Le fouilleur d'âmes
Chapitre Premier
Un sourire étrange errait sur les lèvres de Lester Milland tandis qu’il contemplait le nœud répugnant des grands vers bruns à l’intérieur du bocal. Il dévissa le couvercle dans un geste d’une lenteur calculée et plongea deux doigts dans la masse grouillante avec un rien de délectation perverse. Puis, pinçant l’une des longues virgules chevelues, il tenta de l’extirper de l’emmêlement poisseux. Il dut s’y prendre à deux ou trois reprises. Le ver se défendait bien. Lester dut quasiment l’écraser pour vaincre sa résistance, ce qu’il fit sans sourciller.
Par dépit, l’animal s’enroula autour de son pouce. Deux crochets saillirent de la cavité béante qui lui tenait lieu de bouche et s’enfoncèrent légèrement dans la peau de son agresseur, un peu en dessous de l’ongle. Le tortionnaire sourit, tout en accentuant sa pression jusqu’à faire gicler un peu d’humeur verdâtre. Ses yeux luisaient d’excitation. Il éleva la guirlande de chair molle et gluante à la hauteur de sa bouche. Un gros soupir ravi lui échappa.
— Celui-là va être un régal. Vous voyez, Brian, il faut qu’ils restent vivaces pendant plusieurs minutes, sinon ce n’est pas bon. Autant acheter des leurres, vous comprenez ?
Il approcha l’hameçon et y empala d’un coup sa victime. Brian Shadley avait suivi le rituel avec une mimique dégoûtée. La puanteur ammoniaquée qui s’échappait du bocal à appâts commençait à l’indisposer sérieusement.
— Regardez comme il gigote, commenta encore Lester, réellement un beau spécimen. Je ne serais pas autrement étonné s’il nous ramenait un thon. Attention, mon vieux, écartez-vous, je serais navré d’emporter votre œil avec !
Il se souleva légèrement de son siège pliant et, avec une dextérité consommée, décrivit de sa canne à pêche un mouvement semi-circulaire parfaitement contrôlé. La ligne solidement lestée fendit l’air pour sombrer dans la mer d’huile, à une quarantaine de mètres du bateau. Lester attendit quelques secondes, pour être bien certain qu’elle avait touché le fond, puis il donna tranquillement quelques tours de moulinet afin de la tendre parfaitement. Il était ainsi prêt à réagir à la première alerte.
Satisfait, un rien complaisant, il se retourna enfin vers son taciturne invité. Celui-ci avait battu en retraite près du bastingage tribord et observait la scène d’un air parfaitement indifférent.
— J’ai l’impression que vous n’êtes guère passionné, Brian… Vous n’êtes pas pêcheur, hein ? ça se voit tout de suite. C’est comme la boxe ou le base-ball. On l’a dans le sang ou pas. Pourtant, vous m’aviez semblé plutôt enthousiaste à l’idée de m’accompagner.
Un sourire embarrassé dansa sur les lèvres minces de l’écrivain. Il n’avait pas suffisamment d’assurance pour se payer le luxe de la franchise. Il aurait dû dire :
« Lester, mon cher Lester, c’est que j’avais en tête de vous parler du manuscrit que je vous ai remis voici plus de six mois et dont je suis sans nouvelles. Personne n’est foutu de me renseigner dans votre entourage, c’est pourquoi j’ai saisi la première occasion de vous mettre le grappin dessus. Merde, Lester, qu’avez-vous fait de ce putain de manuscrit ? Je n’en dors plus la nuit… »
Au lieu de cela, il bredouilla :
— Non, vraiment, je suis ravi d’être là. J’aime beaucoup la mer. Quand j’étais gosse, j’avais un oncle qui possédait un bateau. Il nous emmenait parfois le dimanche, avec ma mère…
— Mais, mon vieux, rétorqua son compagnon, ironique, aimer la mer sans être pêcheur, c’est comme regarder une femme nue en se défendant de la toucher ! Moi, la pêche, c’est une obsession. Il m’arrive de me lever la nuit pour vérifier mon matériel ! Cinq mille dollars d’équipement, sans compter le bateau, bien sûr…
Brian opina vaguement. Oui, il savait que son éditeur pouvait s’offrir en cannes, moulinets et hameçons dix fois ce qu’il lui concédait pour vivre pendant un an. Milland était moins avare pour étaler son éclatante réussite sociale que sa signature au bas de contrats réguliers. Maintenant, Brian n’était plus si sûr d’avoir bien agi en acceptant cette invitation. Pourtant, la veille, il était convaincu que rien n’aurait pu être pire que de passer le dimanche avec Marion.
Car en plus, c’était dimanche.
Un dimanche laid, bouffi d’ensoleillement. Les heures chaudes s’étaient écoulées tels des flots de mélasse d’une cruche renversée. Non, vraiment, Brian avait mal calculé son coup. En s’y prenant bien, il lui aurait toujours été possible d’éviter les jérémiades de Marion. De se cloîtrer dans la chambre du fond, se jeter dans son livre ou faire semblant. Ou de regarder n’importe quoi sur la télé des voisins.
Tandis qu’il n’avait pu de toute la journée échapper aux bavardages ineptes de Lester. Il avait dû jouer les bons publics, rester attentif, intéressé. Sourire, répondre, s’exclamer, s’extasier ! Il avait entendu plus de médisances, de potins et de verbiages salonnards en un après-midi que pendant toute une année ! Il était sonné. Il n’avait pas l’appétit des bruits de couloirs et des ragots. Il n’avait pas accès à la faune de la jet-set littéraire. Il ne fréquentait pas les cocktails et les remises de prix. Il n’avait pas de relations, et moins encore de vice pour s’en procurer. Il ne vivait que pour écrire, et chaque livre qu’il parvenait à boucler était une sorte de sursis dérobé à la mort…
L’appréhension de Brian grandissait à mesure que le temps passait. Lester ne voulait visiblement pas aborder la question de son dernier manuscrit. C’était un rusé. Il avait la pratique des jeunes auteurs depuis près d’un quart de siècle. Et de son côté, l’écrivain n’avait pas encore trouvé le courage de mettre la question sur le tapis.
— On dirait que vous ne m’écoutez plus, Brian ! Est-ce que vous vous sentez bien ? J’ai l’impression que vous êtes tout pâle, d’un seul coup… Le mal de mer ?
— Hein ? fit Brian en revenant à lui. Je… Non, rien, la chaleur, peut-être… Le soleil.
— Allez vous servir quelque chose dans la cabine, vieux, c’est la déshydratation, ça, je m’y connais. Vous manquez d’entraînement.
— Non, ça ira.
— Vraiment ? Vous me faites peur…
« Si au moins c’était vrai », songea Brian.
— Vous savez quoi, vieux, c’est du surmenage, ça. Si, si, ne protestez pas. Et une mauvaise alimentation. Vous devriez prendre un peu de repos, quitter New York quelques jours avec votre femme. Vous êtes libres, vous autres, vous n’avez pas de gosses. Tenez, la Floride, en cette saison, c’est le coin idéal. Calme, soleil ; la mer, aussi, puisque vous aimez ça. Et puis au retour, un conseil : faites comme moi un peu de jogging, de musculation et les restaurants végétariens. Je vous jure que ça vous change un homme. Vous êtes maigre comme un piquet. Regardez-moi. À mon âge, j’ai le cœur en acier boulonné…
Brian se força à acquiescer.
Milland avait une incapacité notoire à se mettre au niveau des petites gens. La Floride pendant quelques jours, les instituts de beauté, les restaurants végétariens ! Brian se voyait rentrant chez lui et annoncer un tel programme à Marion… Alors qu’elle se débattait pour qu’on ne leur coupe pas le téléphone. Deux termes impayés. Simple détail.
Les deux hommes étaient trop dissemblables. Milland abordait une soixantaine gaillarde. C’était un sportif, façonné par les exercices isométriques, les vitamines et les solariums. Il avait le teint bronzé, l’assurance des gens habitués à évoluer au milieu du gratin. À côté de lui, Brian avait l’air d’un grand cheval mal nourri, avec son visage trop pâle, anguleux, son regard fiévreux de romantique attardé… Ils différaient en tout. Lester était un manager calculateur, au matérialisme cynique. Brian un enfant encore prisonnier de ses terreurs enfantines.
— Sacré nom, une touche ! s’écria soudain Lester. Vite, poussez-vous.
La ligne s’était tendue d’un coup. Le scion de la canne avait ployé. L’éditeur passa les bretelles de sécurité et s’arc-bouta sur son siège.
— Je l’ai, ce salopard, je l’ai bien ! exulta-t-il en maniant le moulinet comme un forcené. C’est un coriace ! Ah oui, un foutu coriace !
Mais la lutte fut de courte durée. La ligne se rompit avec un claquement sec.
— Salopard, il a cassé ! rugit Lester, dépité.
— À mon avis, c’était un requin, lança Brian, pas mécontent de voir la mine déconfite de Lester. Certains remontent jusqu’ici, à ce qu’on dit.
— Des conneries…
— Avec ce que vous avez balancé comme mousse de sardine depuis ce matin…
— Mmmh…, se contenta de répondre Lester en rembobinant sa ligne flasque.
— Le jour baisse, crut bon de remarquer Brian.
— Oui, on va rentrer. On ne fera plus rien aujourd’hui. Remettez les moteurs en route. Je vais ranger tout ça. Oh, attendez… Videz d’abord le bocal de vers à la flotte.
Brian obtempéra en ravalant son dégoût. Il déversa la masse grouillante et baveuse par-dessus bord puis la regarda pensivement se disloquer.
— Les moteurs, maintenant, Brian, soyez gentil…
— J’y vais.
L’écrivain n’était pas mécontent de rentrer au port. Cette partie de pêche n’avait vraiment que trop duré. Il éprouva quelque fierté à presser le bouton rouge qui commandait le démarrage. Les puissants moteurs du cabin-cruiser réagirent au quart de tour. Il se tourna vers son éditeur, avec l’espoir que ce dernier lui laisserait le plaisir de les ramener.
— Je vais manœuvrer, merci, Brian.
À regret, son invité lui céda la place. Dans le lointain, Manhattan exhalait une brume fielleuse. Le ciel commençait à prendre cette couleur mauve si particulière qui annonçait ici la venue du crépuscule. D’autres petits bâtiments de pêche regagnaient le port ici et là. La baie de Sheepshead se vidait progressivement. Tout en faisant demi-tour, Lester se tourna vers son invité.
— Si j’étais vous, Brian, je déménagerais. Vous méritez mieux que passer le restant de vos jours dans Loisada. Pourquoi pas une banlieue moins sordide ? Ou la montagne ? Non, moi je vous dis ça parce que votre style y gagnerait certainement…
— Mon… style ? répéta Brian, interloqué.
Il avait perdu tout espoir que Lester aborde le sujet.
— Vous savez, les auteurs ont souvent le style de leur environnement. Vous pouvez en croire mon expérience. Votre dernier manuscrit, tenez, il s’en ressent tout particulièrement. Oh, l’intrigue n’est pas mauvaise… Un peu linéaire, peut-être, mais… Non, c’est le style en général… Cette violence, cette complaisance et tout ce sexe. C’est si noir. Est-ce qu’il vous arrive de prendre des choses à la légère ? Vous manquez d’humour, Brian, de légèreté… (Brian écoutait, silencieux, confondu, attendant que son éditeur achève la démonstration…) Je ne suis pas le seul de cet avis. Les derniers rapports du comité de lecture, par exemple… Toute cette crasse, ce sordide dans vos récits. Vous n’allez jamais voir votre psy ?
— Je n’ai pas les moyens de voir un psy, Lester…
— Il ne faut jamais regarder aux dépenses de santé. Je vous donnerai l’adresse du mien. Ce que veulent les lecteurs dans notre collection, c’est de l’évasion, du plaisir, pas de quoi alimenter leur propre déprime. Vous écrivez pour eux, ne l’oubliez pas.
— J’écris d’abord pour moi, Lester.
— Vous croyez ça ? Vous avez tort. N’oubliez jamais le public. Un auteur n’existe pas sans lecteurs.
— Un véritable auteur existe toujours, quand bien même il serait le dernier survivant sur Terre.
Lester soupira.
— Comme vous êtes naïf ! Ce que je cherche à vous faire admettre, Brian, c’est que… Enfin, je suis votre ami. Je vous donne un conseil. Il y a trop de violence et de sexe dans vos bouquins. Vos personnages sont trop sombres, trop tourmentés…
— Je suis comme je suis. On me prend entier ou pas.
— Oui, mais moi, je ne peux pas vous prendre encore cette fois. Et votre avenir littéraire est sérieusement compromis chez nous. Mme Hampton me le disait encore hier. Vous la connaissez. Elle n’aime pas votre genre.
Cela, Brian le savait depuis longtemps, et aussi qu’elle cherchait un prétexte pour le faire virer. Mme Hampton était l’éminence grise. C’était elle qui prenait finalement les décisions « littéraires ». Lester se contentait de suivre ses avis. Lui s’intéressait surtout aux courbes de rentabilité des Éditions Milland, maison familiale qu’il avait héritée de son père, lequel la tenait de son grand-père qui l’avait fondée un siècle auparavant. Mme Hampton avait parfaitement su endosser l’armure de la gardienne de cette tradition.
Brian baissa la tête. Il avait perdu, cette fois encore.
— C’est bon. Je ferai un effort…
— Ne soyez pas amer. Je suis certain que vous arriverez à devenir quelqu’un. Remettez-vous sur de bons rails et tout ira bien.
Ils rentraient au port. Brian était démoralisé. Il n’était certes pas une star. Il n’intéressait que rarement la critique et n’avait jamais obtenu le moindre prix ou la moindre distinction. En outre, sa personnalité plutôt effacée, sa timidité naturelle n’aidaient guère à sa publicité. Mais il pouvait s’enorgueillir d’avoir attiré un certain public plus jeune aux Éditions Milland. Pourtant, l’avenir s’annonçait plus sombre que jamais. Ce nouveau refus ne faisait que lui enfoncer la tête sous l’eau.
Les deux hommes ne s’adressèrent plus la parole jusqu’à ce que le cabin-cruiser s’amarre au ponton.
— Tout de même, lança Lester, on aura eu un mois de septembre pas ordinaire ! L’été indien, moi, ça me fait pousser des ailes…
Brian traduisit : « On tire un trait et on parle d’autre chose, on ne va quand même pas se quitter fâchés pour si peu… » Tant mieux. Il n’avait plus envie de discuter de rien, par crainte d’encaisser encore au détour d’une phrase une vexation quelconque. Lester lui sourit.
— J’aurais voulu vous inviter à prendre un verre, mais il se fait tard et…
— Merci quand même.
— Mais suivez mon conseil, vieux. Partez quelque part, faites le point. Tenez-moi au courant. J’ai passé grâce à vous une excellente journée. Figurez-vous que mes partenaires habituels sont partis quelques jours sur la côte ouest. Sacrée déveine… Les Harvey, vous les connaissez sûrement…
— Je ne crois pas.
— Mais si. Lui, c’est le fameux Challenger. Vous avez entendu parler de ses best-sellers, non ? Il publie chez nous de temps à autre. Son épouse est charmante. Ils ont une superbe maison à Santa Monica, riche héritage.
— Je connais Challenger. J’ai dû lire une ou deux choses de lui.
— Ces choses, comme vous dites, se vendent dix fois plus que les vôtres, sans vouloir vous blesser. C’est un type extraordinaire. Avec Jennifer, ils forment un couple très libre, vous voyez… Pour tout vous dire… mais c’est une confidence d’homme à homme, hein… Jennifer Harvey est une vraie croqueuse ! Comme je vous le dis, vieux. Elle est in-sa-tia-ble ! Et elle a une façon bien à elle d’agrémenter nos sorties en mer. Une perle !
« Évidemment, ça doit bigrement améliorer l’opinion du comité de lecture », songea méchamment Brian.
Il se demanda ce qu’il éprouverait en voyant Marion dans les bras de Lester. Rien que cette pensée le révulsa.
— Tenez, je vous les présenterai à leur retour, insista Lester. Non, ne protestez pas, j’y tiens beaucoup. Vous devez sortir de votre coquille, Brian. Harvey… je veux dire Challenger, peut vous apporter beaucoup. Quant à sa femme, je vous fiche mon billet qu’elle saura vous faire aimer la pêche !
Lester lança un clin d’œil égrillard, en dessinant d’une main dans les airs une courbe féminine particulièrement avantageuse. Comme si mettre Brian dans le secret de ses frasques sexuelles devait compenser la déception qu’il lui avait infligée. Puis il partit d’un grand éclat de rire et s’éloigna en direction du parking.
Brian resta planté au beau milieu de la jetée, les mains dans les poches, à suivre pensivement des yeux la haute silhouette athlétique et bronzée qui disparaissait dans la foule bigarrée des plaisanciers. Il hocha la tête. Il n’était pas dupe : il doutait fort de connaître un jour les talents cachés de cette nymphomane. Lester Milland n’avait jamais levé le petit doigt pour l’introduire où que ce soit depuis près de dix ans qu’ils se connaissaient. Alors dans l’intimité torride du beau linge new-yorkais…
Brian devait cependant admettre que cela lui plairait. S’immiscer parmi les hautes relations de son éditeur ne pourrait que lui être profitable à plus ou moins long terme. Il avait beau répugner à ce genre de compromis, il lui fallait admettre qu’il ne pouvait plus laisser la moindre chance de rentrer en grâce lui échapper. Il songea à ce que pouvait être une existence partagée entre une résidence à Santa Monica et un loft à Manhattan. Soirées mondaines, cocktails échangistes, séances de signature…
Quand il revint à lui, un vent frisquet accouru du large sifflait désagréablement entre ses jambes nues. Il se retrouva assis, les bras croisés, le dos appuyé contre un pilier de bois. Il avait perdu toute notion du temps. Le ponton était maintenant désert. Une houle agressive faisait s’entrechoquer les yachts. Brian se redressa avec difficulté. Il allait mieux, à présent. Il avait pris une décision. Il ne changerait pas une lettre à son manuscrit. Milland pouvait aller se faire mettre. Et quant à son invitation…
Fort de cette courageuse résolution, il traversa le port en trottinant. Il expliquerait tout à Marion, en arrangeant les choses en sa faveur. Il n’était pas une pute. Faites comme ceci, Brian, faites comme cela, Brian… Puis quoi encore ? Ce pisseux de Milland ne savait pas torcher trois lignes sans faire une faute ! Quant à cette vieille bigote de Mme Hampton…
Une pluie hargneuse couvrit l’asphalte d’une vérole incolore. Brian n’eut que le temps de se mettre à l’abri sous un porche. Depuis quelques instants, le ciel était dangereusement obscurci.
L’été indien, pensa Brian en remontant frileusement le col de son blouson trop léger. Connerie. Il n’eut plus soudain qu’une envie : rentrer chez lui. Et faire la paix avec Marion. Il était trop malheureux.
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