Poésies

Arthur Rimbaud · Chapitre 19 sur 48

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Poésies

Les Effares .....................................................................50

– Puis, petite et toute nichée

 

Dans les lilas

Noirs et frais : la vitre cachée,

Qui rit là-bas...

Tu viendras, tu viendras, je t’aime !

Ce sera beau.

Tu viendras, n’est-ce pas, et même...

ELLE. – Et mon bureau ?

LES EFFARES

Noirs dans la neige et dans la brume,

Au grand soupirail qui s’allume,

Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, – misère ! -

Regardent le boulanger faire

Le lourd pain blond...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne La pâte grise, et qui l’enfourne

Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.

 

Le boulanger au gras sourire

Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,

Au souffle du soupirail rouge,

Chaud comme un sein.

Et quand, pendant que minuit sonne,

Façonné, pétillant et jaune,

On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées,

Chantent les croûtes parfumées,

Et les grillons,

Quand ce trou chaud souffle la vie

Ils ont leur âme si ravie

Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,

Les pauvres petits pleins de givre !

– Qu’ils sont là, tous,

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