Les chansons de Bilitis

Pierre Louÿs · Chapitre 128 sur 131

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Les chansons de Bilitis

155 — La Mort Véritable

Aphrodita! déesse impitoyable, tu as voulu que sur moi aussi la jeunesse heureuse aux beaux cheveux s’évanouît en quelques jours. Que ne suis-je morte tout à fait!

Je me suis regardée dans mon miroir: je n’ai plus ni sourire ni larmes. Ô doux visage qu’aimait Mnasidika, je ne puis croire que tu fus le mien!

Se peut-il que tout soit fini? Je n’ai pas encore vécu cinq fois huit années, il me semble que je suis née d’hier, et déjà voici qu’il faut dire: On ne m’aimera plus.

Toute ma chevelure coupée, je l’ai tordue dans ma ceinture et je te l’offre, Kypris éternelle! Je ne cesserai pas de t’adorer. Ceci est le dernier vers de la pieuse Bilitis.

 

LE TOMBEAU DE BILITIS