You can't have me: Starlight (French Edition)

Heather S. Wood · Chapitre 28 sur 70

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You can't have me: Starlight (French Edition)

CHAPITRE 28 - Chloé

 

— Ignore-le, me dit Diane en me traînant vers la sortie. Les conférences de presse comme celle d’hier le mettent toujours en rogne pour plusieurs jours. Il déteste mentionner sa vie privée. Il préfère rester sur la défensive plutôt que d’être agressé, et une fois dans ce mode, il lui faut du temps pour revenir à la normale. Je crois qu’il a surtout peur que les journalistes lui parlent de sa sœur. Ou de son ex. Ce sont les deux sujets à ne pas aborder avec lui, tu l’apprendras vite. Si tu évites ces thématiques, tu peux tout lui demander, il a le cœur sur la main, il est franchement adorable.

Elle me sourit en continuant de me tenir le bras, me tirant derrière elle.

— Mais bon, tu le connais déjà un peu, non ?

Elle me fait un clin d’œil et ne m’en demande pas plus. Cependant, je devine qu’elle sait qu’il s’est passé quelque chose entre nous. Et ça m’étonnerait que ce soit Jim qui lui en ait parlé.

Le reste de la semaine, je rejoue cette conversation étrange avec Jim dans ma tête plusieurs fois. Pour ne pas dire sans arrêt. La colère et la déception dans ses yeux troublent les miens à chaque fois. Mon estomac est en vrac, j’arrive à peine à manger.

Je parviens à la conclusion qu’il imagine que je veux me servir de Cooper, et que je l’ai trompé, lui. Que je suis une opportuniste, que mon but, depuis le début, était de me faire une place à leurs côtés, ou d’obtenir d’autres contrats de la maison de disques. En revanche, je ne vois pas ce que vient faire le bracelet de ma mère là-dedans. Ce n’est même pas un bijou de valeur, ce sont juste des breloques fantaisie. C’est pour ça qu’il avait cassé, c’est une babiole. Elle l’adorait et j’aime le sentir contre ma peau. Je pensais qu’il me portait chance d’ailleurs, comme à elle, mais force est de constater qu’il ne fonctionne pas, sur moi. Parce que j’aurais préféré que Jim me serre dans ses bras. Qu’il me dise de ne pas partir en prétendant être la copine d’un autre, qu’il me voulait pour lui. Tout à fait le genre de film dont mon cerveau doit arrêter l’autoproduction immédiatement !

— Tu devrais aussi prendre cette petite robe de soirée, tiens, essaie-la !

Diane me tend un vêtement court, très décolleté. Je grimace et elle rit.

— Je ne serai pas à l’aise dedans, m’expliqué-je.

— Mais Cooper va adorer !

Elle me fait un grand sourire. Nous sommes dans un magasin assez chic, mais pas hors de prix. Quelques personnes nous regardent, parce qu’elles ont reconnu Diane, et nous jouons le jeu. Nous n’avons pas été vus ensemble avec Cooper, c’est ma première sortie officielle avec un membre du groupe. Diane a obtenu une belle enveloppe de la part du label, pour que je me constitue une garde-robe adaptée à Los Angeles.

— En plus, elle fait très « copine de rockstar », non ?

Voilà, ça aussi. Des vêtements qui me feront remarquer, alors que j’aime bien rester dans l’ombre, en général. Observer en retrait plutôt que d’être sous la lumière des projecteurs. Je porte des robes, mais je privilégie les jeans. Là, il faut que je fasse un effort.

— Je préfère celle-ci, je lui concède.

Je pointe vers la longue tunique dos nu qu’elle tient dans l’autre main.

— Avec un leggin court, elle sera parfaite, je renchéris.

Diane acquiesce et nous continuons notre shopping.

Plus tard, je me rends au label, pour apporter la facture, et aussi pour discuter un moment avec Killian et Cooper, afin que nous mettions au point les derniers détails :

— Vous n’avez pas à vous voir en dehors de ce bâtiment avant le départ pour la tournée. Pour l’instant, nous n’avons lâché que ton prénom, Chloé, mais tout le monde parle déjà de toi.

Ouais, quand il dit tout le monde, j’imagine que ce sont surtout les magazines people et les gens qui cherchent à se distraire. Le reste de la population n’en a sûrement rien à faire !

— Je te rassure, ça ne durera que le mois où vous êtes ensemble, reprend Killian. Tu es là pour qu’on zappe la nana enceinte et…

— Elle prétend que c’est mon bébé, rectifie Cooper. Je ne l’ai pas…

— On s’en fout, le coupe Killian sans me quitter des yeux. Donc, je disais, hier elle, aujourd’hui toi, demain, Coop retournera à ses autres conquêtes et tu seras oubliée.

Ce type a une manière particulièrement déplaisante d’exposer les faits.

— Hey ! Je pourrais changer, aussi ! se défend le bassiste. Et arrête de parler de moi comme si j’étais pas là. En plus, ta façon de t’adresser à Chloé est…

— L’important, c’est que le message passe : vous faites semblant d’être ensemble pour un mois. Du coup, pendant ce temps, vous ne voyez personne d’autre hors de la maison de location. Si vous ne couchez avec personne durant cette période, c’est encore mieux ! Parce que j’aurais ça de moins à superviser !

Il jette un regard dubitatif à Cooper, comme s’il ne croyait pas que le jeune homme en soit capable. Bon, c’est possible qu’il ait raison…

— Et surtout pas tous les deux, parce que ça finirait mal et qu’avant d’avoir les résultats des tests de la future mère pour savoir si tu es le père, on doit gérer comme ça.

— Je ne suis pas le père, répète Cooper, sans s’énerver, avant de se tourner vers moi pour m’expliquer : il faut attendre la sixième semaine de grossesse pour le test, et c’est tout récent, elle en est juste à sa troisième.

— Ah, je réponds simplement.

Le téléphone de Killian sonne et il sort de la pièce en nous demandant de patienter deux minutes, presque poliment.

Le bassiste hausse les épaules en soupirant.

— Je ne sais pas si je dois te dire désolé ou félicitations… avoue-t-il. Je suis un peu paumé dans cette histoire, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il se passe, là… Je me sens comme une marionnette, mais je n’ai pas le choix, parce que cette nana ment, que ça peut vite dégénérer. Je ne peux pas faire ça au groupe. Toi, y a encore moyen de te carapater.

— T’inquiète, j’ai bien réfléchi, et c’est OK.

— Je crois que ça a fait tilt, dans la tête de Killian quand il m’a imaginé une fausse petite amie. Car tu as dit que je ne t’intéressais pas, Diane t’a parlé de venir nous rendre visite à L.A. et…

Il grogne de manière risible puis se lève de sa chaise, commençant à faire les cent pas devant moi, tout en réfléchissant à haute voix :

— Bon, admettons que ce soit une bonne idée, son truc de vouloir me faire bien voir en me mettant au bras d’une nana au visage d’ange. Dans ce cas, je pense en effet que tu es la fille idéale. Ne t’inquiète pas, par contre, je ne vais pas me jeter sur toi. De toute façon, je ne saute sur personne, c’est plutôt le contraire. Depuis que je suis célèbre, je n’ai que l’embarras du choix et je ne sais pas dire non. Tu crois que tu pourras dire non pour nous deux pendant tout un mois ? Parce que tu es quand même canon…

Il s’arrête un instant et me regarde en grimaçant. Rien dans son expression n’est pervers, il semble juste énoncer un fait.

— Euh…

— Non, non, je vais me tenir ! s’agite-t-il soudainement en secouant ses mains entre nous. Il faut qu’on soit amis.

Se grattant le menton, il se remet à tourner en rond devant moi.

— Ce serait bien qu’on fasse connaissance, continue-t-il. Comme ça, si je te parais insupportable ou si on se saute dessus avant la fin de la soirée – dans un lit ou à la gorge –, on saura tout de suite que ce n’est pas viable…

Je ris. Parce que je le trouve un peu taré et qu’il me fait marrer à dire à voix haute tout ce qui lui passe par la tête et à remuer sans arrêt. Ma réaction ne semble pas le surprendre, il se contente de rigoler avec moi.

Finalement, je crois que la partie du contrat qui pourrait s’avérer compliquée ne me posera pas de problème. En effet, prétendre être la petite amie de ce boute-en-train me paraît facile, surtout qu’il ne m’attire pas du tout. C’est un autre point qui m’angoisse, qui n’a rien à voir avec le bassiste…

— Je connais un endroit chouette pas loin d’ici, reprend Coop. On y sera tranquilles, pas de paparazzis et en même temps, c’est public, tu pourras être à l’aise. Mais Florent peut venir si tu veux, Cloclo.

Il se stoppe net et pose ses yeux sur moi en fronçant les sourcils.

— Nah, si on est ensemble, il va falloir que je déniche mieux que ça, c’est nul, Cloclo.

Je ris de nouveau. Je ne vais pas m’ennuyer avec cet énergumène ! Je l’observe un moment sans rien dire, tandis qu’il est en grande réflexion. Je tente de suivre le cours de ses pensées au fur et à mesure de ses grimaces. Comme son énergie constante se retrouve prisonnière de cet instant d’immobilité, j’imagine qu’à l’intérieur de son corps, dans sa tête, le mouvement continue, prend de l’ampleur et…

— Chloé ! finit-il par crier tout à coup, ce qui me fait sursauter. Chloé, c’est déjà court, pas la peine de trouver un diminutif. Mais tu peux m’appeler Coop, tout le monde m’appelle Coop. On y va ?

Je redescends sur Terre, raccroche les wagons et me lève pour le suivre.

— Tu crois que Killian n’avait pas d’autres trucs à nous annoncer ? je lui demande par acquit de conscience.

— Bah, tu as encore envie de l’écouter, toi ? De toute façon, il passe toujours des plombes au téléphone !

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