Nos vœux d’éternité (La Famille Sullivan, le mariage, novella) (French Edition)

Chapitre Cinq

 

Vicki pourrait s’asseoir dans les gradins au cours de milliers de matches des Séries sans jamais s’habituer aux papillons dans son estomac. Chaque fois que Ryan laissait passer une balle, elle retenait sa respiration. Et toutes les fois où il éliminait un autre batteur, elle perdait presque la voix en criant son nom. Les Hawks étaient à la traîne, 3 à 4 au cours de la septième manche, et les Séries étaient serrées. Si ça devait être la dernière saison de Ryan, elle voulait qu’il parte au sommet.

Heureusement, toutefois, lui ne semblait pas nerveux. Elle avait toujours été étonnée par le calme avec lequel il abordait son travail. Il était comme ça même quand ils étaient adolescents, si constant et confiant sans être trop sûr de lui. S’amuser d’abord, gagner ensuite était sa devise.

Elle avait tant appris de lui, pas seulement comment être plus constante et confiante, mais aussi comment aimer de tout son cœur. Et comment avoir la foi d’être aimée en retour.

Après avoir éliminé le troisième batteur de suite, Ryan lui envoya un baiser du haut de son monticule. Elle lui en renvoya un et les papillons volaient dans son ventre pour une tout autre raison maintenant. Il rit en tendant sa main avec le gant pour « attraper » son baiser et elle fut stupéfaite pour la millième fois de combien c’était merveilleux d’être avec une personne riant en permanence et toujours remplie de tellement de joie.

Chaque fois qu’ils faisaient l’amour, elle se sentait complètement chérie, mais la nuit précédente avait été spéciale. Comme si savoir qu’ils échangeraient bientôt leurs vœux avait rendu leurs émotions encore plus intenses. Bien sûr, ça ne faisait pas de mal que sous cette décontraction naturelle, Ryan soit un dominant dans l’âme quand il s’agissait de faire l’amour.

Trois ans plus tôt, une femme était venue voir Vicki juste après leurs fausses fiançailles pour lui demander ce que cela faisait d’avoir apprivoisé le pire mauvais garçon. Elle avait répondu qu’il était loin d’être apprivoisé, et elle n’aurait pas pu être plus près de la vérité. Parce qu’après toutes les délicieuses choses coquines qu’il lui avait faites la nuit précédente, des choses qui lui avaient donné l’impression d’être possédée, acquise et réclamée de toutes les meilleures façons possibles, elle pouvait confirmer que Ryan Sullivan était loin d’être apprivoisé.

— Vous êtes toujours si adorables tous les deux, commenta Lori, la sœur de Ryan, qui venait de trouver son siège quand la septième manche commença. Je pense toujours à combien c’est adorable que vous soyez amoureux depuis le collège.

Lori et son mari Grayson avaient été coincés dans les bouchons et venaient tout juste d’arriver avec un gros sac de pop-corn pour que tout le monde en profite. Lori n’avait de toute évidence pas attendu avant de commencer à grignoter quand sa question suivante sortit de sa bouche pleine.

— Vous avez de nouvelles folles demandes pour le mariage depuis hier soir ?

Vicki rit.

— Pas encore.

Lori regarda l’équipe de Ryan sur leur banc de touche.

— Les joueurs de baseball peuvent être étranges. Étrange, mais sexy. Bien qu’ils n’arrivent pas à la cheville de mon cow-boy.

Elle leva les yeux pour voir Grayson descendre des stands avec les bras pleins de boîtes de bonbons.

— On dirait que toutes les filles des gradins bavent sur lui. Je vais mettre les choses au clair pour montrer qu’il est tout à moi.

Vicki ne put réprimer son sourire quand Grayson entra dans leur loge et que Lori planta un baiser torride sur ses lèvres devant tout le monde. Il parvint, sans savoir comment, à garder une main sur les bonbons tout en prenant sa femme de l’autre. Quand ils se séparèrent, tout le monde dans les gradins les regardait les yeux écarquillés.

Tout le monde sauf Zach et Heather qui n’avaient d’yeux que l’un pour l’autre, quelques sièges plus loin. Vicki n’était pas du tout surprise de voir comme il était protecteur avec sa fiancée enceinte. Zach avait toujours été le plus grand coureur de jupons de la bande, mais Vicki savait que ce qu’on disait sur les débauchés réformés : ils faisaient réellement les meilleurs compagnons. Zach était complètement dévoué à la femme qu’il aimait. Comme tous les Sullivan l’étaient envers leurs moitiés.

Plus d’une fois, Vicki avait été tentée de se pincer pour savoir si elle ne vivait pas un rêve. Elle était une enfant de l’armée, qui avait plus déménagé que vécu à un endroit. Elle n’avait jamais eu un cercle d’amis proches avant d’avoir été adoptée par les Sullivan quand elle avait 15 ans et qu’ils lui aient montré sa place. Et même là, elle avait fait de grosses erreurs, surtout en épousant le mauvais homme et en étant restée avec lui dix longues années. Tous les jours au cours des trois dernières années, elle avait été émerveillée par l’amour qu’elle avait réussi à trouver, celui qu’elle avait redécouvert, avec Ryan.

Leur amour valait tout le dur travail mis dans ce double mariage. Ils avaient tous travaillé pied au plancher au cours de la dernière semaine et, étonnamment, tout se passait sans heurt. La majorité des invités avaient pu se libérer, même en étant prévenus si tard. Et Vicki était presque certaine que ni elle ni Heather n’avaient été particulièrement difficiles.

Leurs hommes, en revanche…

Elle et Heather avaient dû rire en voyant comme les professions de Ryan et Zach étaient similaires, surtout avec toutes les superstitions précédant chacun des matches de Ryan et des courses de Zach.

Heureusement, Ryan lui-même n’était pas particulièrement superstitieux. Mais ses coéquipiers l’étaient, c’est la raison pour laquelle les Hawks avaient insisté pour que Vicki et lui passent sous une arche de battes de baseball pour aller à l’autel. D’accord, ce n’était pas la vision la plus romantique au monde, mais Vicki était d’accord pour le faire. Heureusement, il ne croyait pas à l’abstinence pendant les Séries comme tant d’autres de ses coéquipiers. Après être partie deux semaines en France, la simple pensée de passer deux semaines de plus sans pouvoir faire l’amour les aurait rendus fous.

Étonnamment, les collègues de course de Zach étaient encore plus fous à propos du mariage que l’équipe de Ryan. Premièrement, l’équipe des mécaniciens de Zach avait clamé que si quelque chose de vert était utilisé dans la décoration (à l’exception de la pelouse et des vignes qui ne pouvaient de toute évidence pas être changées), Zach perdrait toutes ses futures courses. Mais ils étaient encore plus sérieux en disant à Zach qu’il ne devait pas raser un seul millimètre de barbe entre ce jour et le mariage. Sinon, ce serait le pire des mauvais sorts, avaient-ils insisté.

— Puisque nous avons quelques minutes avant que le match reprenne et que nous sommes trois sur quatre présents, dit la jumelle de Lori, Sophie, je pensais qu’on pourrait avancer un peu pour le mariage.

— Megan n’est pas là, grogna Lori, et nous ne pouvons pas faire grand-chose sans ses listes, non ?

— Je les ai juste ici.

Sophie souleva sa tablette.

— On a décidé de mettre les listes sur un cloud pour qu’on puisse toutes y avoir accès, tu te souviens ?

— On croirait entendre notre cousine Suzanne quand elle parle de ça, grogna Lori.

Suzanne était la seule fille de la fratrie de quatre des Sullivan de New York ; Drake, Harrison et Alec étaient ses frères. Vicki avait passé du temps avec eux au fil des ans quand elle avait voyagé à New York, ou aux mariages, bien sûr. Maintenant qu’elle et Ryan allaient avoir plus de temps libre, elle espérait apprendre à connaître mieux ses cousins de New York et du Maine. Heureusement, elle était déjà proche de l’équipe de Seattle, Rafe, Mia, Ian, Dylan, Adam et leurs parents, Claudia et Max.

— En parlant de nos cousins de New York, mentionna Sophie, Alec a fait un arrangement pour utiliser quelques-uns de ses avions privés et faire voyager la famille de New York et du Maine vers l’aéroport privé de la Napa.

Aucun des Sullivan ne faisait étalage de son argent ou de sa célébrité, mais puisque Vicki n’avait pas grandi avec des personnes célèbres ou ayant des avions privés, des choses comme ça lui faisaient toujours tourner la tête.

— Et, Heather, poursuivit Sophie, Alec voulait que tu saches qu’il serait heureux de récupérer tes parents à Washington DC si ça les arrange.

Heather fit de son mieux pour leur cacher sa réaction, mais Vicki connaissait trop bien sa relation fragile avec ses parents pour la rater.

— Je vais les appeler et dire à Alec tout de suite s’ils veulent une place.

Zach serra Heather plus près de lui. Vicki aurait aimé faire quelque chose pour aider mais, parfois, le mieux était de seulement être là pour les personnes qu’on aimait. Ryan et sa famille lui avaient montré ça un nombre incalculable de fois.

Lori mit le reste de la tablette de chocolat qu’elle mangeait dans sa bouche avant de dire :

— Allons-nous toujours voir vos robes de mariées après le match ?

Vicki avait toujours su qu’elle voulait que ce soit Anne qui lui fasse sa robe de mariée. Heureusement, bien que son amie soit catapultée au sommet du monde de la mode, elle avait quand même proposé de faire les robes pour Heather et Vicki à la dernière minute.

— J’ai hâte de revoir Anne, dit Vicki. Elle a été si occupée à voyager à travers le monde, à ouvrir des boutiques à Paris et Rome, que cela fait des mois que nous n’avons pas eu vraiment une chance de nous parler.

— Je meurs d’impatience de voir ce qu’elle a prévu pour vous deux, dit Sophie. J’ai une fixation à la limite de la folie à propos de ses robes.

— Tu n’es pas la seule, indiqua Vicki.

Ryan en avait une aussi, depuis la première fois qu’ils avaient fait l’amour. Elle portait ce soir-là une des robes d’Anne, la rouge sexy qu’elle avait mise au studio l’autre jour. C’était le soir de la fête de leurs fausses fiançailles et elle se souvenait toujours des sensations quand elle et Ryan avaient enfin laissé libre cours à leurs sentiments et qu’il l’avait dévêtue, une fermeture Éclair à la fois.

Heather et Anne s’étaient rencontrées une fois, via Skype, mais Anne avait regardé une seule fois la fiancée de Zach et avait déclaré qu’elle savait exactement quelle robe elle devrait porter. Anne avait beau changer de couleur de cheveux chaque semaine et porter une bonne douzaine de piercings, elle était un as pour savoir exactement ce qui mettrait le plus en valeur une femme. Même des choses que la femme portant la robe ne verrait pas elle-même.

Quand les joueurs revinrent sur le terrain, Sophie rangea l’organisation du mariage pour qu’ils puissent voir le reste du match, qui devint palpitant à s’en ronger les ongles à la neuvième manche avec un score de 5 à 4 en faveur des Hawks, heureusement.

Ryan était de retour sur le monticule, et bien qu’il ne semble pas nerveux, Vicki pouvait voir à quel point il était concentré. Les seules autres fois où il montrait autant de concentration étaient quand ils étaient au lit et qu’il était complètement absorbé par son plaisir. Un après l’autre, il sortit deux batteurs, ses balles rapides précises et explosives.

Peu de temps après, le troisième batteur, qui avait déjà essuyé deux strikes, fit un pas en arrière sur le marbre. Lori prit une des mains de Vicki et Sophie prit l’autre.

— Tu peux le faire, Ryan.

Les mots murmurés de Sophie résonnèrent dans la tête de Vicki.

Elle se dit que le batteur devait s’attendre à une nouvelle balle rapide. Mais elle savait combien il était idiot de penser que l’attitude détendue de Ryan signifiait qu’il ne cherchait pas à obtenir exactement ce qu’il voulait. Trois ans plus tôt, il l’avait voulue elle. Et comme il était sorti des sentiers battus pour s’assurer que ça arriverait…

Un autre délicieux frisson la traversa au souvenir de leur premier baiser, et comme ils avaient fait l’amour de la plus douce des manières, quand Ryan tourna la tête juste assez pour croiser son regard. Elle sourit et mima les mots je t’aime et ensuite, la plus parfaite des balles courbes fila.

Une balle courbe que le batteur ne vit jamais venir.

Tout le stade sauta sur ses pieds quand l’équipe de Ryan se précipita vers le monticule pour le soulever sur leurs épaules. À la seconde où il fut à nouveau sur le sol, il se dirigea directement vers Vicki. Elle était déjà plus qu’à mi-chemin quand il sauta par-dessus la clôture et la souleva dans ses bras. Quand il plaqua sa bouche contre la sienne, les cris de la foule augmentèrent facilement d’un décibel.

Mais tout ce que Vicki entendit dans ce baiser, tout ce qu’elle ressentit, tout ce qu’elle savait, c’était combien Ryan l’aimait.

Plus que pour remplir ce stade un millier de fois.

 

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