Le monde de l'éternité
Chapitre III
Fascinés, les cinq observateurs se demandaient s’ils ne rêvaient pas. Leurs yeux hagards ne se détachaient pas du poignet gauche de William Stockwell. Celui-ci, loin de se douter qu’il était l’objet de la curiosité et de la stupeur générale, demeurait dans l’état léthargique, occasionné par la piqûre sédative.
Le premier, Kerreck reprit son aplomb. Il se frotta vivement les paupières, comme pour effacer un cauchemar tenace, mais il ramena sa conviction rapidement à des proportions phénoménales. Incontestablement, « quelque chose » de prodigieux s’était produit.
Il soupira.
— Vous y comprenez quelque chose, docteur ?
Françoise Jamot secoua négativement la tête. Elle avait saisi avec un peu d’appréhension la main de Stockwell et elle l’examinait avec minutie. L’Anglais ne portait plus la moindre blessure au poignet. Sa peau était nette, normale. En vain, on eût cherché la trace de la coupure, produite par l’herbe rougeâtre qui folâtrait autour du vaisseau.
— Je n’ai encore jamais assisté à une cicatrisation aussi rapide, s’étonnait la jeune Française. Pourtant, au cours de ma carrière, Dieu sait si j’en ai soigné, des blessures ! Or, même dans les cas les plus bénins et avec l’appui des antibiotiques, la cicatrisation demande toujours au moins quarante-huit heures, sinon davantage.
James Lewis, à son tour, examinait le poignet du mécanicien. La plus intense stupéfaction se peignait sur son visage.
— Le cas de Stockwell constitue une énigme indéchiffrable. Normalement, en admettant que la plaie se soit refermée, nous devrions au moins retrouver une trace de la blessure récente, une marque rougeâtre.
— Oui, appuya John Mole, hébété. Pour un peu, nous penserions que Stockwell ne s’est jamais coupé avec l’herbe de la plaine. Pourtant, sa blessure était assez profonde.
Kerreck se secoua. Il se mit debout et commença une longue marche à travers l’infirmerie. Fréquemment, il jetait un coup d’œil anxieux à l’Anglais.
Il s’arrêta, face au lit, s’appuya sur les montants blancs, et se caressa le menton.
— Croyez-vous qu’il pourra expliquer la chose ? fit-il, désignant le malade.
— Cela m’étonnerait, répondit la doctoresse. Pendant son sommeil, Stockwell a été victime d’un phénomène biologique, que nous devons attribuer à la nouvelle planète. Je suis certaine que ce monde nous réserve encore d’autres surprises.
Kerreck se tourna vers Lewis.
— Vous avez entendu, Lewis ? Un phénomène biologique. Vous devriez pouvoir nous donner des tuyaux.
Le mari d’Elisabeth haussa les épaules.
— Je le voudrais bien. Mais nous débarquons à peine sur cette planète et vous voudriez déjà en connaître tous les secrets. Il me faut d’abord effectuer des prélèvements, puis examiner au microscope les échantillons.
— Attelez-vous à cette tâche, ordonna le commandant, dépliant un chewing-gum.
— O.K. ! acquiesça le biologiste. Je m’en occuperai. Je crois que je découvrirai des choses intéressantes.
Lewis allait se retirer lorsque Sotckwell remua faiblement. L’Anglais ouvrit les yeux et aperçut cinq visages anxieux penchés sur lui. Il s’étonna même de la gravité de ces visages. Son étonnement grandit en examinant le décor austère de l’infirmerie.
Il se souleva sans difficulté sur son séant.
— Que m’arrive-t-il ?
Françoise lui prit la main. Elle sourit et expliqua, d’une voix étonnamment douce :
— Ne vous inquiétez pas. Je vous ai administré une piqûre sédative et, maintenant, l’effet de la drogue s’atténue. Vous sentez-vous mieux ?
Malgré les efforts de la doctoresse pour le retenir, le mécanicien posa ses pieds sur le sol caoutchouté. Il se dressa, un peu chancelant, mais retrouva parfaitement son équilibre. Il fit jouer ses articulations et ne ressentit aucune douleur particulière.
Tour à tour, il scruta les figures attentives de ses compagnons.
— Qu’avez-vous donc à me regarder comme ça ? Je ne suis pas malade. Je me sens, au contraire, en pleine forme.
Kerreck s’approcha, mastiquant son chewing-gum avec une ardeur inaccoutumée. Il posa sa main rude sur l’épaule du mécanicien.
— Tant mieux, Stockwell ! Nous sommes tous heureux que cet incident se soit terminé ainsi. Franchement, vous ne ressentez rien d’anormal ?
— Ce que je trouve anormal, c’est que vous insistiez sur mon état de santé. Puisque je vous dis que je me sens en pleine forme !
Kerreck cala son chewing-gum dans sa joue droite.
— Vous ne vous souvenez de rien ?
L’Anglais pivota sur ses talons. D’un seul coup, son regard embrassa la scène affligeante constituée par ses compagnons muets et immobiles, près du lit vide.
Il s’énerva :
— Bon Dieu ! Qu’avez-vous à me dévisager ainsi ? On dirait que je suis devenu un phénomène.
Lewis toussa, gêné.
— Rappelez-vous, Stockwell… L’herbe rougeâtre…
Un trait de lumière fulgura dans l’esprit, encore obscurci par le sédatif, du mécanicien. Il porta ses yeux à son poignet gauche. Le fait de n’y découvrir aucune blessure, alors qu’il se souvenait maintenant d’une profonde entaille due à l’herbe rougeâtre, l’accabla.
Ses épaules se voûtèrent.
— Que diable m’avez-vous fichu sur ma plaie pour que la cicatrisation s’opère aussi rapidement ?
— Rien, dit Kerreck, la mâchoire crispée. Du moins rien de sensationnel, hormis les antibiotiques courants.
L’Anglais resta sceptique.
— Allons, vous n’allez pas me faire croire que les antibiotiques usuels cicatrisent en moins de deux heures ! Je suis certain que vous avez essayé sur moi un nouveau produit.
Françoise s’avança vers le mécanicien.
— Ecoutez-moi, Stockwell. Je vous ai fait un pansement aseptisé, sans plus, puis une piqûre sédative. Je vous jure que nous n’avons pas expérimenté sur vous un nouveau produit. Vous savez très bien que notre but est purement d’exploration. Me croyez-vous ?
Les yeux clairs de l’Anglais brillèrent.
— Je suis obligé de vous croire, mademoiselle Jamot. Votre loyauté exclut toute possibilité de mensonge. Du reste, en deux heures, comment auriez-vous eu le temps de mettre au point une pommade cicatrisante ? J’aurais été au courant de vos travaux.
Il observa à nouveau son poignet, le secoua afin de l’éprouver et, ne ressentant pas la moindre douleur, fronça les sourcils.
— Que m’est-il arrivé ? balbutia-t-il, vaguement inquiet devant ce mystère inexplicable.
Quelques gouttes de sueur se formèrent à ses tempes. Il les essuya rapidement du dos de la main. L’étrange attitude de ses compagnons le convainquit qu’il était bien un phénomène parmi les humains. L’anxiété le gagna. Conscient de son extraordinaire odyssée, il se rapprocha du lit. Françoise s’écarta.
L’Anglais se laissa choir sur la couche, les bras ballants. Ses yeux fixes avaient quelque chose d’inexpressif, de pénible. Face à la réalité prodigieuse, il s’effondrait.
— Croyez-vous que… bégaya-t-il, pitoyablement.
— Ça ne va pas, Stockwell ?
Hagard, le mécanicien se passa la main sur le front.
— Si… si. Mais ce qui m’arrive est étrange. Cette cicatrisation spontanée prouve que je suis atteint par un phénomène dont il me sera impossible de me débarrasser. J’ai… j’ai peur, voilà.
Peur que d’autres incidents analogues se reproduisent.
Kerreck s’assit à son tour sur le lit.
— Vous avez eu au contraire une veine étonnante, mon vieux ! Vous voilà rétabli en moins de deux heures et vous pourrez reprendre votre activité. De quoi vous plaignez-vous ?
L’enfant de Londres grimaça, la gorge nouée. Il comprenait que le commandant tâchait de le rassurer par des paroles optimistes, dont la dose de conviction frôlait la cote zéro.
— Allons, reprit Kerreck, secouez-vous, Stockwell. Les microbes, sur cette planète, ne sont peut-être pas aussi mauvais que sur la Terre. De plus, ce soleil d’un blanc bleuâtre possède sûrement des propriétés que nous ignorons encore et dont vous avez été le premier à subir les bienfaits. Une fois pour toute, ôtez-vous de l’idée que vous êtes devenu un phénomène à nos yeux. Votre guérison nous a surpris, voilà tout, du fait de sa promptitude, mais croyez bien que nous en sommes tous satisfaits.
Il se leva et se tourna vers Lewis.
— Alors, entendu, Lewis. Occupez-vous de cette affairé. Pendant ce temps, nous pousserons une exploration vers la forêt, dont nous distinguons la ligne sombre sur l’horizon.
*
* *
Avant de monter à bord de son aérobulle personnel – genre de globe en plastique, muni d’un siège et actionné par la force atomique — John Mole se retourna vers Kerreck, déjà aux commandes de son appareil.
— A propos, commandant… Nous avons peut-être pris possession de cette planète au nom de la Confédération des Nations Occidentales, mais nous ne l’avons encore pas baptisée. Or, tout pionnier a le droit de donner son patronyme à l’astre qu’il découvre. En définitive, nous pourrions appeler cette terre planète Kerreck.
Kerreck ne sembla pas particulièrement touché par cette marque de déférence, de la part de John Mole. Bien au contraire, il trouva maussade, un peu désuète, cette suggestion. Il décela même une certaine ironie atténuée dans la voix du physicien. Peut-être, après tout, se faisait-il des idées et John Mole était-il rempli de bonnes intentions, nullement désobligeantes.
Le commandant du Firstar, en dépit d’une incontestable fierté intérieure, tarda à refermer son cockpit semi-sphérique. Il lança à Mole une grimace éloquente que le physicien enregistra avec amertume.
« Faites donc plaisir au commandant ! pensa-t-il. Voilà comment l’on est remercié : par une grimace ! De quoi vous dégoûter de vous montrer aimable pour le restant de vos jours ! »
Les paroles de Kerreck dissipèrent un peu la mauvaise expression de sa bouche et assouplirent la rigidité de pensée de l’apathique John.
— Merci, Mole, d’avoir songé à moi comme parrain de cette planète d’Alpha du Centaure. Mais je ne vois pas les raisons motivant ce privilège. Tous les six avons le droit de revendiquer le parrainage de cet astre. Aussi m’abstiendrai-je de me mettre sur la liste. J’espère que vous en ferez autant. D’autre part, ce nom patronymique n’aurait aucune valeur symbolique et ne pourrait figurer, en aucune façon, sur une carte officielle de la Galaxie. Vous savez très bien que l’Office International de Topographie Céleste ne tolère la présence, sur ses cartes, d’aucun nom, hormis ceux des étoiles. L’O.I.T.C. préfère de beaucoup l’utilisation des chiffres. Chaque planète est numérotée. Il paraît que c’est plus pratique. Moi, je n’ai pas d’opinion là-dessus.
Mole coiffa son casque à écouteurs. Ainsi affublé, il campait une attitude grotesque. De plus, sa combinaison de vol lui seyait mal, à cause de son gros ventre. Mais les sélectionneurs attachaient moins d’importance à l’esthétique de la silhouette qu’à l’intelligence de l’individu. On pouvait être mal bâti et plein de capacités. C’est ce que recherchaient avant tout les responsables des expéditions sidérales.
Mole acheva de fixer les sangles de son casque. Il grommela :
— Je suppose que l’O.I.T.C. juge très mal les pionniers qui aimeraient être récompensée de leurs efforts. Nous sommes constamment frustrés d’une satisfaction légitime. Mer Kerreck,
Mont Lewis… Cela sonne très bien. Or, depuis quelques années, les experts ont la manie des matricules. Je me demande si un jour les patronymes ne disparaîtront pas complètement et ne seront pas remplacés par des numéros.
Kerreck partit d’un franc éclat de rire. Il découvrit ses dents blanches, bien plantées, parfaitement nettoyées par l’incessante mastication du chewing-gum.
— J.M.2.312 ! Cela aussi sonne très bien, Mole. Figurez-vous que cela soit votre nom. Croyez-vous que vous vous en porteriez plus mal ? Pour ma part, ces considérations passent au second plan. Nous n’avons pas parcouru 4,3 années-lumière pour épiloguer sur les matricules de l’O.I.T.C. Le gouvernement central nous paie, royalement, reconnaissons-le, et nous gagnons actuellement notre retraite. De quoi nous plaindrions-nous ? Le plus humble citoyen n’aspire-t-il pas à terminer paisiblement ses jours ? Au contraire, nous sommes privilégiés, nous, les pionniers. Les éditeurs s’arrachent à prix d’or nos mémoires. Un pécule pour nos vieilles années.
Stockwell partageait le point de vue du commandant. Les considérations administratives lui importaient peu et la gloire aussi. N’empêche qu’il pensait au livre qu’il pourrait écrire, à son retour dans sa province d’Angleterre, et qui lui vaudrait un succès fou. Ses lecteurs seraient rudement stupéfaits, sinon sceptiques, quand ils apprendraient que l’auteur avait été victime d’un phénomène incroyable de cicatrisation spontanée.
Suivis du regard par Françoise Jamot et Elisabeth Lewis, toutes deux debout sur l’échelle amovible du Firstar, les trois aérobulles bondirent dans les airs avec la souplesse de grosses balles en caoutchouc. L’éclat du soleil bleuâtre les enroba rapidement, frappant les cockpits d’une multitude de lances lumineuses.
Les bulles disparurent bientôt aux yeux des deux observatrices demeurées au sol. Elles se dirigeaient en droite ligne vers le trait sombre qui barrait l’horizon, à une distance inappréciable.
Kerreck entra en contact-radio avec ses compagnons.
— M’entendez-vous, Mole ? Tout va bien ?
— O.K. ! Je vous entends L’appareil se comporte admirablement. Je règle ma vitesse sur la vôtre.
Kerreck grogna de satisfaction. Il appela le mécanicien.
— Allô ! Stockwell ? Rien à signaler ? Comment va votre blessure ? Je me demande si vous n’auriez pas mieux fait de rester auprès des deux femmes et de Lewis.
— Vous savez très bien commandant, riposta l’Anglais, que ma blessure n’est plus qu’un mauvais souvenir. Je me suis porté volontaire pour cette exploration en aérobulle.
— D’accord, concéda Kerreck, mais…
— Forêt en vue, mon commandant ! interrompit Stockwell, brusquement attentif au spectacle se déroulant sous lui.
Kerreck sourit. Le mécano, malgré son flegme inné, était un type sur lequel on pouvait compter. Mac se félicitait de l’avoir emmené. Il aimait une équipe solide autour de lui. Voilà pourquoi il avait éludé habilement la proposition des deux femmes qui désiraient participer à la mission.
— Nous ne pouvons laisser le Firstar à la seule garde de Lewis, du reste occupé au labo, avait prétexté Kerreck, non sans raison.
Rapidement, il avait su dissuader Françoise et Elisabeth. De plus, certains dangers, peut-être plus redoutables que celui de l’herbe coupante, guettaient les trois hommes. A aucun moment, le commandant ne tenait à faire courir de risques aux deux femmes, reconnues « d’indispensable nécessité à bord ».
Kerreck parla dans son micro :
— Perdons progressivement de l’altitude. Gardons cependant une marge de sécurité, au cas où un incident surviendrait. Ne frôlons à aucun moment la cime des arbres. Il n’est pas question, pour l’instant, de s’enfoncer dans cette forêt.
Sous les trois aérobulles défilait un spectacle grandiose. Des arbres de taille gigantesque, aux coloris les plus inattendus, se lançaient à l’assaut du ciel orangé. Il émanait du moutonnement de cette végétation colossale une impression de puissance, de majesté. Un fouillis indescriptible de lianes, d’épines, de buissons, de fougères, s’amalgamaient, rendant une pénétration quasi-aléatoire.
Kerreck compara cette sylve à la jungle vénusienne, probablement aussi épaisse, aussi inextricable, mais aux couleurs plus uniformes. Les hommes se sentaient un peu dépaysés, réduits à l’état de nains, à côté de ces arbres immenses, dont les plus grands devaient atteindre une trentaine de mètres de hauteur. Certains troncs, au bas mot, mesuraient plus de dix mètres de circonférence. Massifs, noueux, ils s’implantaient fortement dans un sol sans excès d’humidité, recouvert d’une épaisse couche d’humus qui étouffait tout bruit.
Des caméras automatiques, fixées au-dessous des aérobulles, filmaient ce décor amazonien, frappé de gigantisme. Les bandes seraient examinées plus tard, agrandies. Pour le moment, les trois hommes se contentaient d’une exploration aérienne.
Brusquement, un appel vibra dans les écouteurs de Kerreck, dont les yeux se repaissaient des couleurs chatoyantes, allant du mauve au rouge, en passant par le vert et le marron, de la pittoresque fresque sylvestre.
Stockwell, dont la vue perçante lui allouait une supériorité sur ses compagnons, signala la présence, à moins de deux kilomètres, d’une vaste plaque scintillante qu’il identifia comme étant de l’eau.
Aussitôt, Kerreck donna des ordres. Les trois appareils individuels se portèrent aussitôt dans la direction indiquée par l’Anglais. Bientôt, ils survolèrent une vaste étendue d’eau, d’un bleu indigo, cicatrice ronde et colorée dans l’homogénéité de la forêt.
Une mince plage de sable fin bordait ce lac investi de tous côtés par les arbres dont certains, plus audacieux, miraient même leurs basses branches dans les eaux, apparemment calmes, désertes.
Les aérobulles, oubliant toute prudence, se balancèrent à trois mètres de la surface. Une sonde tomba de l’appareil de Kerreck et plongea dans les eaux limpides, nimbées de soleil. Une pompe aspira plusieurs gorgées de liquide, emplissant un récipient en plastique. Cet échantillon serait examiné plus tard par Lewis.
Sur un manomètre de contrôle, le commandant nota que le récipient était plein. Il déclencha la remontée de la sonde et celle-ci regagna son alvéole, sous la coupole de verre synthétique.
C’est à ce moment que Stockwell, bien avant ses compagnons, aperçut la créature qui venait d’émerger de la forêt et contemplait les trois machines volantes des Terriens de ses deux yeux quasi inexpressifs.
Kerreck tâta le pistolet à bio-rayons qu’il portait au côté. La présence de l’arme le rassura et dénoua sa gorge, soudain privée de salive. Il parla rapidement dans le microphone :
— Ne bougez pas. Stabilisez vos appareils à l’altitude actuelle. Dégainez vos pistolets à biorayons, mais n’en faites pas usage sans mon ordre. Je vous recommande le sang-froid le plus absolu.
Le triple regard des Terriens se riva sur la première créature vivante de la planète encore non cataloguée par l’Office International de Topographie Céleste, et qui, dans un proche avenir, figurerait probablement sous un numéro minéralogique dans le répertoire Universel.