Le petit-neveu de Grécourt, ou, Étrennes gaillardes Recueil de Contes en vers, réimprimés sur l'édition de 1782
Vaudeville
Cloris avec un gros Seigneur,
L’hiver dernier, perdit sa fleur; C’est ce qui la désole.
Mais alors elle n’avoit rien,
Et maintenant elle a du bien;
C’est ce qui la console.
Lise avoit Lindor pour amant,
Sa mère la met au Couvent;
C’est ce qui la désole.
Un Directeur qui vaut de l’or, Près d’elle remplace Lindor;
C’est ce qui la console.
Lisimon est bien convaincu
Que son voisin le fait cocu;
C’est ce qui le désole.
En secret le drille malin
Rend la pareille à son voisin; C’est ce qui le console.
ÉLÉGIE
Au diable soit la donzelle
Qui, me prenant par la main,
Me fit rebrousser chemin,
Et me conduisit chez elle!
Sot que je fus ce jour-là!
En arrivant dans sa chambre,
Sur un lit parfumé d’ambre
Ses charmes elle étala.
Las! j’en perdis la parole.
Que faire? j’étois vaincu:
Jean Chouart joua son rôle;
Barbe gagna son écu,
Moi, je gagnai la vérole.