Une brulante étreinte
Chapitre 11.
11.
— La secrétaire de Jack Nieman vient de m’envoyer un message, annonça Frankie en passant la tête par l’embrasure de la porte du bureau. Il devrait avoir entre dix et quinze minutes de retard.
Coburn dut faire un effort pour contenir la colère et la frustration qu’il sentait monter en lui. Le représentant du conseil d’administration cherchait sans doute à lui faire comprendre qu’il se savait en position de supériorité.
Coburn se força à se détendre. Cette sorte de tactique était monnaie courante dans le genre de négociations qui l’attendait. Il ne pouvait se permettre de se laisser intimider.
— Lorsqu’il sera là, fais-le attendre dix minutes dans la salle de réunions, répondit-il. Apporte-lui du café et dis-lui que tu es vraiment désolée mais que je suis très occupé pour le moment, d’accord ?
Un sourire complice se dessina sur les lèvres de Frankie.
— C’est compris, lui dit-elle. J’en profite pour te souhaiter bonne chance, Coburn.
— J’en aurai bien besoin.
Il s’apprêtait à annoncer à Nieman la décision qu’il avait prise la veille au soir, à la suite de sa discussion avec Diana. Elle lui avait conseillé d’écouter ce que lui dictait son cœur et c’était précisément ce qu’il comptait faire, que cela plaise ou non au conseil d’administration.
Si sa stratégie se révélait désastreuse, les membres du conseil exigeraient probablement sa démission et Coburn n’aurait d’autre choix que de la leur remettre. Mais au moins, il aurait sa conscience pour lui.
On frappa de nouveau à sa porte.
— Entrez, lança-t-il.
Il s’attendait à voir Frankie mais ce fut son frère qui pénétra dans son bureau. Comme à son habitude, Harrison était tiré à quatre épingles, mais Coburn n’était pas dupe : il discernait clairement la fatigue qui se lisait dans ses yeux.
— Comment s’est passé ce meeting ? lui demanda-t-il.
— Il apparaît de plus en plus évident qu’il n’y a que deux possibilités, répondit Harrison d’une voix lasse. Soit je suis élu président à l’unanimité, soit je ne recueille pas une seule voix…
— N’est-ce pas un peu extrême ? lui demanda Coburn en riant.
— Pas si on écoute les commentateurs politiques : les démocrates trouvent que je ressemble trop à un républicain. Quant aux républicains, ils me reprochent d’être démocrate.
— Il faut croire que tu te trouves au centre de l’échiquier, dit Coburn. Te connaissant, cela ne me surprend pas outre mesure.
— Justement, le centre est une position très inconfortable, remarqua Harrison. Ne dit-on pas que Dieu n’aime pas les tièdes ?
— Fort heureusement, il n’a pas le droit de vote, rétorqua Coburn. De toute façon, ma nouvelle politique, c’est de suivre mon cœur. Il paraît que de cette façon je n’aurai rien à regretter. Tu devrais faire de même.
— Depuis quand es-tu devenu aussi philosophe ? lui demanda Harrison en riant.
— C’est drôle. Je t’ai posé la même question, il y a quelque temps, et je me rappelle parfaitement ta réponse : depuis que j’ai à mes côtés une femme qui m’a appris à chérir chaque moment passé en sa compagnie.
— J’ai vraiment dit ça ?
— Oui. Sur le moment, je me suis demandé si Frankie ne t’avait pas fait perdre le peu de neurones qu’il te restait. Mais aujourd’hui, je suis dans le même cas.
— Est-ce que je suis censé te féliciter ou me sentir désolé pour toi ? ironisa Harrison.
— Un peu des deux, sans doute.
— Quoi qu’il en soit, ta nouvelle conseillère en communication a apparemment une grande influence sur toi. Frankie m’a dit que tu allais rappeler tous les véhicules d’un seul coup…
— Et assumer la pleine et entière responsabilité de cette catastrophe, oui.
— C’est courageux. Je crois que cela peut s’avérer payant.
— Vraiment ? s’exclama Coburn, surpris.
Son frère inclina la tête.
— Les gens ne sont plus des moutons, déclara-t-il. On ne les manipule plus aussi facilement qu’avant. Les informations se transmettent très rapidement et ceux qui essaient de les dissimuler finissent tôt ou tard par les voir resurgir, généralement au plus mauvais moment. Je suis convaincu que la transparence et l’honnêteté sont les seules politiques viables en matière de communication.
— Je n’ose imaginer ce que penseraient les responsables de communication de la Maison Blanche en entendant cela dans la bouche du futur président…
Harrison éclata de rire.
— Tu vas un peu vite en besogne.
— Ce que je ne comprends pas, déclara plus sérieusement Coburn, c’est pourquoi le conseil d’administration refuse obstinément de considérer cette possibilité.
Un sourire rusé illumina le visage de son frère.
— Oh ! ils l’ont considérée, lui dit-il. Mais ils sont assez malins pour savoir que c’est ce que tu brûles de faire. Ils te laissent donc assumer seul cette responsabilité. Si les choses tournent au vinaigre, ils auront beau jeu de dire que tu leur as forcé la main, qu’ils n’étaient pas d’accord et que tu es le seul coupable. Si tout fonctionne bien, au contraire, tu les verras se féliciter publiquement de l’éthique infaillible dont Grant Automotive sait faire preuve…
— Quelle bande de salopards, murmura Coburn, ne sachant s’il éprouvait du dégoût ou de l’admiration à l’égard de Nieman et de ses associés.
— Ils cherchent juste à défendre leurs intérêts, expliqua Harrison. Tant que tu gardes cela en tête, ils sont relativement faciles à manipuler.
— Malheureusement, je n’ai pas ton sens aigu de la diplomatie, soupira Coburn.
— Je suis sûr que tu t’en tireras à merveille. Tu apprends vite, Cob. Papa me répétait souvent que c’était ta plus grande qualité.
Coburn sentit son cœur se serrer. Jamais les frères Grant ne faisaient allusion à leur père. C’était une règle aussi tacite qu’infrangible. Et le fait que Harrison l’ait enfreinte constituait en soi une véritable révolution.
— Que crois-tu qu’il aurait fait, à ma place ? demanda-t-il gravement.
— Je pense qu’il aurait fait comme moi : il se serait contenté de minimiser la casse, d’opter pour un rappel graduel en croisant les doigts pour qu’aucun autre accident ne se produise. Mais nous aurions eu tort. Il faut parfois prendre des risques pour réaliser de grandes choses. C’est précisément ce que tu as fait durant toute ton existence en accomplissant tous ces exploits sportifs insensés. L’entreprise a besoin d’un homme comme toi, aujourd’hui : un visionnaire et non un gestionnaire, si brillant soit-il. C’est à ce prix seulement que nous franchirons un nouveau cap.
— Et moi qui avais déjà l’impression d’être sous pression, ironisa Coburn. Merci d’en rajouter une couche…
Malgré l’ironie dont il faisait preuve, il se sentait touché par la confiance que lui témoignait son frère. Il se promit alors que, quoi qu’il puisse arriver, il saurait s’en montrer digne.
* * *
Le traditionnel bal de la chambre de commerce de la ville de New York se tenait cette année-là dans le grand hall du Foundation Building, l’un des bâtiments les plus emblématiques de Lower Manhattan.
Ce n’était pas la première fois que Diana assistait à une telle soirée mais elle ne manquait jamais de s’interroger sur le contraste qui existait entre le faste et l’élégance de ces grandes réceptions mondaines et les causes en faveur desquelles elles étaient organisées.
Mais les gens qui y assistaient ne venaient pas uniquement par charité. Ce genre d’événement leur donnait l’occasion d’entretenir et de développer leur réseau de relations et de contacts.
Comme la plupart des riches industriels présents ce soir-là, Coburn était très courtisé. Nombre de personnes demandaient à lui être présentées et Diana avait serré des dizaines de mains depuis qu’ils étaient arrivés.
— T’ai-je dit à quel point tu étais radieuse, ce soir, lui chuchota son mari lorsqu’ils réussirent enfin à s’extraire de la foule.
— Non, mais je suis ravie que tu le fasses, répondit-elle en souriant. Comment s’est passé ton entretien avec Nieman ?
— Moins mal que je ne le redoutais, déclara-t-il pensivement. Grâce à Harrison, j’ai compris qu’il ne servait à rien de le convaincre. Du coup, je n’ai même pas essayé. En revanche, j’ai obtenu qu’il me laisse faire ce que je voulais tant que je ne l’impliquais pas.
— En d’autres termes, tu acceptes de jouer les fusibles, commenta Diana.
— Précisément. Mais c’était la seule façon pour moi d’avoir le champ libre.
— Tu comptes toujours aller jusqu’au bout ?
— Plus que jamais, affirma-t-il.
— Bien, approuva-t-elle, très fière de lui. Tu sais ce que l’on dit : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
— C’est ce que semblait penser Harrison, lui aussi. Il m’a donné sa bénédiction.
— Cela ne m’étonne pas.
Coburn secoua la tête d’un air vaguement amusé.
— J’ai l’impression que tu es passée d’un extrême à l’autre, remarqua-t-il malicieusement.
— Que veux-tu dire ?
— Que tu as peut-être un peu trop confiance en moi.
— N’est-ce pas ce que tous les époux devraient éprouver les uns pour les autres ? lui demanda-t-elle. Une confiance inconditionnelle ?
— Si. Mais on peut dire que dans notre cas cela aura pris du temps !
Ils furent interrompus par l’un des serveurs qui leur indiqua que le dîner allait être servi et leur demanda de bien vouloir rejoindre leurs places, ce qu’ils firent sur-le-champ. Lorsqu’ils découvrirent enfin leur table, ils s’aperçurent que Frank Moritz y était déjà installé.
— Quelle surprise ! s’exclama-t-il à l’intention de Diana. On dirait que nous sommes destinés à nous croiser, vous et moi !
Coburn lança un regard interrogateur en direction de Diana qui se garda bien de répondre à cette question implicite. La chair de poule la saisit. Sans qu’elle sache trop pourquoi, la présence de Moritz lui paraissait être de mauvais augure.
Fort heureusement, Coburn venait de se faire aborder par un vieil ami de son père qui le connaissait apparemment depuis sa plus tendre enfance. Diana se détendit légèrement : tandis que tous deux évoquaient leurs souvenirs communs, elle avait le temps de glisser discrètement à Moritz qu’il valait mieux éviter de mentionner l’offre qu’il lui avait faite.
Elle se tourna vers ce dernier mais, avant même qu’elle ait pu ouvrir la bouche, il la devança.
— Alors ? demanda-t-il. Est-ce que vous avez réfléchi à ma proposition ?
— Coburn et moi n’avons pas encore eu le temps d’en parler, répondit-elle en lui jetant un regard insistant.
Mais il était déjà trop tard.
— Quelle proposition ? s’enquit son mari, curieux.
— J’ai proposé à Diana de rejoindre mon équipe, expliqua Moritz. Elle m’a promis d’y réfléchir, donc je voulais savoir si sa décision était prise.
Elle sentit Coburn se raidir brusquement.
— J’ai bien peur que le moment ne soit mal choisi, étant donné que Diana est enceinte, répondit-il d’une voix tendue.
— Je ne savais pas ! s’exclama Moritz. Félicitations à tous les deux.
— Merci, murmura Diana.
Elle ne parvenait pas à croire que Coburn ait pu annoncer cela à la cantonade alors qu’elle n’en était qu’à quelques semaines de grossesse.
— Quoi qu’il en soit, je suis sûr que nous pourrons nous arranger, déclara Moritz. Je préfère m’assurer le concours du meilleur chirurgien que je connaisse, même si elle doit prendre quelques semaines de congé maternité.
— Impossible, déclara Coburn brusquement. Je sais comment vous traitez vos collaborateurs, docteur Moritz. Si ma femme venait travailler pour vous, vous l’obligeriez à opérer ses patients jusqu’en salle d’accouchement !
Moritz haussa un sourcil amusé.
— Vous exagérez, objecta-t-il. Mais de toute façon, il me semble que c’est à votre épouse de prendre cette décision, vous ne pensez pas ?
Il se tourna vers Diana qui se sentait profondément mortifiée par l’attitude de son mari.
— Si vous n’êtes pas intéressée, dites-le-moi tout de suite, lui lança-t-il. Cela me laissera le temps de m’organiser différemment…
Elle se força à prendre une profonde inspiration pour tenter de maîtriser la colère qui bouillonnait en elle.
— Je peux commencer dès demain si vous voulez, déclara-t-elle.
Moritz la considéra avec stupeur. A son côté, Coburn laissa échapper un petit cri de surprise.
— Vous êtes sérieuse ? lui demanda Moritz.
— Parfaitement. Dites-moi à quelle heure vous voulez que je sois là.
— Eh bien, disons 10 heures, si cela vous convient.
— C’est parfait.
Elle jeta un coup d’œil à sa montre.
— Si ça ne vous ennuie pas, je vais vous laisser. Je tiens à être en forme demain.
Sur ce, elle se leva et, sans un regard pour Coburn, se dirigea à grands pas vers l’imposante double porte qui permettait de quitter la salle.
Elle se trouvait au milieu du grand hall lorsque son mari la rattrapa. Il la saisit par le bras, la forçant à lui faire face.
— Est-ce que tu as perdu la tête ? lui demanda-t-il d’une voix vibrant de rage à peine contenue.
— J’ai plutôt l’impression que c’est toi qui la perds, répliqua-t-elle d’un ton glacial en le défiant du regard. Ne t’ai-je pas entendu répondre à ma place à une offre d’emploi ?
— Nous en avons déjà discuté, protesta-t-il vivement. Moritz est un véritable tyran qui considère que ses collaborateurs sont corvéables à merci !
— C’est aussi quelqu’un avec qui je rêve de travailler depuis que j’ai commencé mes études de médecine, rétorqua-t-elle. C’est l’un des plus grands spécialistes du monde en matière de chirurgie pédiatrique. Et il m’a choisie pour le seconder alors que des dizaines de médecins parfaitement qualifiés se disputent ses faveurs.
— Je vois, dit Coburn, hors de lui. Et depuis quand as-tu décidé de travailler pour lui ?
Diana se dégagea et croisa les bras.
— Figure-toi que je comptais décliner son offre.
— Je n’en crois pas un mot.
— Que veux-tu que ça me fasse ?
— Si tu avais eu l’intention de refuser, tu le lui aurais dit d’entrée de jeu. Quand l’as-tu rencontré ?
— Hier.
— Pourquoi ne m’en as-tu rien dit ?
— Parce que, quand tu es rentré, tu n’avais pas l’air très en forme. Et ensuite, nous avons discuté de ton rappel.
— Je croyais que nous nous étions compris, Diana. Ne m’as-tu pas dit que tu étais prête à m’accorder plus de temps ? A te consacrer à notre enfant ? Comment comptes-tu faire en travaillant pour quelqu’un comme Moritz ?
— La question ne se serait pas posée si tu ne t’étais pas conduit comme un rustre, répondit-elle durement. As-tu déjà oublié ce que tu m’as dit après l’accident de James ? Que tu admirais ce que je faisais ? Que tu étais fier de moi ?
— C’est le cas et je le suis, répondit-il. Mais je sais aussi que si tu acceptes ce poste tu anéantiras tout ce que nous avons rebâti. Tout recommencera comme avant. Ce sera même pire, cette fois, parce que nous aurons un enfant… Je ne veux pas te perdre une fois de plus, Diana.
Le cœur serré par un mélange de tristesse et de résignation, elle recula d’un pas comme pour se protéger de lui.
— Tu ne comprends pas, Coburn. C’est en agissant comme tu l’as fait il y a quelques minutes que tu vas me perdre. Je ne suis pas ta chose. Tu ne peux pas me garder sous cloche ou me condamner à jouer indéfiniment les bonnes petites ménagères. Si tu m’aimes vraiment, moi et pas l’idée que tu te fais de moi, tu dois me laisser faire mes propres choix. Je rêvais d’être médecin bien avant de te connaître, tu sais…
— Et c’est plus important que notre mariage, c’est ça ? s’exclama-t-il.
Elle rageait face à une question aussi idiote.
— Tu es ridicule ! lui dit-elle. Est-ce que je te demande de choisir entre moi et ton entreprise ?
— Ce n’est pas pareil…
— Pourquoi ? Parce que je suis une femme ?
— Parce que tu es sur le point de devenir une mère.
— Et alors ? s’emporta-t-elle. Des tas de femmes gèrent de front leur carrière et leur maternité. Cela ne fait pas des enfants plus malheureux que les autres. Ce n’est pas de moi dont tu parles, en fait. C’est de toi — du fait que tu t’es senti abandonné par ta propre mère !
Elle le vit pâlir brusquement.
— T’es-tu seulement dit que ta mère ne travaillait pas, justement ? Qu’elle aurait parfaitement pu se consacrer totalement à votre éducation ? Le sentiment d’abandon n’a rien à voir avec le temps que l’on passe en compagnie de ses enfants. Toute la question est de savoir ce que l’on fait avec eux et quel degré d’attention on leur porte.
Elle prit une profonde inspiration pour tenter de maîtriser le débit précipité de ses paroles.
— Ce n’est pas moi que tu veux, Coburn. C’est une femme suffisamment brillante pour pouvoir te stimuler intellectuellement mais suffisamment dénuée d’ambition et de curiosité pour que tu puisses être son seul et unique centre d’intérêt.
Diana secoua la tête.
— Je suis désolée de te décevoir, lui dit-elle, mais une telle femme n’existe pas. C’est un pur fantasme. Alors je vais te laisser le temps de réfléchir à ce qui est vraiment important à tes yeux : partager ta vie avec une femme de chair et de sang ou continuer à pourchasser un mirage.
— Tu ne vas pas partir comme cela, protesta-t-il.
— Si, répondit-elle gravement. Rappelle-toi ce que nous nous sommes dit, sur l’île : si nous ne parvenons pas à trouver un terrain d’entente, mieux vaut partir chacun de son côté plutôt que de nous faire du mal.
— Tu ne peux pas faire ça ! s’exclama-t-il.
— Au contraire, c’est peut-être la seule façon de sauver notre relation après ce que tu as fait ce soir. Ne me contacte que lorsque tu te seras décidé à te conduire comme quelqu’un de raisonnable, mais surtout, de respectueux.
Craignant de ne pas être aussi forte qu’elle le prétendait, Diana préféra ne pas lui laisser le temps de répondre. Elle se remit donc en marche en direction de la sortie. Mais cette fois-ci, Coburn ne fit pas mine de la suivre.
Et tandis qu’elle hélait un taxi pour se rendre à son ancien appartement, elle se demanda si elle n’était pas allée trop loin. Qu’importe, il était trop tard pour regretter ce qu’elle avait fait. Il ne lui restait qu’à espérer que l’amour de Coburn l’emporterait sur sa fierté.
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