Boot Camp

Léana Soal · Chapitre 27 sur 29

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Boot Camp

CHAPITRE 26 - Seth -

 

C’est comme un retour à la maison après une putain de mission périlleuse. Son cul parfait entre mes mains, je savoure chacune de ses ondulations contre mon bassin, imprime dans ma mémoire le moindre de ses gémissements. Voilà des semaines qu’elle hante mes nuits sans relâche et que je rêve de la posséder à nouveau. J’ai voulu me persuader que rien n’était possible entre nous, pourtant, c’est ce silence qui s’est révélé insupportable. L’imaginer reprendre le cours de sa vie, puis rencontrer d’autres types, les laisser poser leurs paluches sur ce corps que je voudrais garder pour moi seul. Cette seule idée m’a régulièrement collé d’une humeur massacrante, à tel point que même Aldo ne savait plus de quelle manière m’aborder.

Peu à peu, la perspective d’un poste à Aubagne s’est installée au beau milieu de mes plans de carrière, et lorsque le capitaine m’en a annoncé la validation, j’ai su que ma chance se trouvait ici. Le destin m’offrait une brèche, probablement la seule et unique qui puisse me permettre de croiser à nouveau la route d’Olivia. J’ai demandé à être en charge des échanges liés à cet article spécial, sans même savoir qu’elle avait été choisie pour le rédiger. Dans ma tête, c’était de toute manière la seule option pour remettre un pied dans son périmètre et savoir où elle en était.

Dès que mes yeux se sont posés sur elle, l’évidence s’est confirmée. Petit Machin a bel et bien capturé mon cœur, mon âme, ma raison. J’ai lutté de toute mes forces pour ne pas virer tout le monde et la prendre là, dans cette salle de réunion. Mon métier implique que chaque seconde soit vécue intensément, sans ne jamais rien remettre à plus tard. Demain, la vie me quittera peut-être. Seul aujourd’hui compte.

Et aujourd’hui, comme tout au long de ce week-end, j’ai la ferme intention de rattraper ces deux mois de néant. Elle a creusé mon désir à la pelle, chamboulé mes plans, mes priorités. Je ne me vois pas quitter la légion, mais désormais, j’aspire à l’éventualité d’une vie plus calme, plus posée. Si Olivia voulait de moi dans un avenir proche ou lointain, je n’écarterais pas la possibilité d’une vie en logement civil, et de venir bosser au régiment chaque jour tout en rentrant chez moi chaque soir.

Mais pour l’heure, je suis seulement obnubilé par ces bas atrocement sexy qui ornent le haut de ses cuisses. Bordel, j’ai cru défaillir en les voyant. Est-elle seulement consciente de son pouvoir de séduction ? Le chant de ses gémissements envahit l’habitacle au rythme de notre engagement physique, à tel point que je dois glisser ma main contre sa bouche entrouverte pour en réduire le volume.

– Chuuuuttt… murmuré-je sans cesser de faire aller et venir son bassin contre le mien, on est à l’abri des caméras de surveillance, mais si tu continues comme ça, les sentinelles vont donner l’alerte.

Elle glousse contre ma main, et la lueur de son œil pétillant m’achève.

– Si tes collègues me voient dans ce genre de situation, je ne m’en remettrai jamais, pouffe-t-elle.

– Si mes collègues te voient comme je te vois ce soir, je devrai les tuer un par un…

Ses deux mains se nouent derrière ma nuque.

– Serait-on possessif, mon Adjudant ?

Je parcours sa peau de ma langue vorace, depuis la base de son cou jusqu’au coin de sa paupière.

– Jamais. Mais avec toi, bébé… Rien n’est pareil.

Et pour illustrer cette dernière phrase, je la repousse doucement pour l’incliner contre le tableau de bord, puis empoigne ses hanches. L’angle est parfait, je ne pourrais être plus loin en elle qu’à cet instant. Mon besoin d’elle se fait oppressant, je la veux mienne, ici ou ailleurs, aujourd’hui comme demain et tous les jours d’après. Son visage bascule en arrière tandis qu’Olivia savoure la portée de mes coups de reins, et cette vision verrouille mes derniers doutes. Je ne pourrais tolérer qu’un autre homme puisse provoquer en elle cet abandon divin, je ne saurais consentir à ce qu’un putain d’enfoiré ne la voie aussi sulfureuse.

Tout est clair, je veux être le seul.

Très vite, l’ouragan de son plaisir menace. Les yeux clos, les deux mains agrippées à mes épaules, elle savoure sans pudeur les spasmes qui la secouent violemment. Impossible pour moi de tenir plus longtemps.

Dévasté par cette lame de fond ravageant tout sur son passage, je bascule avec elle dans l’œil du cyclone.

Bordel, que c’est bon.

Sa respiration encore erratique, Olivia revient poser son front contre le mien. Sa délicieuse odeur de vanille emplit mes poumons, le temps s’arrête.

– Je crois que je n’avais encore jamais fait ça dans une voiture… sourit-elle contre mes lèvres.

– Bien, fais-moi une liste. On va s’occuper d’élargir ton catalogue de lieux à étrenner.

Son rire de gorge emplit l’habitacle.

– Fais aussi l’inventaire de tous les endroits que tu as testés, continué-je en rajustant mon futal pendant qu’elle reprend sa place au volant.

– Pourquoi ?

– Parce que j’ai bien l’intention d’effacer chacun de tes souvenirs avec d’autres types que moi.

Ces mots qui ne me ressemblent pas le moins du monde m’étonnent moi-même.

– Ouais mais attends, réfute Olivia, la bataille est inégale, soldat. Je suis à peu près sûre que ton tableau de chasse est bien plus fourni que le mien !

– Bien, alors en ce qui me concerne, on a un week-end pour cocher trois cases : chiottes de bar, mur en pleine rue, meuble de cuisine. Le lit et la bagnole, c’est déjà fait.

– Comme j’aime ton romantisme, grimace-t-elle ironiquement tandis que la voiture démarre.

***

Le restaurant qu’elle a choisi est plutôt sympa. Une ambiance cosy, des tables suffisamment éloignées les unes des autres pour conserver une certaine intimité, des serveurs qui nous laissent le temps de manger et discuter tranquillement, sans nous oppresser dans le but de libérer la place au plus vite. Je n’ai pas une grande habitude des dîners hors caserne, encore moins dans cette configuration. Mais Olivia rend les choses tellement plus simples.

Nous passons presque deux heures à table, pris dans le récit de ces deux mois passés chacun de notre côté, persuadés de ne jamais nous revoir. J’apprends donc qu’elle a eu autant de difficultés que moi à tourner cette page inattendue, et que, comme un écho à mes propres nuits agitées, le souvenir de nos ébats n’a eu de cesse de hanter les siennes. Ses aveux vibrent en moi aussi fort que les battements de mon cœur qui s’emballent.

D’une main levée, je fais signe au serveur de m’apporter l’addition avant de replonger au fond de ce regard noisette qui ne saurait trouver d’égal. Putain, ce qu’elle est belle. Déposant quelques billets sur la coupelle qui vient d’apparaître entre nous, je quitte ma chaise, saisis sa main et l’emporte loin de tous ces regards. La nuit est particulièrement sombre, le ciel nuageux voilant la lune cache la totalité des étoiles. L’éclairage de la ville compense efficacement, mais je détecte déjà plusieurs endroits à l’abri de ces halos lumineux. Au croisement d’une ruelle un peu plus obscure que les autres, je bifurque sans prévenir et entraîne Olivia à ma suite.

– Qu’est-ce que…

Ma bouche écrasant la sienne pour la faire taire, je marche sur elle jusqu’au premier mur qui se présente. Mes mains s’égarent déjà sous les pans fluets de sa petite robe noire, et aussitôt un gémissement approbateur s’échappe de cette gorge faite pour être embrassée, mordue, dévorée. Elle me rend dingue. Mes doigts rencontrent la dentelle de ses bas, puis celle de sa fine culotte déjà humide. Je suppose que ces deux heures en face à face au restaurant l’ont émoustillée autant que moi, et ce constat ne fait que décupler mon appétit.

– Seth… murmure-t-elle dans une plainte adorable, qu’est-ce que tu fais…

Cet étonnement de pure convenance, tandis qu’elle s’abandonne déjà sous mes caresses, me tire un large sourire satisfait.

– On va cocher la troisième case de mon tableau, bébé… grogné-je contre sa tempe.

– Oh, Seigneur…

– Adjudant, mon ange…

Son rire s’étouffe contre mes lèvres, que je malmène dans un baiser affamé. Depuis le premier jour, cette fille éprouve mon self-control. Et ce soir, c’est l’apothéose. Je veux posséder chaque parcelle de son corps, quel que soit l’instant ou l’endroit. Je veux la sentir se perdre dans mes bras, encore et encore. Je veux marquer sa peau, déguster son plaisir, savourer ses feulements d’extase. Si j’en juge à la manière dont elle baisse les armes en s’agrippant à mon cou pour envoyer ses jambes autour de ma taille, j’ai son consentement.

Mes doigts n’attendent pas plus longtemps pour s’immiscer en elle, suivant le tempo initié par mes coups de langue dans sa bouche gémissante. Imprimant contre son entre-cuisses quelques mouvements de bassins équivoques, j’accélère avec bonheur son empressement. Pourtant, lorsque ses doigts tentent de partir à l’assaut de mon jean, je stoppe son geste de ma main libre.

– Non, bébé… Je n’avais qu’une capote sur moi, les autres sont dans ta bagnole.

– Hein ?... Oh bordel, Seth, tu vas me laisser comme ça ?

Un sourire carnassier étire mes lèvres.

– Certainement pas…

Mes doigts restés en elle reprennent leur exploration de plus belle tandis que je laisse l’une de ses jambes retomber au sol, gardant l’autre en appui contre ma hanche. J’ai bien l’intention de lui faire atteindre le summum du plaisir, ici et maintenant. Contournant de ma paume insatiable son fessier rebondi, j’en pétris furieusement le galbe, exalté par le chant de ses supplications cristallines.

– Chuuuut… soufflé-je sur ses lèvres.

– Seth… Je vais…

Oh oui, tu vas.

Renforçant encore ce va-et-vient qui déclenche déjà quelques soubresauts incontrôlables, témoins de sa chute vertigineuse, je la regarde se perdre au cœur du plaisir que je lui offre. Haletante, la tête basculée en arrière contre la brique froide, Olivia se contracte violemment autour de mes phalanges, tandis que j’étouffe son orgasme d’un baiser vorace. Je l’investis de toutes parts, porté par une possessivité presque bestiale, et me maudis de n’avoir prévu qu’un seul préservatif pour la soirée.

Les derniers spasmes passés, je l’embrasse encore et encore, puis laisse lentement retomber sa seconde jambe contre mon jean bien trop étroit. Malgré l’obscurité, je peux distinguer sans problème ses cheveux ébouriffés, ses yeux pétillants et ses joues rosies.

– Waouh, c’était…

Intense. Délicieux. Fabuleux. Inoubliable.

Gardant pour moi ces réponses qui s’enchaînent dans mon esprit, je me contente de passer mon bras autour de ses épaules et de presser mes lèvres contre son front réchauffé.

– C’était que le début, Petit Machin sexy. Rentrons, je n’en ai pas terminé avec toi…

 

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CHAPITRE 27 – Olivia –

 

Quelle nuit ! Je ne pensais pas Seth sérieux lorsqu’il a évoqué l’idée de me faire essayer en un seul week-end tous les endroits qu’il avait déjà testés avant de passer aux miens ! Après ma voiture et la ruelle derrière le restaurant, j’ai tout juste eu le temps de poser mon sac à notre retour dans mon appartement, avant de me retrouver embarquée pour un troisième round sur le plan de travail de ma cuisine. Heureusement que cette fois-ci, les fameux préservatifs étaient à portée de main ! Mon lit n’a pas été épargné non plus, et je crains que tout le voisinage ait entendu qu’un dieu du sexe s’était invité chez moi.

La tête posée sur son épaule robuste, je laisse mes doigts survoler sensuellement les courbes de ce muscle pectoral, que j’ai vu se crisper si fort sous l’effet du plaisir. Il n’y a pas à dire, la puissance physique de Seth est un véritable atout pour une partie de jambes en l’air.

– Je te conseille d’arrêter ça si tu veux reprendre des forces avant de recommencer, murmure sa voix rauque.

Les yeux toujours fermés, mon soldat ne bouge pas d’un iota. Son flegme séduisant m’avait terriblement manqué.

– Je croyais que tu dormais…

– Tu oublies qu’un légionnaire ne dort jamais vraiment.

– Dans ce cas, où sont mes croissants ? le taquiné-je d’un baiser sur sa peau salée.

Sa main saisit fermement mes doigts qui se promenaient encore sur son torse, puis son visage impassible s’incline sur le côté pour rencontrer mon regard captivé. Bien évidemment, le petit-déjeuner au lit ne fait pas partie de son quotidien, et je suppose que les viennoiseries non plus. Voici un point que j’aimerais rectifier si nous…

Une boule prend soudain naissance au beau milieu de ma poitrine.

– Seth ?

– Hum…

D’une caresse douce et légère, j’arpente désormais les contours de sa mâchoire.

– On est quoi, maintenant ?

Il lève un sourcil interrogateur. Ses iris noirs me sondent avec une profondeur qui déclenche un puissant frisson dans le creux de mes reins.

– Quelle est ta question exacte, Petit Machin ?

Le retour de mon surnom sur ses lèvres me fait douter. Aurais-je rêvé cette lueur d’attachement qu’il m’a semblé percevoir en lui depuis nos retrouvailles ?

– Toi et moi, précisé-je avec appréhension, est-ce qu’on est simplement, toi quelque part et moi ailleurs, qui nous retrouvons le temps d’un week-end, ou bien est-on en train d’entamer quelque chose de plus… sérieux ?

Un long silence s’installe, et l’espace de quelques secondes, je crains d’avoir posé la question de trop.

– Comment vois-tu les choses ? lâche-t-il enfin.

– Tricheur, j’ai demandé la première.

Un soupir concentré s’échappe de ce torse vigoureux, que mes ongles continuent de parcourir lentement.

– La vie avec un légionnaire est loin d’être simple, souffle sa voix rauque.

Il me semble déceler une pointe de douleur dans ses mots, autant que dans sa façon de détourner le regard vers la fenêtre. Serait-il en train de chercher une manière de me faire comprendre que tout ça n’était qu’une parenthèse sympa, mais qu’il n’y a rien à en attendre de plus ?

Si c’est le cas, autant me le dire avec de vrais mots, soldat.

– Donc ? l’invité-je un peu sèchement à poursuivre.

– La légion sera toujours prioritaire, Olivia. J’ai aujourd’hui le droit d’avoir un foyer, de fonder une famille, mais je ne serai jamais un type comme les autres. Je peux me retrouver envoyé sur des missions de plusieurs mois, parfois dans des pays en guerre, sur des opérations sensibles qui ne me permettront pas de t’envoyer la moindre nouvelle.

J’avais bien une idée de tout ça, mais l’entendre évoquer ces difficultés leur donne une dimension bien plus concrète, bien plus difficile à envisager. Pourtant, la chaleur dégagée par son corps contre le mien vient immédiatement percuter cette appréhension. Prendre le risque de passer quelques mois difficiles de temps en temps, ne vaut-il pas mieux que de le laisser partir définitivement sans plus jamais sentir le contact de ses bras autour de moi, entendre sa voix ou respirer son odeur ?

– Bien, acquiescé-je, et si je préfère que ces nouvelles, tu ne les envoies pas à moi, plutôt que pas à une autre ?

Son visage bascule à nouveau de mon côté. Le sourire qui étire ses lèvres soulève une nuée de papillons dans ma poitrine.

– C’est bien ce que j’espérais entendre, grommelle-t-il en accrochant mon regard.

D’un baiser rempli de promesses, Seth me capture définitivement. Nos langues se cherchent puis s’apaisent, tandis que sa main dévale tendrement mon dos jusqu’à la cambrure de mes reins. Puis, son regard accroche le mien, plus intensément que jamais.

– Je suis sérieux, Olivia. Si tu te sens prête à vivre cette vie différente à mes côtés, alors je le suis aussi.

Waouh. De tous les partenaires que j’ai pu rencontrer jusqu’ici, je crois bien qu’aucun ne m’avait encore parlé d’une possibilité d’avenir. Probablement parce que cette perspective me rebutait, et que je ne leur en laissais pas la possibilité. Quel élément a bien pu tout changer ?

Lui.

Lui, qui en seulement quelques jours, a su me montrer ce qu’aucun ne m’avait apporté. Lui, dont la singularité a renversé toutes mes barrières pourtant bien érigées autour de moi. Lui, le seul ayant réussi à créer ce manque, cet attachement que je ne connaissais pas, cette envie d’encore et toujours que je voudrais ne plus jamais ignorer.

– Je suis prête, mon Adjudant…

D’un bras ferme et autoritaire, il me ramène au-dessus de lui, sa main glissant jusque dans mes cheveux pour saisir ma nuque. Avec une possessivité qui ne fait que décupler le désir qui me dévore déjà, Seth se redresse jusqu’à ma bouche, dont il s’empare furieusement. Sa langue conquérante m’investit dans un élan fougueux, passionné, tandis que je me laisse totalement fondre contre lui.

Comme si une nouvelle vie commençait, ici, au creux de ses bras, je me laisse enfin aller. Oui, j’éprouve une tonne de sentiments pour cet homme. Oui, l’impression de le connaître depuis toujours me harponne de plus en plus ardemment.

Oui, je me sens prête à lui ouvrir mon cœur et investir le sien…

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