Mansfield park

Jane Austen · Chapitre 21 sur 48

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Mansfield park

Chapitre III

 

 

Indépendamment de Vœux d’Amants, le retour de Sir Thomas avait provoqué de brusques changements dans les habitudes de la famille. Sous sa direction, Mansfield ne se reconnaissait plus. Quelques-uns de ses pensionnaires ren-voyés et la raison de beaucoup d’autres attristée, ce n’était plus que monotonie et mélancolie en comparaison du passé – une sombre réunion de famille rarement égayée. Il y avait peu de rapports avec le presbytère. Sir Thomas, générale-ment peu avide d’intimités en général, était particulièrement peu enclin, en ce moment, à voir qui que ce fût, sauf à un endroit. Les Rushworth étaient la seule addition qu’il sollici-tait au cercle de famille.

Edmond ne se demandait pas pourquoi les sentiments de son père étaient tels, pas plus qu’il ne regrettait quelque chose, à l’exclusion des Grant.

– Mais eux, fit-il observer à Fanny, ont le droit de se montrer mécontents. Ils semblent nous appartenir, ils sem-blent faire partie de nous. Je souhaiterais que mon père fût plus sensible à l’attention dont ils ont entouré ma mère et mes sœurs pendant son absence. J’ai peur qu’ils ne se sen-tent négligés, mais à vrai dire, mon père les connaît à peine. Ils n’étaient pas encore ici depuis un an lorsqu’il quitta l’Angleterre. S’il les connaissait mieux, il les apprécierait à leur juste valeur, car ils sont, en vérité, exactement le genre de monde qu’il aimerait. Nous aurions quelquefois grand be-soin d’animation parmi nous ; mes sœurs semblent avoir

– 237 – perdu la raison, et Tom n’est certainement pas dans son as-siette. Le Dr. et Mme Grant nous distrairaient et les soirées passeraient plus gaiement, même pour mon père.

– Pensez-vous ? dit Fanny. À mon sens, mon oncle n’aimerait aucune addition. Je pense qu’il réalise la grande tranquillité dont vous parlez, et que le repos de son propre cercle de famille est tout ce qu’il désire. Et il ne me semble pas que nous soyons plus sérieux qu’avant – je veux dire avant que mon oncle ne partît à l’étranger. Aussi loin que je me souvienne, c’était toujours à peu près la même chose. Il n’y avait jamais beaucoup de rires en sa présence : ou, s’il y a une différence, elle ne signifie rien de plus que celle qu’une absence a pour effet de produire au premier moment. Il doit y avoir une sorte de réserve ; mais je n’ai aucune souvenance de joyeuses soirées d’autrefois, sauf lorsque mon oncle était en ville. Aucun enfant n’est joyeux, je pense, lorsque ceux qui l’élèvent sont à la maison.

– Je crois que vous avez raison, Fanny, répondit-il après une brève hésitation. Je crois que nos soirées sont redeve-nues ce qu’elles étaient au lieu d’avoir un nouveau caractère. Leur nouveauté avait résidé dans leur animation. Ce que peuvent faire quelques semaines de différence ! Je me suis déjà surpris à me demander si tout cela avait bien été réel !

– Je suppose que je suis plus grave que les autres, ré-pondit Fanny. Les soirées ne me paraissent pas longues. J’adore entendre mon oncle parler des Indes. Je pourrais l’écouter des heures durant. Il m’intéresse beaucoup plus que d’autres choses ne peuvent le faire, mais là, je suis différente des autres, me semble-t-il.

– Pourquoi dites-vous cela ? demanda-t-il en souriant. Voulez-vous vous entendre dire que la seule différence entre

– 238 – vous et les autres réside dans le fait que vous êtes plus sage et plus prudente qu’eux ? Mais quand avez-vous jamais, vous ou une autre personne, reçu un compliment de moi, Fanny ? Allez trouver mon père, si vous désirez être complimentée. Il vous donnera satisfaction. Demandez à votre oncle ce qu’il en pense et vous entendrez assez de compliments sur votre personne.

Pareil langage était si nouveau pour Fanny, qu’elle se trouva fort embarrassée.

– Votre oncle vous trouve très jolie, chère Fanny, et là réside toute la question. Quelqu’un d’autre que moi en aurait dit plus, et quelqu’un d’autre que vous aurait pensé qu’on ne la trouvait pas jolie avant ; la vérité est que votre oncle ne vous a jamais admirée jusqu’à présent. Mais maintenant ! Votre tempérament s’est tellement affirmé ! et vous avez ac-quis un tel maintien ! et votre silhouette ! Non, Fanny, ne vous méprenez pas à ce propos, il s’agit de votre oncle. Si vous ne pouvez supporter l’admiration d’un oncle, qu’allez-vous devenir ? Vous devez réellement commencer à vous fortifier dans l’idée que vous êtes agréable à regarder. Vous devez essayer de ne pas vous en faire au sujet de votre évo-lution en une charmante petite femme.

– Oh ! ne parlez pas ainsi, ne parlez pas ainsi ! s’écria Fanny, plus affligée qu’il ne pouvait le penser.

Mais, voyant sa détresse, il abandonna le sujet et pour-suivit plus sérieusement :

– Votre oncle est disposé à vous plaire en toute chose ; et je voudrais seulement que vous lui parliez un peu plus. Vous êtes l’une de celles qui sont trop silencieuses à nos veil-lées.

 

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– Mais je lui parle plus que je n’avais l’habitude de le faire. J’en suis sûre. Ne m’avez-vous pas entendu le ques-tionner hier soir au sujet de la traite des esclaves ?

– Si, en effet, et j’espérais voir cette question suivie d’autres. Votre oncle eût été rempli d’aise d’avoir à répondre à plus de demandes.

– Et je voulais le faire, mais il y avait un silence ! Et pen-dant que mes cousins, assis, sans dire un mot, semblaient se désintéresser du sujet, d’une façon qui ne me plaisait pas, j’ai pensé que mon audace aurait pu paraître un désir de me mettre à l’avant-plan, à leurs dépens, en montrant une curio-sité et un plaisir qu’il aurait pu souhaiter trouver chez ses filles.

– Mlle Crawford avait parfaitement raison à votre endroit lorsqu’elle disait de vous, l’autre jour, que vous redoutiez les éloges autant que les autres femmes les recherchaient. Nous nous trouvions au presbytère, parlant de vous, et telles fu-rent ses paroles. Elle a un discernement profond. Je ne con-nais personne qui puisse mieux qu’elle définir les caractères. Pour une si jeune femme, c’est remarquable. Elle vous com-prend certainement mieux que vous n’êtes comprise par la plus grande partie de ceux qui vous connaissent depuis si longtemps. Je me demande ce qu’elle pense de mon père ! Elle doit l’admirer en tant que bel homme. Il a l’air très gen-tleman, il est plein de dignité, il a des manières réservées ; mais, sans doute, de se voir si rarement, sa réserve pourrait-elle peut-être se teinter d’une légère répulsion. S’ils pou-vaient se trouver plus souvent ensemble, je suis sûr qu’ils s’apprécieraient mutuellement. Il aimerait sa vivacité, et elle a le talent de faire cas de son pouvoir. J’aurais aimé qu’ils se

 

– 240 – rencontrent plus souvent. J’espère qu’elle ne suppose pas qu’il y ait quelque animosité de sa part.

– Elle doit se sentir trop sûre d’elle-même par rapport au reste des autres, dit Fanny au milieu d’un soupir, pour avoir quelque appréhension de ce genre. Le désir de Sir Thomas de se retrouver uniquement au milieu des siens, au début, est trop naturel pour qu’elle puisse en prendre ombrage. D’ici peu de temps, j’oserais parier que nous nous rencontrerons de la même façon qu’avant, quelles que soient les circons-tances.

– C’est le premier mois d’octobre qu’elle passe au pays depuis son enfance. Je n’appelle pas Tunbridge ou Chelten-ham le pays. Novembre est encore plus dur à passer, et j’ai pu voir que Mme Grant a peur de trouver Mansfield triste à l’approche de l’hiver.

Fanny aurait pu dire beaucoup de choses, mais il était plus sage de n’en rien faire et de laisser intactes toutes les ressources de Mlle Crawford, ses qualités, ses raisonnements, son importance, ses amis, sans cela elle pourrait s’attirer quelque observation désagréable. La bonne opinion que Mlle Crawford avait d’elle-même méritait à peine quelque ménagement, et elle se mit à parler d’autre chose.

– Demain, je pense, mon oncle dîne à Sotherton, et vous et M. Bertram aussi. Nous serons peu nombreux à la maison. J’espère que mon oncle continuera à aimer M. Rushworth.

– Ceci est impossible, Fanny. Il l’aimera moins après la visite de demain, car nous serons restés cinq heures en sa compagnie. Je redouterais la stupidité du jour, s’il n’y avait un plus grand malheur à suivre l’impression que cela laissera à Sir Thomas. Il ne peut se fourvoyer plus longtemps. Je le

 

– 241 – regrette pour eux tous, et je donnerais volontiers quelque chose pour que Rushworth et Maria ne se soient jamais ren-contrés.

À ce propos, en effet, le désappointement menaçait Sir Thomas. Ni toute sa bonne volonté vis-à-vis de M. Rushworth, ni toute la déférence de M. Rushworth vis-à-vis de lui-même, ne pourraient l’empêcher de discerner bien vite la vérité : que M. Rushworth était un jeune homme infé-rieur, aussi ignorant en affaires qu’en livres, sans opinions fixées et semblant ne pas s’en rendre compte lui-même.

Il avait espéré un beau-fils très différent ; et il commença à songer à Maria d’une façon plus grave. Il essaya de com-prendre ses sentiments. Il ne lui fallut que peu d’observation pour se rendre compte que, dans leur cas, l’indifférence était le meilleur état dans lequel ils puissent se trouver. L’attitude de Maria envers M. Rushworth était négligente et froide. Elle ne pouvait pas l’aimer, elle ne l’aimait pas. Sir Thomas réso-lut de lui parler sérieusement. Aussi avantageuse que pût être l’alliance, aussi longues et aussi publiques qu’aient été les fiançailles, le bonheur de la jeune fille ne pouvait leur être sacrifié. M. Rushworth avait peut-être été accepté sans être assez connu et, maintenant, le connaissant mieux, elle se re-pentait.

Sir Thomas s’adressa à elle avec une solennelle amabili-té, il lui dit ses craintes, s’enquit de ses vœux, l’engagea à être franche et sincère et l’assura que chaque désagrément serait surmonté et les liens entièrement rompus si leur pers-pective la rendait malheureuse. Il agirait pour elle et la libé-rerait.

Maria eut un mouvement de lutte en l’écoutant, mais rien qu’un moment ; quand son père se tut, elle était capable

– 242 – de donner immédiatement sa réponse, d’une façon décisive et sans aucune agitation apparente. Elle le remercia pour sa grande prévenance, sa paternelle bonté, mais il faisait com-plètement erreur en supposant qu’elle eût le moindre désir de briser son engagement ou qu’elle ait ressenti le moindre changement dans son opinion ou dans ses sentiments depuis qu’elle l’avait contracté. Elle avait la plus haute estime pour le caractère, les dispositions et les qualités de M. Rushworth, et elle ne doutait aucunement qu’elle serait heureuse avec lui.

Sir Thomas était satisfait. Trop content pour être satis-fait, peut-être, et pour presser les choses, pour autant que son opinion pût être dictée aux autres. C’est une alliance qu’il n’aurait pu abandonner sans peine, et il raisonnait ain-si : M. Rushworth était assez jeune pour s’améliorer. M. Rushworth devrait s’améliorer et s’améliorerait au con-tact de la bonne société et si Maria pouvait maintenant par-ler avec tant d’assurance de son bonheur avec lui, parlant certainement sans la prévention et l’aveuglement de l’amour, il valait mieux la croire. Ses sentiments, probablement, n’étaient pas intenses – il ne les avait jamais supposés tels – mais son confort n’en serait pas moindre pour cela et si elle pouvait se passer de voir chez son mari un caractère ferme et brillant, chaque autre chose serait certainement en sa faveur. Une jeune femme bien éduquée, qui ne s’est pas mariée par amour, est en général des plus attachée à sa propre famille et le rapprochement de Sotherton et de Mansfield devait natu-rellement être la grande tentation et serait, en toute probabi-lité, une source continuelle des plus aimables et des plus in-nocents plaisirs. Tels étaient ou à peu près, les raisonne-ments de Sir Thomas, heureux d’échapper aux ennuis em-barrassants d’une rupture, l’étonnement, les réflexions, les reproches qui s’en seraient suivis ; heureux d’assurer un ma-

– 243 – riage qui pourrait lui apporter une telle recrudescence de respectabilité et d’influence et heureux de penser que cha-cune des dispositions de sa fille était des plus favorable à ce projet.

L’entretien se termina d’une façon aussi avantageuse pour elle que pour lui. Elle était dans un état d’esprit à se sentir satisfaite d’avoir assuré son destin sans possibilité de recul et de s’être engagée de nouveau envers Sotherton, d’être sauvée de la possibilité de donner à Crawford le triomphe de gouverner ses actions et de détruire ses projets, et ancrée dans sa fière résolution, déterminée uniquement à se conduire plus prudemment avec M. Crawford dans le fu-tur, de manière à ce que son père ne puisse plus la suspecter de nouveau.

Si Sir Thomas en avait appelé à sa fille dans les trois ou quatre premiers jours qui suivirent le départ de Henry Craw-ford de Mansfield, avant que ses sentiments se fussent cal-més, avant qu’elle ait eu le temps d’abandonner tout espoir ou qu’elle ait résolu définitivement de supporter son rival, sa réponse aurait pu être différente, mais après trois ou quatre autres jours, lorsqu’il ne revint pas, lorsqu’il n’y eut ni lettre, ni message, ni aucun symptôme d’un cœur attendri, aucun espoir d’une amélioration produite par la séparation, son es-prit devint assez froid pour chercher tout le réconfort que l’orgueil et la revanche sur soi-même peuvent donner.

Henry Crawford avait détruit son bonheur, mais il ne devait pas le savoir, il ne devait pas détruire aussi son crédit, sa réputation, sa prospérité. Il ne devait pas avoir à penser que, pour lui, elle souffrait dans sa retraite de Mansfield, re-jetant Sotherton et Londres, indépendance et splendeur, à cause de lui. L’indépendance lui était maintenant plus néces-

 

– 244 – saire que jamais et son absence plus que jamais ressentie à Mansfield, elle se sentait de moins en moins capable de sup-porter la contrainte imposée par son père, et la liberté que l’absence de celui-ci avait apportée était maintenant devenue absolument nécessaire. Elle devait se libérer de lui et de Mansfield aussi rapidement que possible et trouver dans la fortune et ses conséquences – l’agitation et le monde – la consolation d’un esprit blessé. Elle était complètement dé-terminée et ne changerait pas.

En regard de ces sentiments, un délai – fût-ce un délai en vue d’assurer une meilleure préparation – aurait été un mal, et M. Rushworth aurait pu difficilement être plus impa-tient qu’elle pour le mariage. Elle était prête en tout ce qui concernait les importants préparatifs moraux, étant décidée au mariage par sa haine du foyer, de la contrainte et de la tranquillité, par la peine d’une déception sentimentale et le mépris pour l’homme qu’elle allait épouser. Le reste pouvait attendre. Les préparatifs pour les nouvelles voitures et l’ameublement pouvaient attendre Londres et le printemps, quand son propre goût aurait eu le temps de mieux s’affiner.

Étant d’accord dans ce sens pour le principal, il apparut rapidement qu’un nombre très restreint de semaines pour-raient suffire à tous les arrangements qui devaient précéder le mariage.

Mme Rushworth était tout à fait prête à se retirer et à laisser la voie libre à l’heureuse jeune femme que son cher fils avait choisie et, très tôt en novembre, elle transporta sa personne, sa servante, son valet de pied et son chariot – avec une allure des plus douairière – jusque Bath, pour y faire éta-lage, dans ses soirées là-bas, des merveilles de Sotherton et, dans l’animation d’une partie de cartes, en jouir autant que si

 

– 245 – elle était sur les lieux – et, avant le milieu de ce même mois eut lieu la cérémonie qui donnait une autre maîtresse à So-therton.

Ce fut réellement un beau mariage. La mariée était très élégamment habillée – les deux demoiselles d’honneur étaient vraiment moins bien. Sa mère s’était munie de sels, prévoyant qu’elle serait émue, sa tante essaya de pleurer, et le service fut lu par le Dr. Grant d’une façon impression-nante. Rien ne put être critiqué quand les voisins discutèrent la question, excepté que la voiture qui conduisit la mariée, le mari et Julia de la porte de l’église à Sotherton était celle que M. Rushworth avait employée douze mois auparavant. Dans chaque autre détail, l’étiquette de la journée supportait la plus stricte investigation.

C’était fait, et ils étaient partis. Sir Thomas éprouvait ce qu’un père anxieux doit ressentir et, en fait, éprouvait beau-coup de l’émotion que sa femme avait appréhendée pour elle-même et à laquelle elle avait heureusement échappé. Mme Norris, des plus heureuse d’apporter son aide dans les devoirs de ce jour – en passant au Park pour soutenir mora-lement sa sœur – et de boire un ou deux verres supplémen-taires à la santé de M. et Mme Rushworth – était toute joyeuse, car elle avait fait le mariage, et personne n’aurait pu supposer, d’après son triomphe plein de confiance, qu’elle ait jamais de sa vie entendu parler de mésentente conjugale ou qu’elle ait pu avoir la moindre connaissance intime de l’état d’esprit de sa nièce, qui avait été élevée sous ses yeux.

Le plan du jeune couple était de partir pour Brighton après quelques jours et d’y prendre là une maison pour quelques semaines. Chaque endroit public était nouveau pour Maria, et Brighton est presque aussi gai en hiver qu’en

 

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été. Quand la nouveauté de l’amusement de cet endroit se-rait épuisé, il serait temps de se rendre sur la scène plus im-portante de Londres.

Julia avait l’intention d’aller avec eux à Brighton. Depuis que la rivalité entre les deux sœurs avait cessé, elles avaient graduellement retrouvé une grande partie de leur mutuelle bonne entente et étaient au moins assez amies pour que cha-cune d’elles soit extrêmement contente de passer quelque temps avec l’autre. Avoir une autre compagnie que celle de M. Rushworth était de la première nécessité pour sa femme, et Julia était tout aussi avide de nouveauté et de plaisir que Maria, quoiqu’elle n’ait pas dû travailler autant pour les ob-tenir et qu’elle pût mieux supporter une situation subalterne.

Leur départ provoqua un autre changement matériel à Mansfield, un vide qui nécessita quelque temps pour être comblé. Le cercle de famille se rétrécit beaucoup, et bien que Mlle Bertram y eût en dernier lieu ajouté sa gaieté, elles ne purent qu’être regrettées. Elles manquèrent même à leur mère, et combien plus à leur cousine au cœur tendre, qui er-ra autour de la maison et pensa à elles et ressentit pour elles un affectueux regret, qu’elles n’avaient jamais rien fait pour mériter.

 

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