Le petit-neveu de Grécourt, ou, Étrennes gaillardes Recueil de Contes en vers, réimprimés sur l'édition de 1782

Le Chapelain

CHANSON

Sur l’Air: Ne vlà-t-il pas que j’aime.

 

Il me falloit faire une fin

Comme tout bon Apôtre;

Je suis devenu Chapelain,

Ce poste en vaut un autre.

 

Iris m’offroit à desservir

Sa gentille Chapelle:

Je n’ai jamais su qu’obéir

Aux ordres d’une belle.

 

Elle est au fond d’un bois couvert, Gardé par le mystère;

Son sanctuaire n’est ouvert

Qu’à mon seul ministère.

 

Un double autel de marbre blanc Est de sa dépendance;

Mais ce bénéfice important

Oblige à résidence.

 

Sans Vicaire, de jour, de nuit, Suivant les anciens rites,

Je fais l’office à petit bruit Avec deux Acolytes.

 

Quoi qu’en puissent dire les gens, Même aux Fêtes de Vierge,

Dans ma Chapelle, en tous les temps, Je n’allume qu’un cierge.

 

Gros Prieurs et brillants Prélats Tout engraissés d’offrande,

Non, non, je ne troquerois pas Avec vous de Prébende.