You can't have me: Starlight (French Edition)

Heather S. Wood · Chapitre 20 sur 70

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You can't have me: Starlight (French Edition)

CHAPITRE 20 - Jim

 

En pénétrant dans son appartement, je suis étonné de le trouver rangé et épuré. Il est si différent de son bureau !

— Cet endroit ne te ressemble pas vraiment, je lui dis en retirant ma veste, tournant sur moi-même pour voir tout ce qui m’entoure.

— J’ai tout laissé à mon ex, en partant, répond-elle en haussant les épaules. Quand je suis arrivée dans cet appart, j’étais un peu perdue au début et puis je me suis rendu compte que des murs blancs sans dessin partout et des tables sans rien dessus me permettaient de me recentrer.

Elle s’affale sur le canapé et se frotte les bras comme si elle avait froid.

— En fait, c’est tellement le bazar dans ma tête en permanence, que ce lieu quasi vide me donne l’impression de pouvoir faire le tri… c’est comme un silence visuel.

Elle a l’air mal à l’aise, comme si elle avait honte, alors que je trouve son explication géniale, moi.

— Chez moi, je n’ai pas eu le temps de vraiment emménager, parce que nous sommes partis en tournée. Et maintenant que je cherche une maison, je n’en vois pas l’intérêt. Quand quelqu’un vient, on me dit souvent que je devrais égayer mon intérieur, que je serais plus joyeux grâce à ça, ou un truc dans le genre. La prochaine fois que je veux les faire taire, je leur parlerai de silence visuel, pour leur en boucher un coin. J’aime beaucoup cette idée.

Je lui souris en m’asseyant à ses côtés et elle se détend un peu. Puis l’interphone retentit. Les livreurs ne montent pas, il va falloir descendre.

— Je vais y aller, me prévient-elle en se levant.

— Si ça t’embête pas, ce serait cool.

De toute façon, tout est déjà payé, même le pourboire. L’obliger à se déplacer n’est pas très gentleman, mais elle comprend mes raisons.

— Je n’ai pas envie d’avoir tes fans faisant le pied de grue devant mon immeuble en permanence si le livreur vend la mèche, alors il vaut mieux que je m’y colle, lâche-t-elle avec un clin d’œil.

En l’attendant, je fouille dans les placards de sa cuisine afin de dénicher des assiettes et des couverts. Je sors aussi des verres pour la bouteille de vin que je nous ai commandée.

Lorsqu’elle revient, je m’aperçois qu’elle est descendue pieds nus, car elle a oublié de mettre des chaussures. Elle hausse les épaules en rougissant un peu, embarrassée. Moi, je la trouve juste craquante.

— Du coup, ça fait combien de temps que tu habites ici ? je lui demande alors que nous nous installons à table.

— Deux ans.

Deux ans qu’elle est séparée de son ex, donc. Ça ne devrait pas me faire penser qu’après ce laps de temps, elle doit être prête à retrouver une relation sérieuse et stable.

— Pas de copain, depuis ?

Autant lui rappeler que je ne suis pas ça, pour elle. Ce serait bien que mon cerveau s’y habitue également. Sans parler de ce qui se passe dans mon caleçon dès qu’elle se rapproche.

Déjà, j’ai réussi à me retenir de l’embrasser en arrivant, tout à l’heure, même si j’en rêvais. D’ailleurs, quand elle est venue à moi, ça m’a fait un bien fou. Si cette soirée continue de se dérouler aussi bien, je ne suis pas certain de tenir mes propres résolutions très longtemps. J’ai envie d’elle, de la prendre dans mes bras, de passer la nuit dans son odeur. De rester.

— Deux ou trois histoires très courtes, rien de sérieux. Mon frère et Florent insistent pour me présenter tous leurs potes hétéros célibataires, c’est embarrassant !

— Et toi ? me demande-t-elle.

Merde, j’aurais mieux fait de ne pas poser de questions.

— Ben moi, tu sais déjà tout, si tu as jeté un œil sur internet : ma copine m’a plaqué pour un mec qui n’était pas à l’autre bout de la planète…

Je fuis son regard, et tente de garder mon calme. Parler de ma vie privée me fout en rogne. Sans doute parce que je n’ai jamais rien de très positif à dire. Sarah était la seule chose bien qui m’était arrivée, depuis la disparition d’Anna.

La main de Chloé vient recouvrir mon poing qui s’est serré, sur la table. Je me détends aussitôt, sans pour autant parvenir à la regarder.

— Tu l’aimes encore ?

Sa voix est plus fluette qu’à l’accoutumée. Afin d’observer si elle est jalouse, triste ou pour déceler ce que cette idée lui inspire, je fais l’effort de poser mes yeux sur elle. Son empathie évidente finit de m’apaiser.

— Non. Je lui en ai voulu, au début. Mais je ne suis plus en colère contre elle. J’en ai juste marre des journalistes qui se font un malin plaisir de remuer le couteau dans la plaie à chaque occasion.

— Je ne lis jamais les magazines people, me confie-t-elle en retirant sa main. Alors j’ai à peine eu vent de toute cette histoire. J’ai vu que tu n’avais pas vraiment la cote auprès des médias, par contre.

— C’est le moins qu’on puisse dire…

— Mais le public t’adore, c’est tout ce qui compte.

Elle me sourit, reprenant son repas.

— Comment ça s’est fini, avec ton ex ? je lui demande.

Je joue au curieux, mais j’ai très envie de savoir.

— Ça faisait des années qu’on était en couple. Depuis le collège. Alors on restait ensemble plus par habitude qu’autre chose. On a tous les deux eu besoin de s’émanciper. Ça a été plus facile pour lui, parce qu’il était mon roc.

Elle hausse les épaules et pose sa fourchette avant de continuer :

— J’ai toujours été un peu… déconnectée. Il me rattachait à la réalité. Quand on s’est séparés, j’ai eu du mal à tout gérer, à devenir vraiment autonome. Heureusement que mon frère et Florent étaient là pour me soutenir, sinon, je n’y serais pas arrivée.

Elle soupire, puis recommence à manger sans oser me regarder.

J’aimerais lui demander pourquoi ses parents ne lui ont pas appris l’indépendance, pourquoi ils ne l’ont pas aidée à ce moment-là, mais je ne me risque pas à lui poser encore des questions. Sinon, il faudra que je réponde aux siennes. Et, de mon côté, je ne suis pas prêt à me confier. De toute façon, moins j’en sais à son sujet, plus je l’oublierai rapidement.

— Je peux goûter ton curry ? je l’interroge plutôt.

Nous échangeons nos plats et nos conversations s’orientent sur un terrain moins personnel. Nous finissons d’ailleurs par parler cinéma et décidons, de manière très naturelle, de continuer la soirée en regardant un film.

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