Le monde de l'éternité
Chapitre II
Le Firstar, posé crânement sur ses amortisseurs, dressait sa haute et massive structure vers un ciel légèrement orangeâtre, où brillait un soleil aveuglant, coloré de bleu.
Il offrait sa bedaine arrondie à la chaleur bienfaisante, infiniment agréable, des rayons perpendiculaires distribués gratuitement et à volonté par Alpha du Centaure. Tout juste si la coque de l’immense nef, au terme de sa randonnée fantastique à travers les espaces interstellaires, ne frémissait pas sous cette caresse voluptueuse, qui dissipait la froideur du vide sidéral.
Pour l’instant, le plus absolu silence régnait sur ce monde inconnu, sur lequel des hommes venus de la lointaine Terre posaient le pied pour la première fois.
Une herbe rougeâtre, courte, aux reflets métallisés, folâtrait autour de la fusée, couvrant une large superficie, moutonnant jusqu’aux montagnes dont les sommets déchiquetés par le ciseau géant du ciseleur universel, se tordaient convulsivement dans la lumière bleutée, comme des bras décharnés.
A l’opposé, à une distance inappréciable, un trait sombre ourlait l’horizon : l’orée d’une forêt, probablement.
Kerreck avait donc magnifiquement choisi son aire d’atterrissage. Cette vaste plaine offrait une sécurité absolue. Le sol semblait consistant, non sableux. Le Firstar, une fois posé, ne s’était pas enfoncé d’un pouce. De plus, le terrain découvert permettait une visibilité avantageuse.
Pourtant, le sas de la nef demeurait obstinément clos. Par les hublots, les astronautes observaient ce nouveau monde, avec ravissement bien sûr, car une légitime fierté les animait, mais aussi avec une espèce d’anxiété, de crainte. Quels dangers inconnus recélaient cette terre ? Les conceptions humaines, propres au système solaire, ne risquaient-elles pas de se trouver bouleversées ?
Kerreck se méfiait. Son expérience des explorations sidérales lui conseillait de ne pas s’emballer et de s’entourer de sévères garanties.
Il remonta dans son « home », cette cabine axiale qu’il occupait avec Mole et qui constituait son quartier général. Divers écrans le mettaient en relation, s’il le désirait, avec n’importe quelle partie du vaisseau.
Il déplia un chewing-gum à l’orange, le plaça dans sa bouche, et commença sa lente mastication. Son maxillaire inférieur allait et venait, de droite à gauche, d’avant en arrière, sans aucune fatigue.
Mole l’observait avec mansuétude. Depuis quatre ans, il voyait Kerreck mâchonner du chewing-gum, en bon Américain, et il finissait par ne plus y faire attention. Mais, en lui-même, il désapprouvait cette déplorable manie, car elle manquait d’élégance pour un commandant d’astronef.
Mais Kerreck se fichait éperdument des bonnes manières, même devant Françoise Jamot ou Elisabeth Lewis. Il avait roulé sa bosse aux quatre coins du système solaire et comme les pionniers de jadis, il croyait que l’univers lui appartenait. De ses multiples pérégrinations, il conservait des habitudes un peu rustres, sans gêne apparente, mais sans aller toutefois jusqu’à l’insolence.
Il appuya sur une touche de plastique. Un panneau coulissa dans la coque du vaisseau et, lentement, une rampe de lancement pour fusée miniature émergea. Mole et Kerreck suivaient toutes ces opérations sur un écran télévisionneur.
Mole brancha une fiche. Les calculatrices électroniques se chargèrent du reste. La petite fusée d’exploration atmosphérique gicla de son alvéole et fonça vers le ciel orangeâtre. Elle disparut de l’écran, mais un radar suppléa à la défaillance de la télévision. La fusée emportait dans ses flancs divers appareils de contrôle, ainsi qu’une caméra automatique.
Sur l’écran-radar, peuplé de points lumineux au langage inexpressif pour un novice, le sillage de l’engin s’établissait avec une précision rigoureuse. Stockwell entra dans la cabine :
— Quoi de neuf ? interrogea-t-il.
Il aperçut le radar en action et comprit. Il hocha la tête.
— A mon avis, nous ne rencontrerons pas des difficultés d’adaptation sur cette planète, dont la masse avoisine celle de la Terre.
Kerreck continua de fixer l’écran.
— O.K., mais la fusée ramènera des indications précieuses au point de vue panoramique. Rien ne prouve que cette planète ne soit pas habitée. La caméra nous l’apprendra.
Stockwell s’installa devant le tableau de télé guidage. Il manœuvra divers boutons, vérifia des aiguilles ultra-sensibles qui oscillaient constamment sur des cadrans gradués.
— Si une civilisation avancée existe sur cet astre, notre fusée d’exploration sera rapidement repérée, sinon abattue.
Mais les minutes s’écoulèrent sans apporter la moindre modification dans la course de l’engin atmosphérique, dont la vitesse dépassait sensiblement celle du son.
Au terme d’une randonnée d’une vingtaine d’heures, Stockwell put annoncer :
— Attention. La fusée revient vers son point de départ après un périple d’un peu moins de quarante mille kilomètres. Retour prévu dans l’alvéole dans trois minutes. Ce qui laisse supposer que le diamètre de cette planète équivaut sensiblement celui de la Terre.
Admirablement protégés des bruits extérieurs par d’épaisses cloisons insonorisées, les observateurs terriens demeurés à l’intérieur du Firstar ne décelèrent point le rugissement de la fusée d’exploration, sinon un léger vrombissement, à peine audible.
L’écran télévisionneur se chargea de leur indiquer le retour du petit engin. Guidé par des faisceaux d’ondes porteuses, celui-ci regagna son alvéole. Le panneau obturateur glissa et l’étanchéité de la coque redevint à nouveau homogène.
Kerreck, Mole et Stockwell quittèrent hâtivement la cabine axiale et, par la cheminée d’accès, gagnèrent les étages inférieurs. Ils ouvrirent une porte et restèrent sur le seuil.
— N’approchez pas, conseilla Kerreck, écartant les bras. Attendons que les rayons réfrigérants opèrent leurs effets. La traversée d’une atmosphère échauffe toujours un corps. D’autre part, la fusée émet peut-être des radiations absorbées au cours de son périple.
Les compteurs Geiger ne signalèrent aucune radioactivité. De plus, la faible vitesse à laquelle se déplaçait l’engin n’avait pu échauffer considérablement le métal. Aussi, les rayons réfrigérants eurent tôt fait de ramener la température de la coque à la normale.
Kerreck ouvrit le cône de la petite fusée et retira les instruments. Il plaça la caméra dans les mains de Mole :
— Dégrouillez-vous de me développer les microfilms, Mole.
Le physicien acquiesça et disparut vers le laboratoire, sans trop se presser, selon son habitude. Kerreck haussa les épaules et étudia les bandes sensibles, perforées suivant un code étrange, inaccessible à un observateur non spécialisé.
James Lewis encadra son visage dans l’entrebâillement de la porte :
— Je viens aux nouvelles, dit-il. Peut-on circuler librement, sans scaphandre, sur cette planète ? Les femmes n’ont pas l’air de s’intéresser à ça. Lisbeth est en grande conversation avec Françoise au sujet des hydrocarbures.
— Attendez donc, Lewis, maugréa Kerreck. Je suis en train de déchiffrer les bandes.
La lecture des instruments prit plusieurs minutes. Finalement, Kerreck annonça :
— Voici des données éloquentes : circonférence, trente quatre mille
[1]
kilomètres. Pesanteur : 0,96. Température 292° ( ). D’autres
renseignements figurent, mais il faut que je me livre à des calculs.
Le commandant distribua la besogne. Il tendit au biologiste plusieurs ballonnets de plastique, gonflés.
— Tenez. Examinez les prélèvements de l’atmosphère et revenez immédiatement me faire votre rapport.
— O.K. ! approuva Lewis, disparaissant à son tour, mais avec beaucoup plus de vivacité que Mole.
Kerreck s’enferma dans sa cabine et s’isola. Il aligna des chiffres et des équations sur du papier. Il eut même recours à une machine à calculer. Finalement, celle-ci livra le résultat.
— Volume : 0,94, lut Kerreck. Masse : 0,88. Densité, par rapport à l’eau : 4,99. Valeur du jour sidéral : vingt-cinq heures, dix-huit minutes. Durée de Vannée : trois cent soixante et onze jours.
Il cracha son chewing-gum, qui n’avait plus aucun goût, hésita à en reprendre un autre, et alluma une cigarette qui empestait le tabac blond de Virginie. Il se caressa le menton et résuma :
— Nous avons abordé une planète sensiblement de même type que la Terre. Reste à savoir les constituants de l’atmosphère. C’est l’affaire de Lewis. Mais j’ai surtout hâte de connaître le développement des microfilms.
Le premier, Lewis apporta son rapport. Il ressortait que l’atmosphère se composait en grande partie d’oxygène et d’azote, en proportions sensiblement égales à celles de la Terre. Le biologiste avait noté aussi la présence, en infime quantité, de gaz carbonique, de vapeur d’eau, d’argon, d’hélium, ainsi que la trace d’un gaz totalement inconnu, mais nullement nocif pour les poumons.
— Que diable fabrique Mole ? vitupéra Kerreck, marchant à grandes enjambées dans sa cabine.
Au même moment, Mole apparut. Il brandissait les microfilms.
— Voilà les développements.
Kerreck lui arracha presque impoliment les bandes des mains. Il masqua le hublot d’un rideau opaque et l’obscurité envahit la cabine. D’une armoire métallique, il tira l’appareil de projection et adapta la première bobine. Une grande nervosité l’animait. Plus que le rapport de Lewis, l’examen des microfilms le préoccupait.
*
* *
Un cratère volcanique, éteint, dominé par des pics squelettiques hérissés de lichens et de mousse, défilait sur l’écran. Le panorama, pris souvent au téléobjectif, à une altitude voisinant parfois dix mille mètres et s’abaissant souvent au-dessous d’un kilomètre, n’apportait guère d’éléments informateurs concernant la présence d’une civilisation.
Jusqu’à présent, les microfilms déroulaient une succession de décors variés. Des montagnes à l’aspect sauvage alternaient avec des plaines couvertes de cette herbe rougeâtre, si particulière. Vallées et plateaux, aux riches coloris, s’intercalaient entre les pics aigus, les arêtes vives des sommets. Quelques calottes blanches, aux pôles, coiffaient les éminences.
— De la glace, dit Mole, au passage.
Dans la cabine, imprégnée d’un silence religieux, rompu seulement par le ronronnement de la bobine en se dévidant, les observateurs gardaient les yeux rivés à l’écran. Le faisceau du projecteur trouait l’obscurité, sculptait les six silhouettes haletantes. Même Mole, l’apathique, semblait attentif.
— Si une civilisation comparable à la nôtre existait sur cette planète, estima Kerreck sans prendre de trop gros risques, les microfilms nous en auraient déjà révélé un échantillon. Or, mêmes agrandies, les vues aériennes ne détectent aucun signe de vie organisée. D’où j’en conclus que cet astre est inhabité.
— Hé ! Là, vous allez un peu vite, fit Lewis. Rien ne prouve que les habitants de cette planète – s’ils existent du moins – aient un mode de vie analogue au nôtre. Les lois de la biologie moderne ont démontré que l’intelligence pouvait se développer sous n’importe quelle forme et, s’adapter à n’importe quelle nécessité. Vénus nous en a donné la confirmation avec ses insectes géants doués d’un raisonnement humain. A différentes planètes correspondent des types différents de mode de vie. A plus forte raison si l’on change de système solaire.
Les arguments de James Lewis ébranlèrent l’optimisme hâtif de ses compagnons qui voyaient déjà, en l’absence d’autochtones, fondre les difficultés d’exploration. Kerreck, notamment, ne prisa guère le discours du biologiste. Il le montra par une grimace expressive.
— Au diable vos théories, Lewis ! grommela-t-il. Moi j’affirme qu’il n’existe ici aucune vie organisée, du moins aucune collectivité capable de nous mettre des bâtons dans les roues.
Lewis haussa les épaules :
— Je ne veux pas vous contrarier, Kerreck, et je souhaite que vous ayez raison. De ce fait, vous pourrez prendre possession de cette planète au nom de la Confédération des Nations Occidentales. Une victoire à ajouter à notre actif sur l’Orient.
L’ultime microfilm acheva de se dérouler, mais pas plus que les précédents, il n’apporta d’éléments nouveaux. Il résultait que cet astre, du système d’Alpha du Centaure, était un monde désertique, tel que l’entendaient des civilisés, c’est-à-dire un monde où s’excluait toute vie intelligente.
Le point de vue du commandant rallia la majorité des suffrages. Seul, Lewis ne démordit pas de son idée. Il mûrissait sa petite vengeance personnelle et souhaitait avec ardeur la rencontre d’indigènes, sous quelque forme que ce soit.
Les six astronautes, n’ayant plus rien à apprendre de l’étude des microfilms, quittèrent la salle de projection et se précipitèrent au-dehors. Ils foulèrent avec un plaisir évident d’évasion l’herbe rougeâtre.
Ils respiraient sans aucune difficulté, l’air s’adaptant parfaitement à leurs poumons. La pesanteur, légèrement plus faible que sur la Terre, leur assurait une légèreté voluptueuse dont ils ne se privaient nullement.
Ils s’ébattaient joyeusement, après une réclusion de plus de quatre ans. Certains experts, avant le départ, s’étaient demandé avec inquiétude comment les astronautes supporteraient un tel emprisonnement. Il faut croire que l’organisme humain sait magnifiquement s’adapter aux circonstances, grâce à un parfait équilibre psychique, et, surtout, grâce à une volonté exceptionnelle.
Kerreck, soucieux de prémunir ses compagnons contre d’éventuels périls, conseilla de ne pas s’éloigner. Le Firstar constituait un refuge sûr, inexpugnable, non seulement à cause de l’armement du bord, mais surtout grâce à l’épaisseur des cloisons qui avaient su résister à l’échauffement produit par une vitesse frôlant celle de la lumière. Dans ce cas, on ne voyait pas beaucoup quel danger menaçait les pionniers, à l’abri derrière l’épais blindage.
Stockwell, le premier, émailla la journée du premier incident. Kerreck le vit bondir vers le vaisseau, tenant son poignet gauche serré dans sa main droite. De plus, il hurlait comme un démon.
Kerreck se précipita vers lui, le sourcil froncé :
— Que vous arrive-t-il, Stockwell ? Pourquoi diable criez-vous comme ça ?
L’Anglais exhiba son poignet gauche. Il était visiblement enflé. Une petite estafilade rougeâtre marquait la base du pouce.
Mac Kerreck pensa tout de suite à une piqûre d’insecte. Mais Stockwell branla négativement la tête, en grimaçant de douleur.
— Vous souffrez ? interrogea le commandant.
— Oui. Mon poignet me lance terriblement. Je dois avoir une fièvre de cheval.
— Allons, ne dramatisez pas. Comment avez-vous fait ça ?
— J’ai voulu cueillir un brin d’herbe. Je ne savais pas que ce machin rougeâtre coupait aussi facilement. Une vraie lame de rasoir ! Tout de suite, mon poignet s’est mis à enfler et à saigner.
Kerreck grommela d’inintelligibles paroles.
— Je vous avais pourtant conseillé de ne toucher à rien, avant les analyses préliminaires.
Il appela, mettant ses mains en porte-voix :
— Hé ! Mademoiselle Jamot !
Le son portait très bien. La jeune Française, en conversation avec Lisbeth, à moins de trois cents mètres de là, entendit parfaitement et se retourna. Elle aperçut le commandant qui lui adressait des gestes.
— Kerreck m’appelle, dit-elle, se tournant vers Lisbeth. Excusez-moi.
— Ce doit être au sujet de Stockwell, souligna Elisabeth Lewis. Je l’ai entendu crier. Il a probablement besoin de vos services. Je vous accompagne.
Les deux femmes revinrent vers la monstrueuse fusée dont la masse interceptait les rayons du soleil. L’Anglais montra son poignet à la doctoresse.
Kerreck guettait la réaction de Françoise.
— Alors ?
— L’herbe rougeâtre contient sûrement des éléments microbiens ou, du moins, une substance vénéneuse. Je pense que les antibiotiques élimineront les toxines. Suivez-moi à l’infirmerie, Stockwell, je vais arranger ça.
L’Anglais nota avec soulagement que la douleur régressait. Il n’avait plus ce masque tourmenté, grimaçant. Bien que son poignet fût encore enflé, il pouvait remuer ses articulations.
La doctoresse lui fit une piqûre sédative et lui administra un antibiotique. Par surcroît, elle désinfecta la plaie et la recouvrit de gaze aseptisée. La coupure, très visible, n’excédait pas trois centimètres, mais elle était assez profonde.
Cependant, l’application d’un coagulateur stoppa l’hémorragie.
— Ce ne sera rien, fit Françoise, rassurante. Mais un conseil : couchez-vous. Vous avez un peu de fièvre.
Tandis que l’Anglais obtempérait, la doctoresse revint vers Kerreck, soucieux. Elle eut des paroles apaisantes :
— Tranquillisez-vous, commandant. Je ne crois pas que les jours de Stockwell soient en danger. Le traitement énergique que je viens de lui infliger doit suffire à stopper la prolifération microbienne, s’il s’agit de bactéries, ou à neutraliser la virulence des toxines, si l’herbe sécrète un venin.
L’Américain branla la tête.
— Stockwell manque d’expérience, soupira-t-il. Nous ne sommes pas sur Terre et toutes nos conceptions s’en trouvent bouleversées. La méfiance doit entourer tous nos gestes. Par bonheur, les bottes de nos combinaisons nous protègent des coupures de cette herbe, apparemment anodine, mais en réalité redoutable.
Françoise fouetta l’herbe d’un coup de pied irascible. Quelques brins tombèrent, fauchés par la botte.
— Dans quelques heures, lorsque je referai le pansement de Stockwell, je procéderai à une analyse. Ainsi déterminerai-je avec exactitude la nature du poison inoculé par cette herbe tranchante.
— Je demanderai à Lewis qu’il vous donne un coup de main, proposa Kerreck.
Ce léger incident provoqua le regroupement des pionniers. Ceux-ci se réunirent à l’infirmerie, au chevet du mécanicien, abruti par le sédatif.
Yeux mi-clos, Stockwell semblait inconscient. Il somnolait. Son visage était un peu pâle, mais le pouls battait normalement. La fièvre était tombée et tous les symptômes de la guérison stigmatisaient les traits du malade.
Chez ses compagnons, l’inquiétude se dissipait. La doctoresse consulta sa montre. Elle désigna le pansement, au poignet gauche de l’Anglais, et Kerreck approuva silencieusement.
Lisbeth approcha les flacons d’antiseptiques et déchira l’enveloppe hermétique renfermant un coton hydrophile imbibé de liquide coagulateur.
Lentement, avec de multiples précautions, afin de ne pas éveiller le malade, la jeune Française défit la bande qui retenait le pansement. Ses doigts experts ôtèrent le coton souillé.
Alors, cinq exclamations fusèrent, spontanément.
— Regardez ! hoqueta Kerreck, le doigt tendu vers le poignet du mécanicien, immobile.