L'amant de l'été

Christine Rimmer · Chapitre 16 sur 16

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L'amant de l'été

Chapitre 17 · Stephanie se baissa instinctivement lorsqu'elle vil une…

Stephanie se baissa instinctivement lorsqu'elle vil une ombre se précipiter vers eux. Jim sursauta et un coup partit. Allongée sur le sol, Steph retint son souffle et pria en silence.

Lorsqu'elle trouva la force d'ouvrir les yeux, elle vit la même silhouette noire se jeter sur Jim.

Grant.

En ombre chinoise, elle les vit s'empoigner sur le sol. Elle entendit le pistolet tomber au sol et crut le voir glisser vers le lit.

Les deux hommes roulaient l'un sur l'autre, se frappant à l'aveuglette et bousculant chaises et tables sur leur passage.

Bon sang, le pistolet !

Recouvrant ses esprits, elle se dirigea vers le lit à quatre pattes, tandis que Jim et Grant continuaient de se battre. A tâtons, elle retrouva l'arme et se leva au moment même où l'on tambourina a la porte.

— Sécurité, ouvrez !

Aussitôt, des coups violents retentirent jusqu'à ce que la porte cède et s'ouvre en grand, laissant entrer la lumière du couloir. Deux hommes armés se précipitèrent à l'intérieur.

Grant profita de l'effet de surprise pour assener un vigoureux coup de poing dans la mâchoire de Jim qui poussa un cri de douleur et leva les mains en l'air.

— C'est bon, c'est bon, je me rends ! gémit-il alors piteusement.

Le jour se levait derrière les montagnes lorsqu'ils quittèrent le poste de police. Grant portait sur le visage les traces de sa lutte acharnée avec Jim, sous la forme d'un oei1 au beurre noir et d'une belle entaille sur l'arête du nez.

Mais, à part ça, ils étaient sains et saufs et Steph avait même pu récupérer sa bague de fiançailles.

— Quel est le programme, ma chérie ? demanda-t-il un large sourire aux lèvres.

Ma chérie. Les mots étaient sortis si facilement de sa bouche et son sourire était tellement spontané que Steph sentit les larmes lui monter aux yeux.

C'était sans doute le contrecoup de toutes ces émotions...

— Je payerais cher pour une grande tasse de café noir, pour tout te dire !

— Accordé !

Ils trouvèrent une brasserie dans le centre-ville et commandèrent deux cafés. Les meilleurs cafés de toute leur vie.

Leurs regards se croisèrent au-dessus de la petite table du café et elle sut que tout irait pour le mieux dorénavant.

— Tu sais qu'on va être sacrément heureux tous les deux, Grant Clifton?

Il lui sourit de toutes ses dents. Comme s'il comprenait parfaitement ce qu'elle voulait lui dire.

— Je sais. Au fait, est-ce que tu as pensé à appeler ta mère ?

Elle prit l'air effaré. Sa mère devait se faire un sang d'encre.

— Mon Dieu, maman, elle doit être complètement folle d'inquiétude !

Elle se précipita vers le téléphone du bar.

— Heureusement que la police a eu la bonne idée de me prévenir, râla Marie lorsqu'elle eut sa fille au téléphone. Enfin, le plus important est que vous soyez sains et saufs tous les deux.

Grant a deux ou trois bleus, mais c'est tout. Nous allons bien, murmura-t-elle le sourire aux lèvres. Nous allons très bien, même.

Marie devina que sa fille ne lui parlait plus de leur mésaventure.

— Alors comme ça, l'homme qui avait tout ce qu'il pouvait désirer s'est enfin rendu compte que quelque chose lui manquait ?

— Je crois que oui, maman.

— Je suis heureuse, ma chérie.

— Oh, moi aussi, maman !

Stephanie rejoignit Grant et se jeta sur son petit déjeuner avec appétit. Ils mangèrent en silence.

Un silence calme et serein, pour la première fois depuis longtemps.

Dans la voiture, elle reposa la tête sur le siège et ferma les yeux.

— Steph?

La voix de Grant la réveilla en douceur.

— Hum... Oui?

II effleura sa bouche de ses lèvres et elle ouvrit les yeux.

— Nous sommes arrivés ?

— Oui, nous sommes arrivés.

Stephanie se redressa et regarda autour d'elle. Ils n'étaient pas au ranch. Ils étaient au beau milieu des rochers de Callister Breaks.

Là où leurs vies avaient basculé, neuf ans auparavant.

— Oh, Grant...

Ils sortirent de voiture et se mirent à marcher, main dans la main. Naturellement, ils dévalèrent le talus pour se rendre à l'endroit précis où les corps avaient été retrouvés.

— C'est beau, dit-il, gravement.

Elle hocha la tête et se blottit dans ses bras.

— Je rêve souvent de ce jour où nous les avons retrouvés. Je rêve d'eux et je rêve de toi qui as été si courageuse.

Elle sentit une larme perler à ses yeux puis rouler sur sa joue.

— Il y a quelque chose que je dois te dire, murmura Stephanie. Hier soir, après ton départ, j'ai été voir Russ.

— Pour lui demander pourquoi je me conduisais comme un imbécile ?

Elle sourit avant de répondre :

— Plus ou moins, oui.

— Et alors?

— J'ai compris que tu avais peur de m'aimer, en fait. Je pense que tu avais décidé inconsciemment que si tu n'aimais pas, tu n'aurais pas à souffrir ce que ta mère a souffert après la mort de ton père.

— Tu as raison.

Elle plaça la main sur sa poitrine et sentit le battement régulier de son cœur sous ses doigts.

— Mais, ce matin, en voyant ton sourire, poursuivit-elle, j'ai compris que tu avais réussi à venir à bout de tes angoisses. Je ne sais pas comment, mais je l'ai senti.

— Je vais te le dire. C'est toi qui m'as fait voir la vérité en face. Tu m'as simplement fait comprendre qu'il me manquerait toujours quelque chose. J'étais en train de tout gâcher, sans même m'en rendre compte. C'était à cela que je réfléchissais hier soir, quand vous êtes arrivés. J'étais tellement absorbé dans mes pensées que je n'avais pas même allumé la lumière...

— On a eu sacrément chaud tout de même.

— Oui, mais nous nous sommes tirés d'affaire et nous voilà, ensemble, enfin.

— Oh Grant, c'est tellement bon de t'entendre dire cela !

Il se pencha et l'embrassa en la serrant contre lui. Elle leva les yeux vers lui et murmura :

— Je suis prête, maintenant. Si tu es toujours d'accord, je suis prête à t'épouser dès que possible.

— Steph, je sais maintenant pourquoi tu voulais attendre le mois de décembre. J'ai compris et je suis prêt à patienter aussi longtemps que tu le souhaiteras.

De nouvelles larmes se mirent à couler sur ses joues. Des larmes légères comme le bonheur lui-même que Grant essuya délicatement du bout des doigts.

— Tu es sûr? demanda-t-elle d'une voix tremblante.

Grant acquiesça.

— Cela m'est revenu hier, dit-il. Nos parents se sont mariés au mois de décembre, c'est bien cela ? Un double mariage. Marie et André, John et Helen. Quelques jours à peine avant Noël... Steph, je sais ce que je veux, maintenant, et c'est toi. Une vie avec toi. Je n'ai plus besoin de me précipiter pour me rassurer. Le mois de décembre est vraiment le meilleur moment qui soit.

— Oh merci ! s'exclama-t-elle en se pendant à son cou pour l'embrasser.

Dans ce baiser, il y avait toute leur passion, tous leurs espoirs et leurs rêves. Toutes leurs promesses, aussi.

Et leur amour.

Lorsqu'il redressa la tête pour regarder dans le lointain les montagnes du Montana, Steph murmura :

— Je t'aime. Grant. Je t'ai toujours aimé.

— Moi aussi, Steph. Toujours.

Au-dessus d'eux, un faucon s'élança vers le ciel. Ils entendirent son cri s'élever. Un cri sauvage. Un cri de colère.

Il était temps de rentrer à la maison.

A Clifton's Pride. Ou à Thunder Canyon. Peu importait où ils iraient.

La seule chose qui comptait était qu'ils y aillent ensemble.

***

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