LA Sculpture DE Thasos : Corpus des reliefs II
TOME I – Texte
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 14 parties.
114. Voir, par exemple, la stèle attique du jeune Mousônis (Bruxelles, Musées royaux du Cinquantenaire) : IG II2 6687 ;
Guarducci 1974, fig. 62 : iie s. apr. J.-C.
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LA SCULPTURE DE THASOS
à son extrémité droite, mettant en relief un petit pompon d’angle ; élégance gracile de la table où sont posés des fruits d’une dimension plausible : raisins, grenades, poires…
L’axe horizontal du relief et la présence de l’arbre au serpent suggèrent de prime abord, pour cet ample et ambitieux relief, d’un style sec et guindé, une fonction votive ; la présence de deux banqueteurs n’y contredit pas, dans la mesure où , plus ancien, pourrait passer pour tel lui aussi. Mais le lieu de la trouvaille – une colline où les traces de tombes sont nombreuses – plaide plutôt pour un usage funéraire. Il se peut donc qu’on ait là, comme avec et , un document hybride, de fonction déjà funéraire, dont le format et l’iconographie (le serpent) participent d’une héroïsation emphatique, mais non plus religieuse, du ou des morts.
La netteté graphique du style et le détail du fulcrum à tête de lion permettent d’associer ce relief au groupe - : fin ier s. av.-ier s. apr. J.-C.
. Inv. 63 : grande stèle incomplète (pl. L)
Vue par W. Deonna à Liménas, en mai 1907 (cliché EFA 46.212) ; vue par Ch. Picard en 1910 : Arch THASOS 2 f. 53v, avec croquis. Entrée au musée à une date inconnue.
88 × 72,5 × 16 ; 9.
Marbre à grains fins, très friable. Épiderme gris très usé. Manque toute la partie supérieure de la stèle avec la tête des trois personnages. Nombreuses épaufrures récentes sur toute la surface.
Stèle sans encadrement latéral ; la plinthe piquetée, haute de 21 cm, était probablement destinée, comme sur , à recevoir une inscription qui n’a pas été réalisée. Sans doute faut-il restituer au sommet un simple bandeau de couronnement. Tranche piquetée ; revers dégrossi.
Ce relief ne présente pour toute particularité que le geste du banqueteur de droite, qui lève son avant-bras gauche, comme s’il s’apprêtait à boire.
Exécution médiocre et stéréotypée. ier s. apr. J.-C.
. Inv. 3449 : stèle de Carilas (pl. L)
Trouvée près de l’église de Haghios Gheorghios de Théologo ; entrée au musée en décembre 1977.
70,5 × 63 × 15,5 ; 7. Hauteur des lettres : 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme noirci, mais bien conservé. Manque toute la partie supérieure, depuis les têtes des deux banqueteurs. Angle inférieur droit brisé. Épaufrures sur les torses et les bras.
Relief du même type que , mais ici l’inscription a été gravée : au-dessus d’une zone piquetée de 15-17 cm, un champ de 8-10 cm de hauteur a été dressé, où est inscrit :
ƏƥƴƣƯƥƵƈƯƥƸƮƣƲƸ
ƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƥƭ
Le défunt doit être le banqueteur de gauche, puisqu’il serre la main de sa femme ; l’autre tient dans la main gauche le skyphos habituel. Si l’on a représenté deux banqueteurs alors qu’un seul défunt est mentionné, sans doute est-ce parce que le nom de l’autre frère ou du fils de Carilas, ne devait être inscrit que le moment venu. Le relief était donc installé sur une tombe familiale.
Ce relief, morphologiquement identique à , lui est supérieur par l’exécution : le modelé est plus senti, les détails sont moins sommaires. ier s. apr. J.-C.
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LE THÈME DU BANQUET
4. Fragments inclassables du type récent (-)
Sont ici réunis les reliefs du type récent trop fragmentaires pour être classés sûrement dans l’une des trois rubriques précédentes.
a. Fragments avec banqueteur, femme et serviteur (207-211)
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : angle inférieur droit inscrit (pl. LI)
Provenance probable : sud de Thasos.
41 × 38. Hauteur des lettres : 2-2,5 cm.
Marbre à grains moyens ; épiderme gris, usé ; épaufrure récente à gauche sur la cassure, qui est ancienne. Tenon d’encastrement arraché à la base.
Holtzmann 1973, p. 163-165, no 15, fig. 15.
Fragment d’un relief de moyen format, probablement carré (60 × 60 cm). L’encadrement est discret : le bandeau, très étroit à droite, est plus haut en bas (6 cm), où il porte une inscription de deux lignes :
……]ƯŞƣƨƲƸƳƴƲƶƹƭƯɚƵ
ƺƥʶƴƩ
La partie conservée de la scène ne s’écarte en rien du schéma convenu : à gauche, on distingue le tabouret sur lequel sont posés les pieds de la femme assise. Seule inconnue : la présence ou non d’une servante à gauche. Exécution appliquée mais médiocre.
ier siècle apr. J.-C. ?
. Inv. 1583 : angle inférieur droit d’un relief sans cadre (pl. LI)
Date et lieu de trouvaille inconnus.
45 × 37,5 × 16.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, usé. Fragment brisé en haut et à gauche. Angle inférieur droit brisé, de même que la plinthe attenante, haute de 4 cm. Épaufrures sur le skyphos et le pied droit de la table.
Angle inférieur droit d’un relief de mêmes dimensions que . Toutefois, l’encadrement est différent : ici, pas de bandeau latéral et la plinthe inférieure est trop réduite pour avoir porté une inscription. Revers dégrossi.
Le schéma iconographique est tout à fait stéréotypé, l’exécution plus graphique que sur .
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Partie droite d’un relief disparu (pl. LII)
Dans la collection de G. Christidis, à Panaghia, en mars 1882 : BNF Suppl. grec 1343, f. 109, avec dessin, sans dimensions indiquées. Disparue depuis.
Brisé à gauche. Le cadre semble avoir été très simple : un bandeau plat d’une largeur plus restreinte à droite qu’en haut.
Le dessin de G. Christidis présente plusieurs détails qui singulariseraient ce relief, si l’on pouvait s’y fier. Le petit serviteur est ici armé d’un coutelas qu’on ne rencontre nulle part, ni à Thasos ni ailleurs ; en fait, il doit s’agir de la louche habituelle, tenue dans la main gauche, que poursuivrait
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LA SCULPTURE DE THASOS
le bras droit tendu vers la table… Celle-ci, très étroite, a des pieds droits et pointus peu vraisem-blables qu’il faut plutôt mettre au compte de la maladresse. Détail plus probable : la poignée de mains avec la femme assise, dont les pieds apparaissent sur le tabouret.
ier er s. av. J.-C.-i s. apr. J.-C.
. Partie inférieure d’un relief disparu (pl. LII)
Vue par Ch. Picard en 1910 aux Calyvès de Casaviti (aujourd’hui Prinos) : Arch THASOS 2, f. 48v, avec croquis. Revue par A. Bon, en 1926, encastrée dans un mur de la nouvelle école. Vue encore par Fr. Salviat en 1959. Disparue depuis.
40 × 49.
Bon 1930, p. 173 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868.
Partie inférieure d’un relief, brisé à gauche et en haut, au-dessus des cuisses de la femme assise et du torse du banqueteur. Sous le relief, Ch. Picard a noté la présence d’une inscription qu’il n’a pas transcrite, sans doute parce qu’elle était illisible. Le relief était fixé par un large tenon central dans un bloc formant base. Le petit serviteur semble avoir porté la main aux fruits posés sur la table. Une servante a pu lui faire pendant à gauche, dans la partie brisée du relief.
ier s. av. J.-C.-ier s. apr. J.-C. ?
. Fragment inférieur d’un relief disparu (pl. LII)
Vu dans les mêmes circonstances que par Ch. Picard, A. Bon et Fr. Salviat. Disparu depuis.
33 × 54 ; 1,5.
Bon 1930, p. 173 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868.
Fragment brisé de tous côtés, apparemment sans la moindre originalité. Une petite servante était-elle figurée à gauche ?
ier er s. av. J.-C.-i s. apr. J.-C.
b. Fragments avec banqueteur et femme seulement (212-216)
– dans l’ordre ordinaire : femme à gauche (-)
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : fragment d’un grand relief (pl. LII)
Trouvé remployé dans l’escalier d’une maison de Scala-Mariès.
41 × 54.
Marbre à grains fins ; épiderme gris, bien conservé. Partie supérieure gauche d’un relief brisé à droite et en bas ; les figures ont été martelées, sans doute au moment du remploi ; tout le cadre a été arasé.
Holtzmann 1973, p. 154, no 8, fig. 8 p. 155.
Le relief est encadré d’un simple bandeau, large de 5 cm en haut. Sa mise en page est étonnam-ment spacieuse : au-dessus des protagonistes, derrière la femme, l’ampleur du champ libre concentre l’attention sur les figures, dont la composition est traditionnelle, mais l’exécution, semble-t-il, originale et soignée : on notera l’inclinaison légère du buste de la femme, que prolonge celle de sa tête, et le contour vigoureux de la silhouette du banqueteur.
Plus encore que cette qualité, qu’on ne peut plus que deviner, ce sont l’encadrement et la mise en page qui suggèrent de dater ce relief de l’époque hellénistique : iie-ier s. av. J.-C.
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 135 : partie gauche d’un relief oblong (pl. LIII)
Date et lieu de trouvaille inconnus.
42,5 × 44 × 12 ; 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme grisâtre, usé et friable. Plaque brisée à droite et en bas ; le relief est usé, mais bien conservé.
Partie gauche d’un relief sans cadre ; tranche piquetée, revers dégrossi. Sur la tranche supérieure à gauche subsiste la moitié droite d’une cavité destinée à recevoir un « crampon en pi » (longueur de la branche horizontale : 5,7 cm ; surface de la branche verticale : 1 × 1 cm).
Nulle innovation iconographique ; l’absence de la servante ne préjuge pas de celle du serviteur, à droite. La mise en page aérée souligne la précision sèche de l’exécution.
ier s. av. J.-C. ?
. Inv. 2388 = 2790 : angle inférieur droit d’une stèle funéraire inscrite (pl. LIII)
Découvert en 1964 à la porte de Zeus et d’Héra.
43 × 36 × 10,5 ; 1. Hauteur des lettres : 1,2-1,5.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, usé avec concrétions brunes. Fragment brisé en haut et à gauche, recom-posé de deux pièces jointives transversalement.
Bernard, Salviat 1967, p. 614, no 72, fig. 44 p. 615.
Partie inférieure droite d’un relief, qui était encastré dans une base par un tenon seulement dégrossi, haut de 9 cm. Le cadre est fait d’un bandeau latéral large de 3 cm et d’une plinthe haute de 10 cm, portant l’inscription :
……] ƿƧƲưƲưƗƼƶƣƼưƲƵ
[ƳƴƲƶ]ƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
La composition est banale ; pas de serviteur à droite. L’exécution est très médiocre : le tabouret, sommairement mouluré, est presque aussi haut que la table.
La date est suggérée par la graphie : première moitié du iie apr. J.-C.
– dans l’ordre inverse : femme à droite (-)
. Inv. 2668 : angle inférieur droit d’une stèle (pl. LIII)
Trouvé en novembre 1968, lors d’un dragage du vieux port.
30 × 32 × 8,5 ; 1,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme gris et granuleux. Bandeau latéral très usé, bandeau inférieur brisé, ainsi que l’angle. Petites épaufrures récentes sur le relief.
Partie inférieure droite d’un relief de moyenne grandeur, très discrètement encadré d’un bandeau également étroit sur les côtés (2,5 cm) et en bas. La tranche est dressée, le revers sommairement piqueté.
L’intérêt de ce relief médiocre, d’un graphisme guindé, réside dans la place de la femme au chevet de la clinè – une variante assez rare, qui suppose une certaine recherche iconographique à un moment où le thème a perdu presque toute plasticité : si la femme est représentée là, c’est généralement que la partie gauche du relief est réservée à d’autres membres de la famille 115.
ier s. av. J.-C.
115. o o Pfuhl, Möbius 1979, n 1297 (pl. 283) : un autre banqueteur, le fils sans doute ; n 1821 : le fils adolescent
debout ; nos os 1866-1882 : deux femmes encadrent le banqueteur, celle de droite étant souvent la fille ; n 1961-2016 : deux femmes encadrant un deux banqueteurs. Quelquefois pourtant (nos 1642, 1644, 1645) la raison de cette permutation n’apparaît pas.
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LA SCULPTURE DE THASOS
. Inv. 3415 : fragment droit d’un grand relief (pl. LIII)
Trouvaille fortuite faite en 1975.
30,5 × 36,5 × 19 ; 8,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Fragment brisé, sauf à droite. Bras gauche de la femme arraché.
Fragment de la partie droite centrale d’un très grand haut-relief sans cadre. Tranche piquetée ; revers dégrossi.
Si le banqueteur tenant un skyphos schématique reproduit sans invention le type récent, la figure féminine assise à son chevet est plus que seulement retournée : elle se distingue par le détail des mains entièrement enveloppées dans les pans du manteau, la droite soutenant le menton et la gauche posée sur un pli du manteau qui devait retomber latéralement comme sur . Le chitôn, qui appa-raît sur le buste, est ceinturé à la taille.
ier s. av. J.-C.-ier s. apr. J.-C.
c. Fragments avec banqueteur et serviteur (217-219)
. Partie droite disparue d’un relief sans encadrement (pl. LIV)
Vue en 1925 au sud de Théologo, par A. Laumonier et Y. Béquignon. Disparue depuis. Bon 1930, p. 167.
Ce relief est seulement pourvu d’une plinthe, qui n’était apparemment pas inscrite. Les têtes du banqueteur et du serviteur ont été martelées. La composition n’offre aucune originalité, mais l’exécution dénote un certain sens plastique. L’attitude des personnages ne manque pas de naturel : le petit serviteur, qui touche aux fruits disposés sur la table ronde, est campé de biais dans l’espace.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Inv. 1179 : partie droite d’un relief inachevé (pl. LIV)
Lieu et date de trouvaille inconnus. Entrée au musée avant 1931 : décrite par P. Devambez dans son mémoire inédit de 1931 : Arch MEM 16, p. 48, no 35.
59 × 31 × 11 ; 4,5.
Marbre à gros grains. Épiderme bien conservé, avec taches ocre. La tête du banqueteur est brisée, de même que le skyphos qu’il tient.
Fragment droit d’un grand relief inachevé, brisé en bas et à gauche. Le cadre (large en haut de 5 cm, à droite de 4 cm) et la tranche sont soigneusement dressés ; le revers est dégrossi.
Le cadre est un témoin du plan de travail initial poli, puisqu’une petite partie du champ non travaillée, en bas à droite, qui correspondrait au fulcrum et au pied du lit, ne s’en distingue en rien. Le champ a été démaigri au ciseau, tandis que le relief est esquissé à la pointe.
Le schéma iconographique est banal.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 2782 : fragment inférieur gauche avec échanson vêtu (pl. LIV)
Date et lieu de découverte inconnus.
36 × 28,5 × 10 ; 2.
Marbre grisâtre à gros grains ; épiderme usé, couvert de concrétions.
Angle inférieur gauche d’un grand relief, dont l’encadrement était probablement architectural : le bandeau, à gauche, se rétrécit nettement vers le haut (6-5 cm) ; la plinthe est haute de 6 cm. La tranche est dressée, le revers piqueté.
La composition n’est pas banale : en avant de la clinè, couverte d’un drap retombant presque jusqu’à terre, où paraissent les jambes d’un banqueteur enveloppées dans son manteau, un petit échanson vêtu d’une tunique courte tient dans la main droite un petit récipient, tandis que la main gauche touche le bord d’un grand vase posé sur un socle bas. À droite, le pied gauche d’un guéridon rond chargé de fruits.
Le caractère architectural du cadre et la disposition des figures permettent de restituer un relief oblong représentant au moins deux banqueteurs, avec peut-être une parèdre féminine déportée sur la droite.
Le dessin ferme du mobilier, l’aisance relative de l’échanson suggèrent une date assez haute : iiie-iie s. av. J.-C.
d. Fragments avec banqueteur seul (220-222)
. Inv. 2791 : fragment central d’un très grand relief (pl. LV a, b)
Vu par A. Conze en 1858, sur les premières pentes dominant au sud la plaine de Liménas. Date d’entrée au musée inconnue.
43 × 39 × 18,5.
Marbre thasien à gros grains, friable ; épiderme usé et gris. Fragment brisé de tous côtés. Les cassures supérieure et inférieure à droite sont postérieures à 1858 : le dessin d’A. Conze (pl. LV a) montre qu’à cette époque la partie droite de la stèle était entièrement conservée, avec le torse du banqueteur et celui du serviteur, qui avançait la main vers la table.
Conze 1860, p. 18, pl. 10-11.
Ne sont conservées que les cuisses drapées du banqueteur et le plateau du guéridon rond. L’avant-bras droit du banqueteur est posé sur la cuisse. Sur la table sont disposés, non pas des fruits, mais, plutôt divers gâteaux.
ier s. av. J.-C.-ier s. apr. J.-C.
. Inv. 2464 : fragment central d’un grand relief (pl. LV)
Recueilli en 1964 dans la cour de la maison de P. Phridas, à Liménas.
37 × 32 × 15,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme bien conservé, mais noirâtre et entaché de peinture grise.
Fragment brisé de tous côtés, qui ne conserve que le bras gauche du banqueteur qui tient un gros skyphos, le coude appuyé sur un coussin. L’exécution est stéréotypée.
ier er s. av. J.-C.- i s. apr. J.-C.
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LA SCULPTURE DE THASOS
. Inv. 712 : tête d’un banqueteur en haut-relief (pl. LV a, b)
Trouvé durant l’hiver 1947-1948, près de la porte de Zeus et d’Héra.
14 × 11 × 14 ; 7,5.
Marbre à grains fins ; épiderme beige, bien conservé. Épaufrure au menton et au-dessus du front ; le nez est brisé.
Fragment d’un grand relief à banquet appartenant au même type que , et : la tête du banqueteur est traitée en très haut relief, mais la moitié du visage attenant au fond n’est pas exécutée. La paupière inférieure n’est pas indiquée ; la bouche est entrouverte. La chevelure se réduit à une calotte dont les mèches ne sont esquissées que sous l’oreille, elle-même très schématique. La nuque est cachée par les plis épais du manteau qui amorce son retour vertical sur le bras gauche. Cette tête, très proche de , ne se raccorde à aucun des reliefs de ce type où la tête du banqueteur manque.
Début de notre ère.
e. Fragments avec deux banqueteurs et femme (223-224)
. Inv. 501 : petite stèle à fronton de deux frères (pl. LVI)
Lieu et date de trouvaille inconnus.
49 × 38,5 × 6 ; 0,5. Hauteur des lettres : 1,8.
Marbre à grains moyens ; épiderme usé, granuleux et brun. Le côté droit est couvert de concrétions très dures. Brisé à gauche et en bas.
Ch. Picard, o o BCH 45 (1921), p. 172, n 41 ; IG XII Suppl. 499 ; ÉtThas III, p. 300-301, n 79, pl. 31.8.
Partie supérieure d’une stèle à vignette sculptée en bas relief et fronton à acrotères (hauteur du couronnement, du bas de la moulure inférieure au sommet de l’acrotère : 22,5 cm). Entre les deux, une inscription de deux lignes 116 :
[Ɨƥ]ƴЈЗƣƼưǺƴƭƶƷ[ƣƨƲƸ]
ƕŞƥƴƠuƲưƲƵǺƴƭƶƷ[ƣƨƲƸ]
La tranche est dressée, le revers piqueté.
Seule la partie supérieure de la vignette figurée est conservée. Deux hommes, la tête de profil vers la gauche, sont accoudés chacun sur un gros coussin, un skyphos dans la main gauche. Celui de droite pose sa main droite sur l’épaule gauche de son frère, dont le bras droit repose sur la cuisse. À gauche, en vis-à-vis, la silhouette d’une femme, dans une attitude pensive fréquente, la main gauche au menton.
L’aspect classique de cette stèle à fronton ne saurait tromper : l’adaptation funéraire du type ico-nographique et la graphie de l’inscription ne sont possibles qu’à la fin de la période hellénistique, peut-être même aux alentours de notre ère. La même tendance néo-classique est également attestée par .
116. La lecture Sarapiôn, au lieu de Simaliôn, m’a été suggérée par G. Daux, dans une lettre du 27 juillet 1973 ; après
vérification sur la pierre, elle m’a paru plus vraisemblable que celle des premiers éditeurs.
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LE THÈME DU BANQUET
. Inv. 2794 : fragment supérieur gauche inscrit (pl. LVI)
Vu par Ch. Picard en 1911 dans la collection de G. Christidis : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 35, no 45, avec croquis. Entré au musée à une date inconnue.
22 × 32 × 7 ; 2,5. Hauteur des lettres : 2.
Marbre bleuté à très gros grains ; épiderme beige, usé ; fragment brisé à droite et en bas. Épaufrures sur le cadre ; la tête et le torse du second banqueteur sont brisés.
ÉtThas o V, p. 154-155, n 313, pl. 37.2 ; Daux 1967, p. 5, fig. 1 p. 6.
Angle supérieur gauche d’un relief encadré par un bandeau plat, large à gauche de 3 cm et en haut de 5-5,5 cm. Au-dessus de la femme a été gravée l’inscription :
ʠƆƹƴƲƨƩƣƶƭƵƊȺƹƴ[ƴƣƯƯƲƸ]
ƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont sommairement dégrossis.
Du relief, très schématique semble-t-il, ne subsiste que le buste de la femme assise qui serre la main du premier banqueteur, dont le torse et la tête sont de face ; le premier banqueteur pose sa main droite sur l’épaule gauche du second.
L’inscription assimilant la femme assise à Aphrodeisis est certainement un ajout : sa place excentrique le prouve. Les noms des deux défunts auxquels la stèle était primitivement consacrée devaient figurer sous le relief.
ier-iie s. apr. J.-C.
f. Fragments avec deux banqueteurs seuls (225-228)
. Inv. 144 : fragment central avec deux banqueteurs et table (pl. LVII)
Lieu et date de découverte inconnus. Au musée en 1947 (cliché EFA L 3-40).
39 × 49,5 × 18 ; 7.
Marbre à gros grains ; épiderme gris, usé. Fragment brisé de toutes parts. Revers sommairement dégrossi.
Partie médiane droite d’un très grand relief (hauteur restituée : environ 70 cm), avec le torse en haut relief de deux banqueteurs dans la position ordinaire ; celui de gauche tient un skyphos ; celui de droite, le torse de face, le bras droit ramené en avant, tient un rouleau de papyrus. Au premier plan, une table avec des fruits stylisés : raisin, grenade, poire…
ier s. apr. J.-C.
. Inv. 3318 = 3650 : angle inférieur droit avec banqueteurs (pl. LVII)
Trouvaille fortuite, de provenance incertaine ; entré au musée avant 1980.
40 × 39 × 13 ; 5.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, usé. Brisé en haut, à gauche et en bas.
Fragment de la partie droite d’un relief sans cadre ni tranche : le revers, grossièrement piqueté, commence à droite aussitôt au-delà du relief. Sur le bandeau inférieur, peut-être deux traces d’une inscription.
La composition présente quelques particularités. Le banqueteur de gauche tient un rouleau, celui de droite, qui pose sans doute sa main droite sur l’épaule de son voisin, un skyphos. Ils sont à demi étendus sur une clinè couverte d’un matelas, mais non d’un drap. À droite de la table chargée de
129
LA SCULPTURE DE THASOS
fruits, une masse oblongue sur le sol, mais pas de serviteur ; à gauche de cette table, un petit chien bondit, les pattes antérieures dressées – détail pittoresque, presque unique dans la série thasienne 117.
L’exécution est très approximative : les lignes horizontales – du sol, de la clinè – ne sont pas droites, le pied droit de la clinè est à peine esquissé ; la table est banale.
ier s. apr. J.-C. ?
. Fragment de relief vu à Capôno (pl. LVII)
Vu en 1959 au lieu-dit Capôno, en contrebas de Casaviti. Non revu depuis. BCH 84 (1960), chron., p. 868, fig. 15 p. 867.
Marbre à gros grains ; épiderme très érodé. La cassure semble ancienne.
Fragment supérieur droit d’un relief sans cadre, où sont conservés le torse et la tête d’un banque-teur vu de face, flanqué à sa droite d’un second banqueteur dont la tête est tournée vers la gauche.
ier s. apr. J.-C. ?
. Relief vu près de Casaviti (pl. LVII)
Vu par A. Conze, en 1858, en contrebas de Casaviti ; disparu depuis.
44.
Conze 1860, p. 40, pl. 10.9.
Fragment, brisé en haut, à gauche et en bas, d’un relief à deux banqueteurs, qu’on pourrait être tenté d’identifier avec le relief précédent, vu dans la même région. Cependant, le dessin de Conze montre un champ d’une forme différente : ici, l’espace est plus grand à droite et le champ est brisé en haut 118.
À gauche, un banqueteur tenant un rouleau de papyrus ; à droite, un autre tenant un skyphos. Devant eux, la table aux fruits ordinaire.
ier s. apr. J.-C.
g. Fragments avec femme assise et servante (229-239)
. Inv. 3058 : fragment inférieur gauche d’un très grand relief votif (pl. LVIII)
Trouvé durant l’automne de 1969 sous le dallage de l’église de Liménas.
63 × 100 × 16,5 ; 4.
Marbre à gros grains ; épiderme gris, usé. Brisé à droite et en haut au moment de sa découverte. Égratignures nombreuses sur le champ sculpté et la plinthe.
Angle inférieur gauche d’un très grand relief (c. 90 × 140) sans encadrement, mais pourvu d’une plinthe haute de 29 cm. La tranche et le revers sont grossièrement piquetés ; l’arête antérieure de la tranche est taillée en biseau.
On reconnaît à gauche, sur la surface biseautée, le pied arrière mouluré du siège sur lequel est assise la femme, vêtue d’un chitôn, dont les plis verticaux tombent jusqu’à terre, et d’un manteau ; ses pieds reposent sur le petit tabouret mouluré en usage dans le type ancien.
117. La stèle funéraire de Tèrès (inv. 4225), de type tardif, présente aussi ce détail. 118. o Ce n’est pas non plus inv. 3916 ( supra n. 112 p. 119 n 1), de même composition et de provenance voisine, mais plus
grand.
130
LE THÈME DU BANQUET
Devant le siège, une servante minuscule, vue de face, mais tournée vers la droite, tient une boîte ronde. Devant la femme, la table ronde à pieds d’animal se détache sur le bas du drap qui recouvre la clinè. À droite, seul élément original, un petit cratère à pied posé par terre et, contre la cassure, trois doigts du pied droit du serviteur qui devait se tenir là.
Le développement en largeur du relief et surtout le lieu de trouvaille, au sud de l’agora antique, en plein centre de la ville antique, ne laissent guère de place au doute : il s’agit d’un relief votif, qui perpétue, comme , la tradition thasienne de dédier aux héros des reliefs à banquet de très grandes dimensions 119.
Ce relief exceptionnel est malheureusement difficile à dater. Si le vase posé par terre, le drap et le tabouret sont des éléments anciens qui peuvent remonter jusqu’à la fin du ive siècle, la présence de la servante minuscule et la faible qualité plastique du drapé de la femme sont probablement plus récents.
250-150 av. J.-C. ?
. Inv. 159 : fragment inférieur gauche d’un grand relief (pl. LVIII)
Date et lieu de découverte inconnus. Au musée en 1931 (cliché EFA 27.918).
30 × 48 × 8 ; 2.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Les deux fragments jointifs, rapprochés en 1931 par P. Devambez, ont été raccordés en 1970. Brisé en haut et à droite. Toute la surface de la plinthe est arrachée.
Partie inférieure gauche d’un grand relief sans cadre. La tranche est régulièrement piquetée, le revers sommairement dégrossi. Au lit de pose, on remarque à la jonction des deux fragments une cavité conique de 3 cm de diamètre, profonde de 4,5 cm.
Au-dessus de la plinthe, haute de 8,5 cm, est représentée la scène habituelle, mais avec une ampleur peu fréquente : la petite servante coiffée d’un chignon sur la nuque n’est pas en avant de sa maîtresse, mais derrière son siège, ce qui lui donne une présence plastique accrue ; elle n’apporte pas une boîte, mais semble tenir le bord du bouffant de son chitôn. À noter également la mouluration très précisément détaillée du pied du siège et les légers plis concentriques que fait le drap en retom-bant du lit, derrière la table ronde.
L’exécution est minutieuse, mais sèche et conventionnelle.
Eu égard à la mise en page en largeur du thème, il n’est pas exclu qu’il ait été votif, proche de et , mais moins ambitieux.
iie er-i s. av. J.-C.
. Scala de Sôtiros : fragment inférieur gauche d’un relief inscrit (pl. LVIII)
« Encastré dans le mur de façade d’une maison de la Scala de Sôtiros, à droite de la route, à la sortie du village ». Non vidi.
37 × 35. Hauteur des lettres : 2,7.
Angle inférieur gauche d’une stèle à banquet brisée en haut, à droite et en bas. Le relief est assez bien conservé.
Bernard, Salviat 1967, p. 615, no 73, fig. 45 p. 616.
119. Un autre fragment de très grand format a été trouvé en 2000 en pleine ville, dans la fouille réalisée entre l’arrière du
bâtiment athonite appelé aujourd’hui couramment le « Caloyérico » et la rue moderne longeant le rempart antique vers Évraiocastro. Brisé de tous côtés, il conserve une partie de la femme assise et les jambes du banqueteur : MArch inv. 4410 (60 × 72 × 0,27 ; 7).
131
LA SCULPTURE DE THASOS
Relief funéraire du même type que , à champ sculpté sans doute à peu près carré, encadré d’un bandeau plat, avec une haute plinthe portant une inscription :
ƏƴƢƶƮƫƵƘƥƴ[……]
ƑƲ˅ƶƥƏƴƢƶƮƩ[ưƷƲƵ]
ƳƴƲƶƹƭƯɚƵ[ƺƥʶƴƩ]
La composition est banale, mais l’exécution se distingue par la maladresse de la mise en page : le siège, aux pieds bizarrement tournés, est étriqué, tandis que les pieds de la femme sont étendus pour atteindre un tabouret haut qui prend, comme sur , la forme inattendue d’un petit autel mouluré ; contre le siège, une petite servante tenant une boîte. Ce mobilier dénaturé pourrait indiquer une date tardive, où ces accessoires du type récent étaient hors d’usage.
Fin du ier-début du iie siècle apr. J.-C.
. Inv. 3279 : angle inférieur gauche avec femme assise (pl. LIX)
Trouvé en juillet 1973 dans la fouille des abords ouest de l’agora.
44 × 31 × 15 ; 17.
Marbre à gros grains ; épiderme usé, noirâtre et friable. Brisé en haut et à droite. Quelques épaufrures récentes. Traces de ciment sur les côtés et sur la face sculptée qui attestent un remploi.
Angle inférieur gauche d’un relief haut d’environ 60 cm, sans cadre. Tranche dressée ; lit de pose piqueté ; revers dégrossi. La plinthe formant ligne de sol est haute de 3,5 cm.
La femme assise fait le geste de l’anacalypsis : contre son siège, une petite servante vue de face, la tête vers la droite, tient d’une seule main une boîte ronde. Hormis ce petit détail, le schéma iconographique est stéréotypé. L’exécution est médiocre, sèche et linéaire en dépit d’un fort relief ; les proportions sont étriquées, faute de place peut-être.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Inv. 158 : angle inférieur gauche avec femme assise (pl. LIX)
Lieu et date de trouvaille inconnus. Au musée en 1931 (cliché EFA 9.393).
32 × 24,5 × 13 ; 6.
Marbre à gros grains ; épiderme beige, bien conservé. Brisé obliquement en haut et à droite, horizontalement en bas. Le bassin et le torse de la femme assise sont arrachés.
Fragment inférieur gauche d’un relief sans cadre ; la tranche est piquetée, le revers dégrossi.
La composition est tout à fait banale ; seul détail tant soit peu original : le pan de drapé, terminé par un pompon, qui retombe verticalement sur la cuisse de la femme assise. Si les proportions sont mieux venues que sur , les effets de drapé sont schématiques et malhabiles.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Inv. 620 : angle inférieur gauche avec femme assise (pl. LIX)
Date et lieu de découverte inconnus.
31 × 27 × 11,5 ; 4.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, usé. Brisé horizontalement en haut et verticalement à droite. Angle gauche cassé.
Angle inférieur gauche d’un relief sans cadre, dont la tranche et le revers sont piquetés. Plinthe haute de 3 cm. Sur le revers, en haut, une cavité large de 1,5 cm s’enfonce obliquement de 3 cm.
132
LE THÈME DU BANQUET
De la composition habituelle du type récent ne subsistent que les jambes de la femme assise, dont les pieds reposent sur un tabouret informe, et la petite servante qui la flanque. L’exécution tient autant de la gravure que de la sculpture : l’intérieur des silhouettes, découpées en fort relief sur le fond piqueté, est incisé et à peine modelé ; on notera cependant l’effort, peu convaincant, pour indiquer le fléchissement de la jambe droite de la servante.
ier s. av.-ier s. apr. J.-C.
. Inv. 3319 = 3647 : angle inférieur gauche avec femme assise (pl. LIX)
Trouvaille fortuite, de provenance inconnue ; entrée au musée avant 1980. 36 × 31 × 18 ; 7.
Marbre à gros grains ; épiderme gris usé. Brisé horizontalement en haut et verticalement à droite. La tête de la servante manque. Sous le siège, une dépression assez profonde, noirâtre et douce, doit être due à un égouttement d’eau prolongé. L’arête de la plinthe est émoussée de même, et comme polie par un très long usage. Crevasse oblique, au-dessus de la boîte tenue par la servante.
Angle inférieur gauche d’un relief sans cadre, avec tranche piquetée et revers très sommairement dégrossi ; la plinthe est haute de 11 cm.
Schéma iconographique banal ; toutefois, la servante est derrière sa maîtresse et non pas au pre-mier plan, devant le siège comme c’est le cas plus fréquemment. Cette disposition dénote générale-ment une certaine ampleur dans la composition ( et ), que confirme la hauteur de la plinthe. Le travail est inachevé ; les traces d’outils n’ont pas été effacées : ciseau sur le chitôn de la servante et l’himation de la femme, gouge pour les plis de son chitôn.
ier er s. av.-i s. apr. J.-C.
. Casaviti, église : angle inférieur gauche remployé (pl. LX)
Encastré dans le mur d’enceinte de l’église du grand Casaviti.
23,5 × 26.
Fragment brisé en haut et à droite. L’épiderme, extrêmement usé, est couvert d’un lait de chaux.
Angle inférieur gauche d’un relief encadré d’un bandeau large de 3 cm à gauche et de 4,5 cm en bas. De la femme assise ne subsiste que le contour des jambes et les pieds posés sur un escabeau bas. Au premier plan, une petite servante vue de face tient à deux mains une boîte ronde.
ier s. av.-ier s. apr. J.-C.
. Prinos, église Haghios Nicolaos : fragment inférieur gauche remployé (pl. LX)
Encastré dans le montant droit de la dernière fenêtre du mur sud de l’église Haghios Nicolaos à Prinos ( autrefois Calyvès de Casaviti).
36 × 27.
Épiderme beige, usé. Brisé en haut, à droite et en bas.
Bon 1930, p. 173 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868.
Fragment gauche d’un relief encadré à gauche par un bandeau plat.
Le siège sur lequel la femme est assise est très schématiquement représenté. La servante qui se tient derrière elle, vue de face et tenant devant elle une boîte rectangulaire, n’a pas ici la taille minus-cule de convention, qui traduit dans le type récent son statut social subalterne : elle est d’une gran-deur compatible avec celle de la femme assise, puisque le sommet de sa tête atteint presque l’épaule de celle-ci. Ce pourrait être là l’indice d’une date relativement haute, mais l’état du fragment est tel que toute date serait aventurée.
133
LA SCULPTURE DE THASOS
. Inv. 2792 A et B : deux fragments non jointifs d’un très grand relief (pl. LX a, b)
Date et lieu de découverte inconnus. Le fragment A a été vu par Ch. Picard en 1912 : Arch THASOS 2-C THA 6, p. 64, avec croquis.
A : 27 × 40 × 26 ; 5. B : 19,5 × 17,5 × 13.
Marbre à grains fins ; épiderme beige bien conservé. A brisé en haut et à droite ; les cuisses de la servante et le bord de la plinthe sont également brisés. B brisé de toutes parts, y compris à l’arrière, sauf à gauche (numéro d’inv. antérieur en voie de disparition : 828).
A : angle inférieur gauche d’un très grand relief sans cadre. La tranche et le revers sont piquetés. À gauche, contre le bord où est profilé le pied arrière du siège, la moitié inférieure d’une servante vêtue d’un chitôn, vue de face, la jambe droite fléchie. À droite, au-delà du pied avant du siège, les plis verticaux, partagés en deux masses parallèles par une rainure profonde, du chitôn porté par la femme assise, dont les pieds reposaient sur un tabouret bas.
B : fragment conservant la tête de la servante, qui se détache en haut relief sur le fond que forme le siège, dont ne subsiste que le départ du pied arrière et un fragment du plateau, où est posé un gros coussin sur lequel la femme était assise. La tête est tournée de trois-quarts vers la droite, alors que le buste est de face. Elle porte la main droite au menton. Sa chevelure, partagée par une raie médiane, forme deux bandeaux plats sur les tempes avant de se réunir en chignon sur la nuque.
L’appartenance de A et de B au même relief est rendue certaine par l’identité du marbre, des proportions et de l’exécution : les plis verticaux schématiques que fait le chitôn sur B sont très voisins de ceux que l’on voit, plus accentués, sur A ; mais surtout le geste inusité de la servante, qui ne tient pas contre elle la boîte habituelle, explique la finesse de sa taille sur le haut de A.
L’épaisseur du relief et les proportions des fragments de figure conservés donnent à penser qu’il s’agissait d’un très grand relief, comparable à et .
iiie-iie s. av. J.-C. ?
. Prinos, église Haghios Andréas : fragment inférieur perdu (pl. LX)
Vu par Ch. Picard en 1910 à l’église Haghios Andréas de la Scala de Casaviti (aujourd’hui Prinos) : Arch THRACE 2, f. 49r avec croquis. Vu au même endroit par A. Bon en 1926. Disparu avant 1959.
41 × 31.
Bon 1930, p. 173 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868.
Fragment inférieur, brisé de tous côtés, d’une stèle à banquet : on distingue à gauche les jambes d’une femme assise, dont les pieds reposent sur un tabouret. Devant elle, une table ronde. À droite, le petit serviteur saisit de la main droite quelque chose sur la table.
Sur la plinthe, encore assez haute, quoique brisée, Ch. Picard a lu :
…….. ƙƍƊƌƔ……..
Date impossible à déterminer.
h. Fragments divers (240-245)
. Inv. 2541 A + B : deux fragments non jointifs d’un très grand relief (pl. LXI)
Fragment A, au serpent, trouvé en 1965 remployé dans la maison de G. Sycodis ; fragment B, à l’amphore, trouvé fortuitement en 1981.
A : 31 × 20 × 23. B : 34 × 26 × 23.
134
LE THÈME DU BANQUET
Marbre à grains moyens ; épiderme usé et noirâtre sur A, bien conservé et beige sur B. A et B sont brisés de tous côtés sauf en bas.
Ces deux fragments de même épaisseur, brisés de toutes parts sauf en bas, appartiennent sans conteste au même relief : ils présentent tous deux au lit de pose le même aspect, assez rare : une surface régulièrement piquetée, tandis que l’arrière est très sommairement dégrossi.
Le fragment A conserve à gauche l’extrémité supérieure du tabouret, duquel déborde le bout d’un pied de la femme assise. Au second plan, le pied gauche du guéridon habituel, autour duquel s’enroule un serpent, qui semble sortir d’une boîte ronde posée à terre. Le fragment B conserve le pied droit du guéridon, en avant duquel est posé à terre une petite amphore ; l’arrière-plan est occupé par les légers plis concentriques qui animent la retombée du drap de lit, dont le bord incur-vé touche presque le sol. Il manque entre A et B un fragment portant le pied central de la table, qui était vu de face.
La forme des cassures et la taille de A et de B suggèrent que le relief a été systématiquement débité à une date récente pour fournir des pierres de construction. On le regrettera d’autant plus qu’il s’agit de l’un des plus grands reliefs à banquet connus à Thasos : à en juger par son épaisseur et la taille des détails conservés, sa hauteur devrait être, tout comme celle de , d’environ un mètre.
Le tabouret mouluré, la boîte et le vase posés à terre suggèrent cependant une date bien antérieure à celle de : le thème, moins figé, est encore susceptible de recevoir des ajouts de détail. Le modelé vigoureux des volumes pourrait peut-être même indiquer que ce relief est plus ancien que .
iiie s. av. J.-C. ?
. Inv. 3648 : angle inférieur droit avec serviteur de face (pl. LXI)
Trouvaille fortuite faite en 1979.
32,5 × 23,5 × 23,5 ; 2.
Marbre à grains moyens, épiderme grisâtre mais bien conservé. Brisé en haut à gauche ; épaufrure récente sur le cadre ; traces de ciment sur la tranche.
Angle inférieur droit d’un très grand relief, dont l’encadrement latéral (8,5 cm) semble s’être rétréci légèrement vers le haut. La tranche droite est dressée, le lit de pose piqueté, de même que le revers. En bas, la ligne de sol est curieusement marquée par un bourrelet irrégulier au-dessous duquel le champ est refouillé.
Du serviteur, vu de face, subsistent les jambes nues, celle de droite brisée au mollet. Une tunique courte, serrée à la taille par une ceinture, descend jusqu’aux genoux, en formant deux légers plis arrondis. Bien que les flancs soient dégagés jusqu’au-dessus de la taille, il n’est pas impossible que le serviteur soit ici représenté dans une attitude fréquente sur certaines pièces soignées du type (par exemple -) ou sur certains fragments (-), c’est-à-dire les mains croisées sur le ventre, la droite enserrant le poignet de la gauche, qui tient une petite louche : l’arrachement que l’on constate sur la partie centrale du ventre correspondrait exactement à ce motif des mains.
L’ampleur relative du personnage, assez précisément modelé, et l’épaisseur considérable de la plaque d’où il se détache, attestent qu’il s’agit d’un fragment ayant appartenu à l’un des reliefs à banquet les plus grands connus à Thasos. À en juger par l’épaisseur de la plaque et surtout par le détail rarissime du lit de pose piqueté, ce pourrait être ; les proportions de la scène, son exécution et jusqu’à son remploi dans un mur après avoir été débité, vont dans le même sens.
iiie s. av. J.-C. ?
135
LA SCULPTURE DE THASOS
. Inv. 2536 : angle inférieur droit avec serviteur de face (pl. LXI)
Trouvé en 1965, remployé dans la maison de G. Sycodis.
32 × 17 × 13,5 ; 2.
Marbre à grains moyens ; épiderme grisâtre et usé. Brisé en haut, à gauche et en bas ; à gauche, la cassure est récente, de même quelques petites épaufrures sur la surface du relief.
Fragment du bord droit d’un très grand relief sans encadrement latéral, avec tranche dressée et revers dégrossi. On distingue à l’arrière-plan à droite le pied tourné de la clinè, recouverte d’un drap dont le bord inférieur passe derrière les genoux du serviteur. Campé au premier plan, de face et dans l’attitude convenue, il est conservé du torse aux mollets et vêtu d’une tunique à manches courtes qui découvre les genoux ; ses bras sont croisés devant le ventre, et il tient dans le poing gauche fermé une petite louche recourbée, qui indique sa fonction d’échanson.
ii e er-i s. av. J.-C. ?
. Inv. 3059 : fragment avec serviteur de face (pl. LXI)
Trouvé le 14 juin 1971, lors de la destruction de la maison établie sur le fortin à absides de la forteresse byzan-tine du port.
20 × 22 × 17,5 ; 4.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige usé, avec traces de ciment éparses à droite. Brisé de tous côtés, sauf à droite sur une très faible hauteur.
Fragment du côté droit d’un très grand relief sans encadrement latéral. Le passage de la face sculptée au revers, dressé, se fait à droite par une courbe insensible. On reconnaît à droite une petite partie du pied de la clinè. La silhouette de l’échanson, conservé de la taille aux genoux, campé et vêtu de la même manière que sur , doit se détacher de la retombée du drap couvrant le lit. La louche tenue dans le poing gauche est beaucoup plus fine que sur et presque effacée.
iie er-i s. av. J.-C.
. Inv. 2810 : petit fragment d’un angle inférieur droit avec pieds (pl. LXI)
Date et lieu de découverte inconnus.
14,5 × 13 × 11 ; 3.
Marbre à gros grains ; épiderme beige, usé. Brisé en haut et à gauche. Crevasse sur la plinthe à gauche.
Angle inférieur droit d’un relief sans encadrement latéral. La tranche et le revers sont dégrossis. Au-dessus de la plinthe, haute de 6 cm, ne subsiste que le bas du pied tourné en forme de cloche de la clinè et, à gauche, le pied gauche, brisé au-dessus de la cheville, du petit serviteur campé de face.
iie-ier s. av. J.-C. ?
. Prinos, église Haghios Andréas : dessin d’un fragment perdu avec table et serviteur (pl. LXI)
Vu par A. Bon en 1930 à l'église Haghios Andréas de Prinos ; non revu en 1960. 23 × 26.
Bon 1930, p. 173 ; BCH 84 (1960), chron., p. 868.
Angle inférieur droit d’un grand relief ; on reconnaît une table ronde à trois pieds et, à droite, un petit serviteur en tunique courte.
ii e er-i s. av. J.-C. ?
136
LE THÈME DU BANQUET
5. Groupe de transition (-)
Sont réunies ici quelques pièces, trouvées en majorité dans le sud de l’île, où le type récent présente une variante qui annonce le type tardif : la clinè traditionnelle, au chevet surélevé, y est remplacée par une sorte de canapé, dont le dossier, plus ou moins haut, fait retour derrière le banqueteur. Le reste du mobilier, notamment le siège et le tabouret de la femme, est en revanche inchangé. La disparition largement entamée des serviteurs miniaturisés est un autre signe du caractère tardif de cette variante.
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle de frère et sœur (pl. LXII)
Trouvée vraisemblablement dans le sud de l’île.
80 × 62,5. Hauteur des lettres : 2-2,5.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige bien conservé. Stèle intacte, sauf l’arrachement du coin inférieur gauche et de l’avant-bras droit de la femme ; quelques épaufrures, notamment sur les visages. Holtzmann 1973, p. 154-157, no 9, fig. 9 ; Dana 2014, s.v. « Aulupor », p. 14 (une autre occurrence à Thasos).
Grande stèle à axe vertical, dont le champ sculpté à axe horizontal (38,5 × 56 × 5) est surmonté d’un fronton lisse et bas ponctué d’acrotères et souligné d’une inscription :
ƉƫuƫƷƴƣƥƆƇƐƔƙƕƔƖƊƔƗƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
ƕƠưƮƥƴƳƲƵƆƇƐƔƙƕƔƖƊƔƗƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
Le relief ne se distingue du type récent que par la forme de la clinè, au dossier incurvé, et par l’absence des petits serviteurs qui flanquaient le couple habituel. La scène est devenue strictement funéraire : on ne représente que les défunts, qui sont ici frère et sœur, et non plus mari et femme. D’autre part, la position primitivement subalterne de la femme dans la scène n’est plus ressentie : c’est même elle que l’inscription nomme d’abord. Les têtes, de par leur volume excessif et leur relative individualisation, échappent seules au schématisme méticuleux qui caractérise l’exécu-tion. Ce relief appliqué mais desséché est un des plus anciens où se fasse jour la sclérose du thème détourné.
Le couronnement classicisant, la coiffure julio-claudienne du banqueteur et la graphie de l’inscription permettent de dater ce relief du milieu du ier siècle apr. J.-C.
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle de père et fille (pl. LXIII)
Trouvée vraisemblablement dans le sud de Thasos.
93 × 63,5. Hauteur des lettres : 3-3,5.
Holtzmann 1973, p. 161-163, no 13, fig. 13 ; Dana 2014, s.v. « Bendis », p. 32 (cinq autres occurrences à Thasos) ; s.v. « ƉƎƋƆƗ », p. 148 (deux autres occurrences à Thasos).
Grande stèle du même type que la précédente avec champ sculpté carré (54 × 54), couronné d’une ébauche de fronton, ici très tassé. Sur la plinthe, haute de 32 cm, est gravé sous chaque personnage, en lettres irrégulières :
ƇƩưƨʶƵ ƒƭƮƿuƥƺƲƵ
ƒƭƮƲuƠƺƲƸ ƉƎƋƔƙƺƥʶƴƩ
ƺƥʶƴƩ
137
LA SCULPTURE DE THASOS
Il s’agit donc ici de la stèle funéraire d’un père et de sa fille : le sens premier du thème est méconnu. La composition est stéréotypée, l’exécution très maladroite. Nicomachos, accoudé contre le dossier incurvé du canapé, a la tête tournée vers le spectateur ; il est barbu, peut-être pour souligner la dif-férence de génération entre les deux personnages. Le guéridon portant les fruits est curieusement surélevé au niveau des pieds de Bendis, posés sur un tabouret informe. À droite au premier plan, un petit serviteur en tunique courte, plus gravé que modelé, porte la main à la grappe de raisin posée sur la table.
La graphie de l’inscription et le visage de Nicomachos placent cette stèle dans la première moitié du ii e siècle apr. J.-C. Il s’agit donc d’un document de prolongation, qui copie maladroitement des reliefs antérieurs.
. Inv. 61 : stèle funéraire à deux banqueteurs (pl. LXIII)
Vue par C. Fredrich en 1904 ; vue par Ch. Picard dans la maison du gouverneur turc en 1911 : Arch THASOS 2-C THA 3, p. 6, avec croquis ; p. 10 : aurait été trouvée « près de la tour de la maison Sôtirellis », c’est-à-dire extra-muros, dans la zone comprise entre la porte de Zeus et la mer. Date d’entrée au musée inconnue.
83 × 57,5 × 21 ; 6. Hauteur des lettres : 3.
Marbre à grains moyens ; épiderme beige, usé et parfois recouvert de concrétions noires. Toute la surface du couronnement est brisée ; les têtes de la femme et du premier banqueteur ont été martelées. Petites épaufrures récentes sur la plinthe.
IG XII 8, 488 ; Daux 1967, p. 45, fig. 45 p. 46.
Stèle funéraire sans encadrement latéral, dont le champ sculpté, haut de 55 cm, est couronné d’un fronton à acrotères ; à gauche de l’acrotère droit, une cavité (4 × 3 × 4) dont on explique mal la fonction. Sous le relief, la plinthe, haute de 17-18 cm, porte une double inscription, gravée à deux moments différents :
ƋǁƽƯƲƵȉƴuʙƳƴƲƶ
ƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩƒƩƣƮƫȉƴ
uʙƨƲƵƳƴƲƶƹƭƯɚƵƺƥʶƴƩ
La tranche et le revers sont sommairement piquetés ; de part et d’autre, à 16 cm du bas à gauche et à 14 cm à droite, une mortaise carrée de 5 cm de côté devait permettre de fixer latéralement la stèle.
Le thème du banquet est dédoublé ici d’une manière que l’inscription n’explique pas : alors que le relief semble représenter un couple et son fils – le banqueteur de gauche, qui était barbu et donc plus âgé, serrant la main de sa femme – l’inscription indique que la stèle était primitivement destinée au seul Zôïlos, auquel sa sœur a été ensuite associée.
Par sa taille, sa forme et sa composition, ce relief est très proche de , plus soigné, qui présente également le détail pittoresque du petit serviteur tenant la louche et portant la main aux fruits dont la table est surchargée. Il ne s’en distingue que par le détail moderne du canapé à dossier recourbé et l’absence de la petite servante à gauche. Le siège très frêle de la femme et le haut tabouret en socle de statue rappellent en outre le fragment . Enfin, alors que sur les autres reliefs du type récent à deux banqueteurs (-), l’un au moins tient un skyphos, ce qui maintient la fiction du banquet, ici les deux hommes tiennent un rouleau de papyrus.
50-100 apr. J.-C.
138
LE THÈME DU BANQUET
. Calyvès de Liménaria, anc. coll. Papagheorghiou : stèle d’une femme (pl. LXIII)
Trouvée vraisemblablement dans le sud de Thasos.
60,5 × 56. Hauteur des lettres : 2-2,5.
Marbre à gros grains ; épiderme grisâtre, beaucoup plus usé à droite qu’à gauche. L’angle inférieur gauche est brisé ; épaufrures sur le cadre en haut et sur les visages.
Holtzmann 1973, p. 158-160, no 11, fig. 11 ; Dana 2014, s.v. « Bendis », p. 32 (une autre occurrence à Thasos).
Stèle presque carrée et très approximativement orthogonale, encadrée sur trois côtés d’un bandeau d’environ 4 cm de largeur. Tranche et revers dégrossis. Sur la plinthe, haute de 11 cm, l’inscription :
ƇƩưƨƲ˅ƵƉƎƋƔƙƗ
Il s’agit ici de la stèle funéraire d’une femme ; l’accent principal se trouve donc déplacé : c’est le banqueteur qui est parèdre. Est-ce pour cela que la tête du banqueteur paraît être restée seulement esquissée, tandis que la femme assise a une présence plastique plus marquée ? Il faut cependant faire la part belle à la maladresse : Bendous n’a pas de bras gauche, tout le mobilier est bancal et le tabouret est à la fois minuscule et difforme…
La graphie de l’inscription suggère une date vers la fin du ier siècle apr. J.-C.
. Inv. 133 : relief funéraire oblong, sans serviteurs (pl. LXIII)
Vu chez G. Christidis par Ch. Avezou, le 3 juin 1911 : Arch THASOS 2-C THA 4, p. 51. Entré au musée avant 1931.
44 × 64 × 12 ; 4.
Marbre à grains moyens ; épiderme jaunâtre, complètement couvert d’une couche de crépi blanc, sur la face sculptée, ce qui indique un remploi en façade de maison. L’angle supérieur droit est brisé ; la partie inférieure manque, depuis le milieu des pieds de la table.
L’axe horizontal, qui prédomine dans l’état actuel du relief, ne doit pas tromper : une plinthe inscrite assez limitée, comme sur , suffisait à en faire une stèle. Le bandeau d’encadrement est large de 4 cm en haut et d’environ 5 cm sur les côtés. La tranche et le revers sont grossièrement piquetés.
Le canapé, porté par des pieds graciles, a ici un dossier très haut, qui fait retour jusqu’à la tête du banqueteur, dont le corps est énorme, tout comme le skyphos qu’il tient. La femme paraît chétive et comme recroquevillée sur son siège, la tête inclinée. Pas de serviteurs.
Fin du ier e-début du ii s. apr. J.-C. ?
. Inv. 627 : petite stèle incomplète (pl. LXIV)
Date et lieu de trouvaille inconnus. Entrée au musée avant 1931.