LA Sculpture DE Thasos : Corpus des reliefs II
TOME I – Texte
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 14 parties.
(fig.) ; o Guide 2000, p. 259-260, n 30, fig. 200 ; Holtzmann 2005, p. 169 et 177, fig. 3.
Cadre architectural formé de deux pilastres, dont la moulure de couronnement fait retour sur les côtés, et d’un épistyle étroit surmonté d’une corniche ponctuée de sept antéfixes schématiques. Tranche dressée ; revers dégrossi.
À gauche, un homme vêtu d’une tunique courte, serrée à la taille par une ceinture, la chlamyde rejetée dans le dos, est représenté presque de face ; mais la jambe gauche sur laquelle il s’appuie est tournée de trois-quarts vers la droite, tandis que la jambe droite, fléchie, s’écarte sensiblement vers l’arrière. De la main gauche, il tient par la bride un cheval, dont la jambe antérieure droite est levée et dont la tête devait être tournée vers l’extérieur, à en juger par la silhouette qu’a laissée sur le fond son arrachement. De la main droite, l’homme tend au-dessus d’un monticule ovale une phiale légèrement inclinée, dans laquelle une femme, dont l’attitude est exactement symétrique de celle de l’homme, verse le contenu d’une oïnochoè. Elle est vêtue d’un chitôn talaire, dont les fins plis verticaux sont visibles sur le sein droit et le bas des jambes, alors que le reste du corps est enveloppé dans un manteau qui couvre l’épaule gauche et l’avant-bras ramené contre la taille ; elle tient une couronne dans la main gauche. Derrière elle, trois personnages de petite taille : les deux plus grands, d’après le drapé de leur manteau, qui couvre l’épaule gauche et laisse nue la partie droite du torse, sont de sexe masculin, tandis que l’enfant qui est au premier plan semble plutôt être une petite fille, qui tient contre elle un oiseau. La scène déborde de part et d’autre du cadre : l’arrière-train du cheval à gauche et le second personnage masculin à droite se détachent en avant des pilastres latéraux.
À en croire la chronique des fouilles du Bulletin de Correspondance Hellénique, ce relief aurait été trouvé au lieu-dit e Patarghia, où s’étendait la nécropole de Thasos depuis le iv siècle, mais la scène représentée et la forme même du relief, avec son axe principal horizontal, conduisent à y voir une offrande : un héros accompagné de sa femme fait une libation au-dessus d’un autel à eschara, en pré-sence d’adorants qui pourraient être ses descendants. Cette composition apparaît sur une dizaine de reliefs, dont la liste, d’abord dressée par F. T. Van Straten 2 3 , a été complétée par E. Voutiras. Parmi eux, seuls les reliefs d’Athènes 4 5 6 , de Mégare et de Thèbes fournissent des parallèles exacts ; sur d’autres exemplaires, l’eschara est remplacée par un bômos 7 ; enfin d’autres reliefs présentent à gauche le même schéma iconographique du héros à pied auprès de sa monture, mais avec sa femme debout faisant
2. Loc. cit.
3. Voutiras 1990, p. 142-144 : le relief de Thasos est mentionné p. 143, n. 71, à propos du relief de Pella dédié
au compagnon héroïsé d’Alexandre (Thessalonique, MArch 1084 ; CatSalonique I, p. 40-41, no 23, fig. 44).
4. o MNAth 1410 : Svoronos 1937, p. 359, n 108, pl. 65 ; Van Straten 1974, p. 188, fig. 34 ; Voutiras 1990,
p. 142, n. 66 ; o LIMC VI, H. E. , n 45 (fig.).
5. Mégare, MArch 376 : AD 25 (1970), chron., p. 113, pl. 83a ; BCH 96 (1972), p. 626, fig. 91 ; Voutiras 1990,
p. 142, n. 68 ; o LIMC VI, H. E. , n 44 (fig).
6. o Thèbes, MArch 62 : AM 3 (1878), p. 376-377 : n 138 ; AM 4 (1879), pl. 16 ; dessin repris par P. Stengel, Die grie-
chischen Kultusaltertümer3 (1920), pl. 4 no 20, et par H. V. Herrmann, Omphalos (1959), p. 196, pl. 6-2 ; Voutiras 1990, p. 143, n. 70 ; Schild-Xenidou 2008, p. 332-333, no 100, pl. 40.
7. 1) Mégare, MArch 378 : Voutiras 1990, p. 142-143, n. 69. 2) Tanagra, Berlin StaatM Sk 807, K 112 avec avant-
train de cheval seulement : Blümel 1966, no 77, fig. 113 ; Van Straten 1974, p. 188, fig. 35 ; Voutiras 1990, p. 143, n. 73 ; o o LIMC VI, H. E. , n 43 (fig.) ; Schild-Xenidou 2008, p. 318, n 86, pl. 34. 3) Pergame (?), Totteridge, coll. privée : Ch. Waldstein, JHS 7 (1888), p. 250, pl. C.2 ; Ph. Le Bas, S. Reinach, Voyage archéo-logique en Grèce et en Asie Mineure (1888), p. 121, pl. 139 ; LIMC VI, H. E., no 49 ; Voutiras 1990, p. 143-144, n. 74. 4) Florina, MArch 104 : Voutiras 1990, p. 143, n. 72, fig. 9 : pas après 330.
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LE THÈME DU CAVALIER
le geste de l’anacalypsis ou assise, ou bien encore associé à une scène de banquet 8. Tous ces reliefs remontent probablement à un prototype attique : le motif du cavalier à pied auprès de sa monture pourrait s’inspirer de la frise ionique du Parthénon, où il apparaît plusieurs fois, sur le côté ouest et au début du côté nord, sans toutefois présenter avec celui des reliefs votifs une analogie précise 9.
Trois indices permettent de dater approximativement ce relief : l’ampleur et la précision du cadre architectural, qui n’apparaissent qu’à l’extrême fin du ve siècle 10 ; la pondération du cavalier, avec une jambe libre écartée de la jambe d’appui, formule qui se répand dans le deuxième quart du ive siècle ; le vêtement et l’attitude de la femme (identiques sur les reliefs d’Athènes et de Mégare), très proches d’œuvres de la fin du premier tiers du iv e 11 siècle. S’il est ainsi possible de dater le prototype attique de 370 au plus tôt, il serait difficile d’apprécier le décalage chronologique existant entre celui-ci et cette réplique si le nettoyage dont elle a bénéficié récemment n’avait révélé qu’elle est elle-même attique : réalisée en marbre du Pentélique, c’est un autre témoignage de la présence à Thasos, durant le troisième quart du ive siècle, d’un atelier attique d’envergure 12. Beaucoup plus grand que les reliefs de Mégare et de Thèbes, c’est aussi le mieux venu de la série : la vivacité frémissante du cheval, le naturel et la souplesse avec lesquels les deux protagonistes sont campés dans l’espace tranchent heureusement sur la raideur et le schématisme graphique des autres répliques.
À ce relief attique s’apparente un relief disparu.
. Relief disparu avec cavalier à pied et dexiôsis
Vu à Patarghia par Ch. Picard en 1911 : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 19, sans croquis. 83 × 73 × 10.
Description de Ch. Picard : « Face arrière à bossage avec scellement de chaque côté. Scène : poignée de main entre homme et femme drapés. La femme est d’un beau mouvement (iv e s.). Coiffure à calathos. Derrière la femme, arbre et serpent. Derrière le jeune homme, cheval à petite tête. Un vieillard, le torse nu, drapé dans un himation, lève la main vers le jeune homme. Les deux hommes ont la tête brisée. Tête de la femme indistincte. Derrière la femme, petite fille avec oiseau (?) et objet indistinct. Derrière l’homme, petit serviteur. Les figures, très ressenties, se détachent fortement (au moins les trois principales). Pas de pilastres. Plinthe en bas. Attitude jolie des deux personnages. »
De cette note cursive, prise sur le vif, il est difficile de déduire l’agencement précis de la scène, faute d’indications de côté : la place du vieillard qui lève l’avant-bras dans un geste de salut révérentiel 13 n’est pas claire. Logiquement, il devrait être en face du jeune héros, du côté de la femme, de l’arbre au serpent et de la servante, c’est-à-dire probablement à droite, le héros et son cheval étant très
8. Relief avec anacalypsis : Attique (?), Turin, MAnt 591 (fin ve s.) : L. Curtius, Babesch 29 (1954), p. 4,
fig. 1 ; M. Guarducci, Il museo di Antiquità di Torino (1959), pl. 63.2 ; Langenfass-Vuduroglu 1973, no 77 ; L. Mercando, er Xenia 19 (1990), p. 102, fig. 19. Relief avec femme assise : Thessalonique, disparu ? (i s. av. J.-C.) : D. Feissel, M. Sève, o BCH 112 (1988), p. 459-460, n 15, fig. 14 (Ch. Avezou). Reliefs avec banquet, infra n. 42 p. 86.
9. Berger, Gisler-Huwiler 1994, p. 37-56 et 104-105. 10. Neumann 1979, p. 48-51.
11. Comme le relief votif MNAth 1343 : Svoronos 1908, p. 261, pl. 34.6 ; daté de 380-370 par H. K. Süsserott,
Griechische Plastik des 4. Jahrhunderts vor Christus (1938), p. 111-112, pl. 17.2.
12. B. Holtzmann, loc. cit.
13. Pour le sens de ce geste : salut à la divinité – voir Neumann 1965, p. 41-48, et Dentzer 1982, p. 353-357, mais
parfois aussi prière – voir D. Jacov, E. Voutiras, ThesCRA III (2005), s.v. « Prière », p. 122. Pour quelques exemples de dédicants faisant ce geste face à un héros cavalier à pied, voir, outre le relief mentionné supra à la note 32 p. 17 et les reliefs nos 1, 2, 3 et 5 cités infra à la note 34 p. 30, le relief attique du musée Torlonia inv. 433 : Holtzmann 2003, p. 211-212, fig. 189.
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LA SCULPTURE DE THASOS
généralement représentés à gauche et tournés vers la droite 14. La composition de ce relief serait alors très proche de celle d’un relief de la collection R. Käppeli 15, qui n’a pas non plus de pilastres latéraux, mais dont les dimensions plus réduites et surtout l’axe horizontal sont plus proches du commun des reliefs « héroïques » que la verticalité et l’ampleur du relief thasien, où le geste de la dexiôsis oriente également vers une fonction funéraire.
Si l’on considère la présence de l’arbre au serpent 16, le haut relief des figures et l’absence d’enca-drement, on datera cet intéressant document au plus tôt de la fin du ive siècle, sans qu’une date beaucoup plus avancée dans l’époque hellénistique puisse pour autant être exclue.
2. Le cavalier monté au pas
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : avant-train d’un cheval monté (pl. II)
Trouvé dans la partie sud de Thasos.
49 × 39.
Marbre blanc à grains fins. Épiderme usé, de couleur blanche ; les petits trous que présente la surface en certains points indiquent un long séjour dans la mer. Fragment brisé de toutes parts sauf en bas.
Holtzmann 1973, p. 151-153, n o o 6, fig. 6 ; LIMC VI, H. E. , n 68.
Sont conservés l’avant-train d’un cheval monté, tourné vers la gauche et, dans la cassure à gauche, une forme impossible à identifier qui lui fait face. La présence de cette figure ou de cet obstacle pourrait expliquer l’attitude impatiente du cheval, dont la tête est nettement dressée vers le ciel, ce qui est très rare dans les représentations grecques, tandis qu’il piaffe de sa jambe antérieure droite, fléchie. Du cavalier ne subsiste que la jambe gauche et, sur l’encolure du cheval, son poing gauche tenant la bride, entraîné en avant par le mouvement de la tête de l’animal.
La gracilité du cavalier, qui monte à cru et près de l’encolure, et la raideur des jambes du cheval conduisent à rapprocher ce relief de quelques documents du dernier tiers du vie siècle, date à laquelle le thème du cavalier se répand sur les reliefs 17 : la frise sud du Trésor de Siphnos 18, le relief
14. Exceptions, avec cheval et cavalier sinistroverses, outre le relief LIMC VI, H. E., no 9 : 1) Égine, MNAth 1385 :
Svoronos 1911, p. 330, pl. 51 ; G. Welter, o AA 1938, p. 532-533, pl. 1 ; Langenfass-Vuduroglu 1973, n 111.
Vers 440-430. Le sens de ce relief reste mystérieux : l’absence de tout comparse et d’autel, l’axe vertical du relief inclineraient plutôt à le déclarer funéraire, si le thème se rencontrait sur des stèles funéraires avérées. 2) Aix-en- Provence, musée Granet 821.1.58 (aujourd’hui en dépôt au musée Calvet d’Avignon) : E. Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs, statues… o I (1907), n 72 ; M. Besnier, CRAI 1912, p. 641-644 : rapporté de Grèce par Tournefort en 1705 ; T. Dohrn, Attische Plastik… (1957), p. 120-121 : entre 403 et 393 av. J.-C. ; Br. Freyer- Schauenburg, Gymnasium 86 (1979), p. 478, pl. 42-1 ; Langenfass-Vuduroglu 1973, no 118 ; Les chevaux de Saint-Marc, Venise o , Galeries nationales du Grand-Palais, Paris 10 avril-10 août 1981 (1981), n 122 (fig.) ; O. Cavalier, Musée lapidaire (Musée Calvet) : collections grecques (s.d.), p. 8, fig. 10. 3) Épidaure, MNAth 1392 : Svoronos 1911, p. 341-345, pl. 57 ; Langenfass-Vuduroglu 1973, no 114. Extrême fin du ve s. ou plutôt première moitié du ive s. 4) Carystos (Eubée), MNAth 2125 : Svoronos 1937, p. 634-635, pl. 138 ; Langenfass- Vuduroglu 1973, no 109 ; LIMC VI, H. E., no 4. Fin ve ou début ive s. 5) Argos : AD 28 (1973), p. 109, pl. 103 b. Début du ive s. ? Bien que de type attique et en marbre du Pentélique, aucun de ces reliefs n’a été trouvé en Attique.
15. E. Berger, Kunstwerke der Antike: Sammlung Robert Käppeli (1963), A 6 (fig.) ; Langenfass-Vuduroglu 1973,
no 81. Première moitié du ive s.
16. Sur la date d’apparition de ce motif, supra n. 25 p. 16 et infra n. 48 p. 34. 17. e Langenfass-Vuduroglu 1973, p. 2-4 : neuf reliefs recensés pour le vi s., tous postérieurs à 530 av. J.-C. 18. Fouilles de Delphes IV 2 (1928), p. 117-119, blocs K et L (hors texte XII) ; P. de La Coste-Messelière, Ch. Picard,
Sculptures grecques de Delphes (1927), pl. 10, 1 et 2 ; La Coste-Messelière 1936, p. 365-368 (en céramique).
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LE THÈME DU CAVALIER
de Chios 19, les reliefs de l’Acropole inv. 3702 20 et inv. 3706 21, le relief fragmentaire en calcaire de Mégara Hyblaea 22 23 et les « prédelles » de stèles attiques du musée Barracco et MNAth 31 offrent, sinon des parallèles exacts, du moins des analogies assez marquées. Le relief MAcr 3706 notam-ment, d’un style tout différent du fragment thasien, pourrait offrir un schéma iconographique voisin, avec la jambe antérieure du cheval touchant le sol de la pointe du sabot et un personnage masculin debout à gauche. Pour le style, le rapport semble plus direct avec la prédelle peinte MNAth 31, dont G. Richter a noté que le cheval y est dans un état de « lively anticipation » ; cependant les reliefs de Mégara Hyblaea et de Chios et la frise sud du Trésor de Siphnos, attribuée par La Coste-Messelière à un maître « clazoménisant » de l’Ionie septentrionale 24, montrent que le thème n’est pas seulement attique. Fr. Willemsen 25 a d’ailleurs émis l’hypothèse que les plaques à cavaliers très mutilées retrouvées au Céramique puissent être l’œuvre de l’artiste ionien du relief de Chios. C’est de cette veine ionienne du Nord, souvent décelée à Thasos aussi bien en sculpture qu’en céramique 26, que pourrait procéder ce relief de Thasos, dont la mutilation et l’usure rendent difficile la datation précise : on proposera sous toute réserve la fin du vie siècle.
. Inv. 1286 : relief votif avec cavalier au pas et adorant (pl. II)
Date et lieu de découverte inconnus. Inventorié en 1954.
31 × 34 × 13,5 ; 1,5 ; hauteur de la plinthe inférieure : 5.
Marbre à grains fins. Épiderme très usé, de couleur grise. Brisé à gauche sur toute la hauteur. Tranche dressée ; revers dégrossi.
BCH 88 (1964), p. 495, n. 2 (ex-voto aux Dioscures).
À droite, un cavalier au pas s’avance vers la gauche. Un manteau retombe de ses épaules jusque sur la croupe du cheval, dont la jambe avant droite est levée et fléchie. Devant le cavalier, un autel rond, à moulure inférieure saillante, repose sur un socle rectangulaire. À gauche de l’autel, un adorant vêtu d’un himation et tourné vers le cavalier fait un geste d’accueil ou de vénération, l’avant-bras droit levé 27. En haut à gauche, juste à droite de la cassure, un fragment de relief indistinct appartient probablement à la ramure de l’arbre qui fermait la composition à gauche.
Le motif du cavalier au pas, se dirigeant vers un autel près duquel se dresse un arbre, dont la fonction est de servir de support à un grand serpent indiquant la nature héroïque du cavalier, est attesté depuis le iii e 28 siècle ; parfois, un adorant lui fait face, comme c’est le cas ici. Antérieurement
19. Fr. Willemsen, « Stelen », AM 85 (1970), pl. 13-2, daté vers 525, p. 34 ; Berger 1970, p. 39 fig. 38. 20. W.-H. Schuchhardt, dans H. Schrader, Die archaischen Marmorbildwerke der Akropolis (1939), p. 298-299,
no 419, pl. 173 et fig. 346 : fragment d’un relief amphiglyphe ; vers 500.
21. o Ibid. , p. 315, n 434, fig. 360 p. 314 : fragment inférieur gauche d’un relief ; vers 500 av. J.-C. ? 22. Fuchs 1993, p. 472, fig. 554 : cavalier s’avançant vers la droite ; couronnement en fronton, avec triglyphes dans
le tympan ! Vers 500.
23. o o G. M. A. Richter, The Archaic Gravestones of Attica (1961), p. 45-46, n 64, fig. 154, vers 525 ; p. 48-49, n 71,
fig. 163-164, vers 510-500.
24. La Coste-Messelière 1936, p. 419-428.
25. Loc. cit., supra n. 19.
26. Guide 2000, p. 238 et 289.
27. Supra n. 13 p. 25.
28. Pfuhl, Möbius 1977, no os 1377, pl. 200 : Brousse, MArch 4291, avec adorante. Sans adorant, ibid. , n 1314-1372 ;
avec adorant, nos 1374-1384 et 1389-1390.
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LA SCULPTURE DE THASOS
(fin ve-ive s.), le motif est limité au face à face d’un cavalier et d’un adorant 29. L’adjonction de l’autel et de l’arbre est donc une recharge héroïque, comparable à celle qu’a connue le thème du banquet au même moment 30. La seule originalité de ce relief est l’orientation inusitée de la composition : alors que d’habitude le cheval se dirige vers la droite, il est ici sinistroverse 31. L’extrême usure du relief interdit toute appréciation du style et rend toute datation précise hasardeuse. Seule la forme de l’autel donne ici une indication : l’autel rond sur base quadrangulaire apparaît au iiie siècle et devient très commun aux iie er 32 et i siècles. C’est donc de la basse époque hellénistique que l’on datera avec le plus de vraisemblance ce modeste document.
. Théologo, école : relief à cavalier au pas (pl. III)
Encastré à l’angle gauche de la façade.
55 × 41.
Marbre blanc à l’épiderme très usé, gratté avec un instrument qui a créé des stries parallèles. Manque l’angle inférieur droit. Tête brisée.
BCH 79 (1955), p. 366 et fig. 48 p. 369.
De l’encadrement ne subsiste qu’une moulure saillante, en haut à gauche ; le cadrage actuel est plus étroit que le cadre primitif : la queue du cheval, interrompue presque à sa naissance, le prouve. La silhouette du cheval, dextroverse, est assez fine, tout comme celle du cavalier, derrière lequel se déploie un manteau aux plis raides.
Ce relief est trop mutilé pour qu’on puisse juger de l’iconographie et du style. ier er s. av.- i s.
apr. J.-C. ?
29. Par exemple : 1) Athènes, pente nord-ouest de l’Aréopage, MNAth 3531; C. Watzinger, AM 26 (1901),
p. 323-324, fig. 16 ; une date haute, à la fin du v e s., serait suggérée par l’absence d’encadrement latéral, le strict profil des figures et leur faible relief ; mais ces traits peuvent aussi indiquer une œuvre modeste beaucoup plus récente. 2) Tanagra, Berlin StaatM 806, en marbre du Pentélique ; A. Furtwängler, La collection Sabou-roff e I (1883-1887), pl. 34-1 : « fin du ivs. » ; en tout cas, après 350. 3) Vérone, Museo Maffeiano sans inv. ; Schuchhardt 1978, fig. 13 p. 86 : « début du iiie o s. » ; Ritti 1981, p. 91-92, n 37, avec fig. : 325-300 av. J.-C.
30. Cheval et serpent sur les reliefs à banquet, infra p. 178-179. 31. o Autres exemples de cavalier sinistroverse : 1) Tanagra, MNAth 1386 : G. Körte, AM 3 (1878), p. 380, n 143 ;
Svoronos 1911, p. 330-331, pl. 52 ; LIMC VI, H. E., no 602 (fig.) ; Schild-Xenidou 2008, p. 297-298, no 67, pl. 27, « 400-390 » (?). 2) Autrefois à Brocklesby ; A. Michaelis, Ancient Marbles in Great Britain (1882), p. 234, no e 53 : cavalier athénien galopant ; iv s. 3) MetrMNY 12.229.1, en marbre du Pentélique ; G. M. A. Richter, Cata-logue of Greek Sculptures o … (1954), p. 73, n 120, pl. 92b : cavalier au galop ; vers 350 av. J.-C. 4) Apollonia d’Épire, Louvre MA 837 ; Heuzey-Daumet 1876, pl. 31-4 : cavalier en armes avec lance, au galop ; couronnement en fronton ; vers 350 av. J.-C. 5) Syracuse, MN 839 ; E. Langlotz, Die Kunst der Westgriechen (1963), pl. 154 en bas : cavalier en armes, au galop, sous lui un serpent ; iii e s. 6) Athènes, MNAth 1401; trouvé à l’Asclèpieion, avec inscrip-tion : ƍƩƿƨƼƴƲƵ ʽƌƴƼƵ ; Svoronos 1911, p. 350-351, pl. 33-8 ; Schuchhardt 1978, fig. 14 ; Schleiermacher 1981, pl. 6-2 ; o e LIMC VI, H. E. , n 76 (fig.) ; ii s. av. J.-C. 7) Malésina (Béotie), église du monastère de Haghios Gheorgios ; G. Körte, o er AM 3 (1878), p. 381-382, n 146 : cavalier au pas, autel, adorant avec porcelet ; is. av. J.-C. 8) Mytilène, trouvé au « castro », MArch 242 : Pfuhl, Möbius 1979, no 1385, pl. 201 ; inachevé, pas d’adorant ; autour de notre ère. 9) Leuctres, église des Saints Pierre et Paul : AD 28 (1973), chron., p. 284, pl. 236 ; indatable d’après la photographie.
32. D. Berges, Hellenistische Rundaltäre Kleinasiens (1986), p. 29-31. Aucun autel de ce type n’ayant été jusqu’ici
retrouvé à Thasos, les marbriers thasiens s’inspirent donc d’un type iconographique insulaire ou micrasiatique.
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LE THÈME DU CAVALIER
. Casaviti, église : relief funéraire avec cavalier au pas (pl. III)
Vu par C. Fredrich en 1904, dans la même maison que l’inscription IG XII 8, 628 ; provenance indiquée : « près de la mer ». Vu par Ch. Picard en 1910, sans doute à sa place actuelle : « à l’école de Casaviti » (Arch THRACE 2, f. 47, avec croquis).
47 × 38 (champ sculpté : 32 × 32) ; 2,5. Hauteur des lettres : 3.
Marbre blanc à l’épiderme usé ; la tête du cavalier, la tête et la queue du cheval sont réduits à une masse indis-tincte.
IG XII 8, 630 ; Dana 2014, p. 219 (avec cinq autres occurrences de ce nom thrace à Thasos).
Le cavalier, allant au pas vers la droite, occupe tout le champ carré du relief. L’autel est relégué à l’arrière-plan, dans l’angle inférieur droit ; il est décoré d’une guirlande et de moulures sommaire-ment indiquées ; sur son plateau s’élève une flamme pyramidale. Cheval trapu, monté à cru par un cavalier en tunique et manteau, qui tient les rênes contre l’encolure.
Cette variante réduite du thème est assez fréquente à l’époque impériale 33. Elle illustre sa dégéné-rescence funéraire, à un moment où l’autel rond est lui-même devenu un monument funéraire : il ne reste qu’à supprimer, comme ici, les éléments héroïques (adorant, serpent) pour obtenir une représentation funéraire cohérente.
Sous le relief, l’inscription permet de dater approximativement le relief du ier siècle apr. J.-C.
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3. Fragments incertains
. Inv. 2651 : fragment avec adorant, autel et cheval (pl. IV)
Date et lieu de trouvaille inconnus. Inventorié en 1968.
35,5 × 25,5 × 14,5 ; 2 ; cadre : à droite 2,5 ; en bas 3,5.
Marbre blanc à grains fins ; épiderme usé de couleur ocre. Brisé en haut et à gauche ; angle inférieur droit cassé. Tête du personnage arrachée. Tranche soigneusement piquetée ; revers dégrossi. AD o 24 (1969), chron ., p. 352, pl. 358b ; BCH 95 (1971), chron ., p. 990, fig. 425 ; LIMC VI, H. E. , n 284
(fig.) ; Van Straten 1995, p. 302, R 110.
Partie inférieure droite d’un relief à héros cavalier. Dans l’angle, un adorant debout est tourné vers la gauche ; il est vêtu d’un himation qui laisse la partie droite du torse nue et forme un bourrelet horizontal à la taille ; sa jambe droite, fléchie, est portée en avant, tandis que sa main droite laisse tomber des grains d’encens ou s’apprête à déposer quelque offrande sur l’autel – plutôt rond que rectangulaire – indiqué en très léger relief au second plan. Du cheval ne subsiste que la tête, très petite par rapport à son poitrail fortement modelé ; sa jambe gauche, fléchie et levée, passe devant l’autel ; au ras de la cassure, partie antérieure de la jambe antérieure droite, tendue. Le cavalier disparu était-il monté ou à pied à côté de sa monture ?
Cette mise en page très resserrée escamote le rôle d’axe central de la composition que joue l’autel sur la plupart des reliefs dédiés à un héros cavalier depuis la fin du ive siècle, alors qu’auparavant héros et humains se faisaient vis-à-vis directement. En effet, tandis que sur les reliefs de ce premier
33. o o o Pfuhl, Möbius 1979, n 218d, pl. 193 ; n 1316, pl. 194 ; Firatli 1964, n 206, pl. 54.
29
LA SCULPTURE DE THASOS
type 34, les humains font toujours, de la main droite levée avec la paume tournée vers l’extérieur, le même geste de salut et de vénération 35 et sont donc représentés en adorants, témoins d’une épiphanie du héros, sur les reliefs postérieurs on assiste au culte rendu au héros par un ou plusieurs humains ; désormais, même lorsque le héros est seul représenté, il est la plupart du temps flanqué d’un autel. Peut-être le présent relief pourrait-il se situer à la transition entre les deux types, d’autant plus que le drapé de l’officiant et la plasticité des figures permettent de remonter jusqu’au ive siècle.
. Inv. 84 : fragment d’un grand relief, tête de cheval (pl. IV)
Date et lieu de trouvaille inconnus. Entré au musée avant 1931.
33 × 28,5 × 14 ; 6.
Marbre blanc à grains fins ; épiderme beige. Brisé de tous côtés, sauf à droite, où la tranche est piquetée. Revers dégrossi.
Tête et encolure d’un cheval tourné vers la droite. Lèvres et naseaux brisés ; dans la bouche, mors retenu par deux larges rênes plates, celle du premier plan brisée entre l’encolure et la tête, l’autre indiquée en très léger relief sur le champ. La crinière forme sur l’échine de courtes mèches épaisses ; entre les oreilles, elle est ramassée en une grosse houppe verticale 36 à stries torsadées. La tête relevée presque à l’horizontale et les oreilles rejetées vers l’arrière pourraient indiquer un mouvement assez vif ; mais, comme l’espace restreint compris entre le cheval et le bord du relief ne permet pas de restituer les deux jambes de l’animal projetées en avant, dans une attitude comparable à celle du cavalier 26 du bloc sud 10 de la frise des Panathénées, on préférera une attitude plus retenue des jambes du cheval, comme celle du cavalier 16 du bloc ouest 9 37. On supposera donc plus volontiers un cavalier monté au pas qu’accompagnant à pied sa monture.
Si l’on considère que le fragment conservé représente entre le quart et le tiers de la hauteur du cheval, il faut restituer à celui-ci une hauteur totale d’environ 1,25 m, soit au moins 1,50 m pour l’ensemble du relief. Il s’agit donc d’un monument qui dépasse de beaucoup les proportions habi-tuelles des reliefs à cavalier ; l’absence de tout cadre sur la plaque sculptée suggère en outre qu’il était présenté dans un encadrement architectural travaillé à part. Ces deux particularités l’apparen-tent au « Relief au cheval » du Musée national d’Athènes (inv. 4464), dont le sens est resté long-temps mystérieux 38. Mais le style du relief thasien est autre : à mi-chemin, pour ainsi dire, des
34. Quelques exemples typiques : – Héros cavalier à pied : 1) Athènes (?), Vérone, Museo Maffeiano 216 : L. Beschi,
ASAA 1967-1968, p. 530, fig. 14 ; Ritti 1981, p. 48-49, no 16 (fig.). Vers 430 ; relief de style parthénonien. 2) Pharsale, Volos MArch 391 : G. Fougères, BCH 12 (1888), p. 181-187, pl. 5 ; H. Biesantz, Die thessalischen Grabreliefs (1965), L 50, pl. 47. 375-350. 3) Athènes, Berlin StaatM Sk 808 : Blümel 1966, p. 80, no 93, K 113, fig. 127. Après 350 av. J.-C. 4) Pharsale, MArch : AD 28 (1973), chron., p. 335-336, pl. 294a. ive s. 5) Athènes, MNAth 1412 : Svoronos 1911, p. 360, pl. 65. ive s. – Héros cavalier monté, outre les trois reliefs cités supra n. 29 : 4) Cumes, Berlin StaatM Sk 805 : Blümel 1966, p. 100, K 111, fig. 200 ; LIMC VI, H. E., no 345 (fig.). Milieu du ive s. 5) MNAth 1413 : Svoronos 1911, p. 360, pl. 33.3. ive s.
35. Supra n. 13 p. 25.
36. G. Seure a noté, RA 1913.1, p. 73, n. 3, à propos du relief à cavalier Louvre MND 803 provenant de Mésembria,
que ce détail, assez fréquent sur ces reliefs, « indique sans doute une particularité des chevaux thraces, qui est d’être poilus. La houppe indique l’épaisseur de la crinière »…
37. F. Brommer, Der Parthenonfries (1977), p. 81-83, pl. 127 ; p. 14-15, pl. 27 ; Berger, Gisler-Huwiler 1994,
pl. 20-21 et 95-96 ; I. Jenkins, The Parthenon Frieze (1994), p. 108.
38. o Schuchhardt 1978 ; Kaltsas 2001, p. 206, n 405 (fig.). En faveur d’une troisième plaque à gauche plutôt qu’à
droite, qu’implique le départ de la queue du cheval et où aurait été figuré le cavalier en pied, B. Holtzmann, RA 1982, p. 340-341. Voutiras 1990, p. 145-148, a fait état de l’avis de G. Despinis : il n’y a jamais eu de troisième
30
LE THÈME DU CAVALIER
chevaux parthénoniens et de cet étalon extraordinaire. Des uns, il n’a pas la sveltesse frémissante, le modelé continu en très bas relief ; de l’autre, pas la splendeur baroque de l’attitude, la minutie sèche des formes.
Ce type de grand relief à cadre rapporté ne pouvant être antérieur à la fin du iv e siècle, on place-rait volontiers le relief thasien au siècle suivant : le strict profil, le rendu encore graphique de la paupière supérieure, le modelé limité de la tête et de l’encolure suggèrent qu’il est antérieur aux chevaux baroques d’une série de reliefs du iie siècle, où la tête détachée du fond est parfois complè-tement tournée vers le spectateur 39.
L’ampleur de la composition, le soin de l’exécution font de ce fragment un témoin précieux de l’activité plastique à Thasos à la haute époque hellénistique.
. Inv. 124 : partie inférieure gauche d’un grand relief, cavalier au pas (pl. V)
Date et lieu de trouvaille inconnus. Vu par C. Fredrich dans l’huilerie en 1904. Inventorié entre 1941 et 1947. 74 × 56 × 17 (15,5 en haut) ; 2 ; hauteur du bandeau inscrit : 44 ; hauteur des lettres : 3.
Marbre blanc à l’épiderme bien conservé, de couleur brune. Partie inférieure gauche d’un grand relief brisé de toutes parts sauf en bas. Peut-être l’angle inférieur gauche est-il conservé. En bas, sur l’arête horizontale du bloc, grande épaufrure qui date peut-être du descellement du bloc. Diverses épaufrures, surtout sur la partie figurée. Revers et tranche inférieure grossièrement piquetés.
IG XII 8, 453.
Aucun élément de l’encadrement n’est conservé. Le très haut bandeau qui sert de base au relief devait conférer à la plaque une forme presque carrée, alors que le relief se déployait suivant un axe horizontal : la largeur approximative de la plaque est fournie par la restitution de deux des patro-nymes figurant sur l’inscription :
ƏƷƫƶƭƹ˒ưƉƫu[Ʋƹ˒ưƷƲƵ]
ǺƴƭƶƷƲƮƴƠƷƫƥ [……..]
ƐƸƶƭƨƣƮƫƏƷƫƶ[ƭƹ˒ưƷƲƵ]
Si l’on considère que chaque lettre occupe en moyenne une largeur de 4 cm, on est conduit à suppléer une largeur d’au moins 40 cm, dans l’hypothèse d’une marge équivalente à celle qui règne
plaque, car le cavalier mort était représenté par une statue disposée devant le relief, lui-même inclus dans un naïscos à colonnes ioniques latérales, comme aux monuments de Callithéa et de Rhamnonte. C’est l’apparition de tels grands monuments funéraires hybrides, vers 320, qui aurait provoqué l’interdiction des monuments funéraires figurés édictée par Dèmètrios de Phalère en 317. Le type du casque dont la trace figure dans le champ, au-dessus de la croupe du cheval, indique que le défunt était un maître de cavalerie athénien : ce casque béotien est en effet celui qu’avait adopté la cavalerie athénienne ; deux exemplaires en bronze en sont connus, l’un à l’Ashmolean Museum d’Oxford, découvert dans le Tigre (P. M. Fraser, T. Tönne, Boeotian and West Greek Tombstones [1977], pl. 18), l’autre trouvé dans une tombe attique, non loin du lieu de trouvaille du relief (AEphem 1973, p. 93-105, pl. 51-52 et 54). Toute la zone comprise entre la Porte Cavalière (Y. Garlan, BCH 93 [1969], p. 152-158) et la butte de Colonos Hippios – dont le héros éponyme est représenté en cavalier (Sophocle, Œdipe à Colone 58-60) – semble avoir été un lieu de culte et de sépulture privilégié pour les cavaliers athéniens, placés sous la protection de Poséidon Hippios et d’Athèna Hippia, présents sur la colline.
39. Aux stèles funéraires de Smyrne du iie s. réunies par Pfuhl, Möbius 1979, nos 647 pl. 98, 1429-1436 et 1440,
pl. 208-210, il faut ajouter celle de Bâle (AntM 244), dont la publication détaillée par E. Berger, Antike Werke aus der Sammlung Ludwig, III. Skulpturen (1990), p. 251-282, a fourni l’occasion de compléter la série (Beil. 27-29). La plus complète reste celle de Berlin, StaatM Sk 809 : M. Kunze (éd.), Die Antikensammlung2 (1998), p. 186-187, no 111, avec fig.
31
LA SCULPTURE DE THASOS
à gauche. La largeur totale de la plaque devait donc être d’environ un mètre, ce qui correspond à la hauteur minimale qu’on doit lui restituer.
Cette famille est bien connue à Thasos ; Ctèsiphon, fils de Dèmophon, apparaît dans deux autres inscriptions : la liste de théores IG XII 8, 317 (l. 2) et sur un des piliers d’angle du Passage des Théores (IG XII 8, 355, l. 25), tandis qu’un Dèmophon, fils de Ctèsiphon, est mentionné dans une autre liste de théores (IG XII 8, 302, l. 13). Enfin, il ne fait guère de doute que l’Aristocratès, fils de Ctèsiphon, mentionné en IG XII 8, 454 (l. 1-2 ou 4-5), est un proche parent de l’Aristo-crateia qui apparaît ici. On a donc affaire à une dédicace faite par trois membres de la même famille à un personnage héroïsé dont le nom devait sans doute être gravé sur l’épistyle de l’encadrement. Ce sont ces trois personnages représentés en orants qu’il faut restituer à droite de l’autel, dont sub-siste seule la partie inférieure gauche 40. Suivant le schéma iconographique consacré, le cheval s’avance vers cet autel. On remarquera l’accentuation presque caricaturale de sa silhouette : le ventre très bombé, la saillie en crochet des fanons, la protubérance du talon. Le cavalier, les jambes ballantes, monte sur un court tapis de selle dont un angle ponctué d’un pompon apparaît derrière sa cuisse. L’état du marbre sur son torse ne permet pas de préciser comment il est vêtu. Il porte un manteau qui retombe dans son dos.
Le champ est recreusé au contour du relief pour accentuer sa saillie. L’inscription présente un procédé comparable, avec la profondeur variable de la gravure, expressive mais irrégulière. La même graphie se rencontre sur l’autel de Zeus Cataïbatès trouvé à l’angle nord-ouest de l’agora 41 ; elle permet de dater avec quelque vraisemblance ce relief du ier siècle av. J.-C.
. Paris, Louvre MA 835 : cavalier monté au pas (pl. V)
Trouvé à Samothrace par Ch. Champoiseau, en 1863, mais l’origine thasienne du relief, suggérée par le matériau, est assurée par le témoignage d’A. Conze et confirmée par une notice figurant dans les archives du Louvre : « acheté à Samothrace d’un matelot qui l’avait acheté à Thasos » 42. 37,5 × 31,5 × 8,5 ; 2,5 ; largeur du cadre : 3 ; profondeur du champ : 1,5. Marbre à grains fins ; épiderme usé de couleur grise ; tache brune à droite du cavalier. Brisé à droite ; deux fragments raccordés. Le dessin d’A. Conze montre que le relief a perdu, entre 1858 et 1863, un petit frag-ment du champ et du cadre en bas à droite. Tranche piquetée, lisse à gauche dans sa partie antérieure. Sur la tranche supérieure, à 13 cm de l’angle gauche, trou de scellement circulaire, profond de 2,5 cm ; sur la tranche inférieure, à 15 cm de l’angle gauche, cavité circulaire plus large, mais moins profonde, encore à moitié remplie de métal ; ces cavités de fixation semblent plutôt modernes qu’antiques. Revers dégrossi. Conze 1860, p. 4 et pl. 10-6 (dessin).
Moitié gauche d’un relief représentant un cavalier allant au pas vers la droite. Encadrement semblable sur les trois côtés conservés : un bandeau dressé qui se raccorde au champ sculpté par un plan légèrement oblique. Manquent la tête et le poitrail du cheval, dont les formes sont vigou-reuses.
Le cavalier, la tête légèrement tournée vers l’extérieur, est vêtu d’une tunique à manches courtes avec ceinture et d’un manteau déployé en éventail dans le champ. Il est assis sur un tapis de selle
40. Un groupe familial semblable – parents et fille – se rencontre à Rhodes (MArch 1173) avec une composition com-
parable : Pfuhl, Möbius 1979, no 1381, pl. 201, « époque hellénistique tardive ».
41. o BCH 50 (1926), p. 245-246, n 25 (G. Daux : « environs de l’ère chrétienne »), IG XII Suppl. 406 ; ÉtThas III, pl. 39
(disparu pendant la seconde guerre mondiale).
42. Je remercie M. Hamiaux pour ce renseignement.
32
LE THÈME DU CAVALIER
quadrangulaire, maintenu en arrière par une croupière horizontale qui passe sous la queue du cheval – un détail assez rarement représenté 43.
En l’absence de tout critère sûr de datation, il faut s’en tenir à l’impression générale : le schéma iconographique est figé, mais l’exécution et la mise en page sont soignées.
Haute époque impériale.
. Cavala, anc. coll. P. Voulgaridis : cavalier monté (pl. V)
Vu par Ch. Picard en 1910 ; disparu depuis ; Arch THRACE 2, f. 58v, avec croquis. Le lieu de conservation n’est pas indiqué, mais les pièces précédentes et suivantes notées par Ch. Picard appartenaient à la collection de l’agent consulaire de France à Cavala, P. Voulgaridis, essentiellement constituée d’objets provenant de Thasos. Brisé de toutes parts, sauf en haut.
39 × 24 × 11.
Cavalier au pas vers la droite, montant à cru. Aucun élément de datation.
LE CAVALIER GUERRIER GALOPANT
Ce type, qui se rencontre à partir du iv e siècle av. J.-C. sans jamais devenir très fréquent, sauf en Béotie, présente un cavalier en armes lancé au galop plus ou moins cabré 44, chargeant un ennemi qui est très rarement figuré. Bien attesté en Grèce du Nord, il n’est représenté à Thasos que par un seul relief.
. Inv. 64 : cavalier en armes au galop (pl. VI)
Lieu et date de découverte inconnus. Entré au musée avant 1931.
78 × 86 × 10 ; 7.
Marbre blanc à grains fins ; épiderme de couleur beige, usé en haut. Manquent toute la bordure inférieure, le coin supérieur droit et l’angle inférieur gauche. L’arbre et le serpent qui s’y enroule sont très usés. Presque tout le cavalier et sa monture ont été martelés : il n’en reste que la silhouette, qui se détache encore en assez haut relief. Seules quelques parties peu saillantes ont été épargnées : une partie de la chlamyde, la jambe anté-rieure gauche du cheval, le pied gauche du cavalier. Tranche piquetée, sans aucun scellement. Revers lisse. LIMC VI, H. E., no 612 (fig.).
L’absence de cadre laisse supposer un encadrement architectural assez développé et traité à part, dans lequel la plaque sculptée en haut relief était encastrée. À droite, un arbre, dont le tronc sinueux se termine conventionnellement en deux petites masses de feuillage triangulaires et symétriques, sert de support à un énorme serpent. Les trois quarts du relief à gauche sont occupés par un cavalier galopant vers la droite. Le corps du cheval est très ramassé, plus cabré que déployé en un véritable galop. La jambe droite, qui était détachée du fond, manque tout entière, tandis que la gauche, courte et vigoureuse, subsiste jusqu’au sabot. Toute la partie antérieure du corps, la tête et le buste du cavalier ont disparu : on ne voit plus de son corps qu’une partie du dos avec, sous la ceinture, des stries
43. Sur les quelque cent stèles à cavalier figurant dans Pfuhl, Möbius 1979, six seulement présentent ce détail, bien
attesté à Thasos sur les stèles à cavalier chasseur : , , , , , .
44. Xénophon, dans son petit traité De l’art équestre (XI 8-9), remarque que c’est la posture où l’on préfère représenter
les dieux et les héros, et donc la plus valorisante pour les mortels.
33
LA SCULPTURE DE THASOS
verticales qui peuvent être soit les plis d’une tunique, soit plutôt les ptéryges schématiquement indi-quées d’une cuirasse à lambrequins, l’épaisseur de sa silhouette invitant à le voir plutôt cuirassé que simplement vêtu d’une tunique courte. Derrière lui se déploie en éventail une chlamyde dont les plis épais et souples sont refouillés au foret et les deux extrémités ornées d’un pompon. Dans son poing gauche, qui apparaît entre la tête du cheval et son corps, le cavalier tient une longue lance, dont la hampe et la pointe dirigées vers le bas sont gravées dans le champ. La hampe étant indiquée derrière la tête du cheval et sur l’épaule gauche du cavalier, la tête de celui-ci était tout à fait détachée du fond, tandis que celle du cheval était tournée de trois-quarts vers le spectateur. Au-dessus du poing du cavalier, deux cercles concentriques en faible relief figurent le bord intérieur d’un bouclier rond.
L’élan fougueux de ce cavalier n’est pas dirigé, comme pourrait le faire croire la direction de la lance, contre le serpent : c’est ici le symbole de la nature héroïque du cavalier, qui est guerrier et non chasseur, comme l’indique le bouclier. La lance posée sur l’épaule, pointée vers le bas et tenue dans le poing gauche, indique d’autre part que ce chevalier en armes n’est pas vraiment combattant 45 : cette charge héroïque n’a pas d’autre but que de le montrer dans toute sa puissance.
L’encadrement séparé fournit pour ce haut-relief un terminus post quem approximatif dans le dernier quart du ive siècle : à l’instar des stèles funéraires attiques, certains reliefs votifs présentent alors, et plus encore durant le iiie siècle, un cadre architectural très lourd qu’il a été tentant de traiter à part 46. C’est également une date relativement haute dans le iiie siècle que suggère ce qu’on peut encore déceler du style : le modelé vigoureux du cheval et de la chlamyde déployée, mais surtout la disposition légèrement oblique de la figure par rapport au fond 47, qui accentue la troisième dimension, donnent à penser que ce relief est antérieur aux figures de cavaliers stéréotypées qui se répandent au iie siècle.
Quant au motif iconographique de l’arbre au serpent, il est attesté dès la fin du ve siècle 48, mais ne s’impose sur les reliefs votifs que durant la seconde moitié du ive 49 siècle, pour confirmer la nature héroïque du personnage représenté, au moment où les thèmes héroïques commencent à trouver un emploi funéraire 50. L’arbre étant présent sur les reliefs depuis la fin du ve siècle 51, il est naturel qu’on
45. Attitude semblable chez le héros cavalier à pied d’un relief votif d’Argos, MNAth 3153 : AM 3 (1878), pl. 13 ;
LIMC VI, H. E., no 5 (fig.) ; Kaltsas 2001, p. 115, no 203 (fig.).
46. Voir, par exemple, le relief de Cyzique dédié à Héraclès, précisément daté de 278-277 par l’inscription et le sujet même,
puisque Héraclès y terrasse un Galate : Istanbul, MArch 564, Mendel 1914, p. 70-72 ; BCH 56 (1932), pl. 25. À Thasos, voir le relief dédié à Héraclès et Poséidon, Istanbul, MArch 1504 : ÉtThas XV, p. 143-145, no 82, pl. LXIX.
47. Hausmann 1960, p. 81-82, fig. 49 p. 84, a observé le même effet sur le relief dédié au héros Hippalcmos (Thessalo-
nique, MArch 888), o IG X 2, 1, 48 ; LIMC VI, H. E. , n 518 (fig.). Le thème est différent : un cavalier s’apprête à transpercer un taureau bondissant ; pas d’arbre au serpent.
48. e Créé dans le dernier quart du vs. pour représenter le pommier aux fruits d’or du Jardin des Hespérides gardé
par le serpent Ladôn, soit par un céramographe attique du « style riche » – voir l’hydrie du Peintre de Meidias BrMus E 224, vers 410 (LIMC V [1990], no 2717, fig.) –, soit par le sculpteur des « reliefs à trois figures » – voir la copie d’un tel relief à la Villa Albani (Villa Albani I, p. 398-404 [H.-U. Cain], pl. 227-228). Sa première apparition sur un relief votif, NCG 2308, peut dater encore de la fin du ve s. : M. Mottesen, Ny Carlsberg Glyptotek: Greece in the Classical Period (1995), p. 130-131, no 67 (fig.).
49. Par exemple : 1) MNAth 1335 : BCH 2 (1878), p. 73, pl. 8 ; Svoronos 1908, p. 254-256, pl. 36.4 ; Neumann
1979, pl. 45a. La prosopograhie ( 2 IG II 4402) assure une date autour de 325. 2) Thèbes, MArch BE 407 : AD 20 (1965), chron., p. 243, pl. 291b ; BCH 92 (1968), chron., p. 862, fig. 11 p. 864. Date probable : 325-300.
50. Dentzer 1982, p. 540 et 563-564. Sur le serpent, symbole d’héroïcité, supra n. 25 p. 16. 51. Carroll-Spillecke 1985, p. 41-42. Initialement n’est figurée que la ramure de l’arbre ; ainsi sur deux en-têtes
d’inscription précisément datés : le « Marbre Choiseul » (410-409), Louvre MA 831, IG I 3 375, et le décret athénien pour les Samiens (403-402), MAcr 1333, 3 o IG I 127 ; C. Lawton, Attic Document Reliefs (1995), p. 86-87, n 8,
34
LE THÈME DU CAVALIER
ait recouru à lui comme support du serpent dans une scène d’extérieur, d’autant que l’existence de grands serpents arboricoles, souvent mise en doute par les modernes, est assurée 52.
Une date dans le iiie siècle, sans qu’il soit possible de préciser davantage, semble donc plausible pour ce relief représentant un cavalier en armes, d’autant que cette variante du thème est pratiquée à cette époque en Grèce du Nord 53.
LE CAVALIER CHASSEUR
De nombreux reliefs d’époque impériale présentent des variantes du type du « cavalier thrace » : un chasseur courant le sanglier galope vers la droite, où se dresse un arbre autour duquel est enroulé un grand serpent, dont la tête est dirigée vers le chasseur. Sa monture est représentée plus ou moins cabrée 54, les jambes postérieures touchant seules le sol, tandis que ses jambes antérieures fouettent l’air au-dessus du sanglier, dont la hure apparaît derrière l’arbre ou derrière un autel où brûle une flamme torsadée 55. Face à la bête, sous le ventre du cheval, un chien s’arc-boute rageusement.
Les reliefs thasiens seront présentés par ordre d’appauvrissement progressif du type. Étant donné leur grande uniformité, la description de chacun sera limitée à ses particularités.
1. Le type complet : le cavalier chasseur avec animaux, autel, arbre et serpent
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : moitié inférieure d’un relief funéraire
(pl. VI)
Provient du sud de l’île.
40 × 65 × 12 ; hauteur maximale de la plinthe inscrite : 12. Hauteur des lettres : 3 cm. Marbre blanc à épiderme grisâtre. Diverses épaufrures sur le cadre, la jambe droite du cavalier et la jambe postérieure droite du cheval. La jambe antérieure droite de celui-ci, qui était entièrement détachée du fond, manque. Tranche piquetée ; revers épannelé.
Bernard, Salviat 1967, p. 610-612, n o o 68, fig. 41 ; Holtzmann 1973, p. 167-169, n 19, fig. 19 ; Slawisch 2007, pl. 43 T 8 (hors catalogue).
pl. 5 et p. 88-89, no 12, pl. 7 ; Holtzmann 2003, p. 195, fig. 175 et p. 192, fig. 172. Il faudra attendre la seconde partie de l’époque hellénistique pour que le feuillage soit représenté ; Munich, Glypt. 206 : Hausmann 1960, p. 89-96, fig. 55, Holtzmann, Pasquier 1998, p. 280-281 (fig.) : début du ier s. plutôt que « vers 200 » ? R. Wünsche, Glyptothek München, Meisterwerke… (2005), p. 118-119 (fig.).
52. L. Bodson, « Les Grecs et leurs serpents », AC 50 (1981), p. 57-78, pl. 1-4 : il existe effectivement dans la péninsule
balkanique une grosse couleuvre arboricole, inoffensive et facile à apprivoiser, qui peut dépasser 2,50 m de longueur et ramper sur des surfaces verticales. Ce ƨƴƠƮƼư des Anciens est appelé élaphè par les herpétologues modernes. L’observation minutieuse de certains documents figurés a permis d’identifier le serpent d’Asclèpios, et peut-être des héros en général, avec l’élaphè quattuorlineata, plutôt qu’avec l’élaphè longissima.
53. os Entre autres, signalés dans LIMC VI, H. E. , n 608-616, 626-633 : 1) Pèlinna (Thessalie), Louvre MA 836 : Biesantz
1965, p. 21, no 34 (« 350-325 » ?), pl. 14 ; LIMC VI, H. E., no 610 bis (croquis). 2) Abdère, Sofia MNArch 21a : Ch. Avezou, Ch. Picard, BCH o 37 (1913), p. 118-121, n 38, fig. 8 (croquis) ; AA 1918, col. 49-51, fig. 55 ; Will 1955, p. 84-86, fig. 8 ; o e o er LIMC VI, H. E. , n 627 (iii s.) ; Inscr. Thrace 2005, p. 245-246, n E 65, pl. 18 : funéraire, « i s.
av. J.-C. ». 3) Marônée, Comotini MArch 2227 : BCH 101 (1977), chron., p. 619, fig. 251 ; LIMC VI, H. E, no 536 (fig.) : hellénistique (classé à tort parmi les chasseurs : ni chien ni sanglier, mais casque et cuirasse dans le champ).
54. ƑƩƷƩƼƴƣƪƼư, selon l’expression de Xénophon : supra n. 44 p. 33. 55. Il est très rare que le sanglier soit représenté en entier, comme sur le relief de la citadelle gênoise d’Ainos (Enez) :
S. Düll, ƆƴƺƥƣƥƍƴƠƮƫ ƎƎ (1997), p. 227-235 (fig.). Voir ici le relief 123.
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LA SCULPTURE DE THASOS
La figure trapue du cheval, très « bas sur pattes » quoique ses deux jambes antérieures fouettent l’air, occupe tout le champ : tous les accessoires du type sont réduits à des miniatures schématiques. Une peau de bête à la surface mouchetée sert de chabraque. La queue du cheval est redressée verti-calement le long du cadre 56. Sur la plinthe est gravée l’inscription funéraire :
ȗƴǁƨƲƷƲƵwƔȺƠƯƫƷƲƵwȓƴƼƵ
ȂƷ˒ưwƐwƺƥʶƴƩ
L’héroïsation explicite du mort, rare à Thasos, indique peut-être qu’on est ici dans une phase de transition où le thème du chasseur n’est pas encore tout à fait passé dans le registre funéraire ; elle s’explique peut-être par la mort prématurée du défunt, à trente ans. Cette indication d’âge et la formule d’adieu réduite à sa plus simple expression ne sont pas non plus très fréquentes à Thasos et guident vers une date relativement haute, antérieure à la sclérose du formulaire funéraire durant le Haut-Empire.
La graphie de l’inscription suggère une date dans la première moitié du i er siècle apr. J.-C.
. Inv. 88 : relief sans cadre avec cavalier chasseur (pl. VII)
Découvert en 1929 dans un sondage effectué à l’est de l’odéon, sur les premières pentes de l’acropole : Arch 2 C THA 14, p. 34 (Y. Béquignon) ; MEM 16, p. 60-62, no 47 (P. Devambez).
49,5 × 51,5 × 13 ; 6.
Marbre blanc à grains moyens ; épiderme bien conservé de couleur beige ; concrétions brunes sur le corps du cheval et la tunique du cavalier. Manquent la tête du cavalier, sa main droite et sa jambe droite depuis le mollet. Du cheval, manquent la tête et les jambes antérieure et postérieure droites qui étaient détachées du fond. L’extrémité de la flamme brûlant sur l’autel est brisée. Tranche dressée sur 2 cm depuis l’avant, piquetée au-delà. Revers épannelé.
BCH 53 (1929), chron., p. 512 ; M. Schleiermacher, Boreas 4 (1981), p. 91.
Le côté droit du relief – sanglier, autel, arbre et serpent – semble moins fini que les figures du cavalier et du chien, très précisément dessinées et assez heureusement modelées. L’absence de tout arrachement sur le fond indique que la tête du cheval devait être nettement tournée vers le specta-teur, comme l’était également celle du cavalier. Une chabraque en peau de lion, dont la gueule, les pattes et le pelage sont minutieusement détaillés, tient lieu de selle au cavalier. Le sexe du cheval est indiqué ; sa queue torsadée retombe au lieu d’être dressée, comme c’est généralement le cas dans le schéma thasien. Le chien, dont la tête est disproportionnée par rapport au corps, ne manque pas de vivacité ; ses crocs apparaissent dans sa gueule. Les stries de gradine apparentes sur tout le fond indiquent peut-être qu’il était peint.
La clarté de la mise en page, la maîtrise relative du haut relief, le soin des détails attestent un artisan soucieux d’animer un motif stéréotypé. En l’absence d’inscription sur la petite plinthe, le sens de ce relief reste indécis ; son lieu de trouvaille intra-muros suggérerait une fonction votive, s’il n’avait pu y être transporté tardivement.
ier siècle apr. J.-C.
56. G. Seure, pour expliquer que la monture du « cavalier thrace » ait souvent une queue très détachée de la croupe,
a supposé (REG 42 [1929], p. 243) qu’il y avait un nœud au départ de la queue…
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LE THÈME DU CAVALIER
. Inv. 2652 : relief à faux fronton avec cavalier chasseur (pl. VII)
Trouvaille fortuite dans la nécropole de Patarghia, entrée au musée en août 1968.
50 × 51 × 6 ; 6 ; largeur du cadre, sur les rampants du fronton : 2 ; sur les côtés : 2,5 ; sur la plinthe : 5,5. Marbre blanc à grains fins ; épiderme gris, granuleux et très friable. Le relief, brisé en quatre morceaux, a été restauré en août 1970. Une petite partie du cadre, à droite de l’acrotère faîtier, a été complétée. Usure générale de la surface : traces illisibles d’une inscription sur la plinthe. Quelques éraflures récentes : sur l’arbre, le poitrail du cheval, le torse du cavalier. Manque la bouche du cheval. Tranche dressée ; revers dégrossi. BCH 93 (1969), chron., p. 1030, fig. 1 ; AD 24 (1969), chron., p. 352, pl. 358Ƨ ; BCH 95 (1971), chron., p. 991 et fig. 423 p. 990 ; o o LIMC VI, H. E. , n 486 (fig.) ; Guide 2000, p. 268-269, n 48, fig. 217 ; Slawisch 2007, pl. 43 T 7 (hors catalogue).