Les chansons de Bilitis

Pierre Louÿs · Chapitre 66 sur 131

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Les chansons de Bilitis

81 — L’objet

« Salut, Bilitis, Mnasidika, salut. — Assieds-toi. Comment va ton mari? — Trop bien. Ne lui dites pas que vous m’avez vue. Il me tuerait s’il me savait ici. — Sois sans crainte.

— Et voilà votre chambre? et voilà votre lit? Pardonne-moi. Je suis curieuse. — Tu connais cependant le lit de Myrrhinê. — Si peu. — On la dit jolie. — Et lascive, ô ma chère! mais taisons-nous.

— Que voulais-tu de moi? — Que tu me prêtes… — Parle. — Je n’ose nommer l’objet. — Nous n’en avons pas. — Vraiment? — Mnasidika est vierge. — Alors, où en acheter? — Chez le cordonnier Drakhôn.

— Dis aussi: qui te vend ton fil à broder? Le mien se casse dès qu’on le regarde. — Je le fais moi-même, mais Naïs en vend d’excellent. — À quel prix? — Trois oboles. — C’est cher. Et l’objet? — Deux drachmes — Adieu. »