LA Sculpture DE Thasos : Corpus des reliefs II
TOME I – Texte
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 14 parties.
La mise en page singulière de ce relief de grande ampleur, dont le toit en pente est également exceptionnel 94, suppose à gauche un assez grand nombre de personnages : peut-être un autre ban-queteur flanqué d’une parèdre ou bien un groupe d’adorants assez nombreux. Le schématisme du mobilier, voire son absence, et le lourd couronnement en long côté de toiture, pourraient indiquer une date assez basse, au iii e siècle av. J.-C. (?).
. Inv. 2768 : fragment supérieur droit (pl. XXXVIII)
Date et lieu de trouvaille inconnus.
22,5 × 21,5 × 10,5 ; 1,5.
Marbre à très gros grains ; épiderme granuleux et noirci par un incendie. Tout le cadre est arraché ; angle brisé. Fissure verticale à droite sur le champ. Le relief est réduit à une silhouette très floue.
Angle supérieur droit d’un grand relief à encadrement architectural : un pilastre large de 3 cm porte un couronnement haut de 5 cm. La tranche est lisse, le revers soigneusement piqueté.
Ne subsistent que le haut du torse et la tête, vus de face. Le visage, apparemment imberbe, est encadré par des cheveux longs et épais. Le bras gauche, baissé, était accoudé, tandis que le bras droit, levé, devait brandir le rhyton.
La simplicité de l’encadrement et le caractère spacieux de la mise en page pourraient indiquer une date assez haute : ive siècle av. J.-C. ?
. Inv. 1719 : fragment inférieur droit (pl. XXXVIII)
Remployé dans la maison de N. Soultos ; entré au musée en janvier 1962. 29 × 21 × 15 ; 3.
Marbre à gros grains ; épiderme gris, granuleux et très usé. Fragment brisé en haut et à gauche. Dentzer 1982, R 323, fig. 572.
Relief sans cadre latéral. La face inférieure de la plinthe, haute de 2,5 cm, et la tranche sont piquetées ; le revers est dégrossi.
Subsistent le torse et les cuisses d’un banqueteur à demi allongé sur une clinè basse recouverte d’un drap ; il est accoudé à deux coussins, le bras droit étendu vers la gauche et tenant sans doute une patère. Le modelé du buste et du bras droit sont rendus avec une certaine habileté. La tête devait être tournée vers la gauche, comme c’est l’usage lorsque le banqueteur tend une patère ou brandit un rython. On peut donc restituer également avec une certaine vraisemblance la présence à gauche d’un échanson, derrière la femme assise, et, au-delà, de quelques adorants. Seul élément d’originalité : le mobilier très bas, qui n’est peut-être qu’un truc pour épargner du marbre et du temps.
L’absence de cadre, le modelé du corps et la table rectangulaire suggèrent une date au ive siècle.
94. Seul autre exemple à Thasos, le grand épistyle inscrit .
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 3733 : fragment supérieur avec rhyton brandi (pl. XXXVIII)
Trouvé dans la fouille du terrain Psathéris, en 1975, au niveau paléochrétien.
17 × 20 × 12 ; 2,5.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, usé. Fragment brisé de toutes parts sauf en haut, où subsiste une partie du cadre, haut de 4 cm. Tranche dressée ; revers dégrossi.
Fragment d’un grand relief dont le couronnement est fait d’un bandeau et d’un quart de rond droit. Le champ est piqueté. Du relief ne subsiste que le bras droit d’un banqueteur qui brandit un rhyton, suivant le motif consacré.
Le couronnement non architectural et le piquetage du champ indiquent une date voisine du milieu du iv e siècle.
. Inv. 3208 : fragment inférieur avec femme assise (pl. XXXVIII)
Trouvé en mai 1972, lors de travaux de terrassement près de la maison Paxis, au sud de la place centrale de Liménas.
24,5 × 30 × 13 ; 2,5.
Brisé de toutes parts, sauf en bas, où l’usure avancée du plan de pose implique que cette face a été longtemps exposée, voire foulée. Marbre très fin, qui présente dans ses cassures latérales les inclusions typiques du Pentélique, qui sont devenues des plans de cassure à l’arrière ; épiderme de la face sculptée bien conservé, mais bruni par le séjour en terre. Les cassures latérales sont anciennes, mais les épaufrures de la surface sculptée et l’arrachement de la plinthe, haute de 3 cm, datent de la découverte.
Petit fragment inférieur d’un relief dont on peut évaluer la hauteur à environ 0,70 m. Sur un champ dressé se détache l’extrémité gauche d’une clinè à pieds découpés, recouverte d’un matelas, sur laquelle est assise une femme tournée vers la droite. Son pied gauche repose sur un tabouret ouvragé à pieds animaux, placé légèrement de biais, tandis que le pied droit ne le touche que de sa pointe. Un chitôn très fin, aux plis nerveux, couvre les jambes jusqu’au cou-de-pied, alors que l’himation les enveloppe diagonalement, laissant la jambe gauche plus apparente. Immédiatement à gauche de la clinè se tenait un autre personnage debout, dont ne subsistent que le contour d’un pied et quelques plis de vêtement, qui débordent sur le montant de la clinè.
Le plissé contrasté des étoffes est rendu avec une virtuosité qui ne se rencontre guère sur d’autres reliefs thasiens. D’autre part le motif de la femme assise sur un coin du lit, fréquent dans l’icono-graphie attique depuis la première moitié du ive siècle 95, ne l’est guère à Thasos, où il n’est jusqu’ici représenté assurément que par , écho déformé et schématisé d’une création majeure, dont le présent relief pourrait être un fragment.
Peut-être ce fragment de très grande qualité doit-il être mis en rapport avec l’activité à Thasos d’un atelier attique dans la seconde moitié du ive 96 siècle.
L’angle inférieur gauche, , de ce relief remarquable a, selon toute vraisemblance, été vu par Ch. Picard en 1910 : les dimensions et la composition concordent.
95. os Par exemple, Thönges-Stringaris 1965 : par ordre chronologique, n 71, 191, 88, 66, 41, 87, 82, 143 ; variante
tardive (350-300), avec corps retourné : nos 78, 127, 128.
96. Holtzmann 2005.
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LA SCULPTURE DE THASOS
. Angle inférieur gauche disparu d’un grand relief (pl. XXXVIII)
Vu par Ch. Picard à Liménas, en 1910 ; Arch THASOS 2, f. 57v, avec croquis. Disparu depuis.
27,5 × 28,5 × 13 ; 3.
Partie inférieure gauche d’un grand relief ; encadré en bas et à gauche par un bandeau saillant ; l’angle est cassé.
Deux personnages adultes sont tournés vers la droite : le premier fait un assez grand pas ; le second, par son vêtement – chitôn et himation jusqu’aux mollets – doit être une femme. Derrière elle, un enfant presque de face et, à l’arrière-plan, un objet difficile à identifier ressemble à un grand vase à banquet : un dinos sur un trépied recouvert d’un drap, par exemple, tel que ceux qu’on ren-contre fréquemment à l’extrémité gauche des grands reliefs à banquet. En ce cas, le petit personnage du premier plan pourrait être un serviteur 97.
Seconde moitié du ive siècle av. J.-C. ?
BANQUETS DE TYPE RÉCENT
Ce type est représenté à Thasos par un très grand nombre de documents (-) d’époques hellénistique et impériale, quelques-uns encore votifs, mais la plupart funéraires. Cette mutation s’accompagne d’une sclérose iconographique progressive : la demande funéraire, plus constante et plus stéréotypée que la demande votive, s’adresse généralement à des ateliers spécialisés et non à des artistes de premier plan. Il en résulte une uniformité qu’atténuent à peine des variantes de détail assez nombreuses et la qualité très inégale de l’exécution. Il a donc paru inutile de donner de chaque relief une description complète ; on se bornera à définir les diverses variantes et à relever les traits particuliers de chaque document par rapport à celles-ci.
1. Le type complet (-)
Le type récent du banquet, tel qu’il s’est répandu à Thasos, se définit ainsi : sur une clinè à pieds tournés, assez rapidement dépouillée du drap qui la couvrait jadis, est étendu un homme, générale-ment imberbe, vêtu d’un chitôn à manches courtes et d’un himation qui enveloppe son corps depuis la taille. Le bras gauche accoudé sur un ou deux coussins, il tient dans la main un skyphos ou un rouleau de papyrus ; le bras droit épouse généralement le contour du corps, la main droite étant posée sur le genou fléchi. Sa tête est tournée de trois-quarts ou plus souvent de profil vers la gauche, quand il regarde la femme assise au pied de la clinè, sur un siège aux pieds tournés, sans dossier, gé-néralement renforcé d’un coussin. Cette femme vue de profil vers la droite est vêtue d’un chitôn dont le bas se déploie en éventail, ne laissant apparaître que le bout des pieds posés sur un tabouret sché-matiquement mouluré, et d’un himation qui, enveloppant le bas du corps mais non le buste, forme voile. Sa main droite est posée sur les cuisses, tandis que la main gauche tient le bord du manteau, qu’elle écarte de son buste. Devant elle, un guéridon rond à pieds ouvragés s’achevant en pattes animales porte des fruits, des gâteaux et de la vaisselle. Les deux protagonistes sont flanqués, de part et d’autre, de serviteurs minuscules : à gauche, derrière sa maîtresse, une servante, vêtue d’un chitôn
97. Je remercie G. Biard d’avoir vérifié virtuellement le raccord + .
108
LE THÈME DU BANQUET
dont le bouffant cache la ceinture, les cheveux formant chignon, tient généralement à deux mains une boîte cylindrique ; à droite, un serviteur en tunique courte, les cheveux très courts, se tient à la tête du lit, les mains croisées sur le ventre, tenant parfois un instrument à extrémité arrondie : serpe ou plutôt louche en métal à tête de canard (-), qui rappelle sa fonction d’échanson – à moins qu’il ne touche aux fruits posés sur le guéridon, motif très rare hors de Thasos 98. Tout autre person-nage ou objet est une réminiscence du type ancien ou la marque d’une volonté particulière.
Le type récent ainsi défini est assez rarement conservé dans son intégrité. Il présente alors deux variantes : dans l’une, plus fréquente, le banqueteur tient un skyphos massif dans la main gauche ; dans l’autre, celui-ci est remplacé par un rouleau de papyrus.
a. Banqueteur tenant un skyphos ( 182185)
. Paris, Louvre MND 266 = MA 3575 : relief avec banqueteur adepte des cultes égyptiens
(pl. XXXIX)
Trouvé à Liménas, selon le vice-consul de France à Cavala, Voulgaridis, chez qui G. Mendel vit ce relief en 1899 et qui en fit don au Louvre en 1900.
49 × 59 × 10 ; 3.
Marbre à gros grains ; épiderme usé et grisâtre. Épaufrures en divers points du cadre. Les visages sont brisés.
Mendel 1902, p. 477, no 6, fig. 5 ; J. Charbonneaux, La sculpture grecque et romaine au musée du Louvre (1963), p. 84 ; Cl. Rolley, o BCH 92 (1968), p. 196-198, n 4, fig. 14-15 ; F. Dunand, Le culte d’Isis dans le bassin oriental de la Méditerranée II (1973), p. 63, pl. XX.2 ; Mitropoulou 1976, p. 130, no 93 ; Herdejürgen 1981, p. 418, fig. 4 ; Hamiaux 1998, p. 131-132 no 138 (fig.).
Relief encadré à l’ancienne, comme : deux pilastres larges de 3-4 cm s’appuient sur une plinthe haute de 2 cm pour soutenir un épistyle mouluré haut de 3,5 cm. La tranche est lisse, le revers piqueté.
On remarquera la présence très discrète d’un petit serpent, qui rampe sur le guéridon et l’existence d’un drap recouvrant la clinè – deux traits hérités du type précédent, de même que l’encadrement architectural. Original également, l’himation remontant jusqu’aux pectoraux. Mais ce qui distingue ce relief, ce sont les accessoires égyptisants – sistre, couronne isiaque et situle – gravés dans le champ et la couronne ateph d’Osiris que porte le banqueteur. Selon toute vraisemblance, le mort était donc un sectateur des cultes égyptiens, qui sont bien attestés par ailleurs à Thasos 99.
Les traits anciens qui subsistent sur ce document conduisent à le dater assez haut, sans doute au ii e siècle av. J.-C., comme l’ont suggéré Cl. Rolley et H. Herdejürgen.
. Inv. 132 : relief complet avec couple et serviteurs (pl. XXXIX)
Date et lieu de trouvaille inconnus. Étudié en 1931 par P. Devambez : MEM 16, p. 49, no 36. 50,5 × 56,5 × 15 ; 8.
Marbre à très gros grains ; épiderme gris, granuleux et très usé. Les têtes semblent avoir été martelées ; l’objet que tenait le banqueteur dans la main gauche, sans doute un skyphos, est brisé. Toute la moitié supérieure du cadre est arrachée.
98. Infra n. 147 p. 172.
99. Cl. Rolley, loc. cit., p. 187-219, pl. 17-20 : « Les cultes égyptiens à Thasos ». Je remercie R. Veymiers de ses indica-
tions concernant ce relief.
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LA SCULPTURE DE THASOS
Encadrement architectural avec plinthe haute de 5 cm, pilastres pyramidants de 5,5-4 cm de lar-geur et couronnement haut de 9 cm, dont l’articulation a disparu. Tranche dressée ; revers dégrossi.
La scène se distingue par quelques détails : le banqueteur semble avoir eu la tête de face ; la femme porte sa main gauche à son cou ; le petit serviteur est en train de prendre un fruit sur la table, détail pittoresque typique de la série thasienne.
Le cadre architectural, l’axe horizontal et la tête du banqueteur tournée vers le spectateur sont des réminiscences du type votif ancien.
iiie-iie s. av. J.-C. ?
. Inv. 1576 : petit relief complet (pl. XL)
Découvert le 29 juillet 1959 sur l’acropole, dans le sanctuaire d’Athèna. 43,5 × 41 × 11,5 ; 4.
Marbre à grains moyens ; épiderme gris et très usé. Manque le bas du relief avec la plinthe ; les trois côtés conservés du cadre sont très endommagés. Le visage du banqueteur semble avoir été martelé.
Le cadre est fait de deux bandeaux verticaux étroits, d’une largeur aujourd’hui impossible à mesurer, tant ils sont abîmés ; en bas, une plinthe plus large, peut-être inscrite, devait correspondre au bandeau du couronnement, haut de 7 cm, où semble avoir été esquissé un fronton très bas. La tranche est dressée, le revers piqueté. À l’intérieur du champ à peu près carré ainsi défini est figuré le type récent complet, avec les deux serviteurs de part et d’autre, que l’usure de la surface a rendu fantomatiques.
Le lieu de trouvaille n’implique pas que ce relief soit votif : ses dimensions ne sont pas telles qu’il n’ait pu être transporté là où il fut trouvé, depuis les cimetières situés sur l’autre versant de l’acropole, lorsqu’un village de crête s’établit sur les ruines du sanctuaire d’Athèna, à l’abri de la forteresse érigée sur les ruines du Pythion voisin 100.
L’état du relief ne permet pas de proposer une date précise. Toutefois le voile épais couvrant toute la tête de la femme est un trait avancé dans l’évolution du type récent.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Paris, Louvre MND 410 = MA 3653 : stèle sans cadre (pl. XL)
Vue par A. Conze en 1858 dans une maison de Panaghia ; vue au même endroit par E. Miller. Achetée par le Louvre au docteur G. Dimitriadis (entrée le 13 mars 1901).
59 × 43,5 × 12 ; 6,5.
Marbre à gros grains ; épiderme gris, bien conservé. L’angle supérieur droit du champ est brisé. Épaufrures sur le visage des deux protagonistes. La plinthe a été endommagée, probablement au moment où l’on a descellé le relief. Sur le champ, entre les personnages, graffito moderne avec initiales Ǝ ƈ et date : 1741. Conze 1860, p. 27, pl. 10.7 ; Miller 1889, p. 92.
Stèle sans encadrement ; tranche dressée, revers piqueté. Plinthe haute de 6,5 cm. Pour que la tête du serviteur ne déborde pas sur les coussins auxquels est accoudé le banqueteur, la plinthe a été ravalée pour créer un niveau légèrement inférieur où se tient le serviteur. Cette plinthe piquetée n’est pas séparée de la masse informe qui évoque le tabouret sur lequel reposent les pieds de la femme : ce plan légèrement convexe semble être le plan de travail initial. Le geste de la dexiôsis, rendu possible par la contraction latérale du champ, est emprunté à l’iconographie funéraire traditionnelle.
100. tThas É II, p. 28-30.
110
LE THÈME DU BANQUET
L’absence d’encadrement, l’influence marquée du registre funéraire (axe vertical, dexiôsis), l’incohérence de l’espace en hauteur et en profondeur, l’importance donnée à la tête du banqueteur défunt – tout indique une date tardive, qui convient également à la raideur stéréotypée de l’exécu-tion. i er s. apr. J.-C.
b. Banqueteur tenant un rouleau de papyrus (186190)
La substitution d’un rouleau de papyrus au skyphos habituel, pour n’être matériellement qu’une altération minime de la composition, n’en indique pas moins que les sens premier et symbolique de la scène ne sont plus perçus. L’homme allongé n’est plus en train de participer à un banquet : c’est un homme de culture dans la position d’un banqueteur. Seule l’incapacité de créer de nouveaux types fait conserver encore le schéma iconographique traditionnel. Ce pas décisif dans la méconnais-sance du thème du banquet est d’ailleurs rarement franchi : le motif du rouleau de papyrus est peu répandu hors de Thasos 101.
Cette variante formant un groupe homogène, assez limité chronologiquement, il a paru préfé-rable de ne pas en dissocier les documents fragmentaires qui, en toute rigueur, devraient figurer en d’autres rubriques.
. Inv. 140 + 143 : relief à banquet incomplet (pl. XLI)
Inv. 140 : fragment supérieur droit, dans la collection Christidis en mai 1881 : BNF Man. Suppl. grec 1343, f. 111-112, lettre du 11/23 mai 1881, no 5, avec croquis au f. 100. Vu par Ch. Avezou en 1911 dans la même collection : Arch THASOS 2-C THA 4, p. 52.
Inv. 143 : fragments inférieurs droit et gauche connus de P. Devambez en 1931 : Arch MEM 16, p. 56, n o 43. Lieux de trouvaille, dates d’entrée et de raccord des fragments inconnus. 78 × 72 × 20 ; 9.
Relief brisé en trois fragments jointifs ; manquent toute la partie supérieure gauche et l’angle inférieur droit. Un fragment de champ non sculpté, à gauche de la tête du banqueteur, a disparu récemment, comme le montre la fraîcheur de la cassure de ce côté. Épiderme usé et grisâtre ; nombreuses épaufrures récentes sur la figure de la femme ; le visage du banqueteur est à moitié emporté.
Herdejürgen 1981, p. 419-420, fig. 7.
Relief sans cadre ; la tranche est soigneusement dressée, le revers dégrossi. Le piquetage grossier de la plinthe indique peut-être qu’elle était encastrée dans une base.
Le schéma habituel s’enrichit ici, non seulement du rouleau de papyrus qui désigne le banqueteur comme homme de culture, mais d’un détail que l’on retrouve sur tous les exemplaires thasiens de cette variante : une applique d’accoudoir portant une tête de lion. On a donc affaire à l’une de ces clinaï e en bronze à fulcrum rapporté et orné d’une tête d’animal dont le type, attesté depuis le ii siècle av. J.-C., est en pleine vogue aux ier s. av.-ier s. apr. J.-C. 102. Cet indice chronologique est renforcé par la coiffure du défunt, comparable à celle des portraits julio-claudiens. D’autre part, la composition est flanquée d’un élément emprunté aux stèles à cavalier : l’arbre au serpent, qui constitue une recharge héroïque pour un thème dont l’emploi funéraire généralisé a désormais effacé le sens
101. o o Pfuhl, Möbius 1979, p. 355, n. 32, notamment n 1570, de Byzance (Firatli 1964, n 37, pl. 11 : « vers 100
av. J.-C. ») ; no er o o 2035, de Byzance : i s. av. J.-C. ; n 2037, de Byzance : vers 150 av. J.-C. ; n 1453, d’Odessos : 100-150 ; nos 1416 et 1727, d’Odessos : iie s. apr. J.-C.
102. Cl. Rolley, Les bronzes grecs (1983), p. 186-188, fig. 169-171 ; S. Faust, Fulcra, RM Suppl. 30 (1989).
111
LA SCULPTURE DE THASOS
premier 103. Ce n’est certainement pas un hasard si le serpent enroulé autour du tronc d’arbre, dont le feuillage est sommairement indiqué, avance sa tête au-dessus de celle du défunt, qui occupe la majeure partie du champ, tandis que la femme n’a qu’une présence réduite au minimum. Est-ce à dire pour autant que le pseudo-banqueteur soit héroïsé au sens religieux du terme ? La banalisation du terme et de l’image, qui n’engagent plus à grand-chose à l’époque de ce document, le rendrait peu probable, n’était le parallélisme avec , où figure également un serpent : or ce relief, trouvé dans la ville antique, doit être votif…
Début du ier s. apr. J.-C.
. Inv. 60 : partie inférieure d’un grand relief (pl. XLI)
Partie gauche « trouvée près du temple de Cybèle », c’est-à-dire dans la ville antique, aux alentours de l’église Haghios Nicolaos : Arch THRACE 2, f. 57v, avec croquis (Ch. Picard). Partie droite vue chez P. Clonaris par Ch. Picard : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 26 et 28. Date d’entrée au musée et de raccord inconnus. 62,5 × 91 × 18,5 ; 14.
Partie inférieure d’un très grand relief presque carré, constituée de deux fragments raccordés ; les côtés du cadre sont brisés plus bas que ne l’est le champ. Épiderme beige bien conservé. Épaufrure sur le pied central de la table et sur le fulcrum.
Herdejürgen 1981, p. 418-419, fig. 5.
La composition est exactement la même que sur : derrière le banqueteur apparaît la queue du serpent, qui doit être enroulé autour d’un tronc d’arbre ; le fulcrum du lit semble également avoir porté une tête de lion. Seule différence : les fruits et les objets disposés sur la table. H. Herdejürgen a observé que le grand skyphos qui se trouve à droite, et que devrait tenir le banqueteur s’il ne serrait dans sa main un rouleau de papyrus, est typique du début de l’époque impériale.
L’exécution privilégie la netteté des lignes au détriment des volumes. L’équilibre entre le pseudo- banqueteur et sa parèdre féminine est cependant plus satisfaisant que sur et les deux serviteurs, indépendamment de leur miniaturisation conventionnelle, sont campés d’une manière plausible. H. Herdejürgen a justement fait remarquer l’allure julio-claudienne de la tête du garçon. La préci-sion du contour permet de distinguer qu’il tient dans la main une petite louche dont le manche se termine en tête de canard – un ustensile en métal connu depuis le ive 104 siècle av. J.-C..
La découverte du fragment gauche à proximité de l’agora – si l’on peut prêter foi aux dires de P. Clonaris… – indique que ce relief était votif, ce que tendrait à confirmer l’encadrement à l’ancienne avec pilastres (?), qu’on ne retrouve sur aucun autre exemplaire de ce type.
Début du ier s. apr. J.-C.
. Inv. 137 = 3210 : fragment droit d’un très grand relief (pl. XLII)
Dans la collection Christidis en mars 1882 : BNF Man. Suppl. grec 1343, f. 103 no 1, avec croquis f. 108, lettre du docteur Christidis à E. Miller. Vu dans la même collection par G. Mendel en 1899 (cliché EFA 2.549) et par Ch. Avezou en 1911 : Arch THA 2-C THA 4, p. 52-53. Date d’entrée au musée inconnue. 63 × 43 × 20 ; 15.
Marbre à gros grains ; épiderme beige parfaitement conservé. Fragment brisé en haut, en bas et à gauche. Épaufrure sur la tête de lion du fulcrum ; une crevasse a fait disparaître la plus grande partie du poignet gauche. Herdejürgen 1981, p. 418-419, fig. 6.
103. Seuls les reliefs et présentent la même adjonction de l’arbre au serpent. 104. o Cl. Rolley, Monumenta graeca et romanae V 1. Les bronzes grecs (1967), n 152.
112
LE THÈME DU BANQUET
Relief sans encadrement ; à droite, la tranche est dressée ; le revers est piqueté. Les proportions de la partie conservée conduisent à restituer à ce relief une hauteur d’au moins un mètre et une largeur légèrement supérieure.
Ce document est un doublet de , dont il ne diffère que par des détails infimes : la position de l’avant-bras droit, ici plus traditionnelle ; l’existence ici d’une barre transversale sous le pla-teau du guéridon ; la substitution d’une poire à la grenade figurée sur à gauche du skyphos ; le plissé différent du pan d’himation retombant sur le coussin. Au demeurant, tout est identique, jusque dans des détails minimes comme la bague à l’annulaire gauche du banqueteur, mais avec un sentiment plastique ici plus développé, particulièrement chez le petit serviteur, plus modelé que sur . Cela ne rend que plus sensible certaines disproportions – énormité des mains, petitesse de la tête – qui n’apparaissaient pas sur , dont les silhouettes sont dessinées avec plus de justesse. On a ici affaire, plutôt qu’à deux œuvres de date différente, à deux réalisa-tions d’un même carton par deux mains différentes, appartenant sans doute au même atelier.
Début du ier s. apr. J.-C.
. Fragment perdu avec tête et torse du serviteur (pl. XLII)
Vu par Ch. Picard en juin 1911 dans la collection Christidis, à Panaghia : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 34, no 34. Disparu depuis.
29 × 25 × 11.
Fragment brisé de toutes parts. L’épiderme est bien conservé.
Au-dessous de l’extrémité gauche d’un gros coussin, se détachant sur la surface lisse du drap qui couvre le lit, subsistent la tête, tournée vers la gauche, et le torse, de face, d’un serviteur vêtu d’une tunique à manches courtes. À gauche, sur une table, une grenade plus grosse que la tête du serviteur. Derrière la nuque de celui-ci, extrémité du pan de drapé retombant de l’avant-bras gauche du banqueteur. À droite, haut du pied mouluré du lit et extrémité inférieure du fulcrum.
Ce fragment appartient à un grand relief soigné de même type que et , mais avec une disposition différente des fruits et du skyphos sur la table.
Début du ier s. apr. J.-C.
. Paris, Louvre MA 824 : fragment inférieur droit d’un très grand relief (pl. XLII)
Rapporté de Liménas par E. Miller en 1864.
83 × 85 × 23 ; 17.
Marbre à gros grains ; épiderme gris et usé. Fragment brisé en haut et à gauche. Épaufrure sur la tête de lion qui orne le fulcrum et sur le premier fruit à droite.
Fragment inférieur droit d’un relief sans doute encore plus grand que , également sans encadre-ment. Il présente, par rapport à celui-ci, des variantes importantes : un manteau drapé plus haut sur le torse, mais surtout l’absence de serviteur à droite et une table de type différent : ce n’est plus le gué-ridon rond à trois pieds qui s’est imposé depuis la seconde moitié du ive siècle av. J.-C., mais une table rectangulaire dont les pieds droits, décorés de godrons et terminés en griffes animales, sont réunis par une traverse ici ornée d’un rinceau – type bien attesté à Thasos par divers montants de marbre 105, qui
105. ÉtThas XV 1994, p. 106-107, n. 129.
113
LA SCULPTURE DE THASOS
reproduisent des prototypes en métal 106. On retrouve sur le plateau le même type de skyphos que sur et , entouré de divers fruits également stylisés : poire, raisin, grenade et aux extrémités deux autres fruits impossibles à identifier.
Ce pourrait être ici une amplification ou une modernisation, par le même atelier, du carton dont procèdent 107 et .
2. Le type diminué (-)
a. Sans parèdre féminine (191)
. Inv. 136 = 1579 : partie inférieure d’un grand relief votif (pl. XLIII)
Trouvée dans le terrain de Chr. Sovalis, près de l’église Haghios Nicolaos à Liménas. Vue par Ch. Picard en 1911 dans la maison de C. Théologhitis : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 5, avec croquis. Date d’entrée au musée inconnue.
43 × 109 × 19 ; 9.
Marbre à gros grains, couvert partiellement de concrétions brunes. Manque toute la partie supérieure du relief, avec la tête et le bras droit du banqueteur. La tête des deux serviteurs est brisée ; la jambe droite du serviteur de gauche et la jambe gauche du serviteur de droite le sont également, de même que le mince ressaut faisant office de ligne de sol et l’objet que tenait le banqueteur.
Grand relief oblong sans cadre, avec tranche dressée et revers dégrossi. Le type récent est ici affecté d’altérations importantes. La plus frappante est l’absence de la parèdre féminine, qui laisse entre la table et l’extrémité gauche du lit un grand espace inoccupé. Si l’attitude du banqueteur lui-même est tout à fait typique – encore qu’il tienne par-dessous un objet aujourd’hui indistinct (bol sans pied plutôt que boîte), le lit sur lequel il repose ne l’est pas : le grand drap qui retombe presque jusqu’à terre laisse dégagés deux pieds du lit, ouvragés d’une manière très particulière : à mi-hauteur, on distingue deux sphinges – caryatides qui portent un empilement de cinq astragales. Le même travail d’ébénisterie, qu’on retrouve à Thasos sur les sièges de trois stèles funéraires appartenant à un même type 108 109 , se rencontre également sur certains reliefs à banquet hors de Thasos. Le guéridon rectangulaire portant les fruits est encore plus original, puisque son type hybride est, semble-t-il, sans exemple : ses trois pieds recourbés, réunis par une traverse, sont disposés comme sur les guéridons rectangulaires du type ancien. Autour de son pied antérieur droit est enroulé un serpent qui goûte à l’un des fruits posés sur la table. À droite, un petit serviteur en tunique courte tient un rouleau de papyrus déployé : il fait la lecture à son maître. À gauche, un autre serviteur, plus petit encore, fait le service : il tient la petite louche habituelle ; derrière lui, sur un guéridon rond à trois pieds recourbés, une grande coupe à pied et un bol renversé.
106. Ce type de table massive se rencontre parfois sur des reliefs de grande ampleur d’époque hellénistique, la plupart
du iie o o o o s. av. J.-C. : Pfuhl, Möbius 1979, n 1756, de Lycie ; n 1861, de Smyrne ; n 1898, de Téos ; n 1900, d’Érythrées ; no 1916, de Samos ; no 1918, de Cyzique ; no 1992, de Samos ; no 2009, de provenance inconnue.
107. Le grand fragment inférieur droit d’un relief de Marônée (AKM 33) présente le même type de table chargée de fruits,
mais avec deux banqueteurs et un serviteur miniaturisé qui porte la main à la grosse grappe de raisin posée au bord de la table – geste très rare hors de Thasos (non vidi ; cliché EFA 62.794) : Inscr. Thrace 2005, p. 452 E 328, pl. 72. L’inscription, malhabile, semble ultérieure.
108. La sculpture de Thasos, Corpus III (à paraître), -. 109. os Pfuhl, Möbius 1979 : n 1524, 1527 (Samos), 1552 (Chios), 1651, 1656 (Nicée) ; Fabricius 1999, pl. 19b
(Rhodes) ; pl. 33a (Byzance).
114
LE THÈME DU BANQUET
Quand bien même le lieu de découverte et la forme oblongue de ce très grand relief ne l’indique-raient pas, l’iconographie suffirait à y reconnaître un relief votif : l’absence de la parèdre féminine, qui concentre tout l’intérêt sur le banqueteur, le serviteur extraordinaire qui lui fait la lecture, la pré-sence du serpent manifestant l’héroïcité – tout magnifie la personne du banqueteur d’une manière qui évoque et . Sans aller jusqu’à abandonner le type du banquet, comme , l’auteur de ce relief a sans doute voulu indiquer, en ajoutant l’esclave lecteur au chevet du banqueteur, que celui-ci était un lettré.
Les sphinges qui ornent les pieds de la clinè 110 et l’importance des accessoires assurent que ce relief date de la période hellénistique. L’ampleur de la mise en page, qui se déploie horizontalement comme sur les reliefs à banquets anciens, conduit à préférer une date haute, dans e le iii siècle av. J.-C.
b. Sans servante (192-194)
. Inv. 2769 : relief funéraire complet (pl. XLIII)
Trouvé durant l’hiver de 1970-1971, dans la nécropole antique de Patarghia (terrain Sôtirellis). 61,5 × 71 × 21 ; 4.
Marbre à grains moyens ; épiderme usé et gris. Fissures transversales sur la partie droite du relief. Épaufrures anciennes sur le bas de la plinthe, récentes sur le cadre à gauche, en haut et à droite au centre ; d’autres, moins importantes, font tache sur le bras droit de la femme et sur l’aisselle droite.
Relief légèrement plus large que haut, avec un encadrement uniforme, où seul le léger renforce-ment de la face extérieure aux angles supérieurs évoque encore les pilastres des cadres architecturaux antérieurs. Tranche soigneusement dressée sur les côtés et au sommet sur 10 cm depuis l’arête anté-rieure ; l’arête arrière gauche est biseautée. Le revers est seulement dégrossi.
Aucune nouveauté iconographique, si ce n’est le tabouret plus simple, non profilé, sur lequel reposent les pieds de la femme. D’une manière générale, tout est ici schématisé d’une façon graphique : les pieds latéraux du guéridon, le coussin, le skyphos, le geste de la main de la femme, le plissé.
La coiffure de la femme, avec un chignon haut recouvert par le voile, et un chitôn ceinturé haut sous les seins, se trouve à Thasos sur un groupe de grandes stèles funéraires thasiennes du iie siècle av. J.-C. 111, mais la tête du banqueteur, avec sa coiffure en mèches courtes formant calotte, ne peut cependant guère dater que de la première moitié du ier siècle apr. J.-C. – ce qui expliquerait en partie le schématisme du type iconographique, alors sclérosé.
. Inv. 139 : relief funéraire de Diaconis (pl. XLIV)
Vu par Ch. Avezou au dépôt lapidaire de Liménas en 1913 : Arch THASOS 2-C THA 11, f. 15r. 49,5 × 46,5 (42 en haut) × 10 ; 3. Hauteur des lettres : 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme usé et jaunâtre. Manque toute la partie supérieure de la stèle ; les angles inférieurs sont brisés.
ÉtThas V, p. 130, no 244, pl. 27.1.
110. Sur la date de ce décor, Ch. Picard, « Sur trois grandes stèles hellénistiques », BCH 78 (1954), p. 277-281 ; Pfuhl,
Möbius 1979, p. 360.
111. La sculpture de Thasos, Corpus III (à paraître), -.
115
LA SCULPTURE DE THASOS
Stèle nettement pyramidante à champ sculpté presque carré, qu’on peut imaginer couronnée d’un fronton, comme . La tranche et le revers sont dressés. Sous le relief, champ inscrit haut de 22,5 cm, qui s’élargit sous la deuxième ligne de l’inscription, comme si sa partie inférieure, occupée par les lignes 3 et 4, avait primitivement formé une plinthe encastrée.
ƉƭƥƮƲưɜƵƍƠƯƯƲ[Ƹ]
ƩȺƶƩƦɚƵƺƥʶƴƩ
ƕŞŞŞƚƲưƷƢƭƲƵƍƠƯƯƲƵ
ƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
La scène est tout à fait stéréotypée, l’exécution très médiocre. Le fait que la stèle ait été consacrée d’abord (si le second nom a été rajouté) à la mémoire d’une femme dénote une date tardive dans l’évolution du type récent : le sens du thème n’est plus compris, la parèdre passe au premier plan. L’absence de la servante qui la flanque d’habitude n’en est que plus étonnante ; serait-ce pour la mettre plus en valeur ou simplement faute de place à gauche, l’artisan ne se risquant guère à multi-plier les plans ?
Fin du ier s. apr. J.-C.
. lnv. 3320 = 3649 : partie inférieure d’un petit relief (pl. XLIV)
Trouvaille fortuite faite durant l’hiver de 1979-1980.
36 × 51 × 14 ; 9,5.
Marbre à gros grains. Épiderme très usé, granuleux et noirâtre. Manque la partie supérieure du relief, depuis le bassin de la femme assise à gauche et la tête du banqueteur à droite. Multiples épaufrures récentes. Les angles inférieurs sont brisés.
Relief sans cadre. Tranche régulièrement piquetée, de même que le revers. Au lit de pose sub-sistent, à 8 cm de l’arête postérieure, et dans l’axe de la plaque, deux petits goujons oblongs en bronze encore noyés dans le plomb qui scellait le relief à un bloc vraisemblablement inscrit.
Le relief est trop fruste pour qu’il soit possible de l’apprécier ; on remarquera toutefois l’élonga-tion de la table ronde et du serviteur qui y porte la main. Le siège sur lequel la femme est assise est à peine ébauché : l’espace central n’en est pas recreusé.
ier siècle apr. J.-C. ?
c. Sans serviteur (195)
. Inv. 1387 + 2715 : stèle à fronton incomplète (pl. XLV)
Deux fragments raccordés par J. Marcadé en juillet 1970 : inv. 1387, partie supérieure gauche trouvée au lieu-dit Scridia, sur la route de Panaghia, entrée au musée le 11 juillet 1955 ; inv. 2715 : partie inférieure, trouvée lors de la démolition de la maison d’A. Mourésis, entrée au musée le 10 octobre 1969.
54 × 49 × 13 ; 5. Hauteur des lettres : 2,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme usé, ocre sur 1387, gris sur 2715. Le cadre est endommagé sur 2715. Le nez de la femme est brisé.
Fragments inférieur et supérieur gauche jointifs d’une stèle au champ sculpté à peu près carré. Le cadre est formé d’une plinthe haute de 6 cm, portant une inscription de deux lignes, dont seul le début reste lisible : ƐƔƒƈƎƒƔƗ…Ş ; de deux bandeaux latéraux larges de 3 cm et d’un fronton très bas avec acrotères. La tranche est soigneusement piquetée, le revers dégrossi.
116
LE THÈME DU BANQUET
Outre l’absence du serviteur, on notera ici trois particularités iconographiques : le banqueteur et la femme se serrent la main ; la « servante », vue de face, mais la tête tournée vers la droite, est vêtue d’un chitôn et d’un himation, en sorte qu’on pourrait y voir plutôt la fille du couple que la suivante ordi-naire, d’autant qu’elle ne tient pas le coffret habituel ; au pied droit du guéridon s’enroule un serpent.
Le cadre classicisant, le serpent « héroïque », le rendu non stéréotypé des vêtements et l’expressi-vité du visage de la femme suggèrent une date encore haute : ier s. av. ou apr. J.-C. ?
d. Sans servante ni serviteur (196-197)
. Inv. 2361 : stèle à fronton (pl. XLV)
Trouvée le 9 mars 1964 dans le ruisseau de Patarghia.
73 × 50,5 × 12 ; 2.
Marbre à gros grains ; épiderme usé, friable et grisâtre, assombri au centre par une grande tache verticale. Manque la partie inférieure de la stèle ; les trois acrotères sont endommagés.
Grande stèle à fronton avec champ sculpté à peu près carré ; la tranche est dressée, le revers dégrossi. Les proportions du fronton et la moulure qui le relie au fût de la stèle sont empruntées à la tradition classique.
La même élégance sobre, poussée presque jusqu’à la sécheresse, se retrouve dans la vignette centrale, dépouillée de tout élément secondaire : le mobilier est d’une grande discrétion. Si l’attitude du banqueteur est conventionnelle, celle de la femme l’est moins : le bras gauche barre le ventre, tandis que le droit, enveloppé dans un himation, est porté devant le buste. L’absence de voile révèle une coiffure à petit chignon bas, telle qu’on en trouve chez les parentes d’Auguste. La tête du ban-queteur confirme cette date. Par sa mise en page et son style, ce relief funéraire constitue donc un exemple typique du néo-classicisme augustéen.
C’est ici qu’il convient de placer la partie droite du relief , dont il a déjà été question à propos de sa partie gauche, qui représente un cavalier chassant le sanglier (pl. IX). On y constate, comme à gauche, la désarticulation de l’espace : alors que la femme est placée comme de coutume sur la ligne de sol que forme le haut de la plinthe inscrite, la table aux fruits et la clinè où est allongé le banqueteur sont arbitrairement surélevées, peut-être pour mettre en valeur le défunt.
À en croire la graphie de l’inscription, ce relief, aujourd’hui libéré de ses badigeons successifs, serait de la fin du iie siècle apr. J.-C. Il s’agit donc d’une pièce de prolongation, puisque c’est le type tardif qui est alors à la mode. Cependant, si le mobilier n’a pas été modernisé, le voile épais qui couvre la chevelure de la femme n’est plus le pan d’himation ordinaire du type récent : il présente, au-dessus de la partie droite de sa tête un redoublement de l’étoffe qui semble une particularité du costume féminin thasien.
. Relief funéraire à banquet disparu (pl. XLVI)
Vu par Ch. Picard en 1910, au lieu-dit Évraio, entre Voulgaro (aujourd’hui Rachoni) et Casaviti, « près d’une maison en ruines » où gisaient d’autres fragments antiques : Arch THRACE 2, f. 48r, avec croquis. Disparu depuis.
59 × 47 × 11.
Grande stèle brisée en haut à droite. Sous le relief, une zone haute de 12 cm portait une inscrip-tion effacée. Un large tenon, brisé à gauche et haut de 4 cm, permettait de fixer la stèle sur une base.
Le croquis est trop sommaire pour qu’il soit possible d’avancer une date.
117
LA SCULPTURE DE THASOS
e. Sans serviteurs ni parèdre féminine (198-201)
. Inv. 138 : relief funéraire de Loukios Phainios (pl. XLVI)
Découvert par S. Risom pour Ch. Avezou, le 7 juillet 1913, « près de la tour de l’arbre », c’est-à-dire près de la première tour située à l’ouest de la porte de Zeus et d’Héra : Arch THASOS 2-C THA 11, f. 17v. 44,5 × 41 × 10,5 ; 2. Hauteur des lettres : 1,8.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, très usé. Manque l’angle inférieur droit et la partie supérieure gauche. Le nez, le menton et l’occiput sont endommagés.
ÉtThas o V, p. 130, n 245, pl. 27-2.
Relief à champ carré, encadré d’un bandeau large de 2,5 cm en haut, de 3,5 cm sur les côtés et de 6,5 cm en bas, où est gravé :
ƐƲǀƮƭƲƵƚƥƣưƭƲƵƺƴʨƶ[ƷƲƵ]
ƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
La tranche est dressée, le revers grossièrement piqueté.
La clinè n’est pas représentée : le banqueteur est allongé sur un plan abstrait, en avant duquel se profile en très faible relief la table ronde habituelle. Accoudé, il tient un skyphos dans sa main gauche, tandis que la droite n’est pas posée, comme d’habitude, sur la cuisse droite, mais portée en avant.
La tête, massive avec des cheveux très courts, est comparable à celle du banqueteur de : 50-100 apr. J.-C. ?
. Inv. 2392 : petite stèle avec banqueteur isolé (pl. XLVI)
Trouvée en 1964 à Évraiocastro (Liménas), remployée en couverture d’une tombe paléochrétienne. 54 × 44,5 × 8,5 ; 1.
Marbre à grains moyens, rendu très friable par une longue exposition à l’humidité ; épiderme très usé et granuleux ; petites fissures transversales.
BCH 89 (1965), chron., p. 976, no 5 et fig. 3 p. 977.
Stèle de même forme que : le champ carré (37 × 38 cm) est encadré d’un bandeau (3-4 cm) et d’une plinthe haute de 13-14 cm, qui portait une inscription aujourd’hui illisible. La tranche et le revers sont piquetés.
Le banqueteur, représenté dans l’attitude ordinaire, est isolé dans le champ ; devant lui la table ronde, aux trois pieds curieusement écartés. À droite, un relief indistinct peut être attribué au pied mouluré de la clinè ; en revanche, la surface oblique qui occupe l’angle inférieur gauche reste mystérieuse.
ier s. apr. J.-C. ?
. Inv. 3209 : stèle complète à axe vertical (pl. XLVII)
Découverte fortuitement durant l’hiver de 1971-1972.
61 × 35 (32,5 en haut) × 13 ; 2.
Marbre à grains moyens ; épiderme ocre, très usé. Stèle intacte, mais la surface de l’angle supérieur droit (cadre et tête du banqueteur) a été arrachée au moment de la découverte. Des plaques de mortier, sur la tranche et le revers, indiquent un remploi.
Stèle légèrement pyramidante, dont la moitié supérieure est occupée par un champ carré (27,5 × 28) encadré d’un bandeau large de 2,5 cm sur les côtés et en haut. Sous ce champ, on distingue à peine quelques traces d’une inscription funéraire aujourd’hui illisible. Tranche dressée ; revers dégrossi.
118
LE THÈME DU BANQUET
La mise en page est étriquée : le banqueteur occupe tout le champ, dans la posture habituelle. À droite, en bas, apparaît le pied tourné de la clinè, couverte d’un drap. En haut à gauche, dans le champ, une serpe verticale indique que le défunt était vigneron.
Ce détail et l’abâtardissement du thème suggèrent une date tardive dans le type récent : fin du ier e s.-début du ii s. apr. J.-C.
. Inv. 526 : petite stèle à fronton (pl. XLVII)
Vue en 1911 par Ch. Picard à l’huilerie égyptienne de Liménas : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 16. Entrée au musée avant 1931.
30 × 32,5 × 7,5 ; 1.
Marbre à gros grains ; épiderme ocre bien conservé. Manque la partie inférieure du champ et la plinthe inscrite ; le cadre est cassé à gauche, son arête extérieure partiellement brisée à droite. La tranche supérieure est brisée.
Stèle à encadrement classicisant : le champ, limité de part et d’autre par un bandeau de 2-2,5 cm de largeur, est couronné d’un fronton flanqué d’acrotères à palmettes et frappé en son centre d’une rosette quadrilobée. L’approximation maladroite qui caractérise ce décor se retrouve dans l’exécution du relief : le visage, imberbe et rond, est surmonté d’une chevelure épaisse et bouffante ; les vête-ments – tunique et himation – sont traités très schématiquement. On notera que la tête est ici vue de face, ce qui isole tout à fait le banqueteur, qui n’a plus de rapport qu’avec le spectateur. Il tient dans la main gauche, difforme, un pichet globulaire qui est sans parallèle. Dans le champ à gauche, une grande serpe de vigneron, horizontale et non verticale comme sur , et .
La prétention classicisante jointe à l’abâtardissement des formes conduisent à dater ce relief singulier du iie siècle apr. J.-C. – et sans doute assez tard dans ce siècle.
3. Le type redoublé (-) 112
Il est caractérisé par la présence de deux banqueteurs, la plupart du temps dictée par des rapports de famille, qu’il est rare de pouvoir préciser grâce à une inscription.
. Fragment inférieur d’un relief disparu (pl. XLVII)
Vu au lieu-dit Capôno, en contrebas de Casaviti, par A. Bon, en 1926. Disparu avant 1959. 33 × 51 × 12.
Fragment inférieur droit d’un relief, dont l’angle du cadre et le bandeau inférieur sont partiellement brisés. Épiderme usé ; nombreuses épaufrures sur la surface sculptée.
Bon 1930, p. 173-174, n. 1, fig. 14 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868 ; Thönges-Stringaris 1965, p. 97, no 196.
112. Si l’on ajoute aux reliefs présentés ici les fragments à composition incertaine où apparaissent deux banqueteurs
(-), on constate que cette variante semble avoir été particulièrement prisée à Thasos – impression confirmée par l’apparition récente de trois nouveaux documents : 1) Inv. 3916, découvert durant l’été de 1990 au lieu-dit Clima, entre Casaviti et Prinos, par M. Brunet, que je remercie de m’avoir communiqué ses notes à ce sujet : partie droite (59 × 40 × 10) avec guéridon, mais sans serviteur. 2) Inv. 4116, entré au musée en décembre 1993 en prove-nance du cimetière antique de Patarghia (42,5 × 29,5), sans femme assise ni serviteur. 3) Inv. 4421, entré au musée en septembre 1994, de même provenance que le précédent (82 × 57). Mouluration épaisse (21 cm) en haut et en bas ; rien sur les côtés. Le premier banqueteur serre la main de la femme assise ; un serviteur à droite, pas de servante à gauche.
119
LA SCULPTURE DE THASOS
Relief à axe horizontal encadré par un simple bandeau. À l’arrière-plan, deux banqueteurs – celui de droite à peine conservé : on ne voit plus que les plis de l’himation couvrant ses cuisses. À gauche, les jambes d’une femme posées sur un tabouret vu de profil. Au premier plan, le guéridon ordinaire. Rien jusque-là qui sorte du type récent. Il n’en va pas de même pour l’échanson nu, vu de face, qui porte la main droite à un cratère posé à terre – un motif non attesté en cette place à Thasos, mais fréquent ailleurs 113. Cet élément iconographique venu tout droit du type ancien fait de ce relief un document de transition qu’il serait précieux de pouvoir dater précisément. Malheureusement l’état du relief et la photographie médiocre d’A. Bon qui en a seule gardé la trace ne le permettent guère. En tout cas, la présence de l’échanson, qui semble exclure celle d’une servante à gauche, et l’axe horizontal du relief plaident pour un relief votif. On notera cependant l’absence du serpent héroïsant dans cette partie du relief, qui est celle où il apparaît le plus commo-dément. La date de 150 av. J.-C. proposée par Rh. Thönges-Stringaris paraît arbitrairement basse : le iiie siècle est plus vraisemblable.
. Inv. 2335 : stèle funéraire à fronton (pl. XLVIII)
Trouvée en mai 1963 au lieu-dit Haghiosyni, remployée en couverture d’une tombe tardive.
75 × 46 × 11 ; 3,5. Hauteur des lettres : 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme gris et usé. Petites fissures verticales sur toute la surface, correspondant aux veines du bloc. Légères épaufrures récentes en divers points de la stèle, qui est intacte. Bernard, Salviat, o BCH 91 (1967), p. 612-614, n 69, fig. 14 ; Dana 2014, s.v. « ƉƲƯƫƵ », p. 157-159.
La stèle était fixée dans une base par un tenon, large de 12,5 cm et haut de 5 cm. Une zone infé-rieure lisse, haute de 27 cm, porte le nom des défunts :
ƉƔƙƐƌƗȗƴƲƨƿƷƲƸƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
ƉƭƲưǀƶƭƲƵƉƔƙƐƌƉƔƗƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
˚ƝƴơƥƉƔƙƐƌƉƔƗƳƴƲƶƹƭƯɚƵ
ƺƥʶƴƩ
Le lapicide a été gêné par l’étroitesse du champ disponible : de là un grand nombre de ligatures et le débordement de la formule d’adieu aux deux premières lignes. À la deuxième ligne, un repentir : il avait d’abord écrit ƉƔƙƐƌƘƔƙ.
Au-dessus du champ sculpté carré (40 × 40), le bandeau de couronnement, haut de 5 cm, porte un fronton haut de 8 cm, dont le tympan non refouillé est orné au centre d’un grand cratère flanqué de deux autres vases, d’une forme approximative. Tranche et revers dégrossis.
Le relief, qui représente le type récent dans son intégrité, n’a de remarquable que l’incohérence de ses proportions : la table, ici particulièrement chétive avec ses deux pieds latéraux seulement gravés sur le fond, est surchargée d’énormes fruits : pommes, poires, raisins ; le petit serviteur de droite porte la main à une grappe aussi grosse que lui. À gauche, la servante est encore plus petite que lui. La femme assise est très schématique : un voile couvre toute sa tête jusqu’au front ; le vêtement n’est pas détaillé, le profil du tabouret incertain. Seule innovation : la présence, sur la clinè, à côté du banqueteur imberbe au skyphos, d’un tout jeune garçon, qui tient un oiseau dans la main gauche ; ses cheveux longs, partagés par une raie médiane bouffante, se terminent en
113. Dentzer 1982, R 88, fig. 352 (de Chalcis) ; R 268, fig. 520 (de Merbaca, Argolide) ; R 451, fig. 673 (d’Attique ?) ;
R 475, fig. 696 (d’Attique ?) ; R 487, fig. 708 (d’Attique ?).
120
LE THÈME DU BANQUET
boucles de part et d’autre du cou, selon une coiffure réservée aux enfants sous le Haut-Empire 114. L’inscription nous apprend qu’il s’agit de Dionysios, le fils de Doulès, qui est lui-même représenté à droite. On saisit ainsi comment l’iconographie héroïque se trouve peu à peu infléchie dans un sens privé, pour s’adapter aux configurations familiales. Mais le thème résiste encore : la différence entre ce qu’on voit et ce qu’on lit en témoigne : la sœur de Dionysios, Hôréa, n’est pas représentée, ne pouvant s’intégrer au thème du banquet, à moins de modifier considérablement la composi-tion, ce dont l’auteur de cette stèle n’était sans doute pas capable. En revanche la mère, seule survivante de cette famille, si elle n’est pas nommée, est évidemment identifiée à la femme trônant à gauche.
La graphie de l’inscription, la coiffure du tout jeune défunt et l’adaptation partielle du thème iconographique à la représentation familiale indiquent une date tardive dans l’évolution du type récent : fin i er e-début ii s. apr. J.-C.
. Paris, Louvre MA 825 : fragments d’un très grand relief (pl. XLIX a, b)
Vu par A. Conze en mai 1858, au lieu-dit Marmaromandra, situé au flanc d’une colline qui domine au sud la plaine de Liménas. Rapporté par E. Miller en 1864.
97 × 143 × 21,5 (4 au sommet) ; 7.
Marbre à grains moyens ; épiderme gris et usé. Ce très grand relief était en meilleur état lorsque A. Conze le vit in situ en 1858 (pl. XLIX a) : si la partie supérieure gauche avait déjà disparu, l’angle inférieur droit était encore intact et la plaque n’était brisée qu’en deux morceaux, au lieu de six aujourd’hui. Il est possible que ces dommages soient survenus lors de son transport. La tête du serviteur et du premier banqueteur semblent avoir été martelées ; l’avant-bras droit de la femme est brisé, de même que le skyphos tenu par le banqueteur de droite. Épaufrures sur toute la surface sculptée.
Conze 1860, p. 22, pl. 6 ; Herdejürgen 1981, p. 415-417, fig. 3 (croquis d’A. Conze).
Il ne s’agit pas d’un côté de sarcophage, comme l’avait cru A. Conze et comme le pense encore à sa suite H. Herdejürgen : on ne constate à l’arrière aucune trace d’arrachement correspondant au départ des autres côtés de la cuve ; l’amincissement très fort de la plaque vers le haut et l’absence de ressaut sur la tranche supérieure ne conviendraient d’ailleurs pas à l’installation d’un couvercle à double pente très lourd ; enfin, si grands que soient les sarcophages thasiens, aucun ne présente un petit côté aussi large – ni un long côté aussi court.
Relief sans autre cadre qu’une plinthe haute de 8,5 cm ; tranche dressée, revers dégrossi. La mise en page est très spacieuse : les deux serviteurs, du type ordinaire, ne sont pas placés devant les protagonistes, mais de part et d’autre, sur les côtés. De plus, on trouve à droite un arbre autour duquel est enroulé un grand serpent, dont la tête est dirigée vers les deux banqueteurs. De ceux-ci subsiste seul celui de droite, vu de face, la main droite ramenée en avant sur le bord de l’épais coussin sur lequel il est accoudé – geste qu’on trouve également sur les reliefs et . L’autre banqueteur n’est attesté que par la partie inférieure de son coussin et quelques plis de l’himation enveloppant ses jambes. La femme est assise dans l’attitude ordinaire, mais à un niveau relevé par un siège sans dossier et un tabouret exceptionnellement hauts : l’artiste, au lieu d’abaisser quelque peu la clinè, comme c’est le cas généralement, a préféré hausser la femme au niveau du banqueteur. On notera la qualité graphique du mobilier : pied tourné et mouluré de la clinè ; chevet à fulcrum, sans doute orné d’une tête de lion, comme sur - ; drap de lit qui se retourne vers l’extérieur