Poésies

Arthur Rimbaud · Chapitre 23 sur 48

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Poésies

Rages de Cesars ............................................................ 55

– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie, Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement ! ... -

– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ; Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

RAGES DE CESARS

L’Homme pâle, le long des pelouses fleuries, Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents : L’Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries – Et parfois son œil terne a des regards ardents...

Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie ! Il s’était dit : « Je vais souffler la Liberté Bien délicatement, ainsi qu’une bougie ! » La Liberté revit ! Il se sent éreinté !

 

- 55 - Il est pris. – Oh ! quel nom sur ses lèvres muettes Tressaille ? Quel regret implacable le mord ? On ne le saura pas. L’Empereur a l’œil mort.