La moisson rouge

Dashiell Hammett · Chapitre 2 sur 27

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La moisson rouge

Chapitre II: Le Tzar de Poisonville

CHAPITRE II

 

 

LE TZAR DE POISONVILLE

 

Le Morning Herald avait consacré deux pages à la mort de Donald Willsson. Son portrait révélait un visage intelli-gent et jeune avec des yeux qui souriaient comme sa bouche, un menton à fossette et une cravate rayée.

L’histoire de sa mort était des plus simples. À dix heures quarante, la nuit précédente, il avait reçu quatre balles de revolver qui l’avaient atteint à l’estomac, à la poitrine et au dos. La mort avait été instantanée. L’assassinat avait eu lieu à la hauteur du numéro onze cent de Hurricane Street. Les habitants des maisons voisines qui s’étaient mis aux fenêtres en entendant les coups de feu, avaient vu la victime étendue sur le trottoir. Un homme et une femme se penchaient sur lui. La rue était trop sombre pour permettre à quiconque de rien distinguer clairement. L’homme et la femme avaient disparu avant que personne fût descendu dans la rue. Per-sonne ne pouvait donc donner la moindre indication sur leur signalement.

En tout, six coups de revolver de calibre 32 avaient été tirés sur Willsson. Deux avaient manqué leur but, allant se perdre sur une façade. D’après la trajectoire probable de ces deux projectiles, la police avait découvert que le meurtrier avait dû tirer de l’entrée d’une allée étroite s’ouvrant entre deux maisons. C’était tout ce qu’on savait.

 

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D’autre part, le Morning Herald donnait un éditorial ré-sumant la courte carrière du mort comme réformateur ci-vique et exprimant la certitude qu’il était tombé victime de quelqu’un ayant des raisons de craindre le « nettoyage » de Personville. Le Herald disait même que la meilleure manière, pour le chef de la Police, de prouver qu’il n’avait pas trempé dans l’affaire, était de mettre rapidement la main sur le ou les meurtriers.

J’achevais l’article en finissant ma deuxième tasse de ca-fé. Sautant dans le tram de Broadway, j’en descendis à Lau-rel Avenue et me dirigeai vers la maison du mort. Un petit jeune homme dont le costume présentait trois variétés de marron, traversa la rue devant moi. Son visage brun avait un joli profil. C’était Max Thaler, alias Whisper. J’atteignis le coin de Mountain Boulevard juste à temps pour voir une jambe de pantalon marron disparaître dans l’entrée de feu Donald Willsson.

Je retournai à Broadway. Ayant trouvé un 7 drug-store

possédant une cabine téléphonique, j’y feuilletai l’annuaire pour trouver le numéro d’Elihu Willsson. Ayant obtenu la communication, j’informai quelqu’un qui se donnait pour le secrétaire du vieux, que Donald Willsson m’avait fait venir de Chicago et que, sachant quelque chose sur sa mort, je dé-sirais voir son père.

À force d’insister, je finis par obtenir une invitation à passer le voir.

 

7 Drug-store. Magasin de droguiste, droguerie. En réalité, bazar, pharmacie, quincaillerie, parfumeur, glacier… et souvent, débit clandestin de boissons ou de stupéfiants.

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Lorsque son secrétaire – un long et mince individu de quarante ans avec des manières silencieuses et des yeux pé-nétrants – m’introduisit dans sa chambre, le tzar de Poison-ville était assis dans son lit.

Le vieillard avait une petite tête presque parfaitement ronde sous une calotte de cheveux blancs coupés ras. Les oreilles étaient trop petites et trop collées au côté de sa tête pour rompre l’effet de sphéricité produit par celle-ci. Son nez aussi était petit et prolongeait la courbe aquiline de son front osseux. La bouche et le menton étaient des lignes droites qui interrompaient brusquement la courbe de la sphère. Sous celles-ci, un cou épais et court disparaissait sous l’étoffe blanche d’un pyjama recouvrant deux épaules grasses.

Un de ses bras reposait sur les couvertures ; un petit bras compact terminé par une main grasse et trapue. Ses yeux étaient ronds, bleus et humides. Ce n’était pas le genre d’homme qu’on aurait essayé de rouler sans y regarder à deux fois.

D’une brève secousse de sa tête ronde, il m’intima l’ordre de m’asseoir dans une chaise placée à son chevet, renvoya de même son secrétaire et commença :

– Qu’est-ce que c’est que cette histoire au sujet de mon fils ?

Sa voix était rauque. Il parlait trop de la gorge et trop peu des lèvres pour que son énonciation fût claire.

– Je suis un collaborateur de la Continental Detective Agency, succursale de San Francisco lui dis-je. Un couple de jours auparavant, nous avons reçu de votre fils un chèque et une lettre demandant qu’un homme fût envoyé ici pour se mettre à sa disposition. Cet homme, c’est moi. La nuit der-

– 19 – nière, il m’a dit de passer chez lui. Je l’ai fait, mais il n’était pas là. Et lorsque je suis redescendu en ville, j’ai appris qu’il venait d’être tué.

Elihu Willsson me scruta d’un regard soupçonneux et demanda :

– Et alors, où voulez-vous en venir ?

– Pendant que j’étais en train de l’attendre, votre belle-fille a reçu un coup de téléphone. Elle est sortie aussitôt après et est revenue avec quelque chose qui ressemblait à du sang sur son soulier, pour me dire que son mari ne rentrerait pas. Il a été tué à dix heures quarante. Elle est sortie à dix heures vingt et revenue à onze heures cinq.

Le vieux se redressa dans son lit et lança à l’adresse de Mrs Willsson une volée de noms d’oiseaux. Lorsque ce fut fi-ni, son souffle n’était pas encore épuisé. Il en profita pour me crier :

– Est-elle coffrée ?

Je répondis que je ne le croyais pas.

Cela n’eut pas le don de lui plaire. Il le prit très mal. Il bafouilla un tas de choses qui ne me plaisaient pas beau-coup, terminant par :

– Qu’est-ce que vous attendez pour le faire ?

Il était trop vieux et trop faible pour valoir une gifle. Je me mis à rire et répondis :

– Il me faut des preuves.

– Des preuves ? Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? Vous avez…

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– Ne dites donc pas de-bêtises, fis-je pour interrompre ses vociférations. Pourquoi l’aurait-elle tué ?

– Parce que c’est une saleté de Française ! Parce qu’elle…

Le visage inquiet du secrétaire apparut à la porte.

– Sortez d’ici ! hurla le vieux. Le visage disparut.

– Elle était jalouse ? demandai-je sans lui laisser le temps de recommencer à vociférer. Et si vous ne hurliez pas, je vous entendrais peut-être quand même. J’entends beau-coup mieux depuis que je me suis fait soigner les oreilles.

Il mit un poing sur chacune des bosses que ses hanches faisaient sous les couvertures et avança son menton carré dans ma direction.

– Tout vieux et tout malade que je suis, dit-il avec une grande délibération, j’ai diablement envie de me lever et de vous botter le derrière.

Je négligeai ses paroles et répétai :

– Était-elle jalouse ?

– Oui, elle l’était, dit-il – mais sans crier cette fois – et autoritaire et gâtée et soupçonneuse et cupide et mesquine… Menteuse, égoïste et mauvaise… Complètement et diaboli-quement mauvaise !

– Avait-elle une raison quelconque d’être jalouse ?

– Je l’espère, dit-il vindicativement. Ça m’ennuierait de penser qu’un fils à moi lui aurait été fidèle. Mais il y a des chances pour qu’il l’ait été. Il était assez bête pour ça.

 

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– Mais vous ne connaissez aucune raison pourquoi elle aurait pu le tuer ?

– Je ne connais pas de raison ? Il recommençait à voci-férer. Est-ce que je ne viens pas de vous dire…

– Oui. Mais tout ça ne signifie pas grand’chose. C’est un peu trop enfantin.

Le vieux rejeta, ses couvertures de côté et se mit en de-voir de descendre du lit. Mais il se ravisa, leva le visage vers moi et rugit :

– Stanley !

Le secrétaire se glissa dans la pièce par la porte entr’ouverte.

– Flanquez-moi ce type-là à la porte ! lui ordonna son patron en agitant son poing dans ma direction.

Le secrétaire se tourna vers moi. Je secouai la tête et lui conseillai :

– Vous feriez mieux de chercher du renfort.

Il fronça les sourcils. Nous avions à peu près le même âge. Il était efflanqué, plus grand que moi de près d’une tête, mais plus léger de vingt kilos. Une partie de mes quatre-vingt-cinq kilos étaient de la graisse mais pas tout. Le secré-taire s’agita un peu, sourit d’un air gêné et s’éclipsa.

– J’étais justement sur le point de dire, fis-je observer au vieux, que j’avais eu l’intention de parler à la femme de votre fils dès ce matin. Mais j’ai vu Max Thaler entrer chez elle et c’est ce qui m’a fait différer ma visite.

 

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Elihu Willsson replaça soigneusement les couvertures sur ses jambes, reposa sa tête sur l’oreiller, cligna des yeux vers le plafond et dit :

– Hum ! C’est de là que vient le vent ?

– Ça signifie donc quelque chose ?

– Elle l’a tué, dit-il avec certitude. Voilà ce que ça signi-fie.

Un bruit de pas retentit dans le hall. C’étaient des pas plus lourds et plus assurés que ceux du secrétaire. Lorsqu’ils furent arrivés exactement derrière la porte, je commençai une phrase.

– Vous utilisiez votre fils pour…

– Sortez d’ici ! hurla le vieux à ceux qui s’apprêtaient à entrer. Et fermez la porte.

Il me lança un regard flamboyant et questionna :

– J’utilisais mon fils pour quoi ?

– Pour vous débarrasser de Thaler, de Yard et du Fin-landais.

– Vous êtes un menteur.

– Je n’ai rien inventé. Tout le monde le dit dans Person-ville.

– C’est un mensonge. Je lui avais donné les journaux. Il en faisait ce qu’il voulait.

– Vous devriez expliquer ça à vos copains. On verrait ce qu’ils en diraient.

 

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– Je me fous de ce qu’ils diraient ! Ce que je vous dis est la vérité.

– Et après ? Votre fils ne ressuscitera pas parce qu’on l’a tué par erreur… si c’est le cas.

– C’est cette femme qui l’a tué.

– Peut-être.

– Au diable vos peut-être ! C’est elle qui a fait le coup.

– Peut-être. Mais il ne faut pas oublier l’autre côté de la question… le côté politique. Vous me direz…

– Je peux toujours vous dire que c’est cette saleté de Française qui l’a tué et que toutes les autres idées idiotes que vous pouvez avoir dans le ciboulot sont loin de compte !

– Ça n’empêche pas qu’elles valent la peine d’être véri-fiées, insistai-je. Et vous connaissez les dessous politiques de Personville mieux que personne. C’était votre fils. Le moins que vous puissiez faire…

– Le moins que je puisse faire est de vous dire d’aller voir à Frisco si j’y suis, vous et vos idées idiotes…

Je me levai et déclarai d’un ton significatif :

– Je suis au Great Western Hotel. Ne me dérangez pas à moins d’être décidé à parler raison, pour changer.

Je sortis de la chambre et descendis l’escalier. Le secré-taire tournicotait près de la dernière marche, souriant d’un air d’excuse.

– Un beau vieux voyou, grommelai-je.

– Une vigoureuse personnalité, murmura-t-il.

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*

* *

Je dénichai la secrétaire de l’homme assassiné dans les bureaux du Herald. C’était une petite jeune fille de dix-neuf ou vingt ans aux grands yeux marron, avec des cheveux châ-tain clair et un joli visage pâle. Elle s’appelait Lewis.

Elle déclara qu’elle ignorait complètement le fait que j’eusse été convoqué à Personville par son patron.

– Mais, expliqua-t-elle, Mr Willsson aimait bien garder pour lui ce qu’il faisait. C’était… Je ne crois pas qu’il ait eu réellement confiance en personne ici.

– Même, pas en vous ?

Elle rougit et dit :

– Non, même pas. Mais il faut dire qu’il n’était ici que depuis trop peu de temps pour connaître vraiment personne à fond.

– Il devait y avoir autre chose.

Elle baissa les yeux, se mordit les lèvres et imprima plu-sieurs fois la trace de son index sur la surface polie du bu-reau du mort. Eh bien… Son père ne… n’approuvait pas ce qu’il faisait. Et, du moment que son père était le véritable propriétaire des journaux, j’imagine qu’il était assez naturel que Mr Donald ait pensé que certains de ses employés pou-vaient être plus dévoués à Mr Elihu qu’à lui.

– Le vieux n’était pas partisan de la campagne de ré-forme menée par son fils ? Pourquoi le laissait-il faire puisque les journaux étaient à lui ?

 

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Elle courba la tête, parut étudier les empreintes de doigt qu’elle avait faites et baissa la voix.

– Tout cela est difficile à comprendre si l’on n’est pas au courant… La dernière fois que Mr Elihu est tombé malade, il a fait demander Donald – Mr Donald. Mr Donald a presque toujours vécu en Europe. Le Dr Pride avait averti Mr Elihu que le moment était venu d’abandonner la direction person-nelle de ses affaires, c’est pourquoi il faisait revenir son fils. Mais quand Mr Donald est arrivé, Mr Elihu n’a pas pu se ré-signer à tout lâcher. Mais comme il désirait voir rester Mr Donald, il lui a donné les journaux – c’est-à-dire qu’il l’a nommé directeur. C’était un travail du goût de Mr Donald. Il avait fait du journalisme à Paris. Quand il a découvert ce qui se passait ici – dans les affaires municipales et le reste – il a entamé une campagne de réforme. Il ne pouvait pas savoir – n’ayant jamais vécu ici depuis son enfance – il ne pouvait pas savoir…

– Il ne pouvait pas savoir que son père était aussi com-promis que les autres ?

Elle se tortilla un peu sans cesser d’examiner les traces de ses doigts, mais ne me contredit pas et continua :

– Mr Elihu et lui ont eu une discussion dans laquelle Mr Elihu lui a dit de cesser d’envenimer les choses. Mais il a refusé. Il se serait peut-être arrêté s’il avait su… tout ce qu’il aurait dû savoir. Mais je crois qu’il ne lui serait jamais venu à l’esprit que son père était réellement et sérieusement com-promis. Et son père ne pouvait pas le lui dire. Il est facile à comprendre qu’un père ne puisse pas dire une chose comme celle-là à son fils. Il a menacé Mr Donald de lui enlever les journaux. Je ne sais pas s’il parlait sérieusement ou non. Mais il est retombé malade et tout a continué comme avant.

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– Donald Willsson ne vous faisait pas de confidences ? demandai-je.

– Non.

C’était presque un murmure.

– Alors où avez-vous appris tout ce que vous venez de me raconter ?

– J’essaie… j’essaie de vous aider à découvrir son assas-sin, dit-elle d’un ton grave. Vous n’avez pas le droit…

– Vous ne pouvez rien faire de mieux pour m’aider que me dire où vous avez appris tout cela, insistai-je.

Elle fixa le bureau d’un regard absent, la lèvre inférieure entre les dents. J’attendis. Finalement, elle déclara :

– Mon père est le secrétaire de Mr Willsson.

– Merci.

– Mais n’allez pas croire que…

– Ça m’est complètement indifférent, assurai-je. Qu’est-ce que Willsson allait faire la nuit dernière dans Hurricane Street quand il savait qu’il avait un rendez-vous chez lui ?

Elle répondit qu’elle n’en savait rien. Je lui demandai alors si elle l’avait entendu me téléphoner de venir chez lui à dix heures. Elle l’avait entendu.

– Qu’a-t-il fait ensuite ? Essayez de vous rappeler la moindre chose qu’il ait dite ou faite jusqu’au moment où vous êtes partie à la fin de la journée.

Elle se renversa dans sa chaise et ferma les yeux. Des rides apparurent sur son front.

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Vous avez téléphoné… si c’est bien à vous qu’il a dit de venir chez lui… Il était environ deux heures. Mr Donald a dicté des lettres ; une à une fabrique de papier, une au séna-teur Keefer au sujet de quelques changements à apporter au tarif postal et… Ah ! oui ! Il est sorti pour environ vingt mi-nutes un peu avant trois heures. Et, avant de sortir, il a rem-pli un chèque…

– Pour qui ?

– Je ne sais pas, mais je le lui ai vu écrire…

– Où est son carnet de chèque ? Il le portait sur lui ?

– Il est là. Elle se leva d’un bond, passa devant le bureau et essaya de tirer le tiroir supérieur. Fermé.

Je la rejoignis, redressai un attache-lettre et avec ça et une lame de mon couteau, je réussis à ouvrir le tiroir.

La jeune fille en sortit un mince et large carnet au titre de la First National Bank. Le dernier talon portait : $ 5000. Il n’y avait aucune autre indication. Ni nom, ni explication.

– Il est sorti avec ce chèque, dis-je, et il est resté absent vingt minutes ? C’est à peu près le temps nécessaire pour al-ler à la banque et en revenir ?

– Cela ne lui aurait pas demandé plus de cinq minutes.

– Ne s’est-il absolument rien passé d’autre avant qu’il écrive le chèque ? Réfléchissez bien. Pas de messages ? Pas de lettres ? Pas de communications téléphoniques ?

– Voyons… (Elle ferma les yeux.) Il était en train de dic-ter du courrier et… Mais que je suis bête ! Bien sûr qu’il a été appelé au téléphone. Il a dit : « Oui, je peux y être à dix

 

– 28 – heures, mais je serai obligé de repartir presque aussitôt. » Et après : « Très bien, alors, à dix heures. » C’est tout ce qu’il a dit excepté : « Oui, oui… » plusieurs fois.

– Il parlait à une femme ou à un homme ?

– Comment le saurais-je ?

– Réfléchissez. Il n’aurait pas parlé du même ton.

Elle réfléchit.

– Alors, c’était une femme.

– Lequel de vous deux est parti le premier, le soir ?

– C’est moi. Il… Je vous ai dit que mon père était le se-crétaire de Mr Elihu. Lui et Mr Donald avaient un rendez-vous pour le début de la soirée. Il devait s’agir des finances du journal. Papa est venu un peu après cinq heures. Je crois qu’ils devaient dîner ensemble.

C’est tout ce que je pus réussir à tirer de la petite Lewis. Elle ne savait rien qui put expliquer la présence de Willsson vers le numéro 1100 de Hurricane Street. Elle déclara ne rien savoir sur Mrs Willsson.

Nous fouillâmes le bureau du mort sans rien y trouver qui pût nous renseigner. Je questionnai inutilement la télé-phoniste du standard. Je passai une heure à interroger grooms, journalistes et le reste sans que mes coups de sondes me rapportassent quoi que ce fût. Comme me l’avait dit sa secrétaire, le mort était, un homme qui avait su garder ses secrets.

 

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