Léonore, ou l'amour conjugal fait historique en deux actes et en prose mêlée de chantes
Scène II.
, ROC, il rentre par l'arcade à droite du spectateur, qu'il referme sur lui.
ROC.
Eh ben, vous vous fâchez donc toujours, vous autres?
MARCELINE.
Pardine, v'là-t-il une heure qu'i'm'poursuit, qu'i'm'tourmente....
ROC.
Comment donc?
MARCELINE.
I'veut que j'l'aime et que j'l'épouse, rien qu'ça, mon père.
JACQUINO.
Certainement.
ROC, à Marceline.
Et qu'est-ce que tu dis à cela, toi?
MARCELINE. Que l'un m'est aussi impossible que l'autre.
JACQUINO.
Oh! ça m'est égal; j'entends et j'prétends..
ROC, avec ironie.
Tu entends... tu prétends....
JACQUINO.
C'est qu'i'n'faut pas vous imaginer...
ROC, brusquement.
Allons, tais-toi; eh ben oui, j'n'aurons qu'une fille, j'l'aurons faite exprès ben tournée, ben gentille, (il passe sa main sous le menton de Marceline) j'm's'rai donné ben d'la peine à l'élever, à la conserver saine et sauve jusqu'à seize ans... et tout ça pour monsieur. (Il fixe Jacquino en riant.) Ah! ah! ah! ah!... (à Marceline.) Fidélio n'est pas encore de retour?
MARCELINE.
Non, mon père.
(On frappe à la porte du fond.)
JACQUINO, courant ouvrir avec vivacité.
On va, on va.
ROC.
Il aura sans doute été forcé d'attendre long-tems chez le forgeron.
MARCELINE.
Le voici!.... Le voici!....