LA Sculpture DE Thasos : Corpus des reliefs II
TOME I – Texte
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 14 parties.
58 × 48 × 10 ; 3.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, très usé. Manque toute la partie supérieure gauche de la stèle et le bord inférieur de la plinthe, surtout aux angles. Une fêlure oblique profonde court, parallèlement à la cassure trans-versale, dans la moitié inférieure du relief.
Petite stèle encadrée d’un bandeau large de 2,5 cm et d’une plinthe non inscrite haute de 7 cm. La tranche est piquetée, le revers dégrossi.
L’artisan a réussi à placer dans un champ de 48 × 41,5 cm le type récent complet, avec les deux serviteurs, qu’il a modernisé seulement par l’adjonction du haut dossier du canapé. On notera la hauteur du tabouret, qui semble à deux degrés.
ier s. apr. J.-C.
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LA SCULPTURE DE THASOS
BANQUETS DE TYPE TARDIF
Ce type correspond à une seconde modernisation du thème du banquet, désormais exclusivement funéraire, qui se traduit par le changement du mobilier : comme déjà sur certains documents du type récent (-), la clinè classique est remplacée par un canapé à haut dossier incurvé. Quant à la femme, elle n’est plus assise sur un siège sans dossier, mais sur un fauteuil à dossier courbe et plein ; ses pieds, sauf exception, ne reposent plus sur un tabouret, mais sur le sol même. Surtout, on assiste à une dégénérescence de l’iconographie, que soulignent plutôt qu’ils ne la corrigent les efforts limités et malhabiles entrepris pour adapter tant soit peu le thème à sa fonction et au goût de l’époque.
Sauf sur quatre reliefs (-), qui prolongent à ce titre le type récent, les serviteurs ont disparu. Si l’absence de la servante tenant une boîte, qui n’était qu’une adjonction récente destinée à contre-balancer la présence de l’échanson, n’oblitère en rien le sens de la scène, il n’en va de même pour celle du serviteur à la louche : avec la disparition de cet élément important du thème primitif, l’ambiance de banquet s’amenuise encore. L’apparition d’enfants (-), soit debout, soit sur les genoux de leur mère, montre d’ailleurs que la scène n’est plus du tout perçue comme un banquet et que le thème ne se survit pour représenter une famille que par inertie et incapacité à créer une image plus adaptée.
Le dépérissement iconographique est tel qu’on voit se développer un phénomène apparu à la fin du type récent (-) : le morcellement du thème. Mais, au lieu de ne concerner que l’homme (-), ce qui préserve le sens premier du thème et s’est donc déjà fait à haute époque (-), cette scission s’opère désormais en faveur de la femme (-), que l’on trouve assise devant un guéridon couvert de fruits, en l’absence de tout banquet…
Ces documents des iie e et iii siècles apr. J.-C. étant également très nombreux à Thasos, et pour la plupart d’un schématisme très répétitif, on se bornera ici encore à définir d’abord les différentes variantes du type, d’ailleurs moins nombreuses que pour le type récent, à cause de la sclérose de l’artisanat funéraire, puis à relever les détails qui s’en écartent.
1. Le type tardif complet (-)
À demi allongé sur un haut canapé à pieds tournés et haut dossier incurvé, le banqueteur, vêtu d’une tunique et d’un manteau, regarde le spectateur, le bras droit posé sur la cuisse, tandis que le gauche s’appuie sur ou plutôt contre le coussin placé verticalement contre le dossier ; la main gauche tient par en dessous un bol sans pied à large lèvre. Devant le banqueteur subsiste le gué-ridon rond, couvert de fruits, mais ses trois pieds ont un galbe de plus en plus stylisé et les pieds latéraux sont souvent gravés seulement de profil sur le fond, au lieu d’être modelés en relief. À gauche, la femme est assise dans un fauteuil concave massif, sans pieds ni accoudoirs, la tête géné-ralement un peu tournée vers le spectateur. Vêtue d’une tunique et d’un manteau dont un pan voile sa chevelure, son bras droit repose sur sa cuisse, la main généralement ouverte, tandis que la main gauche est ramenée sous le menton ou, plus rarement, tient le bord du manteau, d’une ma-nière qui rappelle l’anacalypsis des types antérieurs. Ses pieds reposent généralement sur le sol. Les serviteurs ont disparu.
Une variante (- ; - avec descendant surajouté), vraisemblablement tardive et loca-lisée dans le sud de l’île, présente une table simplifiée à pieds raides et pointus, tandis que la femme est tournée de trois-quarts vers le spectateur.
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 87 : stèle funéraire d’Aurélios Proclos (pl. LXIV)
Trouvée dans un champ, près de Théologo. Au musée en 1922 : Arch THASOS 3-B-1 (inventaire épigra-phique du musée, en 1922).
53,5 × 50 × 7,5 ; 2,5. Hauteur des lettres : 2-2,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, très bien conservé. Stèle intacte, hormis la brisure de l’angle inférieur droit ; légères épaufrures sur le visage de l’homme.
M. Tod, o JHS 29 (1909), p. 98-99, n 14, avec photographie ; IG XII 8, 686.
Le champ sculpté (43,5 × 38,5) est encadré d’un bandeau plat large de 2-2,5 cm et d’une plinthe haute de 12,5 cm où est gravée :
ƆȺƴƕƴƿƮƯƲƵƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont piquetés.
Le corps du banqueteur est réduit à une masse vaguement drapée d’où émergent deux très grandes mains et une tête énorme, qu’on a sans doute voulu caractériser, sinon individualiser : le visage est bouffi, les paupières et les lèvres sont épaisses ; les cheveux forment autour du front une frange arrondie, les oreilles sont décollées. Au-dessus du bord du canapé, au centre, une petite serpe verticale indique que le jeune défunt était vigneron. Les pieds latéraux de la table présentent un renflement arrondi, fréquent sur les documents les plus récents de ce type. Ils sont gravés sur le fond, comme le sont les fruits sur la tranche du bois du canapé. Les pieds de la femme sont-ils chaussés, comme leur aspect pourrait le faire croire, ou bien nus, comme le suggère l’indication de la malléole externe ?
On notera le caractère très graphique de l’exécution, où les visages présentent seuls une ébauche de modelé. Tout le mobilier est seulement gravé sur deux plans, celui du fond et celui du cadre, qui est le plan de travail initial, comme le montre un détail qu’on trouve également sur la pièce inachevée : on observe au bord extérieur du bandeau supérieur une surface légèrement en saillie et rugueuse, qui n’a pas été ravalée : le polissage de la dalle n’avait pas été poussé jusqu’à son extré-mité. Le relief méplat ainsi obtenu tient plus de la gravure sur bois que de la sculpture. Ainsi le sentiment du volume s’efface en même temps que celui de l’unité du corps humain.
Un terminus post quem est fourni pour ce document soigné, typique de la phase ultime de l’évo-lution du thème du banquet à Thasos, par le praenomen du défunt, Aurélios : il a acquis la citoyen-neté romaine par la constitutio antoniniana de 212 apr. J.-C.
Deuxième quart du iii e s. apr. J.-C.
. Inv. 2341 : stèle funéraire d’un homme barbu (pl. LXV)
Trouvée en 1963, à mi-chemin entre Potos et Théologo.
48 × 35,5 × 6 ; 1,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige très bien conservé. Stèle intacte, sauf en bas à droite, où l’angle manque.
Guide o 2000, p. 270, n 51, fig. 220.
Petit relief du même type que , mais avec une plinthe plus haute (18 cm) et piquetée, alors que le bandeau du cadre, large de 1,5-2 cm, est soigneusement poli ; ce piquetage est destiné à faire disparaître une inscription dont le haut des lettres de la première ligne se distingue encore. La tranche et le revers sont piquetés.
La composition et le style sont identiques à ceux de , au point qu’on peut attribuer les deux reliefs au même atelier. On observe cependant quelques variantes qui distinguent ce relief du carton ordinaire. Le mobilier et les mannequins drapés sont semblables, mais les parties découvertes
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LA SCULPTURE DE THASOS
du corps sont différentes : les mains sont moins disproportionnées que sur ; la main gauche du banqueteur tient par l’anse un skyphos ; la main gauche de la femme, levée vers le menton, est com-plètement enveloppée dans la manche de la robe, haut ceinturée sous les seins ; sa main droite repose sur le genou, le poing fermé. Mais surtout, les têtes, dont le volume excessif souligne l’incompatibi-lité avec les corps chétifs et schématiques qu’elles surmontent, sont nettement particularisées. Chez l’homme, l’implantation de la chevelure autour du front dégarni, la barbe très courte et la moustache esquissent une caractérisation qui, chez la femme, est obtenue par la parure : un voile, dont le bord vertical forme d’amples zigzags, couvre la chevelure, rassemblée en chignon à l’arrière de la tête, au sommet de laquelle est fixée une petite couronne plate 120, dont le centre semble fait de boutons juxtaposés. Cette coiffe, inconnue par ailleurs, est-elle seulement une parure à la mode ou bien aurait-elle un sens plus précis, par exemple nuptial ?
En regard de tant d’autres reliefs où n’en finit pas de mourir un système de représentation exsangue après un millénaire d’évolution, l’attrait de cet humble relief est en quelque sorte archaïque : l’effacement de la réalité anatomique au profit des parties signifiantes du corps – mains et surtout visage – participe déjà de l’esthétique nouvelle qui prévaudra jusqu’au Quattrocento.
Sa parenté étroite avec permet de dater cette stèle de la même période : 225-250 apr. J.-C.
. Inv. 3750 : partie inférieure d’une stèle funéraire (pl. LXVI)
Trouvée durant l’hiver de 1983 dans la nécropole antique de Patarghia.
33 × 41 × 7,5 ; 1,5.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, très usé et granuleux. La partie supérieure manque, brisée au niveau du cou des personnages ; les angles inférieurs sont émoussés. Plusieurs crevasses parallèles, presque horizontales, attestent l’intensité de l’érosion.
Relief du même type que , avec bandeaux latéraux, larges de 2,5 cm et plinthe, haute de 10-11 cm, où l’on distingue à peine encore l’inscription :
ƕƴƿƮƯƲƵȗƴƥƧƿƴƲƸ
ƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont régulièrement piquetés.
Même type iconographique que sur , mais plus accentué : énorme main droite ouverte de la femme ; saillie plus prononcée du pied du guéridon…
Milieu du iiie s. apr. J.-C.
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle d’Hèragoras (pl. LXVI)
40 × 42,5 × 5,5 ; 1. Hauteur des lettres : 2.
Marbre à grains fins ; épiderme rosé bien conservé. Brisé en haut en à gauche. Traces de peinture sur la surface et de chaux sur la tranche, qui indiquent un remploi.
Relief du même type que et , avec bandeau latéral lisse, large de 2,5 cm, et plinthe haute de 11 cm portant l’inscription :
[˚ƌ]ƴƥƧƿƴƥƵƐƲƸƮƣƲƸ
ƺƥʶƴƩ
La tranche est dressée, le revers dégrossi.
120. Herdejürgen 1981, p. 422, n. 27, la rapproche de « parures d’époque constantinienne » sans préciser davantage.
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LE THÈME DU BANQUET
Relief funéraire, sans doute réalisé dans le même atelier que . Si la graphie des deux inscrip-tions est en tous points identique, le relief est d’une main plus malhabile et expéditive : les deux mains conservées sont difformes ; les pieds latéraux du guéridon, gravés sur le fond, ne présentent pas le renflement que l’on observe sur -.
Deuxième quart du iii e s. apr. J.-C.
. Inv. 228 : pilier funéraire du gladiateur Ajax (pl. LXVII)
Trouvé en 1913, remployé dans un mur, à 10 m environ de la tour située à l’ouest de la porte de Zeus et d’Héra : Arch THASOS 2-C THA 9 (Ch. Picard), f. 15v-16r (aujourd’hui disparus). 106 × 36 × 32 ; 1,5. Hauteur des lettres : 2,5-3.
Marbre thasien à grains fins ; épiderme gris et friable, usé à proximité des arêtes du plan sculpté et inscrit. Pilier brisé en haut à la hauteur des têtes des personnages ; angle inférieur droit écorné. Ch. Picard, CRAI 1914, p. 280 et 282 ; H. Seyrig, BCH 52 (1928), p. 390-392 ; IG XII Suppl. 479 ; L. Robert, Les gladiateurs dans l’Orient grec (1940 ; 1971), p. 113-115, no 55 ; ÉtThas V, p. 161, pl. 39.1.
Monument funéraire d’une forme inusitée à Thasos : petit pilier avec longue épitaphe inscrite, surmontée d’une vignette en bas relief. L’inscription, gravée sur un champ haut de 75 cm, vante les mérites du gladiateur Ajax, mort de sa belle mort et honoré par sa veuve Callighéneia :
ƔȺƐƲƮƴɞưƆȢƥưƷƠuƩƮƥ
ƬƲƴʙƵƲȺƨʠƥɀƘƩƯƥuǁưƭ
ƲưDzƯƯɖƷɞưȂưƶƷƥƨƣƲƭƵ
DzƴơƶƥưƷƥǺƴƫƣƲƭƶƭưƩƣƮƩ
ƶƭưƻƸƺɖƵƳƲƯƯɖƵƶǁ
ƶƥưƷƥƮƴƥƷƩƴ˒ƵȻƳʠDz
ưƠưƮƫưȂƯƳƣƪƼưƮƥȺ
ƷƲƵȳƷƭƮDzuƲƣƷƭƵƷƥȾƷʠDz
ƳƲƨǁƶƩƭwƮƥɜuƩƮƥƷơ[ƳƩ]
[ƹư]ƩưDzưƷƣƲƵƲȺƨƩƣƵDzƯ
ƯʠȞƨƣːȆƬƥưƲưƮƥɜuƩǶƯƲ
ƺƲƵƶƩuưɚȆưƬƥƬơ
ƷƲƍƠƶƲƸƩȞƵƳơƨƲư
[dz]ƧưƿưƏƥƯƯƭƧơưƩƭƥƆ[Ȣ]
[ƥ]ưƷƭDzưƨƴɜȞƨƣːuưƢu
ƫƵƺƠƴƭư
Sous l’inscription, une petite cavité oblongue et oblique a pu servir à fixer le monument sur sa base. Sur les côtés, soigneusement dressés, on remarque en bas, sur une hauteur de 23 cm, une sorte de tenon de bardage. La graphie incertaine des dernières lignes de l’inscription suggère qu’elle a été gravée après la mise en place du monument.
Au-dessus de l’inscription est figuré dans une vignette encadrée un banquet de type tardif, dont l’exécution sommaire est très graphique : la partie inférieure de la scène est simplement gravée, tan-dis que la partie supérieure (torse et tête de la femme, corps allongé du banqueteur) se détache en faible relief du fond recreusé. Les plis des vêtements ne sont presque pas rendus. Seuls détails icono-graphiques marquants : un petit tabouret non profilé sous les pieds de la femme et, à droite du guéridon, un bouclier surmonté d’un casque, qui évoque la profession du défunt.
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LA SCULPTURE DE THASOS
La présence du tabouret et le profil encore très galbé des pieds du guéridon peuvent indiquer que ce relief serait légèrement antérieur au groupe e e - : fin ii-début iii s. apr. J.-C. ?
. Inv. 2697 : fragment inférieur gauche d’une stèle funéraire (pl. LXVIII)
Vu à Sôtiros par A. Conze en 1858 et par C. Fredrich en 1904, encastré dans le mur d’enceinte de l’église de la Métamorphose. Entré au musée en 1969.
48 × 39 × 9,5 ; 2,5. Hauteur des lettres : 2,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme jaune et usé, parsemé de taches grises et noires. La stèle a beaucoup souffert depuis 1858 : alors que Conze la vit presque complète, sauf sur le bord droit, il lui manque aujourd’hui le couronnement et le haut du champ et surtout tout le champ sculpté à droite de la table. Manque également le bord gauche de la plinthe. La tête de la femme, tout comme celle du banqueteur, d’après le dessin de Conze, semble avoir été martelée.
Conze 1860, p. 40, pl. 10.5 ; IG XII 8, 627 ; Dana 2014, s.v. « ƑƊƗƘƔƗ », p. 219 (cinq autres occurrences à Thasos).
Petite stèle avec fronton bas et plat, frappé d’une rosette flanquée d’une volute, bandeaux latéraux (large de 4 cm à gauche) et plinthe haute de 15 cm, où se lit :
ȗƴƥƧƿƴƥƵƑƊŞ[ƗƘƔƙ]
ƺƥʶƴƩ
La tranche gauche et le revers sont grossièrement piquetés. Ce relief très maladroit présente quelques détails iconographiques qui le rattachent directement au type précédent : le banqueteur tient par l’une de ses anses un skyphos à pied, et non pas le bol sans pied typique du type tardif. La table ronde a encore des pieds zoomorphes, mais leur profil mal retranscrit, surtout à droite, fait comprendre comment on en arrive plus tard aux pieds à renflement arrondi du groupe -. D’autre part, la femme écarte son voile de la main gauche au lieu de la porter au menton.
Ces traits iconographiques, anciens pour le type tardif, ainsi que la survivance d’un fronton et la graphie de l’inscription, conduisent à dater cette pièce ingrate de la seconde moitié du iie siècle apr. J.-C.
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : petit relief à fronton (pl. LXVIII)
Provient vraisemblablement du sud de l’île.
37 × 42.
Marbre à gros grains ; épiderme gris et usé, surtout à droite : le visage du banqueteur est effacé. Brisé en haut, à droite et en bas.
Holtzmann 1973, p. 163, no 14, fig. 14 p. 164.
La stèle est encadrée d’un bandeau plat, qui englobe dans le champ un couronnement d’une forme approximativement triangulaire : la ligne horizontale tracée entre les deux têtes n’est pas la limite inférieure du tympan, mais le bord supérieur du haut canapé sur lequel est à demi allongé un banqueteur barbu, tandis que la femme assise écarte son voile. L’exécution est très médiocre.
La grosseur des fruits, le geste de la femme et l’allusion au fronton suggèrent de dater ce relief de la fin du iie siècle apr. J.-C.
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LE THÈME DU BANQUET
. Stèle funéraire incomplète disparue (pl. LXVIII)
Vue par Ch. Picard en 1910, au lieu-dit Évraio, entre Rachoni et Casaviti, « près d’une maison en ruines » où gisaient divers marbres antiques : Arch THRACE 2, f. 47v, avec croquis. Vue au même endroit par A. Bon en 1926. Non revue depuis.
53,5 × 67 × 12 ; 2,5.
Stèle brisée en haut et en bas à droite. La surface semble très érodée.
Bon 1930, p. 175-176 ; o ÉtThas V, p. 225, n 389.
Grande stèle à bandeaux latéraux et plinthe inscrite :
ǺƴƷƩuƭƶƣƥ ȗƴƥƮ[ƯƩƣƨƫƵ ……
ȗƴƥƮƯƩƣƨƲƸ
Le type tardif présente ici quelques variantes anciennes : le banqueteur tient dans sa paume gauche un skyphos à anses ; la femme écarte son voile, ses pieds sont posés sur un tabouret plein mouluré, hérité du type récent ; la table est très basse, en forte saillie. La graphie de l’inscription semble impliquer une date dans le iie siècle apr. J.-C.
. Stèle funéraire perdue de Manta (pl. LXVIII)
Vue par Ch. Picard en 1910 à Casaviti, « près de la fontaine du haut » : Arch THRACE 2, f. 46v, avec croquis. Non revue depuis.
35 × 43 × 3 (sic ; saillie du relief ?).
Brisée en haut au niveau des têtes et en bas sous l’inscription.
ÉtThas o V, p. 146, n 299 ; Dana 2014, s.v. « Manta », p. 208 (huit autres occurrences à Thasos) ; s.v. « ƑƊƗƘƎƋƊƐƑƎƗ », p. 215 (une autre occurrence à Thasos).
Petite stèle encadrée de bandeaux latéraux et d’une plinthe qui porte l’inscription :
ƑƆƒƘƆƑƊƗƘƎƋƊƐƑƔƙ
ƺƥʶƴƩ
Quelques traits suggèrent une date haute dans le type tardif : les pieds de la femme reposent sur un tabouret plein mouluré, tel qu’on le rencontre sur les pièces les plus avancées du type récent (, , ) ; les pieds de la table ont également un profil ancien et les fruits, assez volumineux, en débordent.
iie s. apr. J.-C.
. Inv. 89 : stèle funéraire complète, très tardive (pl. LXIX)
Trouvée durant l’hiver de 1928-1929 à la Scala de Callirachi : Arch THASOS 1-1929 (rapport de P. Devambez à P. Roussel).
57 × 59 × 9 ; 3-3,5. Hauteur des lettres : 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme rougeâtre assez bien conservé. Manque l’angle inférieur gauche ; un frag-ment de la partie gauche, brisé lors de la découverte ou du transport, a été raccordé ; épaufrures récentes sur le cadre à droite.
ÉtThas o V, p. 144-145, n 292, pl. 33.2 ; Daux 1967, p. 32 fig. 21, p. 33, n. 5 ; Dana 2014, s.v. « Zipa », p. 402 (sept autres occurrences à Thasos).
Plaque presque carrée, encadrée d’un bandeau large de 3 cm et d’une plinthe haute de 9,5 cm, où figure l’inscription :
ƋƊƎƕƆƗwƑƿưƲƶƷƲƵwƺƥʶƴƩ
145
LA SCULPTURE DE THASOS
La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
Le type tardif est simplifié : le canapé est limité à son extrémité droite ; la table a trois pieds droits et pointus ; le fauteuil à dossier plein est de dimensions réduites. Les deux personnages ont la tête tournée vers le spectateur ; le banqueteur, qui porte barbe et moustache, a un visage ovale très schématique ; il tient dans sa main droite un objet indistinct de forme annulaire. Le corps de la femme assise est présenté de trois-quarts et non de profil, comme c’est l’usage : les deux jambes sont, non pas la droite croisée sur la gauche comme on pourrait le croire, mais maladroitement parallèles. Les proportions des deux corps sont d’ailleurs complètement arbitraires, comme l’est aussi le mou-vement des plis esquissés sur le vêtement. Cette incapacité à maîtriser la figure humaine, alors même que l’orthogonalité du mobilier et du cadre et la graphie de l’inscription dénotent un soin assez rare à basse époque, semble placer cette stèle encore après le groupe - : vers 250 apr. J.-C.
. Calyvès de Liménaria, église Haghios Gheorghios : stèle funéraire (pl. LXIX)
Encastrée dans le mur latéral droit de l’église.
48 × 50. Hauteur des lettres : 1-2.
Stèle apparemment intacte, aujourd’hui débarrassée des enduits de lait de chaux qui estompaient le relief et la première ligne de l’inscription.
Conze 1860, p. 36, pl. 10.3 ; E. Miller, RA 1874.1, p. 414 ; IG XII 8, 618.
La stèle semble être du type en usage au iiie siècle apr. J.-C. : elle est encadrée d’un bandeau plat sur trois côtés et d’une plinthe plus haute, qui porte l’inscription :
ƋǁƶƭuƲƵƕƥưƷƥươuƲƸ
ƺƥʶƴƩ
La seconde ligne n’est plus visible aujourd’hui.
Le champ sculpté (35 × 46) est occupé par la même variante du type tardif que sur : le ban-queteur tient dans sa main droite le même objet, ici encore plus indistinct ; la femme, qui écarte son voile, est vue de trois quarts, mais ses pieds sont ici posés sur un tabouret très bas ; la table, aux pieds droits et pointus, porte trois fruits. Les deux instruments oblongs disposés horizontalement dans le haut du champ entre les personnages pourraient être de musique.
Vers 250 apr. J.-C.
2. Le type augmenté (-)
Les ajouts que connaît le type tardif sont limités et n’en modifient nullement l’ordonnance générale ; il peut s’agir d’un descendant du couple, adulte ou enfant ; d’un ou de deux serviteurs, par survi-vance du type antérieur ; voire d’un chien.
a. Avec descendant
– adulte
Sur deux documents très proches, qui présentent la même variante que et – a d’ailleurs été trouvé dans la même région que ceux-ci –, apparaît au premier plan un petit personnage drapé dans un manteau, qui n’est pas un enfant, mais un adulte miniaturisé, comme le furent jadis les donateurs de stèles votives.
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LE THÈME DU BANQUET
. Athènes, Musée national 1525 : relief à la mémoire d’un tuteur (pl. LXX)
Rapporté de Thasos à Athènes à une date inconnue, antérieure à 1880.
45,5 × 55,5 × 10 ; 3. Hauteur des lettres 1,5-2.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Relief complet, brisé en quatre fragments jointifs raccordés. Trois taches brunes sur le fragment inférieur gauche ; cadre brisé en haut ; visages érodés. D. Mylonas, BCH 4 (1880), p. 480-481, no 10 ; IG XII 8, 513 ; Pfuhl, Möbius 1979, no 1801, pl. 261 ; Herdejürgen 1981, p. 420-422, fig. 8.
Relief à axe horizontal marqué, encadré d’un bandeau, large de 2-2,5 cm sur trois côtés, et d’une plinthe, haute de 12 cm, où est gravée l’inscription :
ƋǁƶƭuƲƵȗƴƥƮƯơƼưƭƬƴơ
ƻƥưƷƭuưƢuƫƵƺƠƴƭư
La tranche et le revers sont piquetés.
La variante du thème tardif définie par connaît ici quelques altérations. L’objet que tient le banqueteur dans sa main droite est plus détaillé : il semble composé d’éléments semblables mis en rang, mais il n’en reste pas moins énigmatique. La femme porte la main gauche à son menton : sa chevelure, coiffée en chignon bas, est découverte : le voile forme châle sur les épaules. À droite de la table, dans l’axe de la tête du banqueteur, un homme miniaturisé est vu de face ; son identité est révélée par l’inscription : c’est Zôsimos, qui rend hommage à Hèracléôn, qui l’a élevé. Sans doute n’est-ce qu’une coïncidence si cet hommage à un tuteur défunt renoue en deux points avec les reliefs votifs : par la forme et la présence du dédicant miniature.
Milieu du iii e siècle apr. J.-C.
. Inv. 640 : stèle funéraire incomplète d’une femme (pl. LXX)
Trouvée dans la région de Liménaria à une date indéterminée.
Hauteur des lettres : 1,5-2.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Deux fragments jointifs ont été raccordés ; manquent l’angle supérieur droit et la partie supérieure gauche avec le torse et la tête de la femme. Épaufrures sur le visage du banqueteur et du personnage miniaturisé debout ; la main droite du banqueteur est arrachée. ÉtThas o V, p. 144, n 289, pl. 33.1 ; Daux 1967, fig. 24 p. 34 et 37 ; Dana 2014, s.v. « ƇƎƍƆƏƔƗ », p. 37 (hapax).
Relief à axe horizontal encadré d’un bandeau large de 2-2,5 cm et d’une plinthe haute de 8 cm, où est gravée :
ƏƯƩƲƳƠƷƴƥƇƊƎƍƆƏƔƙ
ƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont sommairement piquetés. La composition et l’exécution sont très proches de : seule la place du guéridon et les fruits qu’il porte sont différents. Le petit personnage miniaturisé, placé cette fois entre la femme et la table, semble être plutôt une femme qu’un homme, à en juger par le chitôn qui apparaît aux chevilles sous l’himation. Il pourrait s’agir de la fille du couple – peut-être de Cléopatra elle-même. Ce serait alors une preuve éloquente de la sclérose avancée de l’artisanat funéraire thasien : faute de pouvoir modifier la composition pour y introduire un troisième personnage, on se serait borné à y ajouter une figure minuscule qui ne change rien au carton ordinaire, ici tout à fait incongru.
Milieu du iiie siècle apr. J.-C.
147
LA SCULPTURE DE THASOS
– enfant (-)
. Inv. 2327 : stèle funéraire avec femme à l’enfant (pl. LXXI)
Trouvée en 1963 dans le jardin Stamatiadis, à Liménas.
63 × 69 × 10 ; 4.
Marbre à gros grains ; épiderme gris, très usé et granuleux. Brisé en bas : à gauche anciennement, à droite en creusant le trou qui a provoqué sa découverte. Deux fissures verticales sur le bandeau supérieur du cadre, qui est entamé sur les côtés.
Relief à axe vertical peu marqué : le champ sculpté, presque carré, est encadré d’un bandeau et d’une plinthe qui a pu être assez haute. Le petit fragment qui en est conservé est si usé qu’on ne peut distinguer si la plinthe portait une inscription. La tranche est dégrossie, mais le revers est dressé et porte des traces d’enduit qui supposent un remploi.
La composition ne se distingue de l’ordinaire que par la position très haute du genou droit du banqueteur et par le petit enfant que tient sur ses genoux la mère, dont la tête est couverte d’un voile épais.
L’ampleur de cette pièce, qui contraste avec le format plus restreint des groupes - et - datant du iiie siècle apr. J.-C., pourrait indiquer qu’elle leur est antérieure : seconde moitié du iie siècle apr. J.-C. ?
. Inv. 3428 : bas d’une stèle funéraire avec femme à l’enfant (pl. LXXI)
Trouvé dans la propriété de H. Miamos à Panaghia, au lieu-dit Bouba. Entré au musée le 25 juillet 1976.
40,5 × 65,5 × 8,5 ; 2. Hauteur des lettres : 2.
Marbre à grains fins ; épiderme noirâtre mais bien conservé. Manque toute la partie supérieure, avec les têtes des deux protagonistes, et l’angle inférieur gauche. Une cavité semi-circulaire a été creusée au centre de la plinthe.
Relief à axe horizontal encadré d’un bandeau, large de 5 cm à gauche et de 4 cm à droite, et d’une plinthe haute de 8,5-10 cm, portant :
ȗƴƿƨƲƷƲƵȗƴƲƨƿƷƲƸƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
La composition est identique à celle du groupe -, avec pour seule différence l’ajout, sur les genoux de sa mère, d’un petit enfant, qu’elle tient fermement par les épaules et par les jambes, qui n’apparaissent pas. Les mains sagement jointes, l’enfant a plutôt l’air d’un adulte miniaturisé que d’un poupon.
Première moitié du iiie siècle apr. J.-C.
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle funéraire d’un forgeron (pl. LXXII)
Trouvée probablement dans le sud de l’île.
59,5 × 55,5.
Marbre à gros grains ; épiderme gris bien conservé. La stèle serait intacte, n’était l’arrachement du tenon d'en-castrement ; l’angle supérieur gauche est cassé ; les visages sont érodés, surtout ceux de la femme et de l’enfant. Holtzmann 1973, p. 161, no 12, fig. 12 p. 160.
La forme presque carrée de ce relief n’est pas fréquente dans le type tardif, où les documents à axe horizontal sont en grande majorité ; l’encastrement dans une base, qu’on peut déduire de l’exis-
148
LE THÈME DU BANQUET
tence d’un tenon de fixation, ne l’est pas non plus – il explique l’absence d’inscription sur la plinthe. L’encadrement est en revanche plus habituel, puisqu’il est fait d’un bandeau et d’une plinthe lisses.
La composition s’enrichit ici d’éléments anecdotiques. À droite de la table, le petit serviteur en tunique courte qui porte la main aux fruits vient en droite ligne du type récent. Mais surtout la femme tient sur ses genoux par les jambes un garçonnet debout, vêtu d’une tunique courte, qui, se tenant au cou de sa mère, se retourne vers son père, qui tend vers lui son bras droit. L’enfant tient dans la main droite un marteau, que surmonte dans le champ une tenaille : son père était forge-ron 121. L’atmosphère de familiarité affectueuse ainsi créée est tout à fait exceptionnelle : c’est un des rares cas où la mutation familiale du thème est réussie, en dépit de la maladresse de l’exécution. Cette faculté de modifier le schéma établi plaide pour une date relativement haute, que suggèrent également la présence d’un tabouret cubique sous les pieds de la mère et le rendu encore plastique des pieds latéraux de la table, ainsi que des fruits qu’elle porte.
Milieu du iie s. apr. J.-C.
b. Avec un ou deux serviteurs (268-270)
. Inv. 62 : stèle funéraire d’un couple avec deux serviteurs (pl. LXXII)
Trouvée en 1930, à environ 200 m au-delà de la porte du Silène : Arch 2-C THA 15, p. 13-14 (P. Devambez). 72 × 106 × 17,5 ; 7. Hauteur des lettres : 3,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme grisâtre et friable, usé. Les angles inférieurs sont cassés, ainsi que la partie droite du bandeau supérieur. Les visages de l’homme et du serviteur et le bas du visage de la femme sont arrachés.
ÉtThas V, p. 144, no 291 ; Dana 2014, s.v. « ƉƲƯƥƵ », p. 155 (une autre occurrence à Thasos).
Grande stèle massive à axe horizontal, d’une orthogonalité très approximative. Le bandeau d’encadrement est d’une largeur variable : 6-7,5 cm en haut ; 9-10 cm à gauche ; 8-9,5 cm à droite ; 12-13 cm en bas, où est gravé :
ȗƴƥƧƿƴƥƵƉƲƯƥƮƥƷƩƶƮƩǀƥƶƩưȃƥƸƷ˓
ƪ˒ưƮƥɜƷʩƧƸưƥƭƮɜƏƯƩƲƳƠƷƴʗƐƸƶƥưƣЖ[Ƹ]
La tranche est piquetée, le revers dégrossi ; sur les côtés, en bas, une encoche a dû servir à fixer le relief au monument funéraire qu’évoque le texte de l’inscription.
La scène est ici distendue en largeur, ce qui donne au guéridon une allure de table basse. La tête du banqueteur est tournée vers la femme, qui tient son voile de la main gauche ; elle est vue légère-ment de trois-quarts et ses pieds reposent sur un minuscule tabouret vu également en perspective. Les deux protagonistes sont flanqués des serviteurs de rigueur dans le type récent. Ce trait, tout comme la tête du banqueteur encore tournée vers la femme, sont des critères d’ancienneté pour le type tardif. Ce relief pourrait donc dater du milieu du ii e siècle apr. J.-C.
121. Sur une stèle d’époque impériale conservée autrefois à Berlin, le défunt, Cléobios, manie exactement les mêmes
instruments au-dessus d’une enclume : S. Reinach, o Répertoire de reliefs grecs et romains II (1912), p. 37, n 1.
149
LA SCULPTURE DE THASOS
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle d’un couple avec serviteur
(pl. LXXIII)
Provient probablement du sud de l’île.
69 × 67 × 12 ; 4. Hauteur des lettres : 2-2,5.
Marbre à gros grains ; épiderme blanc bien conservé. L’angle inférieur droit est écorné. Les visages des prota-gonistes ont été endommagés ; l’avant-bras droit de la femme est brisé.
Daux 1967, p. 614, no 70 ; Holtzmann 1973, p. 157-158, no 10, fig. 10 ; Dana 2014, s.v. « ƇƙƋƌƗ », p. 75 ; s.v. « ƋƊƎƕƙƖƝƒ », p. 405 (trois autres occurrences à Thasos).
Stèle carrée, dont le champ (48 × 56) est encadré d’un bandeau non poli, large de 5,5 cm et d’une plinthe haute de 15 cm, où est gravé :
ƇƙƋƌƗƋƊƎƕƙƖƝƒƔƗ ·ƺƥʶƴƩ
Le type iconographique tardif, qui a conservé ici le petit serviteur touchant aux fruits, fréquent sur le type précédent, présente quelques traits originaux. Le plus frappant est la physionomie très caractérisée du banqueteur, avec sa tête massive, ses cheveux courts formant une calotte épaisse, sa barbe fournie mais courte. Tourné vers sa femme, il fait de la main droite un geste qui semble indiquer qu’ils sont en conversation. La femme, vue légèrement de trois-quarts, tient le pan gauche de son voile, qui paraît indépendant du manteau qui enveloppe ses jambes ; ses pieds reposent sur un petit tabouret informe. Deux détails sont empruntés à des reliefs antérieurs : le drap qui couvre le lit, les traverses qui unissent les pieds de la table. Le modelé plus accentué des formes, qui sont aussi moins stylisées et plus vivantes, et le soin prêté au rendu des drapés, confirment une date haute pour ce relief, dont la vivacité participe encore de la tradition classique.
La physionomie du banqueteur comme la graphie des lettres suggèrent une date au milieu du iie siècle apr. J.-C.
. Inv. 1493 + fragment supérieur perdu : stèle funéraire avec serviteur (pl. LXXIII)
1) Inv. 1493 (fragment inférieur), trouvé en août 1958 dans le lit du ruisseau de Patarghia. 2) Fragment supérieur : lieu et date de découverte inconnus. Mentionné par G. Daux avec croquis dans son inventaire épigraphique du musée : Arch THASOS 3-B-1, E 99, puis décrit dans le mémoire inédit de P. Devambez : Arch MEM 16, p. 47, no 34. Perdu depuis.
28 × 52 × 9,5 ; 3. Fragment perdu : 14 × 52 × 8 ; 2,5. Hauteur des lettres : 3. Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Fragment central d’un relief, brisé obliquement en haut et en bas. Au-dessus doit être restitué le fragment aujourd’hui perdu, dessiné par G. Daux et décrit par P. Devambez, et non inv. 633, comme on l’a cru en 1970 (cliché EFA 42.093) : certains traits d’exécu-tion diffèrent nettement, comme on l’avait constaté en 1973, dans un mémoire inédit, avant même de mettre le fragment perdu en rapport avec inv.1493. L’appartenance du fragment Daux-Devambez à inv. 1493 est rendue certaine par le croquis de G. Daux, qui montre la concordance de la largeur et du tracé de la cassure.
Relief funéraire de la forme commune à l’époque impériale : un bandeau plat, large sur les côtés de 3-3,5 cm, court sur trois côtés ; la plinthe, plus haute, était inscrite : on distingue, sous l’angle inférieur droit du champ sculpté, la haste oblique incurvée de l’upsilon terminant le patronyme du défunt. Au lieu de figurer sur le nom de celui-ci, la formule d’adieu est ici gravée dans le champ, ce qui est unique à Thasos ; on lit entre les têtes des personnages :
ƺƥʶƴƩ
La tranche est piquetée, le revers dégrossi sur le pourtour, mais poli au centre.
150
LE THÈME DU BANQUET
Le schéma iconographique tardif est étiré en largeur, ce qui provoque un tassement de la table aux fruits. On constate quelques survivances du type précédent : le banqueteur tourne la tête vers la femme, qui écarte ostensiblement son voile ; ses pieds reposent sur un tabouret ; un petit serviteur, qui tient une louche dans la main droite, porte la main sur la grappe qui est à sa portée. Autre détail unique à Thasos : l’extrémité gauche du canapé – pied et dossier – est représentée derrière le fauteuil où trône la femme.
Le croquis de G. Daux étant très sommaire, il vaut la peine de reproduire la description très précise faite par P. Devambez du fragment supérieur perdu : « On voit, à droite, appuyés contre un chevet courbe, la tête et l’épaule de l’homme : elles se présentent de trois-quarts à gauche. Le crâne est trop allongé, les cheveux sont coupés en rond sur le front traversé d’une ride ; les yeux enfoncés, les tempes étroites, le nez camus, les moustaches tombantes et le cou épais donnent au personnage un caractère individuel marqué. À gauche du relief, on distingue le haut d’un visage féminin très effacé ; la tête est couverte d’un voile, que la main gauche tient écarté du visage. »
L’exécution est sommaire, peut-être inachevée : les figures ont été taillées au ciseau et non pas modelées à la pointe, encore moins polies. Les traits anciens, directement issus du type précédent, suggèrent une date située encore au iie siècle apr. J.-C.
c. Avec chien (271)
. Inv. 170 + 2031 : stèle funéraire d’une femme avec chien (pl. LXXIV a, b)
Le corps de la stèle (inv. 170) a été trouvé par A. J. Reinach le 17 mai 1911, près de la « tour de l’arbre », située à l’ouest de la porte de Zeus et d’Héra : Arch THASOS 2-C THA 5, p. 38. Le fragment supérieur droit (inv. 2031) (pl. LXXIV b), peut-être découvert au même moment, se trouvait en tout cas au musée en 1931, où P. Devambez l’étudia ; il avait déjà été mutilé en 1947, lorsque J. Pouilloux reconnut son appartenance à inv. 170, auquel il a été raccordé en 1970.
42,5 × 42,5 × 12 ; 4. Hauteur des lettres : 2,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme jaune bien conservé. La tête du banqueteur a disparu entre 1931 et 1947. L’angle inférieur gauche et la partie inférieure de la plinthe manquent. ÉtThas V, p. 155-156, no 317, pl. 37-5.
L’encadrement est ordinaire, un bandeau large de 1,5 cm sur trois côtés et une plinthe haute de 7 cm, où est gravé :
ƋŞРКќГЎ˚ƌŞИЈƮƯƩƣƨƲƸ
La tranche et le revers sont soigneusement piquetés.
Étape importante dans l’aliénation du thème, le banqueteur n’est ici que le parèdre de la défunte, ce qui explique l’ampleur inusitée de celle-ci, vue presque de face, mais assise sur un fauteuil vu de profil, inadapté à sa nouvelle importance. Le banqueteur est un homme barbu et moustachu, qui semble avoir tenu de sa main gauche le skyphos habituel. Ce relief maladroit se distingue surtout par la note pittoresque et affective qu’apporte le chien faisant le beau devant son maître. Une date avan-cée dans l’évolution du type est probable : première moitié du iiie siècle apr. J.-C.
151
LA SCULPTURE DE THASOS
3. Le type tardif morcelé (-)
Pour les besoins d’un artisanat funéraire dont le répertoire iconographique et les capacités diminuent rapidement à partir du iie siècle apr. J.-C., on en vient à morceler le type tardif du banquet, pour en utiliser séparément la partie droite ou la partie gauche suivant le sexe du défunt. S’il est advenu très vite dans l’iconographie du banquet que tel ou tel héros ait été représenté seul, lorsque sa légende, sa vie ou sa fonction ne nécessitaient pas l’existence d’une parèdre féminine 122, c’est en revanche un symptôme de méconnaissance du sens premier de la scène que de traiter pour elle-même la femme assise, flanquée d’un guéridon couvert de fruits qui n’a de sens que pour le banqueteur.
a. Le banqueteur seul (272-273)
. Inv. 1607 : petite stèle funéraire d’un forgeron (pl. LXXIV)
Trouvée dans le lit du ruisseau de Patarghia, durant l’hiver de 1959-1960. 54 × 43 × 11,5 ; 3,5. Hauteur des lettres : 2.
Marbre à grains moyens, très friable ; épiderme gris et très usé. Les angles supérieur et inférieur gauches sont cassés. Une fissure parcourt obliquement le bas du relief.
Bernard, Salviat 1967, p. 615, no 74, fig. 46 p. 617.
Petite stèle encadrée d’un bandeau plat large de 2,5 cm. Au lieu de la plinthe ordinaire, c’est une sorte de tenon (11,5 × 17), créé par une mutilation ultérieure, qui porte :
….HTO[Ɨ] ƑƥƱƣuƲƸ
ƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
Le champ sculpté carré est occupé par le banqueteur, dont le corps est entassé sur le canapé en une masse informe, d’où émerge burlesquement un petit pied arc-bouté contre le montant gauche. Sa tête, barbue, est tournée vers le spectateur. Dans le champ, à gauche, une tenaille en très faible relief indique qu’il s’agit d’un forgeron.
iiie s. apr. J.-C.
122. Les exemples en sont fréquents à toutes les époques. Héraclès, le héros grec par excellence, est généralement repré-
senté seul : N. Himmelmann, Der Ausruhende Herakles (2009), p. 123-158 ; à Thasos, ÉtThas XV, 51, 52, 84 ; sur le continent thrace, voir les reliefs hellénistiques d’Amphipolis (BCH 102 [1978], p. 721, fig. 166) et du musée de Sofia, celui-ci avec adorants (mal interprété par J. Bayet, « Un nouvel Hercule funéraire », MEFRA 46 [1929], p. 1-42, pl. 1 ; Dentzer 1982, R 510, fig. 729). C’est encore en héros banquetant et très probablement seul, étant donné les dimensions de la plaque, dont le bord gauche manque, qu’Hérode Atticus fit représenter à Brauron son jeune élève Polydeukion, mort peu avant 150 apr. J.-C. (Dentzer 1982, R 231, fig. 485 ; H. Meyer, « Vibullius Polydeukion: ein archäologisch-epigraphisch Problemfall », AM 100 [1985], p. 393-404, pl. 87-90) et qu’il héroïsa (Delphes, inv. D 3251, in situ sur l’« agora romaine »). Le caractère héroïque du jeune homme est souligné par la présence, dans l’angle supérieur droit du relief, d’une tête de cheval. On remarquera d’autre part qu’il tient dans sa main gauche une sorte de taenia tressée, très épaisse, proche de l’objet tenu dans la main gauche par certains banqueteurs thasiens de type tardif (-). La même volonté de renouer avec le style et l’iconographie classiques, typique des milieux cultivés attiques du ii e s. apr. J.-C., se rencontre également sur le relief votif de Rhamnonte (Ergon 1982, fig. 79), qui représente précisément Héraclès à demi allongé, un canthare à la main, une corne d’abon-dance calée contre le coude gauche. Ce pourrait être aussi une dédicace d’Hérode Atticus, qui multiplia les marques d’une piété classicisante.
152
LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 1376 : partie gauche de la stèle funéraire d’un vigneron (pl. LXXIV)
Trouvée en 1955.
34 × 18,5 × 5,5 ; 2. Hauteur des lettres : 2,5.
Marbre à gros grains ; épiderme beige bien conservé. Partie gauche d’un relief brisé verticalement en son milieu.
ÉtThas V, p. 107, no 203, pl. 19.4 ; Daux 1967, p. 45 ; fig. 42 p. 39.
Petite stèle de forme ordinaire avec bandeau large de 2 cm et plinthe haute de 6,5 cm, où est gravé :
ǺƸƴ ·ȗƴƥ[…..
ƺЈ[ʶƴƩ]
La tranche et le revers sont régulièrement piquetés.
Du manteau qui couvre les jambes du banqueteur sortent d’énormes pieds, le droit appuyé au dossier du canapé. Au-dessus de celui-ci se détache légèrement du champ une serpe de vigneron verticale, comme sur et . Le pied latéral gauche de la table est gravé dans le champ, comme sur -. Ces rapprochements et le praenomen Aurélios assurent une date postérieure à la constitutio antoniniana de 212.
b. La femme assise seule (274-277)
. Stèle funéraire disparue d’une femme avec enfant (pl. LXXV)
Vue au Sud de Théologo en 1925, par A. Laumonier et Y. Béquignon. N’a pas été revue depuis. Manque la partie supérieure de la stèle, brisée au cou de la femme. Angle inférieur droit cassé. Cadre brisé à gauche.
Petite stèle encadrée d’un bandeau et d’une plinthe où est inscrit :
BƩƯƯơƥƇƸƶЈƸ ƯƲƸƺƥʶƴЌ
Bellea est la transcription tardive du latin Velleia, nom déjà attesté à Thasos (IG XII 8, 388, l. 4). En revanche, le patronyme Bysaulos est un nom thrace inconnu jusqu’à présent, mais formé de deux éléments fréquents dans l’onomastique thrace 123.
À gauche, femme assise de trois-quarts, écartant de la main gauche le voile qui couvre sa tête. Un seul de ses pieds est visible, posé à terre. Devant elle, la table aux fruits est réduite à un chétif guéridon, à cause de la présence d’un petit personnage, féminin à en juger par son vêtement : la fille plutôt que la servante de la défunte.
iiie s. apr. J.-C.
. Inv. 2553 : stèle funéraire d’une femme seule (pl. LXXV)
Trouvée en 1965 à Sôtiros.
54 × 30,5 × 10 ; 3,5. Hauteur des lettres : 2.
123. D. Detschew, Die thrakischen Sprachreste (1957), s.v. « Bus- », p. 69, « Aulo- », p. 35 ; Dana 2014, p. 22 et
74-75. La transcription du V initial de Velleia par B suggère que le B initial de Bysaulos était lui aussi prononcé V.
153
LA SCULPTURE DE THASOS
Marbre à gros grains ; épiderme jaune et usé. Le cadre est brisé à droite, en haut. Quelques épaufrures sur la surface sculptée.
G. Daux, BCH 98 (1974), p. 573, fig. 10 p. 574.
Petite stèle encadrée d’un bandeau large de 2-3 cm et d’une plinthe haute de 10 cm, où est gravé :
ǺƴƷƩuƬƸƲƉƭƲưƸƶƣ
ƲƸƺƥʶƴƩ
Selon G. Daux, la terminaison aberrante du nom serait la mauvaise transcription, par un artisan illettré, d’Artémous, nom dialectal. La tranche et le revers de la stèle sont piquetés.
Plus encore que sur , la femme restée seule est tournée vers le spectateur. De sa main gauche, elle écarte le voile épais qui entoure son visage. Le torse est lui aussi vu de face, mais les jambes sont de profil, avec les pieds posés sur un tabouret. À droite, un guéridon à pieds droits et pointus, qui repose sur un petit support mouluré, porte un entassement de fruits surmonté par une grenade.
La stylisation du guéridon rattache ce document au groupe tardif -. Milieu du iiie s. apr. J.-C.
. Inv. 1174 : stèle funéraire d’une femme seule (pl. LXXV)
Trouvée en juillet 1953 dans la nécropole de Patarghia, « à quelques mètres au sud-est du groupe de tombes I ». 50 × 40,5 × 9,5 ; 2,5.
Marbre à très gros grains ; épiderme très usé, granuleux et gris. Les angles supérieur droit et inférieur gauche sont brisés.
L. Kahil, BCH 78 (1954), p. 248, fig. 43 p. 250.
Petite stèle du même type que les deux précédentes, avec bandeau d’encadrement et plinthe haute de 15 cm, où l’on distingue à peine les traces illisibles d’une inscription funéraire de deux lignes. La tranche et le revers sont soigneusement dressés.
Dans le champ, femme assise vue de trois-quarts, qui écarte un voile de tête épais. Devant elle, une table basse, dont seul le pied médian est en relief, suivant la formule de -.
Première moitié du iii e s. apr. J.-C.
. Inv. 1863 : fragment supérieur droit avec table aux fruits (pl. LXXV)
Lieu et date de découverte inconnus.
25,5 × 22 × 4,5 ; 1.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Partie supérieure droite d’un relief brisé à gauche et en bas. Le pied central de la table est brisé.
Petit relief, dont le cadre est large à droite (4 cm), mais réduit à une mince baguette en haut (0,5-0,7 cm). À droite, le raccord au champ sculpté se fait par une courbe insensible. Si le bord supérieur est horizontal, le côté droit est très légèrement incliné ; la stèle était donc pyramidante. La tranche et le revers sont piquetés.
Ne subsiste dans le champ qu’une partie de la table ronde, couverte de fruits plus détaillés que d’habitude. Les pieds latéraux du guéridon sont gravés sur le fond, ce qui rattache ce fragment au groupe de -.
Première moitié du iii e s. apr. J.-C.
154
LE THÈME DU BANQUET
4. Fragments divers du type tardif (-)
a. Avec les deux protagonistes (278-281)
. Inv. 641 : partie gauche d’une petite stèle funéraire (LXXVI)
Lieu et date de trouvaille inconnus. Au musée avant 1931 (cliché EFA 9.401). 35 × 20 × 7,5 ; 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, usé et friable. Fragment brisé à droite et en bas. Partie droite d’un petit relief, encadré d’un bandeau large de 2 cm à gauche ; la tranche et le revers sont régulièrement piquetés.
La figure de la femme, conservée presque entière, est identique à celle des reliefs du groupe - : le corps est réduit à un mannequin sommairement drapé, surmonté d’une tête énorme. Le chignon haut et plat apparaît très clairement sous le voile qui encadre le visage. Détail inusité : la main droite, qui repose sur le genou, tient entre pouce et index un petit objet rond et plat. Tout à droite, l’extrémité de la table, et, au-dessus, les jambes du banqueteur et sa main droite. Au-dessus du canapé, une serpe de vigneron verticale, dont ne subsiste que l’extrémité recourbée – un détail que présentent aussi et .
iiie s. apr. J.-C.
. Inv. 2766 : fragment avec le corps des deux protagonistes (pl. LXXVI)
Date et lieu de trouvaille inconnus.
23 × 26 × 7 ; 1,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme brun et usé. Fragment brisé en haut, à droite et en bas.
Partie centrale gauche d’un petit relief encadré d’un bandeau, large à gauche de 2,5 cm. La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
Type iconographique du groupe - : la femme assise a, comme le banqueteur, une main droite démesurée et porte la gauche à son menton ; devant elle, la table aux fruits, avec son pied latéral gauche gravé dans le champ.
iiie s. apr. J.-C.
. Inv. 184 = 2788 : partie droite d’une stèle funéraire avec banqueteur (pl. LXXVI)
Vue par C. Fredrich en 1904, à « l’huilerie égyptienne » de Liménas. Entrée au musée avant 1922 : Arch THASOS 3-B-1 (inventaire épigraphique du musée par G. Daux).
50 × 38 × 10 ; 4. Hauteur des lettres : 1,5-2.
Marbre à grains moyens ; épiderme jaune bien conservé, mais ponctué de taches brunes. Manque toute la partie gauche de la stèle. Les angles supérieur et inférieur droits sont brisés, de même que la tête et la main gauche du banqueteur.
IG XII 8, 455 ; Deonna 1909, col. 19, no 17 ; ÉtThas V, pl. 24.2 (non mentionné dans le texte) ; Dana 2014, s.v. « Rescupor », p. 291.
Partie droite d’un relief à peu près carré, encadré d’un bandeau, large de 3 cm en haut et à droite, et d’une plinthe haute de 5 cm, où est inscrit :
….] ƫƖƩ ƶƮƲƸƳƲƴƩƼƵ
La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
155
LA SCULPTURE DE THASOS
Le type tardif est traité ici d’une manière très maladroite, sans respecter les proportions de ses différents éléments : le banqueteur occupe les deux tiers de la hauteur du champ, ne laissant à la table qu’un espace réduit. On notera la mouluration originale du pied du canapé. Certains détails indiquent une date relativement haute dans le type tardif : le skyphos à anses que tient le banque-teur ; le drap dont un pan arrondi tombe du lit à droite de la table ; le rendu plastique des fruits ; le petit tabouret sous les pieds de la femme, à qui est d’ailleurs consacré le relief, à en juger par l’èta qui termine le nom du défunt ; la graphie de l’inscription.
iie siècle apr. J.-C. ?
. Inv. 1661 = 2787 : fragment droit d’une stèle funéraire (pl. LXXVI)
Trouvé dans la région de Liménaria ; entré au musée en 1961.
43,5 × 31 × 10,5 ; 2,5. Hauteur des lettres : 2,5.
Marbre à grains fins ; épiderme usé et noirâtre. Brisé en haut et sur les côtés. Une grande épaufrure a emporté la partie gauche de la plinthe et le bas du pied central de la table. Même phénomène sur le torse du banqueteur.
Bernard, Salviat 1967, p. 614, no 71, fig. 43 p. 615.
Fragment de la partie inférieure d’une stèle dont la plinthe, haute de 11 cm, porte :
ǺƴƷ]Ʃuƭƶƣƥ
….]ƩƺƥʶƴƩ
Le revers est grossièrement piqueté.
Cet assez grand relief ne participe sûrement du type tardif que par le bas du fauteuil plein qu’on observe à droite. L’interversion des deux personnages, c’est-à-dire la présence de la femme à droite, qu’on rencontre sur quelques autres reliefs thasiens (, -, ) et que souligne la disposi-tion inusitée de l’inscription, est un signe de plasticité du thème, qui plaide en faveur d’une date relativement haute, à laquelle renvoie d’autres traits : le pan de l’himation retombant de l’avant-bras ; le skyphos à anses tenu par le banqueteur ; le caractère vigoureusement plastique de la table et des fruits, qui sont ici espacés ; le vêtement traditionnel de la femme, avec la distinction sommaire entre chitôn et himation ; le tabouret assez haut et mouluré.
Seconde moitié du iie s. apr. J.-C. ?
b. Fragments avec banqueteur seul conservé (282-285)
. Liménaria, église Haghios Nicolaos : fragment avec banqueteur, disparu (pl. LXXVII)
Vu par Ch. Picard en 1910 encastré dans l’église Haghios Nicolaos de Liménaria : Arch THRACE 2, f. 45v, avec croquis. Disparu depuis.
31 × 52.
Partie droite d’un relief dont l’encadrement n’apparaît qu’en haut sous la forme d’un bandeau. Le banqueteur est conservé jusqu’aux genoux, dans l’attitude ordinaire pour le type tardif : tête de face, la main gauche tenant peut-être un bol. Dans sa main droite, il semble tenir le même objet souple et annulaire qu’on lui voit sur les reliefs -, dont trois proviennent sûrement de la région de Liménaria. C’est aussi à cette variante locale qu’appartiennent les pieds droits et pointus de la table et le pied tourné du canapé.
Milieu du iiie s. apr. J.-C. ?
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 1525 : angle supérieur droit avec tête du banqueteur (pl. LXXVII)
Trouvaille fortuite entrée au musée durant l’été de 1958.
21 × 28 × 11 ; 2,5.
Marbre à grains moyens friable ; épiderme gris, très usé. Fragment brisé obliquement à gauche ; cadre brisé en haut ; nez et bouche effacés.
Angle supérieur droit d’un relief encadré d’un bandeau, large à droite de 2,5 cm. La tranche et le revers sont soigneusement dressés. Dans le champ subsiste la tête et l’épaule gauche vues de face d’un banqueteur : le visage est rond, apparemment imberbe ; les cheveux forment une calotte à peine animée de quelques traits sommaires, perpendiculaires au front ; l’épaule est couverte par le pan de manteau traditionnel.