You can't have me: Starlight (French Edition)
CHAPITRE 21 - Chloé
Il est donc venu parce qu’il avait besoin de parler. Je suis un peu déboussolée, il est si gentil, attentionné et abordable ! Son caractère ne colle pas du tout avec l’image que communiquent les médias. Cependant, vu comme Jim semble remonté contre eux, il se peut qu’il soit différent quand ils sont présents, ce qui lui donne mauvaise presse. Ils sont si loin de la vérité ! S’ils le découvraient tel qu’il est ce soir, ils changeraient d’avis à coup sûr !
Je ne sais pas ce qu’il en est de notre relation… sommes-nous amis, à présent ? Parce qu’il disait que c’était impossible avec cette attirance entre nous et moi, je la ressens toujours. Notre dernière étreinte lui a-t-elle suffi ? L’a-t-il oubliée ? Après tout, il était peut-être encore saoul. S’est-il déjà lassé de moi ? Si au départ, j’étais déçue en imaginant qu’il ne venait que pour du sexe, j’ai maintenant hâte qu’on en arrive là, même si j’ai adoré cette soirée toute simple à discuter, manger et regarder la télé.
Le film que nous avons choisi est bien, mais j’ai du mal à suivre ce qui se passe sur l’écran tant Jim me fascine. Sa main s’est posée tout près de la mienne quand il a bougé et ma respiration s’est coupée. Pourtant, il va bien falloir que je respire.
Je me sens comme une adolescente qui vit les premiers émois, avec timidité. Parce qu’avec mon ex, on était ensemble depuis si longtemps qu’on a tout découvert de manière plutôt douce, petit à petit, en confiance. Je n’ai jamais expérimenté toutes ces émotions, et en repensant à Jim sur scène, chantant devant tous ces gens, je suis encore plus impressionnée.
— Tu as froid ? chuchote-t-il, puisque je me frotte les bras avec mes mains.
C’est un geste que je fais souvent, comme pour me protéger. Avant que je puisse répondre, il se rapproche, passant son bras derrière mes épaules. Je ne me fais pas prier et me love contre lui, tout en réapprenant à respirer, pour bien profiter de son odeur.
Sans autorisation ou instruction spécifique de ma part, mes doigts se mettent à tracer des arabesques sur son torse. Comme Jim ne réagit pas, je les laisse continuer. Pour mieux imprimer les contours de son corps, je ferme même les yeux. Son flan, son plexus, le haut de son ventre, ses abdominaux… quand tout à coup, Jim agrippe ma main.
Surprise de son geste soudain, je me redresse et m’éloigne. La blessure du rejet me lacère le cœur. Mais ses doigts caressent les miens maintenant, car il n’a pas lâché ma main. Après une bataille acharnée contre moi-même, je finis par parvenir à lever mon regard jusqu’à son visage. Ses yeux à lui sont fixés sur ma bouche.
— Je savais que te revoir était une mauvaise idée, murmure-t-il, avant de fondre sur mes lèvres.
Il pose ma main qu’il tenait toujours sur sa taille alors que les siennes se perdent dans mes cheveux, sur ma nuque, puis descendent dans mon dos. Je me cambre, gémis sous ses caresses et ses baisers auxquels je réponds sans laisser planer de doute sur ce que je désire.
Depuis nos étreintes, j’ai fait des esquisses de couples enlacés. Mais je me suis refusée à dessiner son corps à lui, à le coucher sur papier. J’ai eu raison, car jamais je ne serais parvenue à lui rendre justice. Même mes doigts qui s’attardent aussi sur son visage ne retiendront pas tous les détails, les subtilités de sa beauté. Mes yeux entraînés ne saisiront pas toute la plénitude de l’expression peinte sur ses traits tandis qu’il me contemple, alors que nous reprenons notre souffle entre deux baisers.
Son regard est tendre, son toucher doux. Tout chez cet homme me plaît. Il n’est pas disponible pour des causes inhabituelles, inatteignable de bien des manières et pourtant si proche, si accessible.
Lorsque je tente de lui enlever son tee-shirt, il m’arrête et se lève du canapé, me tendant les mains pour m’aider à l’imiter. Il ne prend pas la peine de ramasser les quelques médiators échappés de ses poches, il observe les différentes portes, attendant que je le conduise dans ma chambre. C’est vrai que si c’est notre dernière fois ensemble, je ne veux pas d’un coup rapide dans le salon. Je le tire donc derrière moi jusqu’au pied de mon lit, sur lequel je m’assois. Jim se penche pour m’embrasser, avant de retirer mon haut, et le sien. Puis il s’agenouille devant moi, entre mes jambes, pour dénouer la ceinture de mon pantalon. Il le maintient en place tandis que je glisse hors de mon vêtement, en remontant sur le lit. Cette manœuvre originale nous fait rire et il se jette à côté de moi, sur le matelas, pour me serrer dans ses bras. Nous roulons jusqu’à ce que je me retrouve à califourchon sur lui, une position parfaite pour, à mon tour, le débarrasser de son jean. Son sexe qui pulse contre mes doigts pendant que je déboutonne son pantalon provoque un frisson d’anticipation dans tout mon corps. Jim prend une inspiration brève, la bouche ouverte, sans me quitter des yeux.
De retour en mode jeu, je me mets à ses pieds pour tirer son vêtement vers le bas. Il se tortille pour dégager ses fesses, puis le reste suit sans résistance. Des médiators s’étalent sur mon lit. Nous nous sourions en terminant de nous déshabiller, et il attrape un préservatif dans ses affaires. Nos regards s’accrochent un instant avant que nos paupières se ferment. Puis nous dansons ensemble au rythme que déterminent nos corps. Nos respirations se synchronisent, il se fond en moi et je bous sous chacun de ses assauts, chacune de ses caresses. Sa bouche se perd sur ma peau, je cherche la délivrance tout en souhaitant retenir ce moment pour toujours.
À la fin de ce sentier ascendant que nous prenons plaisir à arpenter ensemble, c’est une explosion de couleurs, de formes et de sensations qui se répandent dans tout mon être. Un véritable feu d’artifice interne. De teintes nouvelles, des éclats de lumière jaillissent partout.
Je suis à la fois libérée et prise au piège de cet homme que je connais à peine et qui part dans une semaine pour une longue tournée.
Quand les dernières étincelles de cet immense brasier qu’il a provoqué en moi s’éteignent, je me sens perdue dans le noir. Il me prend dans ses bras et je m’endors, fuyant la réalité de notre séparation imminente.
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