Une brulante étreinte

Jennifer Hayward · Chapitre 10 sur 14

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Une brulante étreinte

Chapitre 10.

10.

 

Diana avait toujours adoré New York en automne.

Elle aimait les longues promenades à Central Park, lorsque les feuilles des arbres viraient à l’or et au rouge. Elle aimait la façon dont la ville se parait à l’approche de Halloween. Elle aimait aussi le vent frais qui soufflait parfois dans les rues en forme de canyon, lui donnant des envies de bagel et de chocolat chaud.

La bonne humeur que lui inspirait invariablement sa saison préférée se doublait cette année-là d’un bonheur plus profond encore. Depuis que Coburn et elle étaient rentrés à Manhattan, une semaine auparavant, le pari qu’ils avaient fait semblait porter ses fruits.

Jamais ils n’avaient été aussi proches. Peut-être était-ce parce qu’ils mettaient désormais en pratique la leçon qu’ils avaient apprise durant leur séjour aux Caraïbes. Ils parlaient beaucoup plus qu’avant et bien plus librement.

Ils avaient d’ailleurs eu maintes occasions de le faire lorsqu’ils s’étaient mis en quête d’une nouvelle maison. Cette recherche avait monopolisé une bonne partie de leur temps jusqu’à ce que Diana tombe sur la perle rare : une petite maison à Chelsea qui possédait un jardin minuscule mais charmant.

C’était l’endroit idéal pour élever un enfant tout en vivant au cœur même de New York, non loin du siège de Grant Automotive et des hôpitaux pour lesquels elle était susceptible de travailler.

Elle était résolue à retrouver très rapidement du travail, c’était vital pour son équilibre. Comme elle l’avait expliqué à Coburn, la médecine faisait véritablement partie d’elle. Elle en avait eu l’éclatante confirmation lorsqu’elle avait porté secours à James, sur la falaise : elle était née pour cela et l’ambiance survoltée de l’hôpital lui manquait cruellement.

Elle en venait presque à regretter les coups de téléphone au beau milieu de la nuit qui rendaient Coburn fou. Mais ce n’était que partie remise. Dès que possible, elle se mettrait à la recherche d’un nouvel emploi.

En attendant, elle s’occupait de décorer leur nouveau foyer en s’efforçant de créer un environnement qui plairait autant à Coburn qu’à elle-même. Cela aussi, c’était nouveau. Lorsqu’elle était venue habiter chez lui, la première fois, elle s’était coulée dans son univers, renonçant à lui imposer ses goûts.

Rétrospectivement, elle comprenait que si elle s’était conformée aux siens c’était parce qu’elle avait eu peur de le décevoir, peur de le perdre. Elle ne s’expliquait pas vraiment comment elle avait pu se montrer si timorée sur le plan émotionnel, elle qui faisait preuve d’une telle audace dans sa vie professionnelle.

Peut-être ressemblait-elle plus à sa mère qu’elle ne voulait bien se l’avouer. Mais elle était décidée à ne plus laisser ses angoisses lui dicter ses actions. Elle était persuadée que c’était pour cette raison qu’elle avait fini par craquer et prendre la fuite, un an auparavant.

— Diana ?

Une voix vaguement familière la tira de sa rêverie et elle s’arracha à la contemplation de la vitrine qu’elle regardait sans la voir depuis plusieurs minutes. Avisant la personne qui venait de sortir de la boutique d’antiquités devant laquelle elle se trouvait, elle ne put réprimer un petit cri d’étonnement.

— Docteur Moritz !

— Vous pouvez m’appeler Frank, lui dit-il. Quelle surprise de vous trouver ici. Je croyais que vous vous étiez envolée pour l’Afrique !

— C’est le cas, mais j’ai malheureusement dû renoncer à poursuivre la mission.

— Vraiment ? Pourquoi n’avez-vous pas déposé une candidature pour le poste qui s’ouvre dans mon service ? J’ai été très surpris de ne pas voir votre nom sur la liste des candidats.

— Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas envie de me lancer dans l’une de ces petites guéguerres internes que se livrent les médecins de l’hôpital chaque fois qu’un poste se libère.

Un sourire chaleureux se dessina sur les lèvres du chirurgien.

— C’est tout à votre honneur, déclara-t-il. Cette ambiance est parfois délétère, j’en conviens. Mais en l’occurrence, vous n’avez pas à vous inquiéter de cela. Aucun des autres candidats ne possède le profil requis, selon moi. Si ce travail vous intéresse toujours, il est à vous.

A ces mots, elle sentit monter en elle un mélange de joie et de fierté. Frank Moritz était incontestablement le meilleur chirurgien pédiatrique des Etats-Unis et peut-être même du monde. Et parmi tous les médecins qui se disputaient le privilège de le seconder, c’était elle qu’il avait choisie.

— Alors ? lui demanda-t-il en souriant. Qu’en dites-vous ?

Elle hésita quelques instants avant de lui répondre. Car si Coburn avait accepté l’idée qu’elle puisse retourner travailler, il lui avait clairement fait comprendre qu’il comptait sur elle pour être plus présente qu’autrefois, tant pour lui que pour leur enfant.

Il allait de soi que le poste que venait de lui proposer Moritz exigerait d’elle un engagement total. Celui qui l’accepterait devrait se dévouer corps et âme à son travail et se rendre disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre en cas de besoin.

Diana ne se faisait aucune illusion : si elle donnait son accord, Coburn considérerait certainement qu’elle avait trahi leur pacte, et elle ne pourrait lui donner complètement tort.

— J’ai besoin d’un peu de temps pour réfléchir, répondit-elle enfin, déchirée entre l’envie d’accepter sans attendre et la promesse qu’elle avait faite à Coburn.

Frank Moritz leva un sourcil étonné. De toute évidence, il s’était attendu à ce qu’elle accepte sans hésiter.

— Vous, au moins, vous savez vous faire désirer, commenta-t-il d’un ton mi-amusé, mi-réprobateur. Je ne vais malheureusement pas pouvoir faire patienter le comité de direction éternellement, ajouta-t-il. Vous avez jusqu’à la fin du mois pour vous décider. Ensuite, je serai obligé de prendre l’un des autres candidats.

— Je vous promets d’y réfléchir, dit-elle.

— J’espère bien ! Mais je vais devoir vous laisser, à présent. Je suis déjà très en retard. En tout cas, je suis ravi de vous avoir croisée. J’espère que vous prendrez la bonne décision.

Sur ce, il la salua d’un petit signe de la tête et s’éloigna à grands pas. Tout en le suivant des yeux, Diana se prit à songer que cette rencontre était probablement un signe du destin. Mais son instinct lui soufflait aussi que Coburn ne verrait probablement pas les choses de la même façon.

* * *

Ce soir-là, ils avaient invité Harrison et Frankie à dîner. Diana avait décidé de faire la cuisine elle-même. Elle était en pleine préparation quand Coburn rentra du bureau. Il lui suffit d’un coup d’œil pour comprendre que la journée ne s’était pas aussi bien passée que prévu.

Abandonnant la tarte qu’elle était en train de décorer de quartiers de pomme et de poire, elle traversa la pièce pour aller embrasser son époux. L’intensité avec laquelle il lui rendit son baiser lui confirma qu’il avait grand besoin de se changer les idées.

— Ça ne va pas ? lui demanda-t-elle d’un ton empli de sollicitude.

— Ce n’est rien, répondit-il en se forçant à lui sourire. Je suis juste un peu sous pression, en ce moment. Ne t’en fais pas pour moi… Parle-moi plutôt de ta journée.

Diana hésita à lui raconter sa rencontre avec Moritz. Mais elle estima que le moment était mal choisi pour cela. Coburn paraissait déjà suffisamment préoccupé comme cela sans qu’il fût besoin d’en rajouter.

— Très bien, éluda-t-elle. Je suis allée me promener à Central Park avant d’aller chiner du côté d’East Village. Mais va plutôt te changer, nos invités ne devraient plus tarder.

Harrison et Frankie sonnèrent à la porte quelques minutes plus tard. Diana venait tout juste d’enfourner sa tarte et alla leur ouvrir.

Elle connaissait déjà bien Harrison. En revanche, elle n’avait croisé que très rarement Francesca, sa fiancée, qui se trouvait être l’assistante de Coburn.

Elle découvrit rapidement que Frankie, ainsi qu’elle se faisait appeler, était quelqu’un qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Elle était aussi franche que directe et dotée d’un solide sens de l’humour.

Diana remarqua également que Harrison paraissait éperdument amoureux d’elle. Ces sentiments semblaient avoir sur lui un effet des plus salutaire : jamais elle ne l’avait vu aussi enjoué et détendu.

Diana avait toujours pensé que Harrison était beaucoup trop sérieux. Il semblait ne jamais penser qu’à son travail et aux obligations qu’il avait vis-à-vis de sa famille et de ses employés.

Mais l’homme qu’elle avait devant les yeux ce soir-là était comme transfiguré. Il se montrait plein de verve et de gaieté, les régalant d’anecdotes truculentes sur le petit monde de la politique qu’il était en train de découvrir.

Sa campagne s’annonçait assez prometteuse et nombre de commentateurs estimaient qu’il avait de réelles chances d’emporter les primaires. Le fait qu’il ne soit pas un professionnel de la politique était plutôt bien perçu par les électeurs.

Evidemment, la route serait encore longue avant la convention nationale du parti qui officialiserait le choix du candidat démocrate, mais Harrison avait bon espoir.

Au cours du dîner, Diana put également constater que Coburn ne lui avait pas menti : les deux frères s’étaient effectivement rapprochés au cours de ces derniers mois. Même si leur complicité retrouvée avait encore quelque chose d’un peu maladroit, elle faisait plaisir à voir.

Lorsque Coburn annonça à leurs invités que Diana attendait un enfant, Harrison les félicita chaleureusement. L’enthousiasme que paraissait lui inspirer la nouvelle semblait sincère et il ne fit pas la moindre allusion au fait que le couple sortait tout juste d’une longue séparation.

Après le repas, Coburn et Harrison s’installèrent sur la terrasse pour discuter affaires tandis que Francesca et Diana se préparaient une tisane dans la cuisine.

— Je suis si heureuse pour vous, déclara Frankie avec sa franchise habituelle. Coburn était si malheureux lorsque vous vous êtes séparés ! Je ne l’avais jamais vu comme cela, lui assura-t-elle. Il paraissait n’avoir plus goût à rien…

— Ce n’est pas l’impression que cela donnait dans les journaux, remarqua Diana.

Frankie lui jeta un regard amusé.

— Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit dans la presse à scandale, dit-elle avec un sourire malicieux. J’en ai eu maintes fois la confirmation depuis que je sors avec Harrison.

Diana laissa échapper un soupir dubitatif.

— N’oubliez pas que je suis l’assistante de Coburn, insista Frankie. Je suis bien placée pour savoir ce qu’il fait de son temps. Je peux vous jurer que toutes les liaisons qu’on a pu lui prêter depuis votre séparation sont de pures affabulations.

Diana sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Même si c’était elle qui avait pris l’initiative de leur rupture, elle n’avait pu réprimer complètement la jalousie et la déception que lui avaient inspirées ces articles.

— On ne peut pas en vouloir aux journalistes, ajouta Frankie en haussant les épaules. Lorsqu’on a appris votre départ, des tas de filles se sont dit que c’était le moment idéal pour mettre le grappin sur Coburn. Toutes rêvaient d’être celle qui lui ferait oublier ses malheurs et deviendrait la nouvelle Mme Grant. Il s’est littéralement fait harceler, mais je savais qu’elles perdaient leur temps. Coburn n’a jamais eu d’yeux que pour vous.

Diana ne chercha même pas à réprimer le sourire béat qui lui venait aux lèvres.

En dépit de tout ce qui s’était passé au cours de ces dernières semaines, elle n’avait pu se départir complètement d’un doute lancinant. Elle était désormais convaincue que si Coburn avait fait tout son possible pour les réunir ce n’était pas uniquement parce qu’elle attendait un enfant.

— Merci, Frankie, murmura-t-elle d’une voix légèrement étranglée par l’émotion.

— Il n’y a pas de quoi. En tout cas, votre réconciliation tombe vraiment à point nommé !

Diana lui jeta un coup d’œil interrogatif et Frankie haussa les épaules.

— Sans vous, je ne sais pas comment Coburn aurait supporté la pression que le conseil d’administration fait peser sur lui au sujet de ce rappel…

Le visage de Diana devait trahir son incompréhension car Frankie s’interrompit et la considéra avec étonnement.

— Il ne vous en a pas parlé ? demanda-t-elle.

Diana secoua la tête. Frankie fronça les sourcils.

— C’est bizarre, dit-elle.

— De quoi s’agit-il, exactement ?

— De l’un des plus gros scandales auxquels l’entreprise ait jamais été mêlée, répondit Frankie. Mais il vaut sans doute mieux que ce soit Coburn qui vous en parle. Après tout, c’est lui qui se trouve en première ligne…

Elles furent interrompues par l’arrivée des deux frères Grant qui venaient de quitter la terrasse pour les rejoindre. Harrison leur annonça alors qu’il avait un meeting le lendemain à l’autre bout du pays et qu’il préférait ne pas rentrer trop tard. Frankie et lui prirent congé et tous se promirent de se revoir très vite.

Lorsque Coburn eut refermé la porte derrière eux, Diana put enfin lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs minutes.

— Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

Coburn lui lança un regard perplexe.

— Rien dit ? répéta-t-il. A quel sujet ?

— Au sujet de ce rappel dont Frankie m’a parlé…

Le sourire de son mari disparut brusquement, remplacé par une moue qu’elle reconnut aussitôt. C’était celle qu’elle n’avait surprise que trop souvent sur son visage depuis qu’ils étaient rentrés des Caraïbes.

— Je ne voyais pas de raison de t’embêter avec cela, soupira-t-il.

— Je te rappelle que nous nous sommes promis d’être honnête l’un envers l’autre. Je vois bien que ce sujet t’obsède depuis un certain temps…

— C’est le moins que l’on puisse dire, murmura Coburn.

— Alors pourquoi me l’as-tu caché ?

Il passa nerveusement la main dans ses cheveux.

— Je ne sais pas, Diana, reconnut-il. Peut-être parce que je n’avais pas envie de gâcher notre bonheur retrouvé.

— Tu aurais dû m’en parler.

— C’est vrai ! s’exclama-t-il en levant les mains en signe de reddition. J’aurais dû le faire. Je suis désolé.

Il paraissait sincère.

— Est-ce que c’est grave ? lui demanda-t-elle, d’une voix plus calme.

— Que t’a dit Frankie ?

— Elle n’a pas eu le temps de me dire grand-chose.

Coburn se dirigea vers la cuisine et elle lui emboîta le pas. Là, il lui resservit une tisane et se prépara un café.

— J’ai appris la nouvelle pendant que nous étions sur l’île. Le lendemain de notre arrivée, on m’a signalé que plusieurs accidents avaient eu lieu au cours des derniers mois. Tous semblaient avoir été causés par un dysfonctionnement du système ABS présent sur certains de nos modèles.

— Est-ce qu’il y a eu des victimes ? s’enquit Diana.

— Dans la plupart des cas, ce ne sont que des incidents mineurs. C’est pour cette raison que l’information n’est pas immédiatement remontée jusqu’à nous. Mais il y a une semaine, cinq personnes sont mortes et tout s’est accéléré…

— Mon Dieu…

— Nous avons commencé par rappeler toutes les voitures de cette série, poursuivit Coburn d’une voix sourde. Mais le bureau d’études a rapidement mis en évidence le fait que le problème touchait un nombre bien plus important de véhicules.

— Combien ?

— Plusieurs millions. Ce pourrait être l’un des rappels les plus importants de l’histoire de l’automobile.

Diana le dévisagea d’un air incrédule.

— Mais comment as-tu pu me cacher une chose pareille ? balbutia-t-elle.

— Qu’aurais-tu pu y faire ?

— Te soutenir, répondit-elle sans hésiter. Etre là pour toi…

— Tu étais là, dit-il avec un pâle sourire. C’est tout ce qui compte.

Touchée par cette réponse, elle se rapprocha de lui et le serra contre son cœur.

— J’ai passé la majeure partie de cette semaine à préparer ce rappel qui doit s’étaler sur plus de six mois, expliqua-t-il. Crois-moi, c’est l’une des choses les plus déprimantes que j’aie jamais eu à faire. La presse et les associations de consommateurs exigent que des têtes tombent. Au sein de l’entreprise, tout le monde cherche à se couvrir, ce qui est compréhensible. Du coup, c’est à moi que revient le privilège de désigner les responsables de ce fiasco.

— Je n’aimerais pas être à ta place, murmura Diana.

— Le plus rageant, dans tout ça, c’est que nous devons prendre tellement de précautions sur le plan de la communication que nous perdons un temps précieux. Si je m’écoutais, nous aurions déjà commencé à rappeler beaucoup plus de véhicules que nous ne l’avons fait jusqu’ici. Mais les gourous de la com estiment que cela aurait un effet désastreux sur notre image. Pendant ce temps, des gens risquent leur vie au volant de voitures qui ne sont pas fiables.

— Et qu’en pense le conseil d’administration ?

— Ils voudraient que nous fassions porter le chapeau à l’un de nos sous-traitants et je dois me battre pour que nous assumions cette erreur dont nous sommes les seuls véritables responsables.

— C’est tout à ton honneur.

— Il ne s’agit pas seulement de bonnes pratiques, reconnut Coburn. Je suis convaincu qu’en prenant nos responsabilités nous bénéficierons d’une meilleure image aux yeux de nos clients. Malheureusement, mon opinion est très minoritaire.

Il secoua la tête d’un air accablé.

— Mais le pire, avoua-t-il, c’est de penser à ces gens qui sont morts par notre faute. Cette idée me hante jour et nuit…

— C’était un accident, protesta Diana. Vous n’avez pas voulu que cela se produise. Tu ne peux être tenu pour responsable de la moindre erreur technique. Tu n’étais même pas à la tête de l’entreprise lorsque celle-ci a été commise !

— C’est ce que m’a encore dit Harrison ce soir même, soupira-t-il. Rationnellement, je sais que vous avez raison. Mais cela ne change rien. C’est mon entreprise, ce sont mes ouvriers, mes voitures et mes clients. Et je ne peux pas ne pas me sentir concerné.

— C’est parfaitement normal, acquiesça-t-elle. Mais tu n’es pas responsable pour autant de ce qui s’est produit. En revanche, tu l’es de ce qui va se passer désormais. Je n’ai aucun doute sur le fait que tu seras à la hauteur, Cob. Tout ce que tu as à faire pour cela, c’est d’écouter ce que te dicte ton cœur. Ne te laisse pas faire par le conseil d’administration : impose ta vision des choses. De cette façon, tu n’auras aucun regret.

Coburn s’écarta légèrement d’elle pour la contempler attentivement.

— Tu as raison, Diana, lui dit-il d’une voix empreinte de gravité. J’aurais dû te parler de tout cela avant. J’avais besoin d’entendre des mots comme ceux-là.

Elle lui décocha un sourire complice.

— Il faut bien que cela serve à quelque chose d’être marié, répliqua-t-elle d’un ton amusé.

— Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, dit-il malicieusement. Je te rappelle que je suis allé jusqu’à te kidnapper pour t’en persuader.

Diana recouvra brusquement son sérieux.

— Pourquoi ? lui demanda-t-elle.

Il lui jeta un regard étonné.

— Pourquoi l’as-tu fait ? Est-ce à cause du bébé ?

— Non, répondit-il sans hésiter. L’existence de cet enfant m’a plus servi de prétexte qu’autre chose. J’ai compris que je ne pouvais pas te laisser partir le jour où nous nous sommes retrouvés pour signer les papiers du divorce. Mais je crois qu’au fond de moi je le savais bien avant cela…

— Mais je t’ai quitté. Tu aurais dû m’en vouloir.

— Oh, mais je t’en voulais ! s’exclama-t-il en riant. Je t’en voulais énormément ! J’ai même essayé de te détester. Mais je n’y suis pas arrivé. Je ne cessais de penser à toi.

Diana se rappela ce que lui avait dit Frankie au sujet de son célibat prolongé.

— Pourquoi ? lui demanda-t-elle de nouveau.

— N’est-ce pas évident ? répondit-il. Je t’aime, Diana. Je suis tombé amoureux de toi dès le soir où je t’ai rencontrée à cette soirée, et j’ai bien peur que cela dure encore très longtemps.

Eperdue de joie, Diana se serra contre lui pour lui offrir le plus doux, le plus passionné et le plus intense des baisers. Jamais encore elle ne s’était sentie aussi heureuse.

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