Le Gout De L'Aventure
Chapitre 7
Une pluie drue cinglait le visage de Deveril, les rafales de vent faisaient voler les pans de son manteau sombre telles les ailes d’un ange vengeur. D’un petit coup de rêne, il dirigea son cheval vers une dense futaie et s’arrêta.
Il faisait nuit noire. Pourtant Deveril ne s’était muni d’aucune lanterne; il avait soigneusement inspecté les lieux dans la matinée, mémorisant le plus petit caillou, la moindre branche d’arbre afin de retrouver son chemin dans l’obscurité. Tirant une bande de tissu de sa poche, un masque artisanal confectionné à l’aide d’un bas noir, il le noua sur son visage. Il était temps.
Un grincement de roues se fit entendre : une voiture progressait péniblement sur la route détrempée et le bruit des sabots heurtant le sol résonnait, mat et lourd dans la nuit d’orage. Deveril sortit une paire de pistolets de sous son manteau et jeta un coup d’œil à travers le feuillage dégoulinant d’eau. Les lanternes de la voiture approchaient, lentement mais sûrement. Deveril grimaça un sourire. D’Arcy était à l’heure ! Rien, pas même le déluge, ne pouvait lui faire modifier ses plans…
Il piqua légèrement son cheval, et le vigoureux alezan bondit au milieu de la route. Le conducteur tira sur les rênes, mais la berline continuait de foncer droit sur le cavalier. Celui-ci brandit un pistolet et tira un coup en l’air.
— La bourse ou la vie ! cria-t-il.
Le conducteur esquissa un geste vers son fusil, mais à cet instant les chevaux se cabrèrent, et l’homme délaissa son arme pour essayer d’empêcher la voiture de verser. Malgré ses efforts, la berline acheva sa course, une roue dans le fossé.
— Les mains en l’air! jeta Deveril.
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