Le petit-neveu de Grécourt, ou, Étrennes gaillardes Recueil de Contes en vers, réimprimés sur l'édition de 1782
Conte
«La petite vérole est un mal, belle Agnès, »Dont, passé dix-huit ans, on ne guérit jamais,»
Dit un jeune Esculape, «ou du moins, c’est bien rare; »Vous en avez quatorze; à mes soins fiez-vous, »Que d’un poison traître et barbare »Je sauve avec vos jours des charmes aussi doux; »Souffrez enfin… que je vous inocule.
»—Oh! vous me ferez mal.—Très peu.
»Vous verrez que ce n’est qu’un jeu; »Votre frayeur est ridicule.
»—A demain.—Aujourd’hui.—Non, non—Soit, à demain.»
Le lendemain, Agnès toujours tremble et résiste; Notre inoculateur, comme on le croit, persiste; Il fait l’insertion autre part que Tronchin.
Agnès crie, ensuite se prête
A ses efforts. L’opération faite, —«Que n’allez-vous,» dit-elle, «votre train?
»Vous n’auriez qu’à m’avoir manquée!»
Il double, il triple, il cesse.—«Encore un autre grain, »Quand j’en devrois être marquée!»