Les chansons de Bilitis
24 — Lykas
Venez, nous irons dans les champs, sous les buissons de genévriers; nous mangerons du miel dans les ruches, nous ferons des pièges à sauterelles avec des tiges d’asphodèle.
Venez; nous irons voir Lykas, qui garde les troupeaux de son père sur les pentes du Tauros ombreux. Sûrement il nous donnera du lait.
J’entends déjà le son de sa flûte. C’est un joueur fort habile. Voici les chiens et les agneaux, et lui-même, debout contre un arbre. N’est-il pas beau comme Adonis!
Ô Lykas, donnenous du lait. Voici des figues de nos figuiers. Nous allons rester avec toi. Chèvres barbues, ne sautez pas, de peur d’exciter les boucs inquiets.
25 — L’OFFRANDE À LA DÉESSE
Ce n’est pas pour l’Artémis qu’on adore à Perga, cette guirlande tressée par mes mains, bien que l’Artémis soit une bonne déesse qui me gardera des couches difficiles.
Ce n’est pas pour l’Athêna qu’on adore à Sidê, bien qu’elle soit d’ivoire et d’or et qu’elle porte dans la main une pomme de grenade qui tente les oiseaux.
Non, c’est pour l’Aphroditê que j’adore dans ma poitrine, car elle seule me donnera ce qui manque à mes lèvres, si je suspends à l’arbre-sacré ma guirlande de tendres roses.
Mais je ne dirai pas tout haut ce que je la supplie de m’accorder. Je me hausserai sur la pointe des pieds et par la fente de l’écorce je lui confierai mon secret.