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Étape 6. Équilibre hormonal au féminin et au masculin
ÉTAPE 6
ÉQUILIBRE HORMONAL AU FÉMININ
ET AU MASCULIN
Une cause de fatigue, bien souvent sous-estimée, se trouve dans les
variations de vos hormones sexuelles. Pour vous mesdames, ce sont les
œstrogènes et la progestérone qui sont en cause. Et, pour vous messieurs,
c’est la testostérone. Au fil des années, les sécrétions baissent,
progressivement, mais inexorablement. Ce processus est, bien sûr,
physiologique. Mais notre mode de vie et notre exposition chronique à des
perturbateurs endocriniens accélèrent et déséquilibrent ce processus,
générant ainsi de nombreux symptômes, dont de la fatigue. Honneur aux
dames ! Commençons par la préménopause et la ménopause. De la préménopause à la postménopause :
un tsunami hormonal
Votre vie de femme est rythmée par vos cycles depuis la puberté. Le même
processus se reproduit tous les mois, vous le connaissez bien et êtes
habituée à ces petites variations, parfois génératrices de quelques
symptômes passagers, comme une légère fatigue, un sommeil un peu
perturbé, des envies de sucré ou quelques douleurs dans la région pelvienne.
Seulement voilà, depuis quelque temps, quelque chose a changé, la
mécanique n’est plus aussi bien huilée et vous ne savez pas pourquoi. Vous
vous dites probablement que cela ne peut pas déjà être la préménopause,
pas à 35 ou 40 ans ! Si vous approchez de l’âge de la ménopause, vous vous
demandez pourquoi, VOUS, vous la vivez si mal, alors que, pour de
nombreuses femmes, elle passe inaperçue.
Finalement, tout cela est un peu mystérieux, non ? Connaissez-vous
vraiment votre cycle hormonal ? Savez-vous à quoi servent ces deux
hormones sexuelles, les œstrogènes et la progestérone ? Je vous propose de
les (re)découvrir.
Une histoire de cycles et d’équilibre
Le cycle menstruel dure en moyenne vingt-huit jours. Il se décompose en
deux périodes et fait intervenir plusieurs hormones :
la première période du cycle, appelée phase folliculaire, commence du
premier jour des règles et s’étend jusqu’à l’ovulation, environ quatorze
jours après. Au cours de cette première phase, une hormone sécrétée
par l’hypophyse, la FSH (hormone folliculo- stimulante), stimule la
croissance des follicules ovariens. Chaque follicule contient un ovule.
Un seul de ces follicules parviendra à maturité pour libérer un ovule.
Dans le même temps, les ovaires produisent des œstrogènes.
L’augmentation du taux d’œstrogènes dans le sang stimule la libération
d’une autre hormone, la LH (hormone lutéinisante). Cette dernière fait
se rompre le follicule ovarien qui libère l’ovule : c’est la période de
l’ovulation ;
la seconde période, appelée phase lutéale, commence alors et dure
environ quatorze jours. Toujours sous l’action de la LH, l’ovule se
transforme en corps jaune et se met à sécréter de grandes quantités de
progestérone. S’il n’y a pas de fécondation, les taux de progestérone et
d’œstrogènes baissent progressivement, jusqu’à provoquer l’apparition
des règles. Un nouveau cycle commence alors.
Cet équilibre hormonal est, bien sûr, essentiel à la fécondité. Mais il
serait bien réducteur de n’attribuer à ces deux hormones qu’un rôle
dans les fonctions de reproduction. Elles ont bien d’autres rôles,
intervenant dans la plupart de nos fonctions métaboliques et ont une
influence sur notre énergie, notre humeur et sur notre équilibre global.
Sans les citer toutes, voici les grandes fonctions de chacune de ces
hormones :
les œstrogènes : vos intestins, vos os, votre cerveau, votre peau ou
encore vos vaisseaux sanguins disposent de récepteurs aux œstrogènes.
Ces derniers influencent donc le fonctionnement de tous ces tissus et
organes et exercent près de 400 actions dans l’organisme. Ils
interviennent notamment dans :
le métabolisme osseux en agissant sur les ostéoblastes, les
cellules qui fabriquent l’os ;
la fabrication de l’énergie en agissant sur les mitochondries, vos
centrales énergétiques ;
la régulation du cholestérol, en favorisant l’augmentation du
cholestérol HDL (le bon cholestérol, c’est-à-dire celui qui est
ramené vers le foie pour être réutilisé ou éliminé) et la diminution
du cholestérol LDL (le mauvais cholestérol, celui qui circule dans
les artères) et des triglycérides. Les œstrogènes ont une action
protectrice contre les maladies cardiovasculaires ;
l’élasticité des vaisseaux sanguins et, par conséquent, dans la
régulation du débit sanguin ;
les cycles du sommeil ;
la régulation de l’humeur et le contrôle de nos émotions,
notamment en modulant l’action de la sérotonine ;
la progestérone exerce aussi de nombreuses fonctions dans
l’organisme et intervient dans :
le métabolisme osseux ;
le métabolisme des lipides et des glucides ;
la régulation de l’humeur et le contrôle de nos émotions,
notamment par un effet relaxant ;
la régulation des cycles du sommeil ;
la régulation du sodium, avec un effet diurétique et anti-œdème ;
la régulation de l’inflammation ;
l’équilibre avec les hormones androgènes, dont la testostérone,
limitant ainsi la perte de cheveux, la pilosité excessive et
l’acné… ;
Vous comprenez donc pourquoi le manque de l’une ou l’autre de ces
hormones, ou des deux, peut être à l’origine de nombreux symptômes, dont
la fatigue.
Et s’il y a une autre chose importante que vous devez retenir, c’est que ces
deux hormones fonctionnent ensemble et que c’est l’équilibre entre les deux
qui vous permet d’être en bonne santé et pleine d’énergie. Ainsi, les
œstrogènes agissent directement sur les récepteurs de la progestérone, et la
progestérone augmente la sensibilité des récepteurs aux œstrogènes. Elles
peuvent donc avoir des fonctions inverses sur un même mécanisme, par
exemple rétention d’eau (œstrogènes) versus effet diurétique (progestérone), ou encore antagoniste des hormones thyroïdiennes
(œstrogènes) ou favorable à l’utilisation des hormones thyroïdiennes
(progestérone). Tant que vous êtes dans l’équilibre, tout va bien. Mais au
moindre grain de sable, cet équilibre si subtil et fragile s’effondre et les
symptômes apparaissent. C’est ce qui se passe au moment de la
préménopause.
Préménopause et dominance en œstrogènes
Soyons clair dès le départ. Le terme de « préménopause » est souvent mal
utilisé et, pour nombre d’entre vous et de médecins, la préménopause
concerne les deux ou trois années avant la ménopause. Mais, dans la réalité,
la préménopause commence bien avant cela, parfois dès l’âge de 30 ans, et
pourra donc durer pendant dix, quinze ou vingt ans sans que personne ne se
soucie des changements qui vont s’opérer dans votre corps, ni de votre
baisse d’énergie et de moral.
Concrètement, que se passe-t-il ?
Vers l’âge de 35 ans, parfois même avant, certains cycles sont
anovulatoires. Cela veut donc dire qu’aucun ovule n’est libéré. Ces cycles
sont difficilement identifiables car ils sont en apparence normaux. Vous
pouvez ressentir des signes d’ovulation et vous aurez vos règles
normalement. Toutefois, comme il n’y a pas d’ovule, il n’y a pas non plus
de corps jaune et donc pas de sécrétion de progestérone. Parallèlement à
cela, la sécrétion d’œstrogènes, elle, s’est poursuivie. Vous vous retrouvez
donc dans une situation que l’on appelle la dominance en œstrogènes
relative. Pourquoi relative ? Tout simplement parce que l’excès en
œstrogènes n’existe que par rapport à la carence en progestérone. Cela veut
donc dire que votre taux d’œstrogènes peut être tout à fait normal. Il peut même être trop bas. Mais il restera toujours trop important par rapport à
celui de la progestérone.
Si vous souffrez de dominance en œstrogènes, il est probable que vous ayez
un syndrome prémenstruel très marqué, parfois invalidant, tant sur le plan
physique que sur le plan mental. Ce qui passait presque inaperçu il y a
quelques années devient omniprésent, au point que certaines femmes
n’arrivent à se sentir bien et « elles-mêmes », selon leurs propres termes,
qu’une semaine par mois.
Voyons ensemble quels sont les symptômes de la dominance en
œstrogènes :
fatigue ;
rétention d’eau ;
ballonnements ;
prise de poids, surtout au niveau de la taille, des hanches et des
cuisses ;
seins gonflés et douloureux en permanence ;
syndrome prémenstruel marqué plus ou moins long, parfois de
l’ovulation jusqu’aux règles avec douleurs dans le bas-ventre, seins
tendus et douloureux, migraine, irritabilité, voire déprime ;
baisse de la libido ;
perte de cheveux ;
dépression ;
migraines ;
seins fibrokystiques ;
fibromes utérins…
Si, depuis quelques mois, voire quelques années, vous souffrez d’un ou de
plusieurs de ces symptômes de façon cyclique et répétée, il est probable que
vous manquiez de progestérone.
FAIRE UN BILAN HORMONAL,
EST-CE TOUJOURS UTILE ?
Pour confirmer cette situation, vous pouvez réaliser un bilan sanguin ou un
dosage salivaire, plus fiable, de progestérone. Pour l’un comme pour l’autre,
faites-le en seconde partie de cycle, idéalement entre le dix-huitième et vingt-
troisième jour du cycle, là où le taux de progestérone sera le plus élevé. Mais
soyez consciente du fait que vos taux varient à chaque cycle, certains étant
anovulatoires et d’autres pas, et que le taux de progestérone à lui seul ne suffit
pas à expliquer vos symptômes. Se fier à votre ressenti est sans aucun doute le
meilleur indicateur.
Les cycles anovulatoires ne sont pas la seule cause de dominance
œstrogénique. D’autres facteurs peuvent favoriser cette dominance :
le stress… tiens, ça faisait longtemps… car le cortisol bloque les
récepteurs de la progestérone. Vous pouvez donc produire
suffisamment de progestérone, mais votre corps ne pourra pas l’utiliser
à cause d’un cortisol trop présent. Notez au passage que vos glandes
surrénales produisent une petite quantité de progestérone. Mais ne
comptez pas trop sur elles pour combler le déficit, surtout si vous êtes
stressée… la priorité ira à la production de cortisol ;
les xénœstrogènes : ce sont tous les œstrogènes exogènes, c’est-à-dire
qui viennent de l’extérieur. Nous y sommes exposés en permanence,
via l’alimentation (les viandes, charcuteries et produits laitiers en
contiennent beaucoup trop car les animaux sont dopés aux œstrogènes
pour être plus fertiles et produire plus de lait notamment), les produits
cosmétiques et d’entretien, l’eau que nous buvons, sans parler des
pilules contraceptives ou autres traitements hormonaux prescrits en cas
d’acné, de règles douloureuses ou de ménopause ;
le surpoids et l’obésité : votre corps a la capacité de transformer les
hormones androgènes en œstrogènes, dans les tissus graisseux grâce à
l’aromatase, une enzyme. Ainsi, vos kilos superflus sont une source
supplémentaire d’œstrogènes ;
la mauvaise détoxification hépatique des œstrogènes : eh oui,
encore une fonction qui incombe au foie. Si celui-ci est fatigué ou si
certains nutriments essentiels lui manquent, cette détoxification peut
ne pas ou mal se faire. Résultat : les œstrogènes « usagés »
s’accumulent dans l’organisme, favorisant la dominance en
œstrogènes, mais aussi la survenue de cancers hormonodépendants
(sein, ovaire, utérus).
Pas question, par conséquent, de laisser ce déséquilibre s’installer. En
suivant les prochains conseils, vous pourrez maintenir un bon équilibre
hormonal et diminuer vos symptômes, voire les faire disparaître, tout en
vous préparant tranquillement à l’arrivée de la ménopause.
Vivre sereinement la préménopause
Pour retrouver l’équilibre hormonal, il faut avant tout rétablir votre
équilibre de vie. Cela veut dire :
mieux manger… et maintenant vous savez comment faire. Si vous
supportez les brocolis et autres choux, accordez-leur une belle place
dans votre alimentation, car ils sont riches en indol-3- carbinol, une
substance qui favorise la bonne détoxification hépatique des
œstrogènes, nous allons y revenir. L’idéal, ce sont les graines germées
de brocoli, elles en sont particulièrement riches.
Faites aussi le plein d’oméga-3. Anti-inflammatoires, ils vous aideront
à avoir des règles moins douloureuses et plus régulières ;
apporter des phyto-œstrogènes par l’alimentation : drôle d’idée –
n’est-ce pas ? –, alors que l’objectif est justement de lutter contre un
excès d’œstrogènes ? Et pourtant, les phyto-œstrogènes ont une
activité hormonale beaucoup moins puissante que nos propres
hormones ou que les xénœstrogènes. Ils peuvent donc avoir une action
modulatrice des œstrogènes, en se fixant sur les récepteurs sensibles
aux œstrogènes, à la place de nos propres œstrogènes ou des
xénœstrogènes. Ils réduiront ainsi l’action de ces derniers et peuvent
participer à soulager les symptômes de la dominance en œstrogènes.
Une solution simple est d’intégrer des graines de lin germées dans
l’alimentation. Il suffit d’en saupoudrer 1 à 2 cuillères à soupe par jour
sur vos crudités. Cela vous garantira aussi un apport intéressant en
oméga-3 et participera à l’équilibre de votre cholestérol ;
rétablir l’équilibre hormonal par les plantes : certaines plantes
miment l’action de la progestérone dans l’organisme. Elles peuvent
donc vous aider à rétablir l’équilibre avec les œstrogènes, faisant ainsi
disparaître votre fatigue et tous les autres symptômes. En voici
quelques-unes :
le gattilier (Vitex agnus castus) : il soulage les symptômes du
syndrome prémenstruel 26 et permet de rétablir l’équilibre
hormonal lors de la préménopause et de la ménopause. Grâce à
lui, vos cycles deviendront plus réguliers, rétention d’eau et
ballonnements s’atténueront, vous serez moins anxieuse et vous
dormirez mieux.
Vous trouverez le gattilier en teinture mère ou en gélules.
Respectez la posologie indiquée par le fabricant.
Le gattilier est contre-indiqué chez la femme enceinte et
allaitante. Des interactions sont également possibles avec les
médicaments antidopaminergiques, les anovulants et les thérapies
hormonales de substitution ;
l’alchémille (Alchemilla vulgaris) : l’alchémille a une action
hémostatique intéressante qui permet de lutter contre les règles
abondantes et douloureuses, ainsi que contre les saignements
entre les règles. Elle peut donc être utilement associée au gattilier,
d’autant qu’elle exerce aussi une action progestérone-like ;
le macérat de bourgeons de pommier (Malus communis ou
domestica) : comme le gattilier, son action progestérone-like
permet de rétablir l’équilibre hormonal. Il agit aussi sur la
dégradation des œstrogènes, limitant ainsi la dominance
œstrogénique. Il a une action tranquillisante et aide à lutter contre
l’anxiété et l’irritabilité. Enfin, il est légèrement diurétique et lutte
contre la rétention d’eau, caractéristique de la dominance en
œstrogènes.
Prenez-le deux fois par jour, en dehors des repas, en respectant la
posologie du fabricant. Une prise le soir au coucher peut
améliorer votre sommeil ;
le petit truc en plus : si vous êtes stressée et que vous hésitez
dans le choix de votre plante relaxante, optez pour la passiflore.
Celle-ci a une action anti-aromatase et va donc s’opposer à la
conversion des hormones androgènes en œstrogènes dans vos
tissus adipeux. Elle peut donc s’avérer un choix judicieux, surtout
si vous avez quelques kilos en trop.
Pour prendre l’une ou l’autre de ces plantes, voire une association de
celles-ci, suivez votre cycle naturel. Votre objectif est de reproduire
l’équilibre hormonal qui existe naturellement dans votre organisme.
Prenez-les en seconde partie de cycle, du quatorzième au vingt-
huitième jour, voire un peu avant, à partir du douzième jour du cycle.
Si vos cycles sont irréguliers, repartez toujours du premier jour des
règles et recalculez la période de prise. Et si vous n’avez plus de
règles, choisissez arbitrairement un jour comme étant le jour 1 du
cycle et suivez le même rythme ;
soutenir la détox hépatique : une fois utilisés, les œstrogènes doivent
être éliminés de votre organisme. Pour cela, votre foie va les Au fil des années, la sécrétion d’œstrogènes va elle aussi diminuer. Ainsi,
transformer d’éléments liposolubles en éléments hydro- solubles qui
pourront ensuite être éliminés par les reins ou les intestins.
Il existe trois voies de détoxification. Deux sont mauvaises, ce sont les
voies 4-OH et 16-OH : très œstrogéniques et toxiques, les métabolites
qu’elles génèrent s’accumulent dans l’organisme et favorisent la
dominance en œstrogènes et la survenue de cancers
hormonodépendants. La bonne voie, c’est la voie 2-OH : son
métabolite a une activité œstrogénique très faible et est facilement
éliminé de l’organisme. Cette voie favorise donc l’équilibre hormonal
et est protectrice vis-à-vis des cancers hormonodépendants. Vous
pouvez aider votre foie à prendre la bonne voie en mangeant des
choux. Tous, notamment le brocoli, sont riches en indol-3-
carbinol (I3C), précurseur du di-indolylméthane (DIM), un composé
capable d’inhiber les voies 16-OH et 4-OH et de favoriser la voie 2-
OH.
Si votre alimentation n’en contient pas suffisamment, notamment
parce que votre fragilité intestinale ne vous le permet pas, vous pouvez
vous tourner vers un complément alimentaire à base d’extraits de
crucifères, riche en I3C et DIM. Prenez-en tous les jours en respectant
la posologie indiquée par le fabricant ;
bien dormir, car souvenez-vous, le sommeil intervient dans la
régulation des sécrétions hormonales. Retournez à l’étape 3 pour vous
aider ;
gérer votre stress. Inutile de revenir sur le sujet, vous êtes au courant
de tout maintenant et vous avez des pistes pour agir (retour à
l’étape 4) ;
avoir une activité physique régulière… nous en reparlerons bientôt.
Quand la ménopause est là
pendant un temps, avant d’être réellement ménopausée, vous pouvez
souffrir à la fois d’un manque de progestérone et d’un manque
d’œstrogènes. Et, comme nous l’avons déjà évoqué, ce manque
d’œstrogènes n’exclut pas que ces derniers soient encore excédentaires par
rapport à la progestérone.
On considère que la ménopause est réellement là si vous n’avez pas eu vos
règles pendant au moins un an. C’est véritablement une période de
transition qui dure en moyenne deux à trois ans. Chez certaines femmes,
c’est bien plus long. Un bilan sanguin pourra confirmer cette situation. Vos
taux de LH et FSH seront alors très augmentés, et ceux d’œstrogènes et de
progestérone, trop bas. Dans ce cas, vous ressentirez les mêmes symptômes
que ceux décrits ci-après.
Si vous manquez d’œstrogènes, voici les signes et symptômes que vous
pouvez présenter :
fatigue ;
bouffées de chaleur, ;
sueurs nocturnes ;
sécheresse vaginale, rapports sexuels douloureux ;
baisse de la libido ;
irritabilité, déprime ;
troubles du sommeil ;
infections urinaires ou mycoses à répétition ;
prise de poids ;
vieillissement cutané et apparition de rides.
Dans ce cas, n’attendez pas d’être ménopausée pour agir. Poursuivez vos
bonnes habitudes d’hygiène de vie. Commencez par intégrer les graines de
lin germées dans votre alimentation et faites des cures d’huile d’onagre et de bourrache, qui peuvent améliorer certains symptômes, notamment la
sécheresse de la peau et de la muqueuse vaginale. Si cela ne suffit pas,
orientez-vous vers des phyto-œstrogènes que vous trouverez dans les
plantes de la ménopause. Faites-vous aider par un naturopathe ou un
phytothérapeute dans votre choix et tenez compte des éventuelles contre-
indications.
Votre cure antiménopause associera toujours :
une ou plusieurs des plantes phyto-progestagènes déjà évoquées ;
une plante phyto-œstrogénique qui, en apportant ses phytohormones,
lutte contre la chute des œstrogènes :
la sauge (Salvia officinalis) ou sauge sclarée (Salvia sclarea) :
ces deux plantes cousines permettent de lutter contre les bouffées
de chaleur et la sécheresse vaginale. Elles ont aussi une action
antisudorale, bien utile pour limiter la transpiration lors des
bouffées de chaleur.
Vous pouvez utiliser l’une de ces sauges en teinture mère, en
extraits de plantes fraîches ou en gélules en respectant la
posologie indiquée par le fabricant.
Si vous préférez les huiles essentielles, vous ne pourrez utiliser
que celle de sauge sclarée. L’huile essentielle de sauge officinale
est neurotoxique. Dans ce cas, mélangez deux gouttes d’huile
essentielle de sauge sclarée dans une cuillère à café d’une huile
végétale de votre choix et appliquez le mélange en massage sur le
bas-ventre, deux fois par jour pendant trois semaines ;
la cimicifuga ou l’actée à grappes noires (Actea ou Cimicifuga
racemosa) : cette plante est d’une efficacité remarquable contre
les bouffées de chaleur. Elle a cette particularité d’être
modulatrice sélective des récepteurs aux œstrogènes. Autrement
dit, elle agira en fonction de vos besoins, soit en bloquant, soit en
stimulant vos récepteurs. Elle n’a pas d’effet œstrogénique à
proprement parler, notamment sur les cellules du sein en cas de
cancer 27. Elle agit également contre la transpiration excessive et
améliore la qualité du sommeil tout en soulageant l’anxiété et la
déprime 28. C’est probablement lié à son action sérotoninergique,
mise en évidence par certaines études 29.
Vous trouverez de l’actée à grappes noires en gélules ou en
teinture mère. Suivez la posologie indiquée par le fabricant.
L’actée à grappes noires est contre-indiquée en cas d’hypotension
et de bradycardie. En cas de cancer hormonodépendant,
demandez l’avis de votre médecin ;
le houblon (Humulus lupulus) : si votre sommeil est difficile, avec
des insomnies et/ou des réveils nocturnes fréquents à cause des
bouffées de chaleur, choisissez le houblon. En plus de son activité
phyto-œstrogénique, il a une action sédative et hypnotique. En
retrouvant un bon sommeil, vous gagnerez en énergie et en vitalité.
Vous pouvez prendre le houblon en infusion. Dans ce cas, faites
infuser 30 g de cônes pour 1 litre d’eau que vous boirez tout au long de
la journée. Vous le trouverez aussi en teinture mère ou en gélules.
Respectez la posologie indiquée par le fabricant.
Attention, si vous souffrez de dominance œstrogénique ou en cas de
cancer hormonodépendant ou d’antécédents personnels ou familiaux
de tels cancers, n’utilisez pas ces plantes. Tournez- vous vers les
plantes anti-œstrogéniques, comme la passiflore, et les plantes phyto-
progestagènes.
Les plantes phyto-œstrogéniques sont également déconseillées aux
femmes enceintes et allaitantes ;
une ou plusieurs plantes en fonction de vos symptômes :
des plantes antistress… pour cela, retournez à l’étape 4 ;
des plantes pour améliorer la circulation, comme le mélilot
(Melilotus officinalis), le marronnier d’Inde (Aesculus
hippocastanum), la vigne rouge (Vitis vinifera) ou l’hamamélis
(Hamamelis virginiana) ;
des plantes drainantes pour lutter contre la rétention d’eau,
comme la piloselle (Hieracium pilosella) ou l’orthosiphon
(Orthosiphon stamineus) ;
des plantes détoxifiantes pour le foie… Pour cela, retournez à
l’étape 2 et, surtout, prenez un complément alimentaire à base de
crucifères, riche en I3C et en DIM, pour bien éliminer les
œstrogènes usagés.
Suivez cette cure vingt et un jours par mois et faites une pause de sept jours.
Leurs effets se feront sentir au bout de quelques mois. Commencez toujours
par la posologie la plus faible et augmentez progressivement la posologie
jusqu’à trouver celle qui vous convient. Une fois les choses rentrées dans
l’ordre, vous pourrez essayer de diminuer les doses, puis de vous en passer.
ET LA TESTOSTÉRONE DANS TOUT
ÇA ?
La testostérone est aussi une hormone utile pour la femme, notamment pour sa
vie sexuelle. Elle intervient dans la libido. Mais elle a une action sur la masse
musculaire, la qualité de la peau et le niveau d’énergie. Ainsi, un manque de
testostérone peut être à l’origine de la fatigue. La testostérone est fabriquée dans
les ovaires, dans les glandes surrénales et principalement dans le tissu graisseux.
Mais la testostérone sert aussi de précurseur aux œstrogènes. Elle fait partie des
hormones androgènes qui peuvent être transformées dans vos tissus adipeux en
œstrogènes sous l’effet de l’aromatase.
Ainsi, si l’activité de l’aromatase est élevée (notamment si vous êtes en surpoids),
la testostérone sera utilisée pour la fabrication d’œstrogènes, ce qui peut vous
amener à manquer de testostérone et à ressentir de la fatigue, en plus d’un
manque de désir sexuel.
L’une des solutions est évidemment de perdre du poids. Vous pouvez aussi vous
tourner vers des plantes qui inhibent l’aromatase, comme la passiflore, mais
aussi la racine d’ortie (Urtica dioïca). Enfin, buvez chaque jour environ 250 ml
de jus de grenade fermenté. De nombreuses études 30 ont montré que les
polyphénols de grenade fermentés avaient une action protectrice contre le cancer
du sein, notamment en inhibant l’aromatase. Cela épargnera aussi votre taux de
testostérone.
Une fois l’équilibre hormonal rétabli, la fatigue s’envolera. Soyez patiente,
cela peut prendre trois à six mois. Apprenez aussi à écouter votre corps.
Chaque symptôme est un message qu’il vous envoie, une réaction à un
événement extérieur qui vient perturber son équilibre. Retrouver l’équilibre
hormonal, c’est aussi retrouver un équilibre de vie.
L’andropause : les hommes aussi !
Chez vous, messieurs, c’est la baisse de testostérone, mais aussi de la
DHEA, qui peut engendrer ce qu’on appelle l’andropause ou encore le
déficit androgénique lié à l’âge (DALA).
Cette baisse de la production d’androgènes intervient naturellement à partir
de 45 ans, mais avec plus ou moins d’intensité. En effet, de nombreux
facteurs peuvent faire chuter votre taux de testostérone plus que de normal :
le surpoids et l’obésité car, comme chez la femme, votre testostérone
sera convertie en œstrogènes via l’aromatase ;
la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), via
l’enzyme 5-alpha-réductase : la DHT est impliquée dans
l’hypertrophie bénigne de la prostate et dans l’alopécie ;
la baisse de production de la DHEA, le précurseur de la testostérone.
La DHEA est principalement produite par vos glandes surrénales. Si
celles-ci sont fatiguées et/ou si vous êtes trop stressé, la production de
DHEA sera moindre, avec, à la clé, une baisse de la testostérone, mais
aussi de la fatigue… Vous savez comment faire maintenant pour
prendre soin de vos glandes surrénales (retour à l’étape 4) ;
les troubles du sommeil : n’oubliez pas que, la nuit, notre corps régule
et sécrète une bonne partie de nos hormones. C’est le cas de la
testostérone, dont le pic de sécrétion a lieu pendant le sommeil ;
l’alimentation déséquilibrée, et en particulier la consommation
excessive de sucres qui fait chuter la testostérone 31 ;
la consommation excessive d’alcool, qui fait aussi chuter le taux de
testostérone ;
l’excès ou le manque d’activité physique.
Si vous manquez de testostérone, voici les symptômes dont vous pouvez
souffrir :
fatigue ;
fonte musculaire avec la sensation d’avoir moins de force ;
prise de poids ;
baisse de la libido ;
irritabilité, dépression ;
troubles du sommeil ;
ostéoporose ;
bouffées de chaleur.
Pour confirmer votre intuition, vous pouvez réaliser un dosage sanguin ou,
de préférence, salivaire. Ce dernier vous permettra de connaître votre taux
de testostérone libre et réellement disponible pour vos cellules.
Voici ce que vous pouvez faire pour améliorer la situation :
mieux manger… Veillez surtout à limiter la consommation de sucres
raffinés, voir étape 1 ;
perdre du poids ;
prendre des plantes stimulantes de la production de testostérone :
le mucuna (Mucuna pruriens) : le mucuna agit sur le déficit
androgénique. Il augmente la qualité du sperme, sa concentration
et sa motilité. Les études 32 montrent qu’il permet d’augmenter le
taux de testostérone. Il a également des propriétés relaxantes.
Vous trouverez le mucuna en gélules. Respectez la posologie du
fabricant.
Le mucuna est contre-indiqué en cas de schizophrénie et de
cancer ;
l’ashwagandha (Whitania somnifera) : la même étude montre
que l’ashwagandha augmente le taux de testostérone, ayant ainsi
une action positive sur la libido. L’associer au mucuna est donc
très intéressant et il vous permettra, de surcroît, de gagner en
vitalité et de mieux faire face au stress.
Vous trouverez l’ashwagandha en gélules ou en extraits aqueux.
Respectez la posologie indiquée par le fabricant.
L’ashwagandha ne doit pas être utilisé en cas d’hyperthyroïdie ou
d’hémochromatose ;
le fenugrec (Trigonella foenum-graecum) : cette légumineuse
augmente le taux de testostérone 33. Faites-lui une place dans votre
alimentation sous la forme de graines germées. C’est le meilleur
moyen de maintenir à l’équilibre votre taux de testostérone.
Sinon, vous la trouverez en gélules. Respectez la posologie du
fabricant ;
prendre des plantes qui inhibent la transformation de la
testostérone en œstrogènes ou en DHT :
la racine d’ortie (Urtica dioïca) : elle inhibe à la fois l’aromatase
et la 5-alpha-réductase et protège votre testostérone de toute
conversion. Elle permet aussi d’augmenter le taux de testostérone
libre, donc réellement disponible pour les cellules. En plus de
vous aider à retrouver votre vitalité, la racine d’ortie a une action
préventive sur l’hypertrophie de la prostate et la chute de
cheveux, caractéristiques de cette période.
Vous pouvez consommer la racine d’ortie en décoction. Dans ce
cas, comptez 30 g de racines séchées pour 1 litre d’eau à boire au
long de la journée. Vous pouvez, sinon, utiliser une teinture mère
ou des gélules. Respectez la posologie du fabricant. Faites
toujours une cure courte, par exemple quinze jours par mois.
L’ortie est déconseillée en cas d’insuffisance rénale, d’hémo-
chromatose et de prise d’anticoagulants ;
les graines de courges (Cucurbita pepo) : faciles à mettre au
menu, elles inhibent la 5-alpha-réductase et protègent votre
testostérone de la conversion en DHT. Vous pouvez consommer
l’huile ou les graines de courges chaque jour. C’est aussi une
bonne manière de protéger votre prostate et votre chevelure ;
le palmier nain ou de Floride (Serenoa repens) : cette plante
inhibe la 5-alpha-réductase et vous permettra donc aussi de
maintenir un bon niveau de testostérone. Elle a une action
préventive dans l’apparition de l’hypertrophie bénigne de la
prostate.
Vous trouverez du palmier nain sous forme de gélules.
Respectez la posologie du fabricant,
bien dormir… Retournez à l’étape 3 pour vous aider ;
gérer votre stress. Retournez à l’étape 4 ;
pratiquer une activité physique régulière… Nous n’en avons pas
encore parlé… patience… notre parcours dans le labyrinthe de la
fatigue n’est pas encore terminé !
Encore une nouvelle étape de franchie ! Pensez-vous souffrir d’un déficit ou
d’un déséquilibre en hormones sexuelles ? Serait-ce la cause de votre
fatigue ? Si tel est le cas, aidez-vous des conseils qui précèdent, mais ne
jouez pas aux apprentis sorciers, même avec les plantes. L’équilibre
hormonal est subtil et fragile. Faites-vous aider par un naturopathe ou un
phytothérapeute.
Mais notre aventure n’est pas encore finie. J’y ai fait allusion à plusieurs
reprises, sans entrer dans les détails. Aurais-je gardé le meilleur pour la
fin ?
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