Poésies
Tete de Faune ................................................................ 65
Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l’aurore au soir des grappes d’amygdales Sous leurs mentons chétifs s’agitent à crever.
Quand l’austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;
Des fleurs d’encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu’au fil des glaïeuls le vol des libellules – Et leur membre s’agace à des barbes d’épis.
TETE DE FAUNE
Dans la feuillée, écrin vert taché d’or
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort, Vif et crevant l’exquise broderie,
Un faune effaré montre ses deux yeux Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches
- 65 - Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux Sa lèvre éclate en rires sous les branches.