Épuisé(e), moi ? Jamais ! Retrouvez votre énergie en 7 étapes grâce à la naturopathie
Étape 3. Le sommeil : un besoin vital
ÉTAPE 3
LE SOMMEIL :
UN BESOIN VITAL
C ’est sûrement la première question que l’on vous pose lorsque vous êtes
fatigué(e) : Dormez-vous bien ? C’est l’évidence. Inutile d’espérer être en
pleine forme si vous ne dormez pas assez ou si votre sommeil n’est pas
assez réparateur.
Nous sommes parfois responsables de notre manque de sommeil, parce que
nous n’y consacrons pas assez de temps. Mais, pour beaucoup de
personnes, le sommeil est compliqué, marqué par des difficultés
d’endormissement, des angoisses, des réveils nocturnes à répétition, des insomnies… Pis, certain(e)s d’entre vous, j’en suis sûre, dorment beaucoup,
d’un sommeil de plomb, mais se sentent encore fatigué(e)s au réveil.
Dans cette nouvelle étape du labyrinthe, nous allons (re)découvrir le
sommeil, cette période de conscience modifiée, aussi vitale que l’eau que
nous buvons ou l’air que nous respirons.
Partageons déjà quelques chiffres :
nous dormons une heure trente de moins qu’il y a cinquante ans.
Avons-nous moins besoin de repos ? Nos modes et hygiènes de vie se
sont-ils à ce point améliorés par rapport à nos parents et grands-parents
que nous pouvons nous permettre de moins dormir ? Permettez-moi
d’en douter… ;
45 % des 25-45 ans considèrent qu’ils dorment moins que ce dont ils
ont besoin ;
13 % des 25-45 ans considèrent que dormir est une perte de temps…
grave erreur.
Il est vrai que, dans nos vies trépidantes, rythmées, surbookées, le sommeil
dénote. C’est un moment où l’on ne fait… RIEN ! Pas d’ordinateur, pas de
téléphone, ni de tablette, de console ou de télévision. Pas de travail, pas
d’échanges, pas de sport, ni de loisirs, rien de tout ce dont nous avons
envie, de tout ce que nous n’avons pas le temps de faire dans la journée…
RIEN ! Du moins, c’est ce que nous croyons.
Car, en réalité, nous ne connaissons pas bien notre sommeil. Pourtant, il fait
partie des cycles de la vie. Il existe chez l’homme, chez les animaux et aussi
dans le monde végétal. Il faut croire qu’il n’est donc pas si inutile que ça.
Le sommeil est avant tout un des besoins vitaux de l’organisme. Sans
sommeil, nous mourons.
Nous avons besoin de quatre éléments vitaux : l’oxygène, le sommeil, l’eau
et l’alimentation. Le sommeil est notre deuxième besoin vital, à égalité avec
l’eau. Souvenez-vous : à l’étape 1, nous avons insisté sur les méfaits de la
déshydratation cellulaire. Le jeûne sec, c’est-à-dire sans eau, peut durer
quarante-huit heures ; au-delà, la santé est en danger et la mort peut
survenir au bout de trois jours.
Pour le sommeil, c’est la même chose. Le record sans sommeil a été inscrit
au Guinness des records et était de onze jours et vingt-quatre minutes…
mais il en a été supprimé pour ne pas inciter d’autres personnes à essayer de
dépasser ce record aux conséquences désastreuses pour la santé. En général,
les dangers apparaissent au bout de soixante-douze heures de manque total
de sommeil, avec plus ou moins d’intensité selon la sensibilité de chaque
personne.
Le sommeil est une fonction et un état physiologique encore assez
mystérieux. Nous n’en connaissons pas tout. Nous pouvons dire qu’il
correspond à une baisse de l’état de conscience et qu’il est différent de l’état
d’éveil, que notre vigilance baisse, que nos muscles se relâchent mais que
nous conservons une partie de nos perceptions sensitives.
Notre connaissance du sommeil repose en grande partie sur ce qui a pu être
scientifiquement évalué. Ainsi, si l’on vous propose d’étudier votre
sommeil, des polysomnographies seront réalisées. Vos ondes cérébrales
(électroencéphalogramme), vos mouvements oculaires (électro-
oculogramme), votre rythme cardiaque (électrocardiogramme) et vos
mouvements et activités musculaires (électro- myogramme) seront mesurés.
Nous savons donc ce qui se passe dans certains organes au cours du
sommeil.
Nous savons aussi, et vous en avez sûrement déjà fait l’expérience, que le
manque de sommeil a des répercussions sur notre vitalité.
Dormir, pour quoi faire ?
Lorsque vous dormez, contrairement à ce que vous pourriez penser, il se
passe beaucoup de choses dans votre corps. Si vous ne devez retenir que
l’essentiel, retenez que, pendant le sommeil, votre organisme élimine, se
repose et se recharge en énergie. Ça, ce sont les grandes lignes. Voyons les
détails. Le sommeil, c’est :
un temps de récupération de la fatigue physique et musculaire :
c’est là que vos muscles peuvent récupérer, ceux-ci étant (presque)
totalement relâchés. Les tensions se dénouent. Si vous souffrez encore
de tensions musculaires au réveil, c’est probablement que vous n’avez
pas assez dormi ou que votre sommeil n’est pas assez réparateur ;
un temps de récupération de la fatigue nerveuse ;
un temps de recharge en énergie de nos systèmes glandulaire et
nerveux : la recharge en énergie du système glandulaire se fait
pendant le sommeil profond et celle du système nerveux pendant le
sommeil paradoxal. En cas d’épuisement du système nerveux et/ou du
système glandulaire, c’est le repos, et lui seul, qui vous permettra de
retrouver vitalité et santé. Vous verrez, nous y reviendrons lorsque
nous parlerons de la fatigue surrénalienne et de l’hypothyroïdie, aux
étapes 4 et 5 ;
un temps d’activité neuroglandulaire : pendant votre sommeil, votre
corps produit des hormones et des neurotransmetteurs. C’est le cas, par
exemple, de l’hormone de croissance, produite par l’hypophyse. Chez
l’adulte, elle permet la cicatrisation, la consolidation des souvenirs et
surtout d’avoir un sommeil réparateur. Elle est également lipolytique
(détruit les graisses), ce qui pourrait expliquer en partie le lien entre le
surpoids et le manque de sommeil. Les surrénales produisent aussi du
cortisol pour nous permettre d’être d’attaque le matin.
La mélatonine et le sommeil ont également un effet régulateur sur la
sécrétion des autres hormones ;
un temps d’assimilation et de stockage : votre corps – et, vous le
savez maintenant tout particulièrement, le foie – assimile et stocke les
nutriments essentiels issus de l’alimentation ou des transformations
métaboliques qu’il a opérées. Par exemple, le phosphore est stocké
dans les cellules nerveuses pendant la nuit ;
un temps d’élimination : vos émonctoires travaillent beaucoup la
nuit. Les déchets sont filtrés et amenés vers les reins, la peau ou les
intestins pour être éliminés le matin. Si vous manquez de sommeil,
votre organisme s’encrasse ;
un temps d’activité cérébral : ne dit-on pas « la nuit porte conseil » ?
Votre cerveau analyse, trie, range vos émotions, vos apprentissages
quotidiens. Mais c’est aussi un moment où il est connecté à votre Être
profond, votre âme. Il n’y a pas souvent accès, car votre mental est
trop fort la journée. La nuit, vous avez accès à d’autres parties de vous-
même, probablement insuffisamment exploitées ;
un temps de reprogrammation : il y a une remise à jour de vos
programmes physiologiques et de vos mémoires cellulaires. Cela se
fait pendant le sommeil paradoxal, donc plutôt en fin de nuit ;
le moment des rêves.
La liste pourrait encore être longue… mais vous percevez déjà ce qu’un
sommeil trop court ou de mauvaise qualité peut avoir comme conséquences
sur votre santé : fatigue, dépression, surpoids, troubles hormonaux, moindre
résistance au stress, affaiblissement du système immunitaire ou encore
douleurs musculaires.
Les cycles du sommeil
Une nuit de sommeil se compose de plusieurs cycles de quatre-vingt-dix à
cent dix minutes selon les personnes. Il y a, en général, quatre à six cycles par nuit.
Chaque cycle de sommeil est composé de quatre phases :
1. l’endormissement ;
2. le sommeil léger ;
3. le sommeil profond ;
4. le sommeil paradoxal.
Les trois premières phases forment ce qu’on appelle le sommeil lent. C’est
au cours de cette phase que se fait la récupération physique, la recharge
en énergie de notre système glandulaire (endocrinien), et qu’est sécrétée
l’hormone de croissance, essentielle pour les enfants et les adolescents,
mais aussi pour l’adulte car cette hormone permet notamment la réparation
des tissus endommagés.
Le sommeil paradoxal succède au sommeil lent. Il permet la récupération
de la fatigue nerveuse (recharge en énergie de notre système nerveux),
favorise la concentration et la mémorisation. C’est aussi le moment des
rêves, du moins ceux dont on se souvient.
Qu’observe-t-on durant ces différentes phases ?
Durant le sommeil lent, le rythme cardiaque ralentit, la respiration est plus
calme et régulière, les yeux sont clos et sans mouvements. Les ondes
émises par le cerveau, mesurées en hertz (1 Hz correspondant à une
ondulation), ralentissent aussi.
Durant le sommeil paradoxal, c’est tout l’inverse. Le rythme cardiaque
s’accélère et est assez irrégulier, tout comme la respiration. Les
mouvements oculaires sont nombreux et rapides. Nous rêvons et nous nous
agitons.
La durée de chaque phase (sommeils lent et paradoxal) varie en fonction du
moment de la nuit.
En début de nuit, les phases de sommeil profond sont plus longues.
Voilà pourquoi on dit souvent des premières heures du sommeil
qu’elles comptent double. La quantité de sommeil réparateur, celui du
sommeil profond où le corps et le cerveau sont au repos, permettant la
recharge en énergie physique, y est plus importante. Idéalement, nous
ne devrions pas nous coucher après 22 heures.
Au fil de la nuit, le sommeil paradoxal, moment privilégié des rêves,
prend la relève et, en fin de nuit, ce sont les phases de sommeil
paradoxal qui sont les plus longues. Notre nuit devrait d’ailleurs
naturellement se terminer sur une phase de sommeil paradoxal. Lors
du sommeil paradoxal, les rêves sont plus nombreux et de plus en plus
longs, et nous nous souvenons plus facilement des rêves faits en fin de
nuit.
OUVREZ UN CARNET DE RÊVES
Est-ce notre inconscient qui s’exprime ? Est-ce notre cerveau qui trie, analyse,
range toutes nos expériences de vie ? Si le sommeil est mystérieux, le rêve l’est
plus encore. Il est une porte ouverte sur l’inconscient et sur notre Être profond. Si
vous y êtes attentif(ve), vos rêves peuvent vous guider et vous apporter des
réponses, de façon directe ou indirecte. N’hésitez pas à noter ces rêves sur un
petit carnet, posé près de votre lit. Vous y trouverez peut-être la solution que vous
cherchez. Interrogez votre inconscient et posez une question avant de vous
endormir. Qui sait ? Vous aurez peut-être la solution le lendemain au réveil, et si
ce n’est pas le cas, persévérez !
L’alternance veille/sommeil Le centre du sommeil est situé dans l’hypothalamus antérieur. Pour passer
de l’état de veille à l’état de sommeil, le cerveau doit modifier sa
production de neurotransmetteurs, ces messagers qui régulent toute notre
vie. Pour cela, il suit l’alternance jour/nuit, aussi appelée rythme
nycthéméral.
Cette notion de rythme est importante. Ne croyez pas que votre corps
fonctionne n’importe comment, de façon désorganisée, accomplissant telle
ou telle fonction, quand ça lui chante. Pas du tout ! Tout est rythmé,
programmé à un moment bien précis de la journée. C’est notre rythme
biologique et il suit le rythme circadien, d’une durée de vingt-quatre heures.
Trois neurotransmetteurs principaux sont impliqués dans l’alternance
veille/sommeil : la sérotonine, la mélatonine et le GABA (acide gamma-
aminobutyrique).
La sérotonine est connue pour être le neurotransmetteur de la
relaxation. Elle est en grande partie synthétisée au niveau des intestins
et sert de précurseur à la mélatonine, hormone du sommeil proprement
dite. Sans sérotonine, pas de mélatonine, et c’est votre sommeil qui
sera perturbé. Si vous souffrez de problèmes de sommeil, ne négligez
pas la piste intestinale et retournez à l’étape 2 pour vérifier que tout va
bien de ce côté-là.
D’autant plus que la sérotonine est synthétisée à partir du tryptophane,
l’un des huit acides aminés essentiels que l’organisme ne sait pas
fabriquer et qui doit donc impérativement être apporté par
l’alimentation. Attention donc à la carence en tryptophane, soit par
manque d’apport, soit par défaut d’assimilation.
Vous trouverez du tryptophane dans :
les viandes et les poissons ;
les œufs ;
le riz complet ;
les légumineuses ;
certains oléagineux comme les amandes ou les noix de cajou ; la banane ;
le chocolat.
Sous l’action d’enzymes, le tryptophane subit une première
transformation pour devenir du 5-HTP, qui sera, à son tour, transformé
en sérotonine.
Pour que ces transformations aient lieu, il faut des cofacteurs :
vitamine B6, zinc et magnésium. Si vous en manquez, la conversion en
sérotonine, puis en mélatonine, ne pourra avoir lieu, ce qui perturbera
votre sommeil. Voyez comme, là encore, l’alimentation remplit un rôle
fondamental, tout comme la bonne santé des intestins et l’équilibre du
microbiote.
La mélatonine est synthétisée par la glande pinéale (épiphyse) dès que
la lumière diminue. Elle est sécrétée toutes les heures, avec un pic
entre 1 et 3 heures du matin. Sa sécrétion est inhibée par la lumière. La
mélatonine inhibe certaines fonctions de l’éveil, donne la sensation de
fatigue et l’envie de dormir. Mais ses bénéfices ne s’arrêtent pas au
sommeil : elle réduit les radicaux libres, est antioxydante, stimule
l’immunité et a un effet régulateur sur la production des autres
hormones. Pensez donc à regarder ce qui se passe du côté de votre
sommeil si vous souffrez de désordres hormonaux.
Vous trouverez de la mélatonine dans :
les tomates ;
les cerises ;
les olives ;
l’orge ;
le riz ;
les noix ;
le raisin.
N’oubliez pas de faire le plein d’aliments riches en vitamines B, en
magnésium et en zinc, des cofacteurs essentiels à une bonne synthèse
de mélatonine. Reportez-vous pour cela à l’étape 1.
Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) est le principal neuro-
transmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il freine donc le
système de veille et favorise, avec la mélatonine, l’endormissement. Il
permet aussi de réguler l’humeur et stimule la sécrétion de l’hormone
de croissance pendant les premières phases de sommeil profond.
Le GABA est synthétisé dans l’organisme à partir d’un acide aminé, la
glutamine, que vous trouverez notamment dans les protéines animales
(œufs, viandes et poissons), mais aussi dans les légumineuses et
certains légumes à feuilles, comme les épinards ou encore le persil.
Pour transformer la glutamine en GABA, votre corps a besoin de
vitamine B6 et de magnésium, mais aussi d’autres acides aminés :
leucine, isoleucine et valine. J’insiste un peu, mais vous voyez bien les
conséquences que peuvent avoir une mauvaise alimentation et des
carences nutritionnelles sur votre humeur et sur votre sommeil.
Dormez-vous bien ?
S’il y a bien un domaine où nous savons facilement et presque
instinctivement si tout va bien, c’est celui du sommeil. Je le constate
souvent en consultation. S’il peut être parfois difficile d’obtenir des
informations précises sur l’alimentation et la santé intestinale, je sais
immédiatement si la personne dort bien ou mal et quelles difficultés elle
rencontre. Vous ne serez donc pas étonné(e) si je vous dis qu’on considère
que :
le sommeil est bon et réparateur lorsque :
l’endormissement est rapide et serein ;
il n’y a pas de réveil(s) nocturne(s), de cauchemars ;
le sommeil est physiquement calme ;
vous vous levez facilement et êtes reposé(e) ;
les éliminations (passage aux toilettes) du matin sont bonnes ;
ce repos apporte des solutions, des informations sur la conduite de
sa vie, y compris sur les choses simples (la nuit porte conseil).
à l’opposé, le sommeil est mauvais lorsque :
vous souffrez de difficultés d’endormissement en début de nuit ;
vous vous réveillez une ou plusieurs fois par nuit sans réussir à
vous rendormir facilement et rapidement ;
le sommeil est agité, anxieux, voire anxiogène ;
vous avez du mal à vous lever le matin et avez la sensation de ne
pas être reposé(e) ;
vous vous réveillez avec l’esprit confus, « dans le brouillard » ;
vous êtes constipé(e).
La vraie question est : Pourquoi dormez-vous mal ?
Nous l’avons déjà abordé : les troubles du sommeil peuvent être liés à des
carences nutritionnelles et à des carences en neurotransmetteurs (sérotonine,
mélatonine, GABA). Mais il y a de nombreuses autres causes possibles :
la maladie, parfois associée à des douleurs ;
le manque d’exposition à la lumière dans la journée qui va
désynchroniser votre rythme ;
l’exposition à la lumière le soir, notamment la lumière bleue des
ordinateurs, des smartphones, des tablettes et même de nos télévisions.
N’oubliez pas que la mélatonine n’est synthétisée que lorsque la
lumière baisse. Encore une cause de désynchronisation !
les horaires de travail décalé, le décalage horaire lors d’un voyage ;
ne pas écouter les signes annonciateurs du sommeil (bâillements, yeux
qui grattent, sensation de lourdeur…) ;
le bruit ambiant ;
les champs électromagnétiques ;
la température inadaptée de la chambre (trop chaud, trop froid) ;
une digestion trop lourde, trop longue, difficile ;
le mental avec ses idées fixes et ses cogitations ;
le stress (tiens ? On ne l’a pas déjà vu quelque part, celui-là ?) ;
le conjoint… parce que, oui, vous l’aimez et vous êtes heureux(se) de
vous endormir à ses côtés, mais il faut bien admettre qu’entre les
ronflements, les coups de pied ou de coudes ou le fait qu’il/elle vous
pique la couverture, vous avez du mal à bien dormir…
Quelles conséquences pour votre santé ? Si vous manquez de sommeil ou
s’il n’est pas assez récupérateur, voici ce que vous pouvez ou pourriez
ressentir, dès aujourd’hui ou à plus ou moins long terme :
fatigue physique et mentale : baisse de la concentration, troubles de la
vigilance, somnolence diurne, baisse des performances dans la journée,
manque d’énergie, de motivation, tout cela augmentant le risque de
blessure et de chute, d’accidents du travail et d’accidents de la route.
La fatigue est la deuxième cause d’accident de la route après l’alcool ;
troubles de l’humeur : irritabilité, lassitude, manque d’entrain, repli sur
soi pouvant parfois aller jusqu’à la dépression ;
surpoids et obésité : le manque de sommeil augmente l’appétit en
modulant les hormones qui le régulent (leptine, grhéline et orexine). Si
vous dormez mal ou pas assez, vous risquez non seulement de manger
plus, mais aussi, en raison de la fatigue et de la somnolence diurne, de
vous dépenser moins. Il y a donc une baisse de la dépense énergétique
de la journée et un risque de prendre du poids. À cela s’ajoute le fait
que les troubles du sommeil ont une incidence sur la production de
cortisol, hormone du stress, également impliquée dans le métabolisme
du glucose et dans la prise de poids au niveau de la taille ;
affaiblissement du système immunitaire : la production de certains
médiateurs de l’immunité est soumise au cycle circadien et le sommeil
a une influence sur la nature et/ou le nombre de cellules immunitaires,
telles que les leucocytes ou les lymphocytes NK (Natural Killers). Si
vous manquez de sommeil, vous risquez d’être plus sensible aux
infections ;
perturbation du métabolisme : le manque de sommeil perturbe tout
notre métabolisme, ce qui favorise l’apparition de maladies
cardiovasculaires, du diabète, de l’hypertension et même du cancer.
Des études ont établi le lien entre un manque de sommeil et le cancer
colorectal 8 9 , et celui du sein ;
risque plus élevé de mortalité en dessous de six heures de sommeil par
nuit ;
modification de l’expression des gènes : une étude 10 a démontré qu’un
petit manque de sommeil, moins de six heures par nuit pendant une
semaine, nuisait directement à l’expression de plus de 700 gènes.
Retrouvez un bon sommeil !
Retrouver un sommeil de qualité, réparateur, c’est d’abord une question de
bon sens. Pour cela, il faudra que vous retrouviez et que vous respectiez vos rythmes et que vous remettiez de l’équilibre dans votre quotidien.
Si vous souhaitez retrouver de l’énergie et de la vitalité, voici ce que vous
devez faire :
exposez-vous à la lumière dans la journée. Pourquoi ne pas faire une
pause de trente minutes entre 12 et 14 heures pour prendre l’air ?
Même l’hiver… ;
évitez l’exposition à la lumière le soir, notamment la lumière bleue
de tous nos appareils connectés ;
retrouvez un rythme en essayant de vous coucher et de vous lever
toujours vers la même heure. Observez-vous et essayez de repérer vos
phases de sommeil ;
évitez les excitants comme le café, le thé, le chocolat et l’alcool.
Saviez-vous que la consommation d’alcool fait chuter de 70 % la
production d’hormones de croissance, diminuant ainsi d’autant la
qualité du sommeil ?
évitez les activités stimulantes en fin de journée et le soir,
notamment le sport. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire de
sport ! Au contraire, c’est un excellent régulateur du stress et cela
favorisera un bon sommeil, à condition qu’il soit pratiqué dans la
première partie de la journée, ou du moins pas après 18 heures ;
préparez votre cocon pour la nuit. Votre chambre doit être aérée et la
température pas trop élevée. Il faut aussi du calme et du silence.
Pourquoi ne pas y diffuser quelques huiles essentielles peu de temps
avant de vous coucher ?
dînez léger : une petite portion de protéines, quelques glucides à index
glycémique bas et des légumes feront parfaitement l’affaire. Le temps
de la digestion doit être le plus court possible pour laisser le temps à
l’organisme de faire tout le reste !
favorisez la sécrétion de neurotransmetteurs avec un apport
suffisant en protéines, en minéraux, en vitamines et en oligo- éléments.
Pour faciliter le passage du tryptophane au travers de la barrière
hémato-encéphalique et favoriser ainsi la sécrétion de sérotonine au
niveau cérébral, misez sur une petite quantité de céréales complètes, de
légumineuses ou de tubercules ayant un index glycémique bas ou
moyen (patate douce, riz complet ou sarrasin, par exemple).
L’élévation douce de la glycémie favorisera l’entrée du tryptophane, au
détriment d’autres acides aminés qui pourraient entrer en compétition
avec lui et qui seraient prioritaires en l’absence d’insuline. Pensez
aussi aux oméga-3 qui sont anti-inflammatoires, agissent sur l’humeur
et surtout sur la fluidité membranaire, ce qui garantit des échanges
optimaux entre les cellules et la bonne transmission des
neurotransmetteurs !
écoutez votre corps et les signes d’endormissement qu’il vous
envoie : bâillements, étirements, yeux qui piquent, sensation de
fatigue… Lorsque le train du sommeil passe, ne le ratez pas, sinon il
faudra attendre le prochain et il n’arrivera pas tout de suite ;
gérez votre stress (rendez-vous à l’étape 4) ;
enfin, ne soyez pas avare en sommeil. Chacun a des besoins de
sommeil différents, mais ne vous laissez pas leurrer par un système
nerveux et un système endocrinien sursollicités et hyper- actifs qui
brouillent les pistes, vous faisant croire qu’avec vos cinq heures de
sommeil par nuit vous êtes en pleine forme. Offrez-vous au moins huit
heures de sommeil par nuit, plus encore si vous le pouvez. Dix heures
ne sont pas de trop. Et couchez-vous le plus tôt possible. Si ce n’est
pas 22 heures, essayez 22 h 30 ou 23 heures. Au-delà, vous mettez
votre équilibre en péril.
L’apport alimentaire n’est pas toujours suffisant. Vous pouvez alors
envisager une supplémentation en magnésium, en zinc et en
vitamine B. Tout comme il est possible d’apporter à l’organisme du L-
tryptophane, du 5-HTP (précurseur de la sérotonine) ou de la mélatonine.
Pour augmenter votre taux de sérotonine, tournez-vous vers le
griffonia (Griffonia simplicifolia), une plante riche en 5-HTP. Vous
pourrez la prendre le midi et vers 17 heures, en gélules ou en teinture
mère. Par précaution, cette plante est déconseillée chez les personnes
souffrant de sclérodermie ou sous traitements bêta- bloquants ou
antidépresseurs. Elle est également déconseillée aux femmes prenant
une pilule contraceptive.
Vous pouvez aussi prendre un complément à base de mélatonine. Ils
sont nombreux sur le marché aujourd’hui et associent souvent des
plantes, des vitamines et des minéraux favorables au sommeil. Vous
trouverez deux types de mélatonine : à libération immédiate ou à
libération prolongée. La première est recommandée en cas de
difficultés d’endormissement, la seconde pour les réveils nocturnes ou
en cas de réveils précoces. La mélatonine n’étant pas un nutriment
essentiel, aucun apport journalier recommandé n’est établi.
Les posologies habituellement recommandées sont les suivantes :
en cas d’insomnie ou de difficultés d’endormissement : 1 à 5 mg
de mélatonine à libération immédiate environ une heure avant le
coucher ;
en cas de réveils nocturnes : 2 mg de mélatonine à libération
prolongée une à deux heures avant le coucher.
Les nombreuses études réalisées sur la mélatonine ont montré son absence
de toxicité. Toutefois, un avis de l’ANSES 11 déconseille sa consommation
aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et adolescents, en cas de
maladies inflammatoires et/ou auto-immunes et lors d’activités nécessitant
une vigilance soutenue. La prise de mélatonine doit également se faire après
avis médical en cas d’épilepsie, d’asthme, de troubles de l’humeur, du
comportement ou de la personnalité et/ou de traitement médical. Des
interactions sont également possibles avec les plantes sédatives, comme la
valériane, par exemple, ainsi qu’avec les traitements anticoagulants.
Vos alliés
Les plantes
De nombreuses plantes peuvent vous aider à trouver le sommeil et à avoir
un bon sommeil. En voici quelques-unes :
la passiflore (Passiflora incarnata) : c’est une plante GABAergique,
c’est-à-dire qu’elle interagit avec les récepteurs cérébraux au GABA,
favorisant ainsi son activité et donc l’endormissement et le sommeil
réparateur. C’est une plante relaxante, apaisante, sans effets
secondaires ni risque de somnolence. N’oubliez pas que le sommeil se
prépare tout au long de la journée. Prenez donc la passiflore en deux à
trois prises, réparties dans la journée pour abaisser votre niveau de
stress et être dans les bonnes conditions pour trouver le sommeil. Vous
la trouverez en teinture mère, en extraits liquides ou en gélules.
Respectez la posologie indiquée par le fabricant ;
la valériane (Valeriana officinalis) : c’est une autre plante
GABAergique. Ses principes actifs agissent directement sur le système
nerveux et ont un effet sédatif et anxiolytique. C’est la plante « coup
de massue ». Vous la prendrez le soir, une à deux heures avant le
coucher, pour faciliter l’endormissement. Vous la trouverez aussi en
extrait de plantes fraîches ou standardisées, en teinture mère ou en
gélules. Respectez la posologie du fabricant. La valériane peut induire
une somnolence. Ne prenez pas la route ou ne pratiquez pas une
activité nécessitant de la vigilance après l’avoir prise ;
l’eschscholzia (Eschscholzia californica), également appelé pavot de
Californie : cette plante fait partie de la même famille que le pavot à
opium, sans présenter les mêmes risques d’addiction ! Elle contient des
substances alcaloïdes hypnotiques et inductrices du sommeil, sans
aucune toxicité. Les effets peuvent être immédiats, mais peuvent aussi
demander une à deux semaines avant d’être pleinement ressentis. Cette
plante ne présente aucune contre- indication, ni effet indésirable.
Prenez-la le soir après le repas ou juste avant le coucher en fonction de
votre sensibilité et éventuellement en cas de réveils nocturnes. Vous la
trouverez sous différentes formes. Choisissez celle qui vous convient
le mieux et respectez la posologie du fabricant.
Si vous ne trouvez pas votre bonheur parmi ces plantes, il y en a bien
d’autres qui vous conviendront probablement mieux : houblon, mélisse,
tilleul, aubépine. Il peut parfois être intéressant d’associer plusieurs plantes,
leur efficacité étant décuplée en synergie. Faites-vous aider dans votre choix
par un naturopathe ou un phytothérapeute.
Les huiles essentielles
Si vous préférez les huiles essentielles (HE), vous trouverez aussi
facilement votre bonheur. Beaucoup ont des vertus relaxantes, anxiolytiques
et sédatives. Il suffit de trouver la vôtre !
Le petit grain bigarade (Citrus aurantium) : calmante et sédative.
Le lemongrass (Cymbopogon flexuosus) : sédative.
Le lavandin super (Lavandula burnatii ou Lavandula hydriba) :
calmante, anxiolytique et sédative. Attention, cette huile essentielle
peut être nocive pour le foie et les reins en cas d’ingestion à forte dose
et sur une longue durée. Elle ne doit être utilisée qu’en application
cutanée.
Le ledon du Groenland (Ledum groenlandicum) : pour les insomnies
sévères.
La marjolaine à coquilles (Origanum majorana) : anxiolytique et
parasympathicotonique (facilite la relaxation et le sommeil). Attention,
cette huile essentielle est néphrotoxique en cas d’ingestion à forte dose
et sur une longue durée. Elle ne doit être utilisée qu’en application
cutanée. Elle n’est pas à prendre en cas d’hypo- tension, peut
également provoquer de la somnolence et, dans certains cas, des
vertiges.
Le plus simple est d’en appliquer deux gouttes sur la face interne du
poignet et de les respirer plusieurs fois juste avant le coucher. Une
application sur le plexus solaire peut aussi être très efficace pour
dénouer cette fameuse sensation d’oppression dans l’estomac.
N’hésitez pas à en renouveler l’application en cas de réveils nocturnes.
Vous pouvez également diffuser un mélange d’une à deux gouttes de deux
de ces huiles essentielles dans votre chambre trente minutes avant le
coucher.
FABRIQUEZ VOTRE ROLL-ON
SPÉCIAL SOMMEIL
Matériel et ingrédients :
1 flacon roll-on de 15 ml.
10 gouttes d’HE de lemongrass.
10 gouttes d’HE de lavandin super.
10 gouttes d’HE de marjolaine à coquilles.
Huile végétale d’amande douce (quantité suffisante pour compléter le flacon).
Versez les huiles essentielles dans le flacon roll-on, puis complétez avec l’huile
d’amande douce. Mélangez bien. Appliquez au moment du coucher sur le plexus
solaire, la face interne du poignet ou sur les paumes. Respirez profondément.
Gardez le flacon sur votre table de chevet en cas de réveils nocturnes.
AVERTISSEMENT
Effectuez toujours un test de tolérance avant d’utiliser une huile essentielle. Pour
cela, appliquez-en une goutte sur le pli du coude et attendez vingt-quatre heures.
Si aucune rougeur ou démangeaison n’apparaît, tout va bien.
En cas de contact avec les yeux, rincez immédiatement avec une huile végétale
dans un premier temps, puis à l’eau.
Enfin, les huiles essentielles sont puissantes. Leur utilisation est déconseillée aux
femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux jeunes enfants. Elles doivent être
utilisées avec précaution par les personnes asthmatiques et/ou épileptiques. La
voie cutanée doit toujours être favorisée. L’ingestion ne doit se faire que sur le
conseil d’un naturopathe ou d’un aromathérapeute.
Les bourgeons
Les bourgeons sont des concentrés de principes actifs. Ils contiennent toute
la force vitale et les ressources nécessaires pour le développement de la
plante. Ils seront donc particulièrement efficaces en cas de troubles du
sommeil.
Vous pourrez pratiquer la gemmothérapie du sommeil avec :
le saule blanc (Salix alba) : en cas d’insomnies nerveuses et
d’anxiété ;
le tilleul (Tilia tomentosa) : sédatif et hypnotique doux, pour les
endormissements difficiles ou les réveils nocturnes ;
le figuier (Ficus carica) : action sur le système nerveux, lâcher- prise,
en cas d’insomnie d’endormissement ;
l’aubépine (Crataegus oxyacantha) : anxiolytique, action calmante
sur le système nerveux central.
Les bourgeons peuvent être associés en synergie. Vous les prendrez une à
deux heures avant le coucher, le plus possible à distance des repas. La posologie moyenne est comprise entre 10 et 15 gouttes directement dans la
bouche. Sachez qu’il existe aujourd’hui des macérats sans alcool.
Les élixirs floraux
Pour une action plus subtile sur votre sphère énergétique et psycho-
émotionnelle, les élixirs floraux, plus connus sous le nom de Fleurs de
Bach ®, vous aideront à mieux gérer les émotions qui peuvent perturber
votre sommeil. Ils ne contiennent pas de principes actifs comme les autres
extraits de plantes. Tout repose sur l’information vibratoire et énergétique
transmise par la plante via l’eau à notre organisme.
Là encore, choisir le bon élixir floral ou la bonne combinaison n’est pas
chose aisée. Vous devrez bien vous connaître, identifier et comprendre les
causes de vos tourments psychiques et émotionnels. Le mieux est de vous
faire accompagner par un thérapeute qui maîtrise parfaitement ce domaine.
Voici cependant quelques pistes :
le marronnier blanc (Aesculus hippocastanum) : pour les idées fixes
et les cogitations ;
l’hélianthème (Helianthemum nummularium) : en cas de peurs
paniques, cauchemars ;
l’ipomée (Ipomœa purpurea) : en cas de perte du rythme ;
la valériane (Valeriana officinalis) : pour ceux qui ont trop de
responsabilités et se sentent dépassés par la vie quotidienne ;
la passiflore (Passiflore incarnata) : pour le lâcher-prise et la sérénité.
Pourquoi ne pas combiner les mêmes élixirs floraux que les plantes choisies
en phytothérapie ? Vous ne ferez que renforcer leurs actions mutuelles.
Les élixirs floraux se prennent tout au long de la journée (trois à quatre fois)
et/ou au moment des troubles, toujours à distance des repas et de la consommation de toute boisson. Gardez-les en bouche quelques instants et
prenez-les en pleine conscience. Il existe des élixirs floraux sans alcool.
Encore une nouvelle étape de franchie ! Votre fatigue est-elle liée à un
manque de sommeil ou à des troubles du sommeil ? Si c’est le cas, vous
savez désormais comment prendre soin de vos nuits, un besoin vital. Et si
vous pensez que votre sommeil est perturbé à cause du stress, rassurez-
vous, les solutions se trouvent à l’étape suivante.
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