pas bien fort.

– C’est vous qui croyez ça, le gin n’est pas mauvais. Mais voulez-vous boire quelque chose qui vous secouera ré-ellement ?

– Cette nuit, je boirais de la nitroglycérine.

– C’est à peu près ce que je vais vous donner.

Je l’entendis manier les bouteilles dans la cuisine et elle en sortit pour me rapporter un verre paraissant contenir la même chose que nous venions de boire. Je reniflai et dit :

– C’est le laudanum de Dan, hein ? Il est toujours à l’hôpital ?

– Oui. Je crois qu’il a une fracture du crâne. Mais voilà toujours de quoi vous donner un coup de fouet, monsieur, si c’est toujours ce que vous voulez.

J’avalai le gin drogué. Je me sentis aussitôt plus confor-table. Le temps passa en buvant et nous emporta dans un monde rose et heureux, plein de bonne amitié et de paix sur la terre.

Dinah se contentait de gin. Je m’y remis un moment, puis je revins au mélange de gin et de laudanum.

Pendant un certain temps, je m’amusai à un petit jeu qui consistait à garder les yeux ouverts comme si j’y voyais alors que je n’y voyais plus rien du tout. Quand je devins inca-pable de la bluffer plus longtemps, j’abandonnai.

 

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La dernière chose dont je devais me souvenir fut le geste de Dinah m’aidant à m’étendre sur le Chesterfield du salon.

 

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