Épuisé(e), moi ? Jamais ! Retrouvez votre énergie en 7 étapes grâce à la naturopathie
Étape 4. Le stress, ce grand voleur d'énergie
ÉTAPE 4
LE STRESS, CE GRAND VOLEUR
D’ÉNERGIE
Le stress fait partie de notre quotidien. Nous le connaissons tous, même si
nous n’en avons pas forcément conscience. On me dit souvent, en
consultation : « Non, non, je ne suis pas stressé(e)… enfin, un stress
normal, comme tout le monde. » Voilà où nous en sommes arrivés : le stress
permanent et la fatigue qui l’accompagne sont des états normaux. C’est à la
fois vrai et faux.
Vrai, parce que le stress est un phénomène physiologique normal et même
vital, puisqu’il nous permet de rester en vie lorsque nous sommes en danger.
Faux, parce que le stress « normal » est ponctuel et ne doit exister que lors
d’un événement précis et être suivi d’une période de récupération, de repos
et de calme. Le stress permanent, ou chronique, est donc tout sauf normal.
Les agents stressants
Nos ancêtres, même les plus lointains, connaissaient déjà le stress, puisque
c’est un phénomène physiologique inhérent à l’homme et même à tout
organisme vivant (les animaux et les végétaux connaissent aussi la peur, le
danger et donc les réactions de stress). Cela leur permettait de mobiliser
leur énergie et de voir leurs forces décuplées s’ils devaient faire face à un
animal sauvage, protéger leur territoire, mais aussi résister à des périodes de
famine lorsque la nourriture venait à manquer. Mais ils y étaient
probablement beaucoup moins confrontés que nous.
De nos jours, nos vies à 100 % axées sur la performance et la productivité,
pour ne pas dire la compétition, nous mettent « sous stress » du lever au
coucher. Cela commence dès le réveil, souvent trop tôt ou après une nuit
trop courte. Nous courons pour manger quelque chose tout en nous
préparant pour aller travailler et en pensant à la prochaine réunion et aux
objectifs non atteints. Dans le même temps, nous préparons les enfants et
faisons dans notre tête la liste de courses à faire pendant la pause déjeuner
pour le repas du soir. Voilà seulement trente minutes que nous sommes
debout et nous sommes déjà sous pression. Quand vient l’heure du départ,
le rythme s’accélère encore : ne pas rater le bus, ne pas être en retard à
l’école, puis au travail, trouver une place pour se garer, encore une fois être
coincé(e) dans les embouteillages, regarder ses 52 mails, ses 33 SMS et
écouter les messages vocaux de son patron, de ses fournisseurs ou d’un collègue… Bon, je m’arrête là pour le quotidien, vous avez compris l’idée !
Tout cela peut paraître insignifiant, mais, mis bout à bout, la charge de
stress, que l’on peut aussi appeler la charge mentale, est énorme.
Bien sûr, il y a pire que les petits événements du quotidien. Les choses
s’aggravent si vous avez des problèmes financiers, un conflit familial ou
professionnel, des problèmes conjugaux, si l’un de vos proches est
gravement malade ou si vous vivez le décès d’un être cher. Déménager est
aussi un stress important, tout comme changer de travail ou de métier.
Impossible d’ignorer les événements récents : être confiné, à la merci d’un
virus dont on ne connaît pas grand-chose, perdre sa liberté de mouvement et
de choix, ne plus voir ses parents, amis ou collègues, ne plus pouvoir faire
de projets, même les plus simples, ne plus avoir de loisirs, ne plus pouvoir
partager les petits plaisirs de la vie (restaurants, cinéma, expos…) est source
d’un stress énorme, car cela fait voler en éclats tous nos repères, toutes nos
habitudes de vie, tous nos acquis.
Et puis, il y a une dernière source de stress dont nous n’avons pas
conscience, ce sont tous les déséquilibres métaboliques et physiologiques,
comme les variations de la glycémie, les troubles intestinaux, les
intolérances alimentaires, l’inflammation chronique ou encore les infections
récurrentes comme un abcès dentaire. Chaque fois, votre organisme connaît
un stress et va tout mettre en œuvre pour rétablir l’équilibre.
Comme vous pouvez le constater, le stress regroupe de nombreux
événements et comporte de nombreuses causes. Mais attention, avant de
tenter de classer ces stress selon le type d’agent stressant, il est important de
bien retenir que le stress n’est pas l’événement ou l’agent stressant en lui-
même. Le stress, c’est l’ensemble des réactions physiologiques face à cet
événement ou agent stressant. La distinction est importante car cela veut
dire que notre perception d’un événement, notre positionnement face à lui et l’importance qu’on veut bien lui donner peuvent modifier l’intensité,
voire faire disparaître le stress.
Revenons-en à notre agent stressant, il peut être d’ordre :
physique et physiologique, comme un effort physique intense (un
marathon, par exemple) ou une hypoglycémie ;
psychologique et émotionnel, comme une rupture ou un conflit
professionnel.
Si bien que, dans le langage courant, on pourra dire que vous souffrez de
stress physique, psychique, émotionnel ou mental.
Finalement, tous ces stress se recoupent souvent pour en arriver à se
confondre. Prenons l’exemple d’une grosse contrariété. Selon votre
tempérament, soit vous n’allez plus manger pendant deux jours, ce qui
provoquera des hypoglycémies et un jeûne involontaire, soit vous allez vous
jeter sur la nourriture réconfortante, sucrée ou salée, un peu grasse aussi, et
vous aurez des troubles digestifs et intestinaux. Dans les deux cas, le stress
émotionnel (la contrariété) a provoqué un stress physique (hypoglycémie ou
troubles intestinaux) auquel l’organisme devra faire face. Et il réagit
toujours de la même façon. Pour notre cerveau reptilien, peu importe que
vous vous énerviez dans les embouteillages ou, comme vos ancêtres, que
vous vous trouviez face à un tigre à dents de sabre prêt à vous dévorer. Pour
lui, c’est pareil.
Comment votre corps réagit-il face au stress ?
Si vous êtes stressé(e), un ensemble de réactions physiologiques vont se
déclencher en un éclair dans votre organisme. Ces réactions d’adaptation
ont été décrites et définies pour Hans Selye en 1948. On parle de syndrome
général d’adaptation, car l’objectif de ces séries de réactions est de vous adapter aux modifications de votre environnement immédiat, mais aussi à
vos émotions.
Le syndrome d’adaptation face au stress comprend trois phases :
la phase d’alarme vous permet de lutter ou de fuir face à l’agresseur.
C’est en tout cas comme ça qu’est programmé notre cerveau reptilien.
Il ne fait pas la différence entre les émotions fortes que vous ressentez
après une dispute et le fameux tigre à dents de sabre. Voilà donc ce qui
se passe : votre cerveau, averti du danger, va stimuler les différents
organes du corps, dont vos glandes surrénales, pour qu’ils sécrètent de
l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol. Ces hormones vont
mobiliser les troupes pour vous donner les armes nécessaires pour
réagir immédiatement.
Votre respiration s’accélère, vous apportant ainsi plus d’oxygène,
nécessaire au cœur, au cerveau et aux muscles. Votre rythme
cardiaque s’accélère aussi, vos vaisseaux sanguins se dilatent,
permettant ainsi un meilleur afflux sanguin, notamment à vos
muscles. Votre sang quitte d’ailleurs vos intestins, car ce n’est
franchement pas le moment de digérer et d’assimiler des
nutriments, les besoins sont ailleurs. Il quitte aussi les extrémités
et la surface de votre peau, pour limiter les risques d’hémorragies
trop importants en cas de blessure. Le cortisol augmente pour
donner l’ordre au foie de déstocker du glycogène et de le
transformer en glucose pour fournir plus d’énergie. Vous
transpirez aussi davantage et la tension de vos muscles augmente.
Vous êtes prêt(e) à bondir et à soulever des montagnes. Quelle
dépense d’énergie pour finalement rester assis(e) dans votre
voiture à fulminer contre les embouteillages et votre collègue à
cause de qui vous êtes parti(e) trop tard du bureau !
Cette phase d’alarme ne dure normalement pas longtemps,
quelques minutes à quelques heures. À l’issue, les taux
d’hormones chutent. Vous ressentez ensuite une envie importante
de vous reposer, de récupérer. Cette fatigue est normale et votre
organisme a besoin de ce temps de récupération après l’effort
fourni. C’est le cas, en particulier, de vos glandes surrénales.
Si de nouveaux agents stressants s’abattent sur vous et que ce
temps de récupération n’existe pas, vous passez en phase de
résistance, une phase dans laquelle vous pouvez vous trouver
pendant de nombreuses années, avec des hauts et des bas, et dont
l’issue peut être, si vous ne réagissez pas à temps, l’épuisement ;
la phase de résistance est le règne du cortisol. Il est sécrété de façon
continue, chronique, pour vous fournir l’énergie dont vous avez besoin
pour faire face à ce stress (quasi) permanent. Il stimule la conversion
des protéines, des lipides et des glucides en énergie et il maintient la
tension artérielle élevée et la contraction cardiaque en provoquant une
rétention d’eau (voilà pourquoi on gonfle quand on est stressé ou que
l’on prend des corticoïdes de synthèse). Mais cette sécrétion
permanente n’est pas sans effets néfastes sur la santé :
affaiblissement du système immunitaire : vous êtes donc
beaucoup plus sensible aux infections, qui ont tendance à
s’installer et à devenir récurrentes. Sur le long terme, cela
augmente aussi les risques de maladies graves, comme le diabète
ou le cancer ;
fonte musculaire : le cortisol déstocke vos réserves de protéines,
les muscles, pour fournir de l’énergie. Les acides aminés ainsi
libérés seront convertis par le foie (qui, au passage, a un surcroît
de travail) en glucose. De plus, le cortisol inhibe l’action de la
DHEA, qui joue un rôle dans le maintien de la masse musculaire ;
prise de poids, en particulier au niveau du ventre : la sécrétion
chronique de cortisol augmente l’appétit et favorise
l’insulinorésistance, ce qui favorise la prise de poids. De plus, il
ralentit l’activité des hormones thyroïdiennes (rendez-vous à
l’étape 5), là aussi facteur de prise de poids ;
ostéoporose : le cortisol inhibe la fixation du calcium sur l’os et
l’action des ostéoblastes, les cellules qui interviennent dans la
construction osseuse ;
hypertension : le cortisol augmente la pression artérielle et
favorise à long terme l’hypertension ;
troubles du sommeil, agitation et moments de déprime ;
réduction de la taille des télomères : les télomères sont situés à
l’extrémité de nos chromosomes. Il semble que les sécrétions
élevées de cortisol sur le long terme altèrent nos télomères et les
raccourcissent. Plus nous vieillissons, plus la taille des télomères
diminue. Plus la taille des télomères diminue, plus notre
vieillissement s’accélère. Rien d’étonnant à ce que le cortisol
raccourcisse nos télomères, puisqu’il nous fait brûler la chandelle
par les deux bouts pour fournir plus d’énergie que nous ne le
pouvons en réalité. Rassurez-vous, une bonne hygiène de vie et
de la méditation permettent de les régénérer. Rien n’est perdu !
Pendant la phase de résistance, vous ne pouvez vous sentir que
fatigué(e), car votre organisme ne cesse de lutter et de fournir
encore et encore de l’énergie pour essayer de maintenir ou de
retrouver un équilibre qui ne nuise pas à votre santé. N’oubliez
pas que votre corps n’a qu’un objectif : votre survie. Mais à
l’impossible nul n’est tenu, même pas votre propre corps. Si vous
ne retrouvez pas l’équilibre et qu’il y a toujours trop de stress
dans votre vie, vous passerez à la dernière phase : l’épuisement ;
la phase d’épuisement : votre organisme ne peut plus faire face. Vos
glandes surrénales rendent les armes et ne parviennent plus à produire
suffisamment d’hormones, le cortisol, bien sûr, mais aussi
l’aldostérone, une autre hormone qui intervient dans l’équilibre
électrolytique de l’organisme, absolument nécessaire au bon
fonctionnement des cellules.
Un faible de taux de cortisol sera insuffisant pour stimuler la formation
de glucose et fabriquer des réserves d’énergie. L’hypoglycémie
s’installe alors beaucoup plus facilement et de façon récurrente. Les
coups de pompe deviennent une habitude. Au niveau cellulaire,
l’énergie manque et les cellules ont plus de mal à fonctionner. D’autant
plus que, avec la baisse de l’aldostérone, les pertes de sodium sont
augmentées, alors que le potassium s’accumule. L’équilibre
sodium/potassium est rompu. C’est tout votre organisme qui souffre.
Vous êtes fatigué(e), épuisé(e), physiquement et moralement. Tout
vous semble insurmontable, vous n’avez plus envie de rien, si ce n’est
vous replier sur vous-même et dormir.
ZOOM SUR LE CORTISOL
Le cortisol est l’hormone du stress par excellence et tout déséquilibre en cortisol
peut être cause d’une fatigue inexpliquée. Si vous en avez trop, votre organisme
fonctionne en surrégime et vous pouvez ressentir de la fatigue. Si vous en
manquez, vous manquez d’énergie, vos cellules ne fonctionnent plus
correctement et vous êtes fatigué(e). D’autant plus que le cortisol n’agit pas tout
seul dans son coin. Il a une action sur les hormones thyroïdiennes, mais aussi sur
les hormones sexuelles (œstrogènes et progestérone). Son déséquilibre peut à lui
seul entraîner une cascade de déséquilibres hormonaux qui provoqueront de la
fatigue. Vous verrez aux étapes suivantes comment le stress et le cortisol peuvent
agir sur vos hormones thyroïdiennes et, pour les femmes, sur votre syndrome
prémenstruel ou votre ménopause.
Le cortisol est sécrété par les glandes surrénales, deux petites glandes situées
juste au-dessus des reins. Sa sécrétion n’est pas constante sur une journée : elle
connaît un premier pic le matin vers 6 heures, puis un second environ trente
minutes plus tard. Il nous permet de nous réveiller. Après 8 heures, le taux de
cortisol baisse mais reste relativement stable, avec un creux entre 15 et
17 heures. Il s’agit là, bien sûr, d’un cycle théorique. Les sécrétions de cortisol
sont très variables d’une personne à l’autre. D’autant plus que sa sécrétion est
influencée par la luminosité (elle ne sera donc pas la même en été et en hiver),
mais aussi par l’alimentation et le jeûne, ou encore l’activité physique, qui peuvent
booster sa sécrétion. Sans oublier le stress, bien sûr, qui peut à tout moment
bousculer totalement son cycle.
Le cortisol a de nombreuses fonctions dans l’organisme, la principale étant de
mobiliser ses ressources pour faire face à la demande d’énergie, notamment en
cas de stress. Voilà pourquoi il est hyperglycémiant et augmente donc la quantité
de glucose dans le sang, tout en stimulant le foie à en fabriquer (à partir
notamment des acides gras).
Sachez qu’il est aussi anti-inflammatoire et que, à dose physiologique, il participe
donc à réguler notre niveau d’inflammation.
Nous avons besoin du cortisol, pas question de le diaboliser. Mais à justes doses.
Si vous êtes stressé(e) en permanence, vous êtes dans cette fameuse phase de
résistance, où la sécrétion de cortisol est irrégulière, trop élevée et chronique.
Vous pouvez alors ressentir de nombreux signes et symptômes du stress (voir ci-
après) et exposer votre organisme à de nombreux dommages (voir ci-avant).
Si vous êtes stressé(e) depuis toujours et que vous avez l’impression de ne plus
pouvoir faire face, de vous effondrer au moindre stress, vous êtes dans la phase
d’épuisement et votre taux de cortisol est sûrement trop bas. Vous souffrez très
probablement de fatigue surrénalienne. Nous en reparlerons un peu plus loin.
Dans l’un et l’autre cas, il va falloir vous ménager, penser à vous et ne plus vous
exposer au stress. Vous trouverez dans les prochaines lignes de nombreux
conseils pour mieux gérer votre stress. Votre objectif sera de faire baisser votre
cortisol, ce qui protégera vos glandes surrénales et vous évitera d’en arriver à
l’épuisement, ou encore à ce que l’on nomme communément au burn-out. Si vous
êtes déjà épuisé(e), ces mêmes conseils vous permettront de supprimer les
causes de votre épuisement et de soutenir et régénérer vos glandes surrénales
pour retrouver une sécrétion normale du cortisol, avec, à la clé, joie de vivre et
énergie.
Comment savoir si votre taux de cortisol est trop haut ou trop bas ?
Le mieux est de vous fier à votre ressenti et à vos symptômes. Écoutez-vous,
écoutez les messages que votre corps vous envoie (de toute façon, il n’aura de
cesse de vous les répéter jusqu’à ce que vous les ayez entendus).
Si vous souhaitez en avoir le cœur net, vous pouvez, bien sûr, faire réaliser un
dosage sanguin. Il se fait le matin vers 8 heures. Votre taux de cortisol total doit
alors être situé dans la fourchette haute de la norme (comprise entre 7 et 25 µg/dL
= entre 0,007 et 0,025 mg/décilitre). Ma préférence va cependant à un dosage de
la fraction libre du cortisol, c’est-à-dire détachée de sa protéine de transport. Cela
donne un meilleur reflet du cortisol disponible pour les cellules. Pour cela, je
recommande de faire un dosage salivaire. La salive a la même composition que le
plasma sanguin et on y retrouve toutes les hormones stéroïdes en fraction libre.
C’est donc un dosage précis. L’idéal est de faire quatre prélèvements sur une
journée pour avoir une meilleure compréhension de la sécrétion du cortisol.
Faites-les à 8 heures, à 12 heures, à 17 heures et à 22 heures. Cela permet par
exemple de voir s’il y a une inversion du rythme, avec une sécrétion forte le soir et
basse le matin, ce qui pourrait expliquer la fatigue en matinée et les insomnies du
soir. Ou de constater si le taux de cortisol est trop bas ou trop haut toute la
journée ou à certains moments seulement. À titre indicatif, sont considérés
comme normaux les taux de cortisol salivaire suivants :
le matin : entre 1 et 7,5 ng/ml ;
le soir (entre 23 heures et minuit) : < 1 ng/ml.
Les manifestations du stress
Il n’est pas toujours évident de se rendre compte que l’on est stressé.
Beaucoup de choses nous semblent normales, c’est notre vie quotidienne, la
vie moderne. Mais est-ce normal que vous ressentiez toujours cette fatigue
que rien n’atténue ?
Le stress, nos émotions, notre mental sont de grands voleurs d’énergie. Ne
faites pas l’autruche et observez-vous. Souffrez-vous d’une ou plusieurs
manifestations ci-après ? Si oui, vous êtes probablement stressé(e).
Tensions musculaires, surtout dans la nuque, les trapèzes, les épaules
ou le dos.
Troubles digestifs, tout particulièrement douleurs d’estomac, ulcères,
mais aussi perte d’appétit ou compulsions alimentaires.
Palpitations.
Transpiration excessive.
Manque de concentration, difficultés à prendre des décisions, troubles
de la mémoire.
Nervosité, irritabilité, trouble de l’humeur.
Déprime ou dépression, vision négative des choses, crises de larmes.
Perte d’estime de soi et de confiance en vos capacités à faire des
choses ou à y faire face.
Manque d’envie, d’entrain.
Repli sur soi.
Baisse de la libido.
Troubles du sommeil.
Ruminations permanentes.
Et si c’était de la fatigue surrénalienne ?
C’est probablement l’une des causes de fatigue chronique les plus
fréquentes mais, malheureusement, trop souvent non diagnostiquée. La
médecine connaît la maladie d’Addison, caractérisée par une sécrétion
extrêmement basse d’hormones surrénaliennes, qui oblige à la prise de
corticostéroïdes à vie. C’est fort heureusement une maladie assez rare. Elle
connaît également la maladie de Cushing qui, à l’inverse, se caractérise
par une hypersécrétion de cortisol.
Si vous vous situez entre les deux, tout est normal et votre médecin ne vous
parlera que rarement de fatigue surrénalienne. Pourtant, bien avant d’en
arriver au stade de la maladie, vos glandes surrénales peuvent montrer des
signes de dysfonctionnement et ne plus sécréter suffisamment d’hormones
surrénaliennes, dont le cortisol. Vous l’avez bien compris, trop de stress les
épuise. La conséquence, c’est l’épuisement, l’incapacité de faire face au
stress, à la vie quotidienne tout simplement. Et le principal de ses
symptômes, c’est la fatigue.
La principale cause de la fatigue surrénalienne est le stress, qu’il soit
physique ou psychique, qu’il s’agisse des petits stress du quotidien qui
s’accumulent ou de gros chocs émotionnels ou de stress intense, non suivis
d’une période de repos et de récupération suffisante permettant aux glandes
surrénales de se régénérer. Le repos du guerrier après l’effort. Ne négligez
pas les maladies qui sont des stress pour votre organisme. Ainsi,
l’inflammation chronique, les allergies, les infections à répétition, mais
aussi la consommation de médicaments ou de drogues épuisent vos glandes
surrénales.
Nos habitudes de vie peuvent aussi leur être néfastes :
avoir une mauvaise alimentation, trop riche en sucres raffinés, en
mauvaises graisses et en aliments ultratransformés (retournez à
l’étape 1 si nécessaire) ;
boire trop de café, de sodas riches en caféine ou de boissons
stimulantes ;
manquer de sommeil (retournez à l’étape 3), se coucher tard ;
être trop perfectionniste et s’imposer des objectifs inatteignables avec
une charge de travail trop importante ;
ne rien faire pour sortir d’une situation d’échec ou d’une impasse
(même si ce n’est pas toujours facile) ;
ne pas avoir assez de loisirs et ne pas profiter suffisamment des plaisirs
de la vie.
Sachez aussi qu’il est possible que vous soyez né(e) avec des glandes
surrénales un peu plus petites que la moyenne. Elles s’épuisent alors plus
vite que les autres et vous devrez redoubler d’attention à leur égard pour les
préserver.
Comment savoir si vous souffrez de fatigue surrénalienne, me demanderez-
vous ? Fiez-vous à votre ressenti. Observez-vous et, si vous connaissez un
ou plusieurs des signes et symptômes ci-après, c’est que vos glandes
surrénales sont probablement fatiguées.
Signes et symptômes
Fatigue persistante, surtout le matin, puis entre 15 et 17 heures.
Difficultés à se lever le matin.
Envies de sel ou d’aliments salés.
Besoin de café, de thé, de chocolat ou de boissons stimulantes pour
tenir le coup.
Manque d’énergie, même pour les activités plaisirs.
Effort important pour accomplir les tâches quotidiennes.
Système immunitaire affaibli.
Baisse de la libido.
Moindre capacité à supporter une contrariété.
Irritabilité, anxiété.
Déprime, perte d’intérêt pour les autres et ce qui vous fait
habituellement plaisir.
Difficultés de concentration et troubles de la mémoire.
Troubles du sommeil.
Pour les femmes : troubles du cycle menstruel et symptômes
prémenstruels aggravés.
Vertiges ou étourdissements, surtout en passant de la position couchée
à la position debout.
Hypotension.
Maux de tête.
Troubles cutanés et notamment une hyperpigmentation.
Pour confirmer votre intuition, vous pouvez réaliser un bilan sanguin ou
salivaire pour mesurer votre taux de cortisol, mais aussi celui de DHEA,
une autre hormone sécrétée principalement par les glandes surrénales. La
DHEA joue un rôle important, car elle limite les effets néfastes du cortisol
sécrété à trop hautes doses, tout en régulant sa production excessive et sa
dégradation. Elle limite aussi la sécrétion d’adrénaline. Elle est donc
essentielle à une bonne gestion du stress. Si votre taux de DHEA est bas,
c’est aussi le signe que vos glandes surrénales sont fatiguées.
Une fatigue spécifique à ne pas négliger
Vos glandes surrénales sont essentielles au bon fonctionnement de
l’organisme. Elles vous permettent de faire face au stress, bien sûr, mais
elles vous donnent aussi de la résistance et de l’endurance. Elles
interviennent dans de nombreux processus physiologiques, mais également
dans votre façon de percevoir le monde et de gérer vos émotions.
Vos glandes surrénales participent au métabolisme des glucides, des lipides
et des protéines (et donc à la production d’énergie), à la régulation de la
glycémie, à la répartition des graisses dans l’organisme (excès de cortisol
= graisse autour de la taille et sur le visage), au bon fonctionnement du
système cardiovasculaire et intestinal, à la gestion de l’inflammation, à la
régulation des allergies et à la production des hormones sexuelles
(œstrogènes et progestérone), surtout à partir de la ménopause.
Voilà pourquoi souffrir de fatigue surrénalienne vous expose non seulement
à la fatigue, mais aussi à de nombreux autres troubles comme des
hypoglycémies, des allergies plus fréquentes, un syndrome prémenstruel
plus marqué et une ménopause plus compliquée, des variations de la tension
artérielle, une prise de poids inexpliquée ou encore des dérèglements du
système immunitaire.
La fatigue surrénalienne s’accompagne aussi, souvent, d’un ralentissement
de l’activité de la thyroïde (c’est la prochaine étape de notre parcours).
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une hormone n’agit pas toute seule
dans son coin sans tenir compte des autres hormones. Toutes nos hormones
sont étroitement liées et font partie d’un même système, le système
endocrinien. Elles communiquent entre elles et le déséquilibre des unes
entraîne celui des autres. Les glandes surrénales et la thyroïde participent
ensemble à la régulation du métabolisme énergétique. Elles sont aussi très
sensibles au stress et aux émotions. Lorsque les glandes surrénales sont
fatiguées, elles peinent à assurer les fonctions normales de l’organisme et
elles n’aspirent qu’à une chose : diminuer la demande et donc la production
d’énergie pour réduire leur charge de travail. Or qui régule la demande en
énergie du corps ? C’est la thyroïde. En diminuant ses sécrétions
hormonales, le métabolisme énergétique de votre organisme diminue, avec,
à la clé, ce symptôme que vous connaissez bien : la fatigue !
Physiologiquement parlant, on sait qu’un taux trop élevé de cortisol fait baisser la TSH (thyréostimuline, hormone sécrétée par l’hypophyse, qui
stimule la thyroïde), supprimant ainsi l’ordre transmis à la thyroïde de
produire ses hormones, et qu’il fait obstacle à la bonne utilisation de
l’hormone thyroïdienne T3 par les cellules. On sait aussi qu’un taux trop
bas de cortisol aura les mêmes effets. Vous pouvez alors ressentir les
symptômes de l’hypothyroïdie, même si votre bilan sanguin thyroïdien est
normal.
D’une manière ou d’une autre, l’organisme est contraint par les surrénales
et la thyroïde de baisser son métabolisme. C’est, bien sûr, le signe que
quelque chose ne va pas, mais c’est surtout un message que vous envoie
votre corps pour vous dire que vous tirez trop sur la corde et qu’il va falloir
penser à baisser le rythme si vous souhaitez retrouver votre vitalité.
Comment mieux gérer le stress et renforcer vos glandes
surrénales
Que vous souffriez d’un stress chronique auquel vos glandes surrénales
arrivent encore à faire face en produisant de grandes quantités de cortisol,
ou que vous en soyez déjà au stade de la fatigue surrénalienne, les solutions
à mettre en œuvre sont les mêmes, car dans l’un et l’autre cas, il faut vous
protéger du stress, réguler votre taux de cortisol et ainsi préserver vos
surrénales.
Votre stratégie antistress repose sur plusieurs axes.
Mangez mieux
En période de stress, votre organisme puise dans vos réserves de nutriments
pour faire face. Vos besoins nutritionnels sont accrus. Pas question pour
autant de vous jeter sur ces aliments réconfortants, pleins de sucre et de gras, qui non seulement ne vous apporteront aucune énergie, mais bien au
contraire ne feront qu’aggraver les choses. Souvenez-vous de l’étape 1 :
nous avons parlé du cercle vicieux des hypoglycémies. Et vous savez
maintenant que ce sont vos glandes surrénales qui gèrent ces
hypoglycémies par l’intermédiaire du cortisol. Vous ne feriez donc
qu’accroître leur charge de travail. Au passage, la petite bouée, certes
moelleuse et confortable, qui s’est installée autour de votre taille, gonflera
un peu plus.
Revenez à l’étape 1 et adoptez les bons choix alimentaires en limitant la
consommation de sucres raffinés et en choisissant des aliments à index
glycémique bas ou moyen. C’est le meilleur moyen d’avoir une glycémie
stable et d’épargner vos surrénales. Faites aussi une belle place aux
protéines de qualité et aux légumes crus et cuits les plus variés possible.
Enfin, écoutez vos envies de sel. Si vous souffrez de fatigue surrénalienne,
vous en aurez probablement envie. Dans ce cas-là, n’en limitez pas la
consommation, c’est que votre corps en a besoin. En revanche, si vous
n’êtes pas encore atteint(e) de fatigue surrénalienne, mais que vous êtes très
stressé(e), limitez votre consommation de sel, ce dernier ne ferait
qu’accroître la rétention d’eau provoquée par l’excès de cortisol.
Le bon choix commence dès le petit déjeuner. Vos glandes surrénales et
votre organisme tout entier ont besoin de protéines et de bons gras, mais
surtout pas d’une grande quantité de glucides. Oubliez donc le pain, la
confiture, le miel, les céréales soufflées et sucrées et les viennoiseries, et
optez pour des œufs à la coque, du jambon, un demi-avocat, un porridge de
flocons de céréales à IG bas ou des oléagineux. Préférez aussi le thé vert au
café, non sucré, bien sûr !
Évitez surtout de manger des fruits au petit déjeuner. Riches en potassium,
ils obligent les glandes surrénales à sécréter plus d’aldostérone pour maintenir un équilibre électrolytique sodium/potassium compatible avec le
bon fonctionnement cellulaire. C’est un élément fondamental de
l’homéostasie. De plus, les acides qu’ils contiennent ne seront pas
forcément bien métabolisés par votre organisme. Selon votre tempérament,
les acides de fruits, s’ils ne sont pas correctement transformés en eau et en
gaz carbonique, vont s’accumuler dans l’organisme. Pour les neutraliser et
lutter contre l’acidose, ce dernier va puiser dans vos réserves de minéraux et
créer des sels basiques, qui seront éliminés. Vous risquez donc une
déminéralisation. Vous pouvez aussi ressentir de la fatigue peu de temps
après les avoir consommés. Mangez vos fruits en dehors des repas et pas
plus de deux par jour !
Faites le plein de vitamines et de minéraux
En cas de stress ou de fatigue surrénalienne, certains minéraux et vitamines
peuvent vous aider à mieux faire face. Bien qu’ils soient présents dans
l’alimentation, leur apport ne sera probablement pas suffisant pour satisfaire
vos besoins accrus pendant ces périodes. Faites alors une cure de plusieurs
mois de :
magnésium : nous en avons déjà parlé. Lorsque vous êtes stressé(e),
vous perdez beaucoup de magnésium, éliminé par les urines. Or le
magnésium est l’antistress par excellence. Vous avez besoin de
magnésium pour faire face au stress mais, en cas de stress, vous en
perdez. Vous vous retrouvez donc dans un cercle vicieux qu’il faut
rompre grâce à un apport quotidien de 400 mg minimum de
magnésium élément, sous une forme bien assimilée, comme le
bisglycinate ou le malate. Privilégiez un complément qui associe la
vitamine B6 pour une meilleure assimilation et la taurine, qui épargne
le magnésium ;
vitamines B : toutes les vitamines B sont nécessaires pour mieux faire
face au stress et à la fatigue. Elles interviennent dans la régulation du
système nerveux, améliorent le sommeil, participent à la sécrétion des
neurotransmetteurs et réduisent l’anxiété. La vitamine B5 est
particulièrement indispensable pour les glandes surrénales et intervient
dans la régulation de la production du cortisol. Faites une cure d’un ou
deux mois d’un complexe de vitamines B vous apportant 100 % des
apports journaliers recommandés. Vous pouvez la renouveler plusieurs
fois par an si nécessaire ;
vitamine C : en plus d’être antioxydante, la vitamine C régule à la
baisse la production de cortisol en cas de stress chronique. Là aussi, les
besoins sont accrus. Prenez 2 à 3 g par jour de vitamine C, associée à
des bioflavonoïdes pour une meilleure efficacité. Soyez vigilant(e) si
vous prenez des anticoagulants car la vitamine C peut interagir avec
eux ;
vitamine E : la vitamine E est un antioxydant très puissant qui permet
de lutter contre les radicaux libres et qui ralentit donc le processus de
vieillissement de l’organisme. Vos mitochondries apprécieront. Mais
elle intervient aussi dans les réactions enzymatiques de la fonction
surrénalienne. Choisissez un mélange de tocophérols (notamment des
bêta-tocophérols) et faites-en régulièrement une cure à raison de
800 UI (unités internationales) par jour ;
oméga-3 : les oméga-3 interviennent dans la régulation de l’humeur et
font baisser le taux de cortisol trop élevé. En période de stress, faites
une cure d’oméga-3 ALA, EPA et DHA. Pour les EPA-DHA,
privilégiez les capsules d’huile de poissons sauvages, certifiées
EPAX®, garantissant la qualité et la pureté du produit (absence de
contamination par des polluants). Suivez les recommandations du
fabricant ;
zinc : le zinc est indispensable pour votre système immunitaire. Ce
dernier étant mis à l’épreuve et affaibli en période de stress, apportez
chaque jour 10 mg de zinc, sous forme de pidolate ou de citrat. Soutenez votre organisme avec les plantes
De nombreuses plantes peuvent vous soutenir et vous apporter de la joie de
vivre en cas de stress et de fatigue morale ou émotionnelle.
Il y a, bien sûr, les plantes relaxantes, comme la passiflore et le griffonia,
dont nous avons déjà parlé à l’étape 3, consacrée au sommeil. Souvenez-
vous : la passiflore est une plante GABAergique, qui influence les
récepteurs au GABA, lui conférant ainsi des propriétés anxiolytiques et
relaxantes. Quant au griffonia, c’est un précurseur de sérotonine, l’hormone
de la relaxation et de la bonne humeur, qui vous permet aussi de mettre fin à
vos envies de sucré.
Lorsque le stress et la fatigue s’accompagnent d’un peu de déprime, vous
pouvez choisir une plante « antidépresseur », seule ou en association avec
une autre plante :
le millerpertuis (Hypericum perforatum) : c’est l’antidépresseur
naturel par excellence, aussi efficace 12 que les antidépresseurs de
synthèse, mais sans les effets secondaires. Ses principes actifs, dont
l’hypericine et l’hyperforine, agissent sur les récepteurs de la
sérotonine, de l’adrénaline et de la dopamine. Ils agissent aussi sur les
récepteurs au GABA, favorisant ainsi la relaxation. Certaines études
ont également montré que le millepertuis avait une action anti-
inflammatoire au niveau neuronal 13, expliquant ainsi en partie son
action antidépressive.
Le millepertuis est donc recommandé pour toute dépression et ne
présente que peu d’effets secondaires. Il existe un risque de photo-
sensibilisation, mais seulement si le millepertuis est consommé à doses
élevées (plus de 3 600 mg par jour). À doses normales, ce risque est
faible et peut être totalement supprimé par l’application d’une
protection solaire si vous avez la peau claire.
Si vous prenez un traitement médical, soyez vigilant(e), car le
millepertuis est un inducteur enzymatique au niveau du foie et peut
provoquer des interactions avec certains médicaments (ciclosporine,
digoxine, anticoagulants, contraceptifs oraux, antidépresseurs
notamment). Demandez conseil à votre médecin ou tournez-vous vers
le safran (voir plus loin).
Le millepertuis est contre-indiqué chez les jeunes enfants, les femmes
enceintes et allaitantes et chez les personnes souffrant de troubles
bipolaires.
Vous trouverez du millepertuis sous différentes formes (gélules,
ampoules, extraits titrés en principes actifs, teinture mère ou extraits de
plantes fraîches). Choisissez la forme qui vous convient le mieux et
respectez la posologie indiquée par le fabricant ;
le safran (Crocus savitus) : le safran agit sur le système nerveux et a
une action antidépressive. Plusieurs études 14 ont montré que la
consommation quotidienne de 30 mg d’extraits de safran améliorait
significativement les symptômes de la dépression et qu’il est aussi
efficace que certains antidépresseurs de synthèse 15.
Aux doses normales, le safran ne présente pas d’effets secondaires, ni
de risque d’interactions médicamenteuses.
Le safran est déconseillé chez le jeune enfant, la femme enceinte et
allaitante, et à forte dose (supérieure à 100 mg par jour) en cas de
traitement antihypertensif.
Le safran se trouve généralement en gélules contenant des extraits
titrés en principes actifs. La posologie recommandée est de 30 mg par
jour.
ZOOM SUR LES PLANTES
ADAPTOGÈNES
En période de stress et/ou de fatigue, il n’y a pas mieux que les plantes
adaptogènes. Ces plantes nous rendent plus résistants et nous aident à mieux
faire face au stress, à prendre du recul. Elles régulent nos sécrétions hormonales,
en fonction des besoins de notre organisme, et participent notamment à faire
baisser un taux de cortisol trop élevé. Elles nous apportent aussi un regain
d’énergie. Et, dernier point, elles ne présentent pas de toxicité et peuvent donc
être prises au long cours.
Si l’on dit de ces plantes qu’elles sont adaptogènes, c’est, d’une part, parce
qu’elles améliorent notre capacité à nous adapter à notre environnement et,
d’autre part, parce qu’elles-mêmes s’adaptent aux besoins de notre organisme
par une action stimulante ou calmante.
En voici trois qui seront d’un grand soutien :
la rhodiole (Rhodiola rosea) : la rhodiole est très efficace en cas de stress intense, notamment de burn-out. Elle améliore les capacités intellectuelles,
a une action antidépressive et anxiolytique 16. C’est aussi un excellent stimulant physique et elle permet de réduire la sensation de fatigue. La rhodiole ne présente pas d’effets secondaires ni d’interactions médicamenteuses. Elle est déconseillée aux jeunes enfants, aux femmes enceintes et allaitantes, et aux personnes bipolaires.
La rhodiole se trouve en gélules, en teinture mère ou en extraits de plantes fraîches. Choisissez la forme qui vous convient le mieux et suivez la posologie indiquée par le fabricant. Prenez- la le matin et jusqu’au début de l’après-midi pour éviter toute perturbation du sommeil ;
l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus) : également appelé ginseng sibérien, l’éleuthérocoque a de nombreuses propriétés intéressantes en cas de stress. Il renforce le système immunitaire, toujours affaibli en cas de stress prolongé. Il permet de mieux nous adapter au stress et de réduire la fatigue. Il évitera l’épuisement physique et nerveux pendant les périodes de stress intense.
L’éleuthérocoque ne présente pas d’effets secondaires ni d’interactions médicamenteuses. Il est déconseillé aux jeunes enfants et aux femmes enceintes et allaitantes.
L’éleuthérocoque se trouve en gélules, en teinture mère ou en extraits de plantes fraîches. Choisissez la forme qui vous convient le mieux et suivez la
posologie indiquée par le fabricant. Prenez-le le matin et jusqu’au début de l’après-midi pour éviter toute perturbation du sommeil ;
l’ashwagandha (Withania somnifera) : partons en Inde maintenant avec le ginseng indien. L’ashwagandha est une des adaptogènes les plus douces. Aucun risque d’hyperactivité ou d’excitation avec elle. Elle nous aide à mieux nous adapter au stress, apporte de la sérénité et de la relaxation
grâce à son action anxiolytique et antidépressive 17, favorise un meilleur sommeil et nous redonne de l’énergie. Cerise sur le gâteau, elle stimule l’activité de la thyroïde, ce qui la rend bien utile en cas d’hypothyroïdie. L’ashwagandha ne présente pas d’effets secondaires ni d’interactions médicamenteuses. Elle est déconseillée aux jeunes enfants, aux femmes enceintes et allaitantes, en cas d’hyperthyroïdie et d’hémochromatose. L’ashwagandha se trouve en gélules, en teinture mère ou en extraits de plantes fraîches. Choisissez la forme qui vous convient le mieux et suivez la posologie indiquée par le fabricant.
Dernière petite précision sur les plantes adaptogènes : soyez patient(e), les
effets bénéfiques de ces plantes sur votre stress et votre fatigue se feront
sentir au bout de plusieurs semaines et, au fil du temps, vous vous sentirez
de plus en plus fort(e), physiquement et émotionnellement.
Apprenez à vous relaxer
L’alimentation, les compléments alimentaires et les plantes « antistress »
vous aideront à mieux faire face au stress et à revenir à l’équilibre. Mais
n’oubliez pas que, si la bonne alimentation est acquise pour le reste de votre
vie, les compléments alimentaires et les plantes ne sont que des béquilles
qui sont là pour vous aider à traverser une période difficile. Vous en aurez
besoin plus ou moins longtemps, peu importe. Mais il vous appartient de
changer certains aspects de votre mode de vie et d’apprendre à supprimer
les sources de stress, ou du moins à mieux le gérer pour que leurs
conséquences sur votre santé soient moindres.
La première chose à faire est peut-être de vous poser un instant et de vous
demander comment vous en êtes arrivé(e) à ce niveau de stress et de
fatigue. Essayez d’identifier tout ce qui provoque chez vous un sentiment
de mal-être, de l’anxiété, du stress et/ou de la fatigue. Y a-t-il des situations
(professionnelles, sociales, familiales), des lieux, des personnes qui vous
épuisent et vous laissent une sensation désagréable ? Prenez une feuille et
un crayon, et notez tout cela. La prise de conscience est le point de départ
du changement. Une fois que vous aurez identifié les sources ou les causes
de votre stress et de votre fatigue, essayez de voir si vous pouvez changer
quelque chose. Cela peut être changer d’employeur ou carrément de métier,
déménager dans un cadre de vie qui vous attire plus et vous correspond
mieux (certains aiment la ville et sont déprimés à la campagne et
inversement), mettre de la distance avec les personnes que vous avez
identifiées comme étant « toxiques » pour vous, entamer une thérapie de
couple ou individuelle, vous offrir plus de loisirs… Parfois, il faut aussi
savoir changer de perspective, aborder les choses sous un autre angle et
accepter de changer ses croyances. Tout devient alors plus facile.
Soyez à votre écoute. De quoi avez-vous envie ? Qu’est-ce qui vous fait du
bien ? À quels moments ou auprès de qui retrouvez-vous votre énergie ?
Il est temps de penser à vous et de prendre soin de vous. Ce n’est pas de
l’égoïsme, c’est tout simplement s’aimer soi-même, suffisamment pour se
sentir bien physiquement et psychologiquement. D’ailleurs, vous ne pourrez
être bien avec les autres et vraiment présent(e) pour eux que si vous-même
êtes en pleine possession de vos moyens. Si vous êtes stressé(e) ou
fatigué(e), il est probable que vos relations avec les autres soient
compliquées et peut-être même source de conflits. Finalement, prendre soin
de soi, c’est aussi prendre soin de sa relation à l’autre.
Vous êtes l’acteur(rice) principal(e) de votre bien-être et de votre vitalité.
Les outils pour mieux gérer votre stress sont nombreux. Vous et moi savons
pertinemment que nous ne pouvons pas totalement supprimer le stress et
vivre dans la béatitude la plus totale. Mais nous pouvons grandement
améliorer notre quotidien en pratiquant régulièrement quelques exercices de
relaxation.
Voici quelques pistes que je laisse à votre curiosité :
la méditation : la méditation en pleine conscience vous invite à vous
recentrer sur votre respiration et vous permet de mieux gérer le stress
et l’anxiété. Il est établi que la méditation améliore le sommeil, réduit
le taux de cortisol, évite les ruminations et améliore la gestion des
émotions. Vous pouvez pratiquer la médiation seul(e), mais l’exercice
n’est pas évident au départ. N’hésitez pas à aller vers des exercices de
méditation guidée, ils sont nombreux sur Internet. Sinon, pourquoi pas
apprendre à méditer dans un centre de méditation ?
la respiration en pleine conscience : la respiration est un outil
remarquable que nous négligeons. Elle nous permet de rétablir
l’équilibre de notre système nerveux et de favoriser le système nerveux
parasympathique, qui est celui de la relaxation. Accordez- vous cinq
minutes par jour pour faire de vraies respirations en portant votre
attention sur celle-ci. Sans forcer, commencez par remplir le bas de
votre ventre avec l’air que vous inspirez. Gonflez ensuite votre cage
thoracique, votre poitrine doit se soulever. Enfin, l’air doit envahir
l’espace sous vos clavicules. Une fois l’inspiration terminée, bloquez
votre respiration quelques secondes, puis expirez par la bouche,
lentement. Recommencez plusieurs fois. À la fin de la séance, si vous
bâillez, c’est gagné. Vous êtes relaxé(e) ;
la sophrologie : cette méthode de relaxation a pour objectif de
transformer nos angoisses, nos phobies, nos ruminations en pensées
positives. Il s’agit d’une pratique psychocorporelle qui s’appuie
essentiellement sur la détente physique, obtenue grâce à des exercices
de respiration et la visualisation d’images apaisantes. Guidé(e) au
départ par le praticien, vous pouvez ensuite refaire les exercices chez
vous dès que vous en avez besoin ;
la cohérence cardiaque : cette technique fondée sur la respiration a de
nombreuses vertus pour la santé, qui ont notamment été décrites par le
D r David O’Hare, dans son ouvrage intitulé Cohérence
cardiaque 3.6.5. L’objectif de la cohérence cardiaque est de rétablir
l’équilibre entre les systèmes nerveux sympathique et
parasympathique, et de réguler l’alternance des phases d’accélération
et de décélération. Il s’agit tout simplement de rétablir un état
d’harmonie, correspondant au fonctionnement normal de notre
physiologie. Cet état d’harmonie est obtenu par la respiration
abdominale. Le rythme est alors de six respirations par minute. Il
existe de nombreux logiciels et applications, disponibles sur Internet et
sur les smartphones, ce qui rend cette pratique accessible et facile. Elle
est surtout peu consommatrice de temps. Pratiquez-la idéalement trois
fois par jour pendant cinq minutes et de manière régulière pour en tirer
tous les bénéfices. Voici ce que vous pouvez en attendre :
une sensation de calme et d’apaisement quasi immédiate ;
une baisse du taux de cortisol ;
une augmentation du taux de DHEA ;
une augmentation des immunoglobulines A et donc un
renforcement du système immunitaire ;
une action favorable sur les neurotransmetteurs comme la
dopamine et la sérotonine ;
une diminution de la perception du stress ;
à long terme : diminution de l’hypertension artérielle, du risque
cardiovasculaire, de l’anxiété et de la dépression, meilleure
régulation du taux de sucre, réduction du périmètre abdominal et
perte de poids chez les personnes obèses, amélioration de la
concentration et de la mémoire ;
l’écriture : écrire est une bonne pratique, un rituel qui devrait être
quotidien. Cela vous permettra d’exprimer toutes vos émotions, vos
idées parasites, sans peur du jugement. C’est un moyen pour vous
libérer de vos tensions et d’un stress trop souvent intériorisé. Ainsi
exprimé, il n’aura plus besoin de s’exprimer au travers de votre corps.
Installez-vous dans un endroit calme, seul(e) et accordez-vous le temps
nécessaire. Écrivez tout ce qui vous passe par la tête, tout ce qui a pesé
sur votre journée, la semaine ou les mois écoulés. Lâchez-vous ! C’est
un bon exutoire. Vous pouvez ensuite jeter vos écrits, les brûler ou les
conserver pour y revenir plus tard et voir si la situation a changé et
s’est améliorée. C’est un bon moyen d’identifier vos voleurs d’énergie
et sources de stress ;
le bain chaud : ce n’est pas très écologique, il est vrai, mais c’est un
très bon moyen de vous détendre. Faites couler un bain à 38 °C.
Ajoutez-y quelques gouttes d’huile essentielle de lavande vraie et
plongez-y. Cela va détendre vos muscles, déconnecter votre mental et
décongestionner votre tête, trop souvent « échauffée » par de
perpétuelles ruminations. Restez-y au moins trente minutes. Plus si
vous en avez envie en veillant à garder l’eau à bonne température.
C’est une bulle, un moment de détente qui n’appartient qu’à vous.
Pratiquez une activité physique régulière
Cela détend et fait baisser le taux de cortisol, nous y reviendrons à l’étape 7.
Nous avons franchi une nouvelle étape et je suis sûre que vous avez résolu
une bonne partie de votre énigme, d’autant plus que vous commencez à
avoir pas mal de pistes pour mettre fin à votre fatigue. Peut-être vous
manque-t-il encore quelques éléments ? Allons-y de ce pas.
OceanofPDF.com