L'hypersensibilité, un super-pouvoir !

Imi Lo · Chapitre 6 sur 10

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L'hypersensibilité, un super-pouvoir !

Deuxième partie : Sortir de sa cachette pour mieux s’épanouir

 

DEUXIÈME PARTIE

 

Sortir de sa cachette

 

pour mieux s’épanouir

 

Chapitre 4

 

Votre relation avec vous-même

 

Reconquérir leur authenticité est un rite de passage obliga-

toire pour celles et ceux qui sont naturellement en marge.

L’hypersensibilité et l’intensité sont des dons exceptionnels,

mais si on comprend mal la situation ou qu’on ne dispose

pas de sufsamment de soutien, avoir un mode de fonc-

tionnement qui n’est pas en phase avec celui des autres peut

générer de nombreuses expériences douloureuses. Si vos

parents, vos professeur(e)s ou vos pairs étaient agacés par

vos excentricités, vous en avez peut-être conclu que vous

étiez en tort. Vous vous êtes convaincu(e) que vous aviez

un problème et que c’était vous qui aviez besoin de changer.

À force, cela vous a conduit(e) à renier votre intensité et à

vous éloigner de votre identité. À un stade ou à un autre de

votrevie,pourtant,voussentirezl’appeldevotrevraienature.

 

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L’,  - 

Ce sera éventuellement le résultat d’un changement décisif:

votre installation dans un autre pays, une maladie grave, une

n de carrière, le départ de quelqu’un de proche… Vous vous

rendrez alors compte qu’être ce que votre conjoint(e), vos

parents, vos ami(e)s ou la société projette de vous ne vous

suft pas, et que vous devez raviver votre âme intuitive et

empathique. Dans ce chapitre, nous vous guiderons à travers

les différentes phases de votre transformation pour vous

aider à trouver votre véritable place.

 

Devenir la personne que vous êtes vraiment

 

Quand vous étiez enfant, votre besoin de sécurité vous pous-

saitàévitertoutrisqued’abandon.Commevousdépendiezde

vos parents pour survivre, il vous fallait leur faire plaisir et

écartertoutepossibilitéderejet,mêmesicelavousconduisait

à faire taire vos souhaits. Adolescent(e), vous avez dû vous

adapter au monde pour vous intégrer. Vous avez tout fait

pour ne pas subir de harcèlement ou des railleries. Adulte,

vous êtes une sorte de caméléon qui change de couleur pour

se fondre dans le décor. Vous vous rendez utile, vous êtes

productif(ve) et efcace, pour qu’on ne vous ignore pas. Vous

êtes devenu(e) hypervigilant(e). Vous détectez le moindre

signe de négativité et vous adaptez votre comportement

en conséquence. Dans le passé, votre dynamisme et votre

enthousiasme étaient accueillis par des regards ébahis ou

perplexes. Àforce d’expérience, vous vous êtes rendu compte

que partager vos sentiments vous isolait encore plus. Dès

que vos accomplissements sortent de la norme, ils sont

dénigrés; vous avez donc appris à ne pas viser trop haut.

 

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V    -

Les opportunités deviennent des dangers, et vous préférez

vous laisser aller à l’autosabotage avant que quelqu’un d’autre

n’ait l’occasion de vous attaquer.

Vous pensiez pouvoir vous protéger en vous faisant dis-

cret(ète), or vous trahir n’est pas sans conséquence. Vous

avez par exemple opté pour une carrière qui vous apporte

la sécurité matérielle mais qui vous a forcé(e) à renier votre

créativité, ou encore, votre couple est le résultat d’un choix

pragmatique mais peu enrichissant. Vous êtes sans cesse

habité(e) par des conits intérieurs et vous vous posez des

questions sur votre identité et vos désirs. Vous n’êtes pas

capable de ressentir de la joie ou du plaisir, et quand vous

vous réveillez le matin, c’est avec une attitude nihiliste et un

manque de motivation. Vous êtes comme un animal sauvage

qui chercherait à se domestiquer lui-même, prêt(e) à troquer

votre exubérance naturelle pour l’approbation de la foule.

Au fond de vous, toutefois, vous savez que vous ne vivez pas

pleinement et vous culpabilisez de laisser l’existence vous

ler entre les doigts.

 

Le vrai soi et le faux soi

 

Le concept dutrue self/false self a été introduit pour la pre-

mière fois par le psychanalyste britannique D. W.Winnicott

en 1960, pour expliquer la manière dont nous renonçons

à notre authenticité dans le but de survivre 1 . Votre vrai

soi est le plus innocent, spontané et créatif; il représente

qui vous étiez enfant quand vous vous sentiez en sécurité

en présence d’un adulte digne de conance et que vous

étiez libre de vous exprimer. Par contraste, le faux soi est

 

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L’,  - 

une façade protectrice que vous avez créée pour répondre

aux attentes de vos parents, des autres et de la société en

général. Au départ, cette façade vous rendait service, puis

elle s’est un peu trop installée et elle est désormais le seul

aspect de vous-même que vous connaissez. En nourrissant

excessivement votre faux soi, vous risquez de vous rendre

malade physiquement et psychologiquement. Quand votre

personnalité extérieure se plie à la conformité, votre être

intérieur est silencieusement brimé. Si vous ignorez le pro-

blème, cette rébellion sous-jacente nira par exploser. C’est

pour cela que vous avez parfois des réactions incontrôlées

et destructrices, sans savoir d’où elles viennent.

Carl Jung évoquait une notion proche, comparable à

celle du «false self» de Winnicott, en utilisant le terme

«persona» pour décrire l’identité que nous construisons

pendant la première partie de notre vie 2 . Persona est un

mot latin signiant «masque»; c’est notre interface avec

le monde extérieur, un compromis entre le soi honnête et les

nombreuses contraintes que nous impose la vie en société.

Bien qu’entretenir des distinctions entre votre vie privée et

votre comportement en société ne soit pas un problème, vous

prenez le risque de fusionner avec ce masque. Tout comme

un poisson ne voit pas l’eau dans laquelle il se trouve, vous

pouvez ne pas réussir à discerner les valeurs inconscientes,

les doctrines et les règles culturelles qui gouvernent votre

vie. Vous ne comprenez pas à quel point vous êtes engagé(e)

dans une voie qui n’est pas la vôtre: un poste haut placé, une

relation amoureuse idéalisée, une personnalité extravertie.

Pour maintenir la façade, vous refoulez votre colère ou vous

refusez de montrer votre joie et, au bout du compte, vous

dissimulez même votre spontanéité et votre énergie créatrice.

 

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V    -

La bonne nouvelle est que votre âme

peut avoir été mise sous cloche, elle

n’a pas disparu pour autant.

 

Votre hypersensibilité et votre intensité ne cessent pas

d’exister juste parce que votre famille, votre école, votre

lieu de culte ou les conventions sociales n’en tiennent pas

compte.Vousavezpeut-êtreunpeutroprenforcévotrearmure

; pourtant, un jour ou l’autre, parfois dans des circonstances

inattendues, votre vérité nira par vous réveiller. Jung consta-

tait que de nombreuses personnes semblent souffrir d’une

dépression ou d’anxiété au milieu de leur vie, parce que «la

normalisation les rend malades» 3 . Mais ne plus supporter de

fuirvotrevraienatureestaucontraireunsignedebonnesanté.

 

Avoir raison de son faux soi

 

Retrouver votre identité de personne hypersensible et intense

est la première étape de la transformation qui vous permettra

de sortir de votre cachette pour vous épanouir pleinement.

Toute transformation implique de se débarrasser d’éléments

existants pour faire place à quelque chose de nouveau. Votre

faux soi doit «mourir» avant que votre vrai soi ne puisse

renaître.Outrecertainesrelationsamicalesouprofessionnelles

et parfois des choix de carrière, vous devrez renoncer à des

convictions profondément ancrées, ainsi qu’à l’idée que vous

vous faites de l’avenir et à la personne que vous pensiez être.

Après cet abandon de votre ancienne identité, vous entre-

rez dans un « espace liminal » – une zone de transition.

Les mystiques appellent cette phase « la nuit obscure de

l’âme» (saint Jean de la Croix) 4 . Au cours de cette période

 

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L’,  - 

déconcertante, vous remettrez en question ce que vous ont

enseigné votre famille, le système éducatif et l’ordre social.

De plus en plus, ce qui semblait «normal» vous paraîtra

hypocrite, insufsant ou dénué d’éthique. Ce qui vous ani-

mait auparavant – l’instinct de survie, le besoin de faire vos

preuves,l’importancedel’approbationdesautres–s’effacera.

Votre entourage ne comprendra pas forcément les change-

ments qui se produisent en vous. Comme nous vivons dans

uneculturequivaloriselaprogressionetlaproductivité,vous

libérer de ces idéaux vaniteux vous isolera. Si vous essayez

alors de résoudre cette situation difcile en en appelant à

la sagesse traditionnelle ou aux conseils conventionnels

des autres, vous découvrirez que ces méthodes qui vous

convenaient autrefois ne fonctionnent plus.

Àladisparitiondevotrefauxsoi,vouslouvoierezpeut-être

entre lesdifférents«stadesdudeuil» dénisparKübler-Ross

(1973): le déni, la colère, le marchandage, la dépression et

l’acceptation 5 .

• Le déni: Je suis sûr(e) que je ne suis pas si différent(e)

des autres. Je peux faire ce qu’ils font. Comme disaient

mes parents, peut-être que je n’ai pas fait assez d’efforts

(pour m’intégrer).

• Lacolère:Pourquoimoi?Pourquoitoutsemble-t-ilfacile

pour les autres mais pas pour moi? Pourquoi est-ce que,

malgré tous mes efforts, je n’y arrive pas? La vie est

injuste!Pourquoilemondenepeut-ilpasêtreplustolérant?

• Le marchandage: Je vais faire encore un essai pour trou-

ver ma place. J’essaierai de faire ceci, puis cela.

• La dépression: Ça ne sert à rien. Je suis différent(e). Je

ne serai jamais heureux(se) ni épanoui(e). Pourquoi est-ce

que je me donnerais du mal?

 

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V    -

• L’acceptation: Je suis tel(le) que je suis. Même si ce n’est

pas toujours facile d’être plus sensible et plus intense

que les autres, je suis convaincu(e) que mon authenticité

permettra aux bonnes personnes, aux bonnes situations

et aux bonnes opportunités de se présenter à moi.

 

Deux types de crainte

 

Alors que vous vous apprêtez à changer de cap, deux types

de crainte risquent de vous détourner de la voie vers l’au-

thenticité: la crainte du passé et celle de l’avenir.

La crainte du passé vous fait hésiter à vous montrer sous

votre vrai jour parce que vous avez peur que l’histoire se

répète. C’est la façon dont la psychothérapie conventionnelle

identie la nature de l’anxiété. Votre exubérance peut avoir

été négligée ou punie par vos parents. Vous avez peut-être

été harcelé(e) ou opprimé(e) parce que vous risquiez de faire

de l’ombre à vos pairs. Vous avez été humilié(e) un jour sans

avoir trouvé les mots pour vous défendre, et ce traumatisme

est resté ancré en vous. Maintenant, dans votre recherche

devérité, la terreur d’être exclu(e) et impuissant(e) revient à

la surface comme une tornade.

D’unautrecôté,d’unpointdevueexistentialiste,vousêtes

hanté(e) par le potentiel d’un avenir sans limites. Imaginer

de nouvelles opportunités qui vous permettraient de vivre

sans masque et de laisser libre cours à vos centres d’intérêt

et à vos émotions intenses est déstabilisant. Pour reprendre

la formule de Sartre (1957), vous craignez le «vertige de

la possibilité» – l’anticipation est presque insupportable 6 .

À première vue, il peut sembler paradoxal de redouter sa

 

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L’,  - 

propre liberté, mais cette dernière s’accompagne de respon-

sabilités. Reconnaître que vous avez le choix signie aussi

que vous êtes responsable de vos actes. Vous devez assumer

vos choix, vous dédier à la vie que vous avez choisie et faire

le deuil de ce à quoi vous renoncez. Ce n’est pas une tâche

aisée.

La pression exercée par la société ne facilite pas ce pro-

cessus de transformation. Souvent, quand vous vous engagez

sur la voie de l’authenticité, votre entourage et vos proches

ne vous prennent pas au sérieux, vous sous-estiment ou

vous critiquent. Ils se sentent menacés par la vérité, car

elle expose les contradictions de leurs propres vies. Votre

démarche remet en cause la stabilité d’un système existant

et, consciemment ou inconsciemment, les autres essayeront

de rétablir le statu quo.

Partagé(e) entre les ombres du passé et la peur de l’avenir,

vous essayez de vous accrocher à de fausses certitudes. Vous

risquez de fuir l’appel du vide en vous rabattant sur vos

anciens mécanismes de défense.

 

Si, face à une porte de sortie qui ouvre sur la

libération, vous n’avez pas assez conance pour

franchir le pas, ce que vous rejetez n’est pas

simplement le changement, mais la vie elle-même.

 

Votre invitation

 

Ce chaos mental est aussi un rite de passage pour atteindre

votre plein potentiel. Nombreux sont les grands artistes

et les penseurs qui ont eu à traverser cette épreuve pour

 

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V    -

faire entendre leur voix et inuencer le monde. Carl Jung a

développé sa théorie de l’individuation à partir de sa pénible

expériencepersonnelle.Filsd’unpasteurdel’Égliseréformée

suisse, il a découvert très tôt qu’il ne pouvait pas adhérer à

la foi protestante orthodoxe qui avait guidé son éducation.

Il a dû tracer son propre chemin. Il s’est retrouvé dans une

situation semblable quand, plus tard, il a été en désaccord

avecsonmentoretamidelonguedate,SigmundFreud.Étant

donné la prédominance de Freud dans les années 1920, la

démarchedeJungarequisunetrèsgrandeforcedecaractère.

Dans Le Héros aux mille et un visages, un ouvrage déter-

minant, Joseph Campbell soutient que les grands mythes de

la culture mondiale ont tous un schéma narratif semblable,

archétypal, qui se résume à ce qu’il nomme le «voyage

du héros» 7 . Tous les héros, dans leur quête, commencent

par quitter le monde qui leur est familier; puis, après un

tournant majeur dans leur histoire, ils se retrouvent seuls.

D’abord exclus ou rejetés, ils libèrent le monde de ses maux

collectifs, de sa torpeur ou de son aveuglement grâce à leur

esprit de rébellion et d’indépendance. C’est ce que souligne

Hermann Hesse lorsqu’il explique: «Mon histoire n’est pas

plaisante, contrairement aux histoires inventées, elle n’est ni

douce ni harmonieuse; elle a des relents de déraison et de

stupéfaction, de folie et de rêve, comme la vie de tous ceux

qui ne veulent plus se mentir à eux-mêmes.» 8

Le chaos fait partie de votre progression vers la maturité.

Quand vous êtes anxieux(se) ou déprimé(e), n’en tirez pas

la conclusion que vous êtes souffrant(e). Vous êtes peut-être

juste sur le point de vous réveiller.

Danslatourmente,lecourageaunesignicationdifférente

pour chacun. Quelque chose qui sera simple pour l’un peut

 

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L’,  - 

demander plus de force à l’autre. Vous n’aimez peut-être pas

ce qui est en train de se produire, ou cela vous met mal à

l’aise, mais vous pouvez faire l’effort de rester ouvert(e) au

processus et le laisser suivre son cours. Le succès appartient

à celles et ceux qui sont capables de surfer sans perdre l’équi-

libre sur l’inévitable vague d’inconfort qui accompagne tout

changement. Aussi tentante que soit la fuite, il est préférable

de ne pas refréner vos nombreuses émotions, et au contraire

d’apprendre à en faire vos alliées, même quand il s’agit du

chagrin, de la déception ou de la colère. Ce ne sont pas vos

ennemis, ce sont les messagers de votre psyché. Quand vous

restez immobile mais ouvert(e), la vie vous parle.

Il faut aussi savoir faire preuve de patience et de com-

passion à votre égard plutôt que de vous reprocher ce qui

vous arrive ou qui vous est arrivé par le passé. Une part de

vous-même aurait sans doute souhaité que vous réagissiez

plus tôt, seulement comme tous les éléments de la nature,

votre vie suit des cycles et des saisons. Tout ce que vous avez

accompli jusqu’à présent est une exploration précieuse qui

permet d’établir les fondations de votre réussite. Vous ne

pouviez pas savoir avant de savoir, vous n’auriez pas pu faire

le grand saut avant d’être prêt(e). Vous avez fait exactement

«le bon choix» jusqu’ici.

 

Envis agez votre tr ansformation comme un glissement de

votre centre de gravité – un passage de l’action à l’état, du

matér iel au spir i tuel. Vous progr essez d’une v ie anodine

vers votre for teresse intérieure. En prenant conscience de

la fausseté du monde, vous devenez un(e) penseur(se) dont

l’approche unique aide à résoudre les paradoxes de l’Univers.

 

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V    -

Ce conflit productif vous appor te un sens renouvelé d’indé-

pendance et d’intégrité. Être ancré(e) dans votre vérité vous

donne aussi la liber té de manifester vos dons et votre talent à

travers des mots, des créations ar tistiques, des projets per-

sonnels ou des actions sociales por teurs de sens. Vivre de

façon authentique n’a rien de narcissique, bien au contraire.

Il faut beaucoup d’humilité pour montrer sa vraie nature.

C’est un acte plein de noblesse que de renoncer à alimen-

ter son besoin d’être apprécié(e) et de choisir plutôt de faire

figure d’exemple pour d’autres personnes hypersensibles et

intenses. Votre démarche courageuse permet à d’autres d’en

faire autant, ce qui fait de votre transformation un processus

transpersonnel et constructif.

Au lieu de vous laisser influencer par celles et ceux qui sont

géographiquement proches de vous, vous aurez sans doute

besoin de trouver des âmes sœurs en vous plongeant dans la

lecture d’essais et de biographies pour en découvrir davan-

tage sur ces personnes du passé et du présent qui par tagent

votre vision spirituelle. Vous éprouverez peut-être aussi le

besoin d’écrire, de tenir un journal ou de vous adonner à la

création ar tistique qu’elle soit musicale ou autre. Avec le

temps, vous apprendrez à vous consoler, vous rassurer, vous

réconforter et vous développer. Même s’il n’y a pas dans votre

entourage immédiat quelqu’un qui soit exactement comme

vous, vous pouvez être votre propre allié(e).

 

Je souhaite terminer cette section en vous invitant à consi-

dérer votre crise émotionnelle sous un jour différent et à

apprendre à respecter votre noirceur existentielle. Même

si c’est une aventure précaire, elle mérite d’être vécue. Le

moment où vous doutez est un tournant critique de votre

 

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L’,  - 

développement: vous pouvez soit vous donner l’opportunité

de vous réapproprier votre identité de personne hypersen-

sible et intense, soit continuer à vivre dans le mensonge.

Si vous tenez bon et que vous poursuivez votre chemin,

vous pénétrerez dans les profondeurs de votre psyché pour

retisser le lien avec ce qui constitue réellement le cœur de

votre identité. Le véritable sentiment d’appartenance ne se

trouve pas en reniant des aspects de votre personnalité. En

les acceptant tous, y compris la colère, la tristesse, la créa-

tivité et la vitalité que vous avez rejetées par le passé, vous

deviendrez un être humain plus complet. Après le chaos,

vous découvrirez un nouveau degré d’intimité avec la vie,

vous-même et les autres.

 

Exercice de réf lexion: éloges funèbres

 

«Memento mori» est une expression latine qui signie

«Souviens-toi que tu vas mourir». C’est aussi une démarche

destinée à nous faire rééchir à notre propre mortalité et

à la fragilité et la brièveté de la vie humaine. Cela peut, à

première vue, paraître paradoxal, mais pour les penseurs,

les philosophes et les artistes de tous horizons et de toutes

les périodes de l’Histoire, méditer sur la mort est un antidote

infaillible contre de nombreuses souffrances humaines, y

compris la peur de mourir.

Garder à l’esprit que notre passage sur terre est limité

dans le temps nous aide à vivre dans le moment présent, à

nous focaliser sur les valeurs les plus importantes et à ne

pas être obsédé(e)s par des choses nalement très futiles et

éphémères par nature. Les philosophes stoïciens recouraient

 

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V    -

à la méditation sur la mort pour stimuler chez leurs adeptes

le courage, l’humilité, la modération et bien d’autres vertus.

L’exercice suivant vous invite à envisager votre propre mor-

talité, pour vous aider à vous focaliser sur votre possession

la plus importante: le don de la vie.

Prévoyez une heure pour cet exercice. Trouvez un endroit

calme,oùl’onnerisquepasdevousinterrompre.Commencez

en fermant les yeux et en respirant profondément.

Imaginez que vous êtes arrivé(e) à la n de votre vie. Pour

une raison inexplicable, vous êtes en mesure d’assister à vos

propres funérailles. Essayez de les visualiser. Où auront-elles

lieu?Àl’intérieurouenpleinair?Quiseralà?Représentez-

vous les visages et leurs expressions. Vous pouvez imaginer

autant de gens que vous le souhaitez. Il n’y a pas de limite.

Maintenant, imaginez qu’un de vos proches se lève pour

partager les souvenirs qu’il a de vous. Il parlera de qui vous

étiez, de vos valeurs, de la façon dont vous avez vécu, de

ce qui caractérisait votre existence; il expliquera comment

les gens se sentaient en votre présence, et ce que vous avez

apporté au monde.

Pour la première partie de l’exercice, rédigez votre éloge

funèbre comme si vous deviez mourir aujourd’hui. Pensez

aux personnes que vous avez rencontrées et à ce qu’elles

diraient de vous. Prenez le temps de rendre hommage à ce

que vous avez réalisé jusqu’ici, mais pensez aussi aux espoirs

et aux rêves que vous n’auriez pas le temps d’accomplir si

vous mouriez maintenant. Soyez aussi honnête que possible,

même si la vérité est parfois douloureuse.

Ensuite, imaginez que les années ont passé et que vous

mourez alors que vous êtes une personne âgée. Cette fois,

rédigez votre éloge funèbre idéal. Pensez à ce que vous

 

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L’,  - 

laissez derrière vous, à ce que vous avez apporté au monde,

aux vies que vous avez touchées et à toutes les choses que

vous avez accomplies. Que signie avoir bien vécu? Quel

souvenir laisserez-vous aux autres? Pouvez-vous résumer

tout cela en quelques phrases?

Dans la mesure du possible, rééchissez au-delà de vos

accomplissementsetfocalisez-vousdavantagesurlesqualités

et les valeurs dont vous souhaitez avoir fait preuve.

Maintenant, relisez ce que vous avez écrit.

• Y a-t-il des éléments qui vous surprennent?

• Qu’est-ce que cette démarche révèle sur votre univers

intérieur et extérieur?

• Que savez-vous de vos valeurs et de vos qualités?

• Dans quelle mesure le résultat de cet exercice pourrait-il

inuencer votre vie aujourd’hui?

• Avec le recul, y a-t-il des inquiétudes ou des préoccu-

pations de votre quotidien auxquelles vous choisiriez de

renoncer?

 

Pournir,mettezvosélogesfunèbresdecôté.Rééchissez

aux questions suivantes et répondez-y dans votre journal

intime:

• Comment puis-je me décrire quand je suis dans l’état le

plus innocent, le plus spontané, le plus enjoué et le plus

en conance?

• Dans quelle mesure ma naïveté m’a-t-elle fait souffrir

dans le passé?

• Àquelstadedemavieai-jecommencéàm’abriterderrière

une façade?

• Pour moi, que veut dire «se sentir en sécurité»?

• Pour moi, qu’est-ce que le pouvoir?

 

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V    -

• Dans quelle mesure les normes sociales et mon milieu

culturel ont-ils affecté ma vie?

• Quelles règles dirigeant inconsciemment ma vie ai-je

intériorisées?

• De quelles contraintes sociétales ai-je réussi à me libérer

et y a-t-il eu un prix à payer?

• Est-ce qu’en ce moment même mon âme essaye d’inuer

sur ma conscience? Y a-t-il un signal d’alarme que je

fais semblant de ne pas entendre?

• Quels sont les dons qui me caractérisent?

• Que se passerait-il de pire si je partageais soudain ces

dons avec le reste du monde?

• Si je suis parfaitement honnête avec moi-même, à quelles

relations vais-je devoir mettre un terme?

• À ce stade de ma vie, qu’est-ce qui m’attriste? Quelles

sont les choses qui méritent que je me réjouisse?

• Quelles sont les valeurs qui comptent le plus pour moi?

Qu’est-ce qui reste inchangé quelles que soient les cir-

constances extérieures?

• De quelles idées ou façons de penser dépassées suis-je

prêt(e) à me débarrasser?

• Quelles nouvelles convictions ou valeurs peuvent désor-

mais guider mes choix?

• S’il ne me restait que dix ans/cinq ans/un an à vivre,

qu’est-ce que je changerais?

 

Devriez-vous contrôler vos émotions?

 

Être hypersensible et émotionnellement intense ne signie

pas être instable, mais si vous n’avez pas encore appris à

 

85

L’,  - 

réguler les émotions complexes qui vous assaillent constam-

ment, chaque jour, elles risquent de vous submerger. Des

pensées obsessionnelles, des crises de panique, un sentiment

de honte ou une peur de l’abandon irrépressibles risquent, à

tout moment, de vous rendre une visite surprise. Parfois, vous

vous réveillez le matin en présence de l’un de ces visiteurs

inopportuns sans vraiment savoir pourquoi.

Vous avez longtemps pensé que votre rôle était de contrô-

ler ou de maîtriser vos émotions. Vous avez sans doute

essayé toutes sortes de stratégies pour dissiper votre colère,

d’activités pour calmer votre anxiété, ou de stimulants pour

soulager votre tendance dépressive. Mais cela a eu pour

conséquence de vous laisser engourdi(e), en proie à la dis-

sociation, ou à l’inverse en lutte constante avec votre esprit.

Quand vous passez d’un extrême à l’autre, il vous reste peu

de moments de paix.

Dans cette section, nous évoquerons ce que vous pouvez

faire si votre paysage émotionnel est complexe et tumultueux.

Vous vous rendrez compte que, bien qu’il soit difcile de

contrôler les pensées, les émotions et les sensations qui

émergent, vous pouvez choisir la relation que vous entretenez

avec elles et la façon dont vous les gérez. En développant une

relation saine avec vos émotions, vous pouvez vous laisser

porter par la vague, avec calme et passion, sans avoir à vous

étourdir et en évitant le chaos.

 

«Tout va bien?»

 

Le monde moderne entretient une culture du positivisme

–tout doit toujours aller bien. Dès notre plus jeune âge, nos

parents nous demandent de nous taire et d’arrêter de pleurer;

 

86

V    -

on nous pousse à avoir honte d’exprimer notre colère ou

notre tristesse en public. Autour de nous, les magazines et les

ouvrages de développement personnel regorgent de conseils

pour «contrôler sa colère» ou «se libérer de la tristesse».

Partout où nous allons, le message semble être que cer-

taines émotions sont des failles dont nous devons nous débar-

rasser ou qui doivent nous passer en grandissant.

Au sein des systèmes de soins, le concept de santé men-

tale se résume à identier des personnes souffrant d’une

«maladie» et à leur prescrire divers produits chimiques pour

étouffer leurs émotions. Certains thérapeutes encouragent

leurs patients à classer leurs émotions en deux catégories:

rationnelles et irrationnelles, puis à tenter de les contrôler.

Ce qui ne fait qu’empirer la situation, c’est quand on nous

dit de bannir certaines émotions mais que nous n’y arrivons

pas, car cela nous entraîne dans un cycle de culpabilisation

et de désarroi. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons en

conit avec nous-mêmes.

Des études récentes tendent à prouver que l’approche

du type « Allez, tout va bien ! » ne fait qu’accentuer un

problème. Les psychologues et les thérapeutes se sont rendu

compte que la souffrance ne vient pas de l’expérience que

nous faisons de la douleur émotionnelle, mais de nos ten-

tatives pour l’éviter. Il s’avère qu’au lieu d’essayer de faire

disparaître les sensations déplaisantes, si l’on apprend à vivre

avec, de préférence de bonne grâce, on peut atteindre le

bien-être physique et psychologique 9 . Cette approche a donné

naissance à ce que l’on appelle la « troisième vague » de

thérapies cognitives et comportementales, comme la thérapie

d’acceptation et d’engagement, la thérapie comportementale

dialectique ou la thérapie fondée sur la pleine conscience

 

87

L’,  - 

pour la réduction du stress. La pleine conscience, l’accepta-

tion et la compassion ont été introduites dans ces modèles.

L’objectif thérapeutique n’est pas de fuir les pensées et les

sensations déplaisantes, mais d’apprendre à les accepter sans

jugement et de façon positive.

Si les stratégies que vous avez adoptées jusqu’ici n’ont pas

fonctionné, il est temps de passer à une approche différente.

Pour celles et ceux qui disposent d’un univers émotionnel

riche et tumultueux, les conseils conventionnels du type

«ignorer et supprimer» sont rarement sufsants. Comme

vous en avez sans doute désormais pris conscience, quand il

est question de vos émotions, malgré tous vos efforts, il est

impossible de nager à contre-courant. Apprendre à accepter

et à apprivoiser le ot de vos émotions est bien plus productif

que de les combattre en permanence.

 

Comment vous comporter avec

 

vosémotions

 

Quand on est confronté à des émotions complexes, la réac-

tion immédiate est soit de les fuir (répression, suppression,

détachement, évitement), soit de les analyser à l’excès et de

se retrouver en conit permanent avec elles. Aucune de ces

solutions n’est viable à long terme, car le véritable bien-être

ne s’obtient que lorsque l’on réussit à maintenir l’équilibre du

paradoxe entre l’engagement et le détachement, sans recourir

aux extrêmes. Selon cette approche nouvelle, la tâche ne

consiste pas à éliminer ses émotions; il s’agit plutôt de leur

donner sufsamment d’espace pour que le processus physio-

psychologique naturel puisse se dérouler avec un minimum

 

88

V    -

d’interruption. Vous constaterez sans doute alors que vos

émotions sont plus faciles à calmer quand vous vous sentez

totalement dépassé(e).

 

Rappelez-vous que vous n’êtes pas vos émotions

 

Pour commencer, gardez à l’esprit que vous ne vous résu-

mez pas à vos humeurs (ce qu’on appelle la perception

«gure-fond»). Cela vous aidera à ne pas les laisser vous

engloutir. La façon dont nous expr imons nos émotions

n’est pas toujours très favorable. Quand nous disons: «Je

suis en colère» ou: «Je suis triste», c’est comme si nous

fusionnions avec cette émotion, pour ne faire plus qu’un.

Or vous n’êtes pas vos émotions, vous êtes la personne qui

les détecte, les remarque, les observe et les constate. Ce

que vous ressentez vous paraît réel mais ne l’est pas. Vos

émotions ne vous dénissent pas, ne vous contraignent

pas et ne vous limitent pas. Elles passent à travers vous

et vous n’êtes pas «à l’intérieur». La personne que vous

êtes est bien plus vaste qu’une pensée, un sentiment ou une

sensation que vous éprouvez à un moment donné. Pour

comprendre vos émotions, vous n’avez pas à vous identier

à elles ou à les laisser vous submerger; il vous faut plutôt

les regarder comme une série à la télévision. Pour établir

une distance plus saine avec vos émotions, commencez

par changer la façon dont vous parlez de vous-même en

utilisant des expressions telles que:

• «Je remarque un sentiment de colère.»

• «Je sens la peur m’envahir.»

• «Jemerendscomptequejesuistraversé(e)parlatristesse.»

 

89

L ’,  - 

• «J’identie une sensation d’anxiété à ce moment précis.»

• «Je suis conscient(e) que, juste maintenant, la honte pro-

voque en moi une sensation angoissante.»

 

Les métaphores suivantes sont aussi particulièrement

utiles pour réajuster la perception gure-fond entre le moi

et les émotions:

• Imaginez que vous êtes le ciel et que vos émotions sont

des nuages qui passent.

• Quand vous êtes dans une gare, vous n’êtes pas obli-

gé(e) de monter dans tous les trains qui passent. Si les

émotions qui se présentent ne vous emmènent pas dans

la direction que vous souhaitez, vous pouvez les laisser

partir sans vous.

• Considérez que vous êtes un vaste océa n et que les

émotions sont des vagues. Même si la surface de l’eau

est très agitée, vous résidez dans le calme du fond de

l’océan.

 

Ressentez dans votre corps

 

Apprendre comment les émotions opèrent dans votre corps

vous aidera à rester impliqué(e) sans fusionner avec elles.

Pour ne pas perdre de vue la nature passagère d’une émotion,

il est utile de vous entraîner à remarquer sa uidité. Les émo-

tions ne sont pas des éléments statiques, mais des énergies

uctuantes. Elles ne sont jamais immobiles et prennent sans

cesse de nouvelles formes, créant des sensations et des sons

différents. Quand vous faites état de leur présence en vous,

elles sont déjà en train de se dissiper.

 

90

V    -

Quand vous êtes traversé(e) par une émotion, posez-vous

les questions suivantes:

• Dans quelle partie de mon corps génère-t-elle des sen-

sations? (Ce n’est pas un problème si votre corps vous

semble engourdi. Vous pouvez tout autant vous en pré-

occuper, sans essayer d’y remédier.)

• Est-ce qu’elle se déplace ou est-ce qu’elle s’est logée dans

l’un de mes organes ou de mes muscles?

• A-t-elle créé en moi une sensation de chaleur ou de froid?

• Si elle avait une texture, serait-elle souple ou rigide?

• Si elle était faite d’une matière, serait-elle en plastique,

en bois, en métal?

• Si elle avait une couleur, laquelleserait-ce?

• Est-elle statique ou évolue-t-elle en permanence?

• Est- ce qu’el le d i m i nue ou est- ce qu’el le prend de

l’ampleur?

• Si c’est une émotion douloureuse, comment décrirais-je

cette douleur? Sourde, aiguë, pénétrante? Ressemble-

t-elle à un battement, une pulsation, un élancement, une

décharge électrique?

 

Prenez du recul

 

Envisager nos émotions et ce qui les déclenche dans un

contexte plus large peut immédiatement changer la relation

que nous entretenons avec elles. Quand des événements

déplaisants se produisent pour la première fois, ils nous

paraissent toujours particulièrement signicatifs, mais si

nous prenons du recul et nous positionnons en observa-

teurs(trices), nous prenons conscience de la brièveté et de la

 

91

L’,  - 

futilité de nos préoccupations. Comme le dit le philosophe

stoïcien Marc Aurèle: «Tout ce que vous voyez change d’un

instant à l’autre et aura bientôt disparu. N’oubliez jamais

combien de ces changements vous avez déjà constatés »

(Méditations, 4.3.4).

Quandvouséprouvezuneémotiondouloureuse,changezde

perspectivespatialeettemporelle.Visualisezvotreexistencesur

unelonguelignedetempsetprenezconscience,en comparaison,

du caractère passager du moment présent. Imaginez que vous

ottez au-dessus des nuages et voyez comme vous semblez

petit(e) par rapport au reste du monde et à l’Univers.

Vous pouvez toujours renforcer le message mentalement

en vous répétant les choses suivantes:

• «Une sensation passagère ne dénit pas qui je suis, je

suis davantage que cela.»

• «Peuimportel’ampleurdumalaise,delacolère,delapeur

oudel’angoissequejeressens en cemoment,celavapasser.»

• « Malgré ce qui se produit en moi, le monde continue

de tourner.»

• «Je ne suis pas la seule personne qui ressente ce que je

ressens. Quelque part dans le monde, quelqu’un d’autre

éprouve exactement la même chose.»

• « Dans dix ans, quand je rééchirai à ce qui se passe

aujourd’hui, qu’éprouverai-je?»

 

Parlez à vos émotions

 

Elles ne sont pas vos ennemies, elles vous transmettent des

messages venus des profondeurs de votre esprit. Leur rôle est

de vous communiquer quelque chose que vous devez savoir

 

92

V    -

ou de générer une décision que vous devez prendre. Par

exemple, la colère vous indique que vos limites personnelles

ont été franchies. L’anxiété vous rappelle ce qui est important

à vos yeux et vous incite à agir en conséquence. La tristesse

vous aide à quitter votre armure et à écouter votre cœur.

Ces messages ne sont peut-être pas les bienvenus, mais cela

ne vous empêche pas de les respecter. Comme dans toutes

tentatives de résolution de conit, vous pouvez vous asseoir

et négocier paciquement avec vos émotions. Quand l’une

d’elles se manifeste, ralentissez votre respiration et engagez

la conversation avec elle.

Imaginezquevotreémotionestunepersonne.S’agit-ild’un

jeunegarçon,d’unejeunelle,d’unhomme,d’unefemmeou

d’unêtreandrogynequirefused’êtreréduitàungenreunique?

Formez une image mentale de ce à quoi cette personne res-

semble. Quels vêtements porte-t-elle? Quelle est l’expression

desonvisage?Abordez-laavecpatience,curiositéettolérance,

et avec l’intention «d’être avec elle». Vous voulez savoir son

nom;demandezcalmement:«Quelesttonnom?Est-ceque

tu es Anxiété? Tristesse? Appréhension? Chagrin?»

Vous pouvez aussi poser les questions suivantes:

• «Quelle est la chose que j’ai ignorée et que tu essayes

de me dire?»

• «Est-ce que mes limites personnelles ont été compromises

d’une façon ou d’une autre?»

• «Y a-t-il une situation ou un événement du passé que je

dois revisiter?»

• «Qu’est-ce que tu essayes de me dire et qu’est-ce que je

dois changer à l’avenir?»

• « Y a-t-il un problème non résolu avec l’un de mes

proches?»

 

93

L ’,  - 

• «Pourrais-je faire preuve de plus de douceur et de géné-

rosité dans la façon dont je me juge moi-même et dont je

juge les autres?»

• « Que puis-je faire dans l’immédiat pour améliorer la

situation?»

 

Une fois que vous avez terminé, vous pouvez remercier

vos émotions pour les messages qu’elles vous ont transmis.

Soyez rassuré(e), vous avez les informations dont vous avez

besoin. Vous pouvez retenir la leçon, mais laissez les émo-

tions se dissiper. Puisqu’elles ont rempli leur fonction, elles

peuvent vous quitter sans résistance.

 

Lâchez les manettes de contrôle

 

Dans sa forme brute, chaque émotion se manifeste comme

une vague, sans jamais durer longtemps. Les chercheurs en

neurologie avancent que l’expérience physiologique d’une

émotion se dissipe en moins de quatre-vingt-dix secondes

si elle n’est pas nourrie par un contexte que notre esprit a

créé 10 . Plus on essaye de remettre en question une émotion

ou de s’en débarrasser, plus on alimente un scénario qui la

recrée. En fait, on s’inige sans cesse la même émotion, en

réactivant les mêmes déclencheurs.

Quand une émotion douloureuse se manifeste en vous,

la vie vous invite à renoncer à choisir comment les choses

«devraient être», à abandonner l’idée de vous «sentir bien»

et à faire face à la réalité telle qu’elle est. Comparez les réac-

tions à vos émotions à un marécage boueux. Comme dans

les sables mouvants, plus vous vous agitez, plus vous vous

enfoncez. Vos mouvements de panique ne se contenteront

 

94

V    -

pasdevousenliserplusprofondément,ilsagrandirontaussila

circonférence des sables mouvants, ce qui fait qu’il vous sera

encoreplusdifcilederejoindre laterreferme.Pourensortir,

il faut agir lentement, sans brusquerie et avec circonspection.

Cela ne signie pas que vous ne faites rien ou que vous vous

dégagez de toute responsabilité, simplement que vous optez

pour une approche plus mesurée. Si vous avez sufsamment

decouragepourlâcherlevolant,vousaurezl’agréablesurprise

de constater que le calme revient toujours après la tempête.

 

Acceptez toute la gamme des émotions

 

Malgré la nature hédoniste de notre société actuelle, faire du

«bonheur» notre objectif principal ne peut conduire qu’à

un cycle permanent d’efforts et de déceptions. Le bonheur

est un état passager, et la vie ne peut pas être totalement

telle que nous le souhaitons. Comme l’enseigne la doctrine

bouddhiste, les choses changent perpétuellement et un certain

degré de souffrance et d’insatisfaction est inévitable.

Votrevieémotionnelleestcomparableàuneuve.Seseaux

vivesetsainess’écoulentnaturellement;ellesseheurtenttour

à tour à la rive gauche et à la rive droite. Si vous les limitez

à une dimension – l’une des deux rives –, le cours d’eau se

retrouve bloqué, déborde et nit par se tarir. Les émotions

agréables et désagréables sont comme tous les autres éléments

delanature:onnepeutpasavoirlesunessanslesautres.Beau

et terriant, long et court, haut et bas, masculin et féminin,

inspirer et expirer… ces contraires se créent, se forment, se

dénissent, se complètent et s’équilibrent mutuellement. Un

modedevieoùl’onnerechercheraitquelalumièreenrejetant

l’ombre n’est pas tenable. Par exemple, si vous souhaitez un

 

95

L’,  - 

bonheur constant, la quête incessante du plaisir risque de vous

enfermer dans un schéma de dépendance. Si vous voulez le

calmeàtoutprix,vousrisquezdetrouverlesrelationsamicales

ou amoureuses si chaotiques et si imprévisibles que vous ni-

rez seul(e). Si vous ne recherchez que ce que vous considérez

comme«positif»etrejetezouévitezlereste,vousnirezpar

vous sentir déconnecté(e) et léthargique. Le contraire de la

joie n’est pas la douleur, mais une sensation de vide qui vous

pousse à regarder la vie déler sans y prendre part.

Dans la mesure du possible, essayez d’être moins péremp-

toire et débarrassez-vous de l’habitude de catégoriser les

choses comme «bonnes» ou «mauvaises». En vérité, les

émotions ne sont ni positives ni négatives; chacune a ses

propres caractéristiques, fonctions, messages et solutions.

Prenez l’exemple de la colère; une relation amicale ou amou-

reuse est authentique et revigorée quand on s’autorise les

différences, quand on exprime ses frustrations et que l’on

provoque les conits d’une façon saine et adulte. La colère

n’annule pas l’amour, mais elle peut en faire partie.

 

La colère et l’amour n’agissent pas l’un contre

l’autre; ils se complètent pour faire un tout.

 

Au lieu de fuir vos émotions ou de constamment tenter de

déformer la réalité pour qu’elle corresponde à vos souhaits,

il est plus productif d’élargir votre « zone de tolérance »

selon les circonstances. Vous n’apprécierez pas forcément

tous les aspects de cette expérience, mais vous pouvez vous

entraîner à ne pas les rejeter. Quand vous réussirez à adopter

une position médiane même s’il s’agit d’émotions intenses,

vous découvrirez la joie de vous sentir pleinement en vie.

 

96

V    -

L a réponse à la question posée par le titre de ce chapitre

«Devriez-vous contrôler vos émotions?» est paradoxale. Pour

simplifier, plus vous essayez de contrôler vos émotions, plus

vous vous sentez incapable de garder le contrôle. Plus vous

étiquetez et jugez vos émotions, plus elles vous hantent. Ce

dont vous avez honte, ce que vous reniez ou rejetez ne fera

qu’empirer. Paradoxalement, toutefois, quand vous renoncez

au besoin que les choses se déroulent comme vous l’entendez,

vous bénéficiez d’un « contrôle » calme et composé qui ne

dépend pas des circonstances ex térieures. Vous êtes comme

un arbre dont les racines sont profondément ancrées dans la

terre. Le vent risque de vous faire osciller vers la droite ou vers

la gauche, vous vous courberez, mais vous ne casserez pas.

Une fois l’orage passé, vous serez toujours debout.

 

Tout comme l’eau d’un ruisseau s’écoule naturellement ou

comme un nuage traverse le ciel sans ef for t, si on ne résiste

pas, il n’y a pas de souf france. Quand on ne se bat pas, il n’y

a pas de calamités. Vous pouvez obser ver toutes les mani-

fest ations sans qu’aucune vous définisse. Tout au long de

notre parcours, j’espère que vous par viendrez à renoncer à

l’exigence du bonheur pour trouver la paix et la joie dans la

complexité de votre monde intérieur par ticulièrement riche.

 

Stratégies pratiques: quand vous êtes

confronté(e) à des facteurs déclencheurs

 

Vous avez sans doute constaté que certaines situations,

certaines personnes ou certains événements déclenchent

en vous des émotions particulièrement intenses. Vous avez

 

97

L’,  - 

l’impression de perdre le contrôle de vos émotions comme de

vos réactions. En surface, vos réactions à ces déclencheurs

peuvent paraître disproportionnées. Quand l’un d’eux se

manifeste, vous avez un nœud dans l’estomac, vous explosez

de colère, vous êtes paralysé(e) par la peur ou atterré(e) par

la honte ; en bref, vous passez en un clin d’œil d’un état

«normal» à un état second très différent, comme si vous

aviez plusieurs personnalités. Vous êtes actif(ve) et impul-

sif(ve) et, d’un instant à l’autre, vous vous retrouvez gé(e),

détaché(e) et replié(e) sur vous-même. Quand vous êtes

d’humeur destructrice, la partie saine et pleine de ressources

de votre personnalité semble avoir disparu; aucune logique

ni aucun raisonnement ne peuvent vous calmer. Ce qui rend

la situation encore plus difcile, c’est que vous n’avez pas

toujours conscience de ce qui provoque ces sautes d’humeur.

Parfois, vous «ne vous sentez pas bien» en vous réveillant

sans même savoir pourquoi. Les déclencheurs sont différents

pour chacun. Vous êtes peut-être particulièrement sensible au

moindre signe de rejet, d’humiliation, de critique, d’abandon,

d’exclusion… la liste est illimitée car elle correspond à votre

expérience personnelle, forcément unique.

Quand vos réactions semblent « illogiques » ou « dis-

proportionnées», le stimulus est presque toujours lié à un

souvenir inconscient. Les déclencheurs sont les clés d’un

tiroir empli de souvenirs gés, tous ceux qui sont désa -

gréables ou perturbants. Ils peuvent être visuels ou auditifs,

corporels ou sensoriels. Vous revoyez par exemple une image

très réaliste de votre chambre d’enfant, ou la scène d’une

dispute entre vos parents. Ou encore vous entendez la voix

d’un critique intérieur qui vous juge sévèrement, ou bien

vous êtes envahi(e) par des pensées du type: « Je ne suis

 

98

V    -

qu’un(e) bon(ne) à rien» ou: «Je suis en danger.» Vous

ressentez sans doute aussi un malaise physique, comme un

nœud dans l’estomac, la nausée ou la poitrine dans un étau.

Sans arriver vraiment à la décrire, vous éprouvez la sensa-

tion que «le monde n’est pas un lieu sûr» ou que «vous

ne pouvez faire conance à personne». Une fois la porte

ouverte, vous entendez et ressentez toutes ces choses aussi

clairement et aussi intensément que si vous étiez encore

un(e) enfant vulnérable.

Comme beaucoup de personnes, vous avez honte de vous

et vous vous reprochez sans doute de réagir d’une façon si

extrême, surtout si vos émotions prennent une forme mal

perçue par la société, comme la jalousie ou la colère. Quelque

chose au fond de vous vous a convaincu(e) que si vous vous

surveillez de près, vous réussirez à mieux contrôler vos

émotions. Le résultat est ce que les bouddhistes décrivent

comme la «seconde èche». La première èche est l’émo-

tion que vous ressentez et la deuxième le jugement que vous

portez sur elle, la façon dont vous la condamnez ou essayez

de lui résister. Comme vous ajoutez ainsi à la douleur de

la première blessure, vous risquez de vous laisser entraîner

dans un cycle négatif de déprime, d’anxiété ou de honte.

Vous condamner vous-même ne peut que produire exac-

tement l’opposé de l’épanouissement. De nombreuses études

ont établi que l’autocritique amenuise la résistance et vous

éloigne encore davantage de l’individu que vous souhaitez

être.Sivotrecritiqueintérieurvouspousseàvoussentirinapte

et anxieux(se), vous céderez davantage à l’autosabotage, vous

serez paralysé(e) par l’inaction ou risquez de déverser votre

colère sur les autres. Par contraste, plus de compassion envers

vous-même vous aidera à être plus résilient(e), à atteindre vos

 

99

L’,  - 

objectifs,àentretenirdebonnesrelationsavecvotreentourage

et à être plus productif(ve) au travail. Si vous êtes capable

de faire preuve de compassion à l’égard de vous-même et

de vos émotions, vous ressentirez moins le besoin de vous

comparer aux autres ou de chercher leur approbation 11 ; vous

trouverez ainsi votre boussole intérieure et pourrez agir en

accord avec vos valeurs. Avec un peu d’entraînement, vous

pouvez reconditionner votre cerveau an qu’il ne réponde

plus aux déclencheurs et sache au contraire les accepter et

les traiter avec douceur. Même si certains événements de

votre vie continuent à susciter des réactions intenses en vous,

vos ressources intérieures vous aideront à rester solidement

ancré(e) jusqu’à ce que la tempête soit passée.

Quand vous êtes agressé(e) par un déclencheur, la pre-

mière étape consiste à garder votre calme, an de ne pas

laisser une émotion unique vous consumer, ou de ne pas

recourir à des réactions automatiques que vous risquez de

regretter plus tard. Les stratégies suivantes vous permettront

d’instaurer une distance entre le stimulus et votre réponse,

et d’apprendre à vous traiter plus gentiment pour renforcer

votre résilience.

 

Faites une pause avant de réagir

 

Quand vous sentez une émotion forte monter en vous, ralen-

tissez, respirez profondément dix fois de suite et, si c’est

possible, isolez-vous dans un endroit calme comme votre

chambre ou la salle de bains. Du mieux que vous pouvez,

essayez de consacrer quelques minutes à cet exercice avant

de communiquer à nouveau avec le monde extérieur.

 

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Commencez par vous poser les questions suivantes:

• «Qui en moi est en train de souffrir?»

• «Quel âge ai-je l’impression d’avoir à cet instant précis?»

• «Quel est le besoin qui n’a pas été assouvi?»

 

Quand vous réagissez de façon « excessive », ce n’est

pas votre personnalité adulte qui se conduit mal, mais un(e)

enfant qui souffre. C’est pourquoi, dans la mesure du pos-

sible, vous devez faire preuve de douceur et de tendresse

envers vous-même, comme si vous vous adressiez à une jeune

personne blessée. Essayez de ne pas ajouter la « seconde

èche» du jugement à votre première blessure. Rappelez-

vous que ce que vous éprouvez est humain et que sans doute

quelqu’un d’autre, quelque part, est en train de ressentir

exactement la même chose que vous.

Prenez un instant pour identier votre émotion. Vous

n’avez rien demandé, mais elle est là. Au lieu de résister,

donnez-lui un nom et accueillez-la comme si elle était votre

invitée. Vous pouvez par exemple remarquer calmement dans

votre esprit que «la colère est là» ou que «ce sentiment

familier de honte se réveille». Ne vous imposez pas d’aimer

ou «d’accepter» ce que vous ressentez. Vous pouvez même

vous dire: «Je n’aime pas ça, je n’ai rien demandé, mais

je peux le gérer pendant un certain temps.» N’oubliez pas

que l’objectif n’est pas de faire disparaître vos émotions, il

s’agit plutôt de garder les idées claires durant la tempête.

Maintenant, essayez de localiser l’émotion dans votre

corps : où sentez-vous une tension ? Dans les épaules ?

Avez-vous un nœud à l’estomac ou une boule dans la gorge?

Inspirez et tentez d’identier cette sensation plus en détail.

Est-elle légère ou très marquée? Statique ou changeante?

 

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Lancinant e? Se manifeste-t-elle sous la forme d’un élan-

cement, d’un battement?

Imaginez ensuite que vous tenez chacune de vos émo-

tions dans vos mains. Vous n’êtes pas la peur, la colère, la

panique ou la jalousie que vous tenez, mais la personne qui

les regarde. Ces émotions ne prennent pas le contrôle de

qui vous êtes.

 

De la compassion envers vous-même

 

Ma intena nt, respi rez profondément penda nt quelques

secondes, puis repensez à une occasion où vous vous êtes

senti(e) soutenu(e), aimé(e) et calmé(e) par quelqu’un d’autre.

Il peut s’agir d’un psychothérapeute, ou même d’un être

spir ituel, d’un personnage imaginaire, d’une personne

décédée, ou encore d’un animal familier. Dans un moment

difcile, l’un d’eux peut simplement vous avoir rassuré(e)

de sa présence, tapoté l’épaule ou pris(e) dans ses bras.

Imaginez qu’il conrme le bien-fondé de vos émotions en

disant: «Bien sûr que tu peux être triste», «Tu as le droit

d’être en colère » ou : « Je suis désolé(e) de ne pas avoir

été là pour toi plus tôt. » Imaginez que vous voyez avec

ses yeux et essayez d’intérioriser l’amour, l’acceptation et

la compassion qu’il a pour vous. Pensez qu’il vous écoute

avec empathie et vous comprend.

Transférez alors ces sentiments de tendresse et de chaleur

dans vos mains, pour les emplir d’une énergie guérisseuse.

Lentement et délicatement, placez vos paumes sur vos joues

pendant quelques instants. Portez votre attention sur la tem-

pérature et la texture de vos mains, et laissez cette sensation

 

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V    -

s’installer. Visualisez un ot de chaleur et de compassion

jaillissant de vos mains pour gagner votre corps en pénétrant

graduellement dans votre visage et votre tête.

Caressez-vous doucement le front et le nez, puis laissez

vos mains glisser vers votre cou et vos épaules. Si vous sentez

une résistance ou une tension, faites une pause et gardez vos

mains en place quelques instants. Votre tension se dissipera

peut-être, mais n’insistez pas si ce n’est pas le cas.

Consacrez autant de temps que vous le souhaitez à cet

exercice. Quand vous êtes prêt(e), posez simplement les

mains sur votre ventre. Continuez à respirer lentement et

profondément, en laissant cette sensation de bien-être se

répandre dans le reste de votre corps.

Même si vous ne pouvez pas remonter dans le temps pour

changer l’événement qui a déclenché une émotion forte, vous

pouvez altérer l’association physiologique de vos souvenirs.

En apprenant à maîtriser la neuroplasticité, vous pourrez

panser progressivement certaines de vos blessures les plus

profondes et vous soulager des changements émotionnels

qui accompagnent ces déclencheurs.

Vous pouvez faire cet exercice aussi souvent que vous le

souhaitez, jusqu’à ce que la compassion devienne une réac-

tion par défaut à chaque fois qu’une émotion déstabilisante

se manifeste.

 

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