Une liaison ardente - Cathy Williams

Julie · Chapitre 10 sur 10

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Une liaison ardente - Cathy Williams

Chapitre 10. · Le choc fut tel pour la jeune…

 

Le choc fut tel pour la jeune femme qu'elle ne réalisa vraiment ce qui venait de se passer qu'en se retrouvant assise dans la voiture à côté de Bruno.

— Dis-moi que ce n'est pas vrai, balbutia-t-elle en lui jetant un regard qui trahissait son profond désarroi.

— C'est pourtant le cas, rétorqua-t-il d'un ton qui n'admettait pas la contradiction.

Puis, faisant coulisser la vitre fumée qui séparait la banquette arrière de l'avant de la limousine, il se pencha vers le chauffeur.

— Continuez à rouler, Harry, indiqua-t-il. Jusqu'à ce que je vous demande d'arrêter.

— Mais... vers où ? s'enquit ce dernier, interloqué.

— Où vous voulez, ça n'a aucune importance. Brighton et retour, si ça vous chante...

Harry acquiesça de la tête et Bruno referma la vitre. Le chauffeur ne pouvait plus ni les entendre, ni les voir. Alors Katy se tourna vers Bruno, décidée à le faire enfin sortir de son insupportable réserve.

— Si je n'ai pas rêvé, alors explique-moi à quoi tout cela rime ! s'écria-t-elle d'une voix étranglée. Te rends-tu seulement compte de ce que tu viens d'annoncer à la presse ? Comment allons-nous pouvoir revenir en arrière, à présent ?

— Inutile de se laisser aller à l'hystérie, fit observer Bruno avec un flegme qui eut pour seul effet de révolter encore un peu plus la jeune femme.

— Je ne suis pas hystérique, mais furieuse ! Avec tes bêtises, tu as rendu les choses encore plus compliquées. Avant, il fallait rompre nos fiançailles, et c'était déjà un casse-tête ! A présent, à cause de toi, c'est un mariage qu'il faut annuler ! Mais quelle mouche t'a donc piqué ?

Elle songea avec horreur aux gros titres qu'elle ne manquerait pas de lire dans les journaux le lendemain, et qui annonceraient, photos à l'appui, l'imminence de la cérémonie. Elle se moquait des relations de Bruno, de tous ses prétendus amis qui s'étaient précipités vers lui à l'Opéra. Que diraient-ils à Joseph et à ses parents ? Ils seraient terriblement peinés d'avoir été avertis après les journalistes ! Sans compter qu'ensuite il faudrait leur annoncer la rupture...

Pas de doute, Bruno avait perdu la tête !

— Pourquoi t'es-tu ainsi laissé manipuler par Isobel ? Il suffisait de la faire taire !

— Je ne me suis pas laissé manipuler par Isobel, corrigea Bruno d'une voix tendue.

— Alors c'est encore pire ! As-tu seulement pensé à la peine que nous allons causer à ton parrain, à mes parents ?

— Tu veux que je m'excuse, c'est ça ?

— Je n'ai rien à faire de tes excuses, c'est trop tard de toute façon ! J'essaie tout simplement de comprendre ce qui t'est passé par l'esprit !

— C'est pourtant simple ! Quand on est fiancés, on se marie, non ? rétorqua-t-il d'une voix posée.

Il l'observait avec attention, guettant sa réaction.

— Tu veux rire, j'espère ?

— Pas du tout, affirma-t-il sur le même ton raisonnable. Ce mariage n'est pas aussi absurde que tu veux bien le croire.

D'abord, nous ne pourrions pas être mieux assortis physiquement, commença-t-il comme s'il vantait un contrat commercial, et tu sais comme moi qu'une relation harmonieuse sur le plan sensuel est le gage d'un mariage réussi. Ensuite, nos familles respectives sont ravies. Voilà déjà deux arguments valables, il me semble !

Katy resta bouche bée, partagée entre l'incrédulité et la révolte. Comment osait-il envisager de mener cette comédie à son terme ? Le mariage représentait-il donc si peu pour lui ? Le cœur serré, elle se remémora ce qu'il lui avait dit avant la visite d'Isobel. Comme tout célibataire avançant en âge et las de papillonner, il jugeait le moment venu de s'installer. Il s'était donc mis en quête de l'épouse idéale, celle qui correspondait au cahier des charges qu'il s'était fixé. Isobel, son premier choix, n'ayant pas été à la hauteur de ses attentes, il se rabattait sur elle. Une bonne relation au lit, une entente intellectuelle satisfaisante, le tour était joué. Et les sentiments, l'amour dans tout ça ? Bruno s'en fichait ! Il était incapable d'aimer... De toute façon, il n'avait jamais pensé qu'à lui !

— T'es tu seulement posé la question de savoir ce que, moi, je voulais ? lança-t-elle d'une voix blanche. Eh bien je vais te le dire ! L'idée même de dire oui à un homme parce que nous nous entendons bien au lit et que je plais à sa famille me révolte ! Dans le mariage, l'attirance physique est nécessaire, mais elle n'est pas suffisante ! Peut-être avais-tu réussi à convaincre Isobel, mais, avec moi, tu perds ton temps... J'ai une autre conception du mariage, figure-toi !

Il y eut un silence tendu, et ils s'affrontèrent du regard. Mais dans les yeux sombres de Bruno, Katy ne lut aucune agressivité, bien au contraire...

— Je sais, tu n'es pas Isobel, fit-il enfin remarquer d'une voix grave. En fait, tu ne ressembles à aucune des femmes que j'ai connues jusqu'à présent. Tu es unique, et c'est cela qui te rend si précieuse...

Katy s'écarta et lui lança un regard de défiance. Il se moquait d'elle, une fois de plus !

— Je t'en prie, épargne-moi ton petit couplet romantique ! Inutile de me faire des compliments pour essayer de m'amadouer, je n'entrerai pas dans ton jeu.

— Je n'essaie pas de t'amadouer, protesta-t-il d'une voix douce qui l'ébranla. Je te dis ce que je pense...

Il avança la main et lui effleura la joue en une caresse si furtive qu'elle crut avoir rêvé.

— J'ai passé ma vie à côtoyer des femmes parfaites, si parfaites qu'elles me faisaient périr d'ennui ! reprit-il comme s'il se parlait à lui-même. Et puis je t'ai rencontrée...

A ces mots, le cœur de Katy se mit à battre à une vitesse redoublée. Quelque chose dans le ton de la voix de Bruno, dans son regard trouble, lui disait qu'il ne plaisantait pas. Mais s'il était sérieux, où voulait-il en venir ? Elle n'y comprenait plus rien...

— Tu étais si peu sûre de toi, si nerveuse au début ! reprit-il. Quand je suis arrivé ici, j'ai cru qu'entre nous le courant ne passerait jamais, je ne savais pas comment m'adresser à toi. Et puis, peu à peu, j'ai compris comment tu fonctionnais, et j'ai ressenti comme une bouffée d'air frais. 1\i étais toi-même, tout simplement, plus vraie qu'aucune de celles que j'avais connues. Je me suis mis à penser à toi, à rechercher ta compagnie, à avoir besoin de toi. Je rêvais de toi, j'imaginais ce à quoi tu pouvais bien ressembler sous ton camouflage.

Elle sourit, d'un sourire timide et désorienté. Les paroles de Bruno étaient si douces à ses oreilles ! Elle aurait voulu qu'il ne s'arrête jamais...

Elle attendit, le souffle court, en proie à une indicible émotion.

— C'est pour me mettre à l'épreuve que j'ai fait venir Isobel, reprit-il. Pour m'empêcher de penser à toi. Mais c'est le contraire qui s'est produit : j'ai compris alors combien elle était superficielle, si caricaturale avec sa parfaite élégance et ses minauderies !

— Ce n'est pas parce que tu as décidé qu'Isobel n'était pas celle qu'il te fallait que je suis pour autant la femme de ta vie, balbutia Katy, le cœur battant à tout rompre. Un couple ne se construit pas sur un choix raisonné, mais sur des sentiments ! Pour qu'un mariage fonctionne, il faut cette étincelle, cette magie que seul l'amour procure !

Sa voix s'étrangla quand elle songea à la passion qui brûlait en elle et qui ne serait jamais payée de retour.

Il toussota nerveusement, et pour la première fois Katy eut le sentiment qu'il était déstabilisé.

— Mais c'est déjà un début, Katy ! lança-t-il d'une voix mal assurée. Peut-être pourrais-tu même apprendre à m'aimer ?

— Je ne comprends pas où tu veux en venir, balbutia-t-elle, au supplice.

— Tu ne m'aides pas beaucoup, constata-t-il avec un soupir.

— Voyons, Bruno, ne me dis pas que, toi, tu as besoin qu'on t'aide ! protesta-t-elle avec une ironie amère. Tu es plus apte que quiconque à te sortir des situations les plus délicates...

Il toussota de nouveau et chercha son regard.

— Eh bien, pour la première fois de ma vie, j'ai peur de parler, avoua-t-il. Peur que tu ne veuilles pas m'écouter...

Leurs regards se croisèrent avec une terrible intensité.

— Qu'as-tu à me dire, Bruno ? balbutia Katy.

— Que je t'aime et que je veux t'épouser ! lança-t-il tout à coup d'une voix vibrant d'émotion. Si tu t'en donnes le temps, un jour tu m'aimeras peut-être, toi aussi... Accorde-nous cette chance, Katy ; je sais que c'est possible, même si tu n'y crois pas aujourd'hui !

Katy resta muette, partagée entre la stupéfaction et l'indicible joie qui l'envahissait peu à peu.

Pourtant, elle n'osait pas encore croire tout à fait à son bonheur.

— Tu as dit que tu m'aimais... ? chuchota-t-elle comme si ces mots lui faisaient peur.

— Oui, je t'aime, je t'adore, confirma-t-il d'une voix sourde. Je ne peux pas vivre sans toi !

— Mais, quand, comment est-ce... ?

L'émotion l'empêcha d'achever, mais Bruno avait compris.

— Je l'ai su très vite après mon installation chez Joseph, expliqua-t-il, les yeux embués par l'émotion. D'abord, j'ai refusé l'évidence, et puis la visite d'Isobel m'a définitivement ouvert les yeux.

— Quand je pense que pendant tout ce temps, j'étais convaincue que mon amour pour toi ne serait jamais payé de retour ! lança-t-elle avec un sourire radieux.

Ce fut au tour de Bruno de la dévisager avec une stupéfaction émerveillée.

— Tu refusais de m'épouser, alors même que tu m'aimais ? s'exclama-t-il.

— Je préférais mourir d'amour loin de toi plutôt que devenir ta femme pour des questions de convenance !

— Tu te rends compte que sans l'intervention d'Isobel, nous serions encore en train de nous morfondre chacun de notre côté ! fit observer Bruno en attirant la jeune femme à lui.

Katy se lova contre lui, cherchant sa chaleur, son odeur, bouleversée de retrouver sa place contre son épaule.

— Sans le vouloir, c'est elle qui nous a réunis, renchérit Katy. Je suis si heureuse, Bruno...

— Moi aussi, ma chérie. A présent, il faut que je sache : veux-tu m'épouser et devenir la mère de mes enfants ?

— Comment pourrais-je te refuser quoi que ce soit, mon amour ? Tu es l'homme de ma vie, répondit-elle dans un sourire éblouissant.

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