Le tour de la France par deux enfants Devoir et Patrie
XCIX.—La nuit en mer.
Comment nous acquitter du bien qu'on nous a fait? En faisant nous-
même du bien à tous ceux qui ont besoin de nous.
Le canot était si léger qu'il semblait que la première vague eût dû l'engloutir, mais il bondissait sur la cime du flot pour retomber l'instant d'après dans le sillon que le flot laisse derrière lui. Le pilote tenait le gouvernail; l'oncle Frantz et André maniaient chacun une rame d'une main vigoureuse.
Chaque vague envoyait en passant dans le canot ces flaques d'eau que les marins appellent des paquets de mer, et le canot n'eût pas tardé à être submergé si Julien, les pieds dans l'eau, n'avait travaillé sans cesse à le vider. Souvent même André était obligé de laisser la rame pour aider l'enfant.
Le plus grand péril pour le moment, c'étaient les écueils où le navire venait de s'échouer. On ne les voyait point, mais on entendait le perpétuel mugissement, bien connu des marins, que les flots produisent en se brisant contre les rochers; et parfois, quand un éclair déchirait la nue, on apercevait à l'endroit des récifs toute une longue ligne blanche d'écume.
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L .—Les tempêtes de la mer sont produites par le
vent et l'orage qui bouleversent les flots. Sous ce rapport, le
nord-ouest de la France est parmi les contrées de l'Europe les
plus exposées aux orages. Dans la tempête, les vagues
fouettées par le vent bondissent jusqu'à une hauteur de douze
mètres.