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Étape 5. Et si c'était la thyroïde ?

ÉTAPE 5

 

ET SI C’ÉTAIT LA THYROÏDE ?

 

Les dysfonctionnements de la thyroïde sont l’une des principales causes

de la fatigue persistante et inexpliquée (du moins en apparence). C’est

particulièrement vrai en cas d’hypothyroïdie, dont la fatigue intense est le

principal symptôme. Mais c’est aussi vrai en cas d’hyperthyroïdie, car si le

corps fonctionne en mode speed, il s’épuise et la fatigue peut se faire sentir.

 

Il est donc important, dans notre quête « antifatigue », d’aller voir ce qui se

passe du côté de votre thyroïde.

 

Votre thyroïde est un peu comme le métronome de votre organisme. C’est

elle qui donne le rythme. Presque toutes les cellules de votre organisme ont des récepteurs aux hormones thyroïdiennes et y sont sensibles. Cela veut

donc dire que de nombreuses fonctions physiologiques dépendent des

hormones thyroïdiennes et que tout dysfonctionnement aura des

conséquences sur votre santé :

régulation de la production et de l’utilisation de l’énergie dans

chaque cellule : voilà pourquoi la fatigue est si fréquente. Elle

s’explique en partie par l’impossibilité ou la difficulté pour la cellule

de convertir le glucose en énergie ;

régulation du métabolisme de base, c’est-à-dire des besoins

énergétiques minimaux dont l’organisme a besoin au quotidien pour

assurer ses fonctions. Il est calculé pour un individu au repos. Votre

métabolisme de base se mesure en calories. Ainsi, lorsque votre

activité thyroïdienne ralentit, votre métabolisme de base diminue, vous

dépensez moins de calories, ce qui peut, en partie, expliquer la prise de

poids ;

régulation thermique : les hormones thyroïdiennes augmentent la

production de chaleur par l’organisme en favorisant la thermo- genèse

inhérente aux réactions métaboliques de l’organisme ;

régulation du métabolisme des glucides, des protéines et des

lipides : les hormones thyroïdiennes augmentent la synthèse des

protéines dans presque tous les tissus de l’organisme. Elles favorisent

l’utilisation des lipides pour produire de l’énergie, ce qui a un impact

direct sur le cholestérol en réduisant son taux sanguin ;

activité cardiovasculaire : les hormones thyroïdiennes augmentent la

fréquence cardiaque et la force de contraction de votre cœur ;

stimulation de la motilité intestinale ;

stimulation du renouvellement osseux et des muscles ;

croissance et maturation du squelette ;

stimulation des autres glandes du système endocrinien : pancréas,

glandes surrénales et glandes sexuelles ;

développement du système génital de l’homme ;

fécondité et lactation chez la femme ;

développement du système nerveux du fœtus et du bébé.

 

Le B.A.-BA de l’activité thyroïdienne

 

La thyroïde est une glande, formée de deux lobes, située au niveau de la

gorge. Elle ressemble à un papillon. Elle est composée de nombreuses

cellules qui ont pour mission de produire des hormones thyroïdiennes qui

seront déversées dans le sang pour rejoindre les cellules et y délivrer leur

message. C’est d’ailleurs l’un des organes où le débit sanguin est le plus

élevé.

 

Pour fabriquer des hormones thyroïdiennes, votre thyroïde a besoin de

tyrosine, un acide aminé présent dans les protéines, et d’iode. Ces deux

matières premières essentielles se trouvent dans l’alimentation. Une

alimentation déséquilibrée, pauvre en protéines et en iode, peut donc nuire

au bon fonctionnement de la thyroïde.

 

Dans les cellules folliculaires de votre thyroïde, l’iode se fixe sur la tyrosine

grâce à une enzyme : la thyroïde peroxydase. En fonction du nombre

d’atomes d’iode fixés sur la tyrosine, votre thyroïde produit principalement

de la T4 (quatre atomes d’iode) et, en plus petite quantité, de la T3 (trois

atomes d’iode).

 

La T4, produite à hauteur de 80 %, est la plus connue. Elle est appelée

thyroxine et c’est elle que vous trouvez dans le Levothyrox ® et dans la

plupart des hormones thyroïdiennes qui peuvent être prescrites par votre

médecin.

La T3, sécrétée en plus petite quantité, porte le nom de triiodothyronine.

Elle a une importance considérable car c’est la seule hormone active au

niveau cellulaire.

 

Au fur et à mesure de son trajet dans l’organisme, la T4 est transformée en

T3, principalement au niveau du foie et un peu aussi au niveau des reins, en

fonction des besoins de l’organisme. La T4 sert donc de précurseur à la T3

et cette conversion est absolument essentielle. Sans elle, il n’y a pas

suffisamment d’hormones actives disponibles pour les cellules, et les

symptômes de l’hypothyroïdie peuvent apparaître.

 

Retenez bien que l’activité thyroïdienne comporte plusieurs étapes :

la production au niveau de la thyroïde elle-même ;

la conversion de la T4 en T3 au niveau du foie principalement ;

l’utilisation cellulaire de l’hormone active T3.

 

Pour mener à bien tout ce processus, votre organisme a besoin de différents

éléments :

votre thyroïde a besoin de tyrosine, d’iode, mais aussi de vitamines A,

B1, B2, B3, B6, B12, E, de zinc, de molybdène, de manganèse, de fer

et de sélénium ;

la conversion de la T4 en T3 nécessite du zinc, du sélénium, du

magnésium et du cuivre ;

l’utilisation cellulaire de la T3 fait intervenir la vitamine D, mais aussi

le cortisol, toutefois, à sa juste dose. S’il est trop élevé ou trop bas, il

empêche la bonne utilisation de la T3 par les cellules.

 

Vous comprenez donc à quel point l’alimentation et la bonne gestion du

stress sont déterminantes d’une activité thyroïdienne équilibrée. Voyons

justement ce qui peut causer un dysfonctionnement de votre thyroïde.

L’hypothyroïdie

 

Les causes de l’hypothyroïdie

 

Il existe plusieurs formes d’hypothyroïdie et les causes en sont nombreuses.

On distingue ainsi :

l’hypothyroïdie primaire : votre thyroïde ne produit pas assez

d’hormones. Pourquoi ? Les causes sont variées et souvent

cumulatives.

Votre thyroïde n’arrive peut-être tout simplement pas à produire

suffisamment d’hormones thyroïdiennes car elle manque de

matières premières (tyrosine et iode) ou de l’un des nutriments

essentiels détaillés ci-après. Des carences nutritionnelles et

micronutritionnelles peuvent donc en être la cause.

Votre thyroïde peut aussi être affectée par des troubles

hormonaux, comme la puberté, la préménopause ou la ménopause

(rendez-vous à l’étape suivante si vous vous sentez concernée).

Elle peut souffrir d’un traumatisme physique. Un choc subi au

niveau de la thyroïde peut affecter son fonctionnement. C’est, par

exemple, le coup du lapin.

Vous pouvez aussi avoir une thyroïde plus petite que la normale

depuis la naissance.

Votre thyroïde peut souffrir de la consommation de certains

médicaments (amiodarone, lithium, barbituriques, interféron

alpha, aspirine), de la pollution chimique, notamment d’une

exposition au chlore, au fluor ou aux métaux lourds, comme le

mercure, le plomb ou le cadmium, ou de la pollution électro-

magnétique.

L’hypothyroïdie peut faire suite à un traitement pour l’hyper-

thyroïdie, soit une intervention chirurgicale, soit un traitement à

l’iode radioactif, supprimant toute sécrétion hormonale.

L’âge est aussi à prendre en considération. L’activité thyroïdienne

baisse à partir de 45 ans.

Le stress et les chocs émotionnels affectent le bon fonctionnement

de la thyroïde. Rappelez-vous, un taux de cortisol élevé fait

chuter la TSH. Or votre thyroïde reçoit ses instructions de la TSH.

Si elle baisse, elle reçoit l’ordre de ralentir sa production

d’hormones. Il se peut aussi que votre thyroïde finisse par

s’épuiser après avoir été trop sollicitée. En effet, pour faire face

au stress, il n’y a pas que vos surrénales qui sont sollicitées. Votre

thyroïde va accélérer la cadence de tout l’organisme pour lui

permettre de faire face au stress. Cette sursollicitation

permanente, presque comparable à une hyperthyroïdie, aboutit à

une hypothyroïdie d’épuisement.

N’oubliez pas la fatigue surrénalienne qui peut entraîner un

ralentissement de l’activité thyroïdienne.

Enfin, l’hypothyroïdie primaire peut être la conséquence de la

maladie d’Hashimoto, une thyroïdite auto-immune, au cours de

laquelle votre système immunitaire sécrète des auto-anticorps

contre votre propre thyroïde, aboutissant à sa destruction et donc

à une baisse, voire à une absence de sécrétions hormonales ;

l’hypothyroïdie secondaire et tertiaire : ces deux formes sont plus

rares. L’anomalie se situe cette fois au niveau de l’hypophyse, qui

sécrète la TSH, ou de l’hypothalamus, qui sécrète la TRH. Ces deux

hormones font partie du système de régulation de la sécrétion

d’hormones par la thyroïde. L’hypothalamus sécrète de la TRH

(somatotropine). Cette dernière va stimuler la sécrétion par

l’hypophyse d’une autre hormone, la TSH (thyréostimuline), qui va, à

son tour, stimuler la glande thyroïde et la sécrétion d’hormones

thyroïdiennes. Ainsi, si la quantité d’hormones thyroïdiennes dans le

sang est trop basse, l’organisme va augmenter la sécrétion de TRH et

de TSH pour stimuler la production d’hormones thyroïdiennes par la

thyroïde. À l’inverse, une quantité trop importante d’hormones

thyroïdiennes provoquera une baisse de la sécrétion de TRH, de TSH

et un ralentissement de la sécrétion d’hormones thyroïdiennes par

votre thyroïde.

L’une des causes de ces formes d’hypothyroïdie peut être une tumeur

au cerveau qui comprime l’une de ces glandes ;

l’hypothyroïdie fonctionnelle : c’est une forme d’hypothyroïdie très

fréquente, mais malheureusement trop souvent non diagnostiquée.

Cette fois, votre thyroïde fait son job et produit suffisamment

d’hormones. C’est plus loin dans le processus qu’il y a un couac.

Mauvaise conversion de la T4 en T3 : si la conversion de la T4

en T3 ne se fait pas correctement, vos cellules manquent

d’hormones thyroïdiennes actives et les symptômes de

l’hypothyroïdie s’installent alors même que la sécrétion de T4 est

normale. Votre bilan sanguin peut donc être normal, surtout si

votre médecin ne vous a prescrit qu’un dosage de TSH, voire de

T4. La T3 est, paradoxalement, peu souvent demandée, alors que

c’est finalement la seule qui nous intéresse vraiment.

Plusieurs facteurs peuvent inhiber la conversion de la T4 en T3 :

l’âge ;

le stress (encore lui !) et notamment l’excès de cortisol ;

la malnutrition et les carences en résultant, notamment en

zinc, sélénium, cuivre, magnésium, vitamines E et C ;

l’obésité ;

un dysfonctionnement du foie ou des reins ;

la consommation excessive de caféine, d’alcool et de tabac ;

certains médicaments comme les bêtabloquants,

l’amiodarone, les sulfamides, le lithium, les antidépresseurs

ou encore les traitements de chimiothérapie ;

la pollution (métaux lourds, PCB, dioxines, fluor,

pesticides…) ;

les traitements œstrogéniques, comme la pilule ou le

traitement hormonal substitutif de la ménopause.

Il se peut aussi que la T4 soit convertie en R-T3 (T3 reverse), une

forme inactive, qui prend la place de la T3 active sur les

récepteurs cellulaires de la T3, empêchant cette dernière de

produire ses effets. Les mêmes facteurs qui freinent la conversion

de la T4 en T3 peuvent être à l’origine d’une conversion en R-

T3 ;

impossibilité pour la T3 d’entrer dans la cellule : dans ce

dernier cas, il y a suffisamment d’hormones T3 actives en

circulation dans le sang, mais elles n’arrivent pas à pénétrer dans

la cellule, et ce pour plusieurs raisons :

il peut y avoir une résistance périphérique aux hormones

thyroïdiennes. Ce type d’hypothyroïdie peut être congénital.

Les récepteurs dédiés aux hormones thyroïdiennes sont alors

défectueux, ce qui fait obstacle à l’utilisation par la cellule

des hormones thyroïdiennes ;

les récepteurs peuvent aussi être endommagés par une

maladie auto-immune ;

certaines substances toxiques, comme des additifs

alimentaires ou des pesticides, peuvent se fixer sur ces

récepteurs, empêchant ainsi les hormones thyroïdiennes

d’accéder à la cellule.

Ainsi, pour que la T3 puisse pénétrer dans la cellule, il faut

donc qu’il y ait suffisamment de récepteurs, qu’ils soient en

bon état de fonctionnement et qu’ils ne soient pas déjà

occupés par une autre substance ;

pour pouvoir pénétrer dans la cellule, la T3 a besoin de

vitamine D et de cortisol à la juste dose, la dose

physiologique. Toute carence fera obstacle à l’utilisation de

la T3 par la cellule ;

comme pour les autres causes d’hypothyroïdie, le stress, la

dépression, l’obésité ou le diabète peuvent aussi faire

obstacle à l’entrée de la T3 dans la cellule ;

une autre explication peut se trouver dans le lien excessif

entre la T3 et sa protéine de transport, la TBG (thyroxine-

binding globuline). Pour circuler dans le sang jusqu’aux

cellules, les hormones thyroïdiennes se fixent sur des

protéines transporteuses, dont elles doivent se séparer à

l’arrivée. Mais il est des cas où elles restent liées à leur

protéine de transport. Elles ne sont donc plus libres et ne

peuvent pas être utilisées par les cellules. Cette situation est

souvent due à un excès d’œstrogènes de synthèse pris par

voie orale ou à leur mauvais métabolisme hépatique ou

encore à un excès de tissu adipeux, lui aussi producteur

d’œstrogènes. De même, une carence en progestérone

aboutira à une dominance œstrogénique relative et favorisera

le lien entre la T3 et la TBG,

la dominance en œstrogènes, nous y reviendrons à l’étape

suivante, empêche la bonne utilisation de la T3 par la cellule.

Retenez que les œstrogènes sont antagonistes des hormones

thyroïdiennes, alors que la progestérone favorise l’utilisation

des hormones thyroïdiennes. Si vous souffrez d’un syndrome

prémenstruel marqué ou si vous êtes en pleine ménopause,

l’hypothyroïdie fonctionnelle peut s’installer sournoisement.

 

Signes et symptômes de l’hypothyroïdie Une fois encore, la meilleure façon de savoir si vous souffrez ou non

d’hypothyroïdie est de vous observer. C’est votre ressenti et vos symptômes

qui sont les plus importants, car le bilan sanguin, même s’il peut être

révélateur, n’est pas toujours déterminant.

 

Les signes et symptômes de l’hypothyroïdie sont nombreux. Vous ne les

ressentirez peut-être pas tous, mais si vous en ressentez plusieurs, c’est

peut-être que vous souffrez d’hypothyroïdie.

Fatigue inhabituelle et persistante : tout devient un effort ! Elle est

surtout présente le matin, même si le sommeil a été suffisant. Elle

diminue un peu au fil de la journée, mais reste très présente le soir.

S’endormir devant la télévision le soir ou en lisant votre livre préféré

est assez révélateur.

Frilosité : votre thyroïde est le thermostat de votre organisme. Si vous

souffrez d’hypothyroïdie, vous avez probablement souvent froid,

surtout aux mains et aux pieds. Peut-être même seriez-vous tenté(e) de

dire que vous avez froid « de l’intérieur » ? Et c’est bien le cas. Votre

température corporelle est plus basse que la normale.

Dépression : une dépression légère, caractérisée par un manque de

motivation et d’entrain, des troubles du sommeil, est aussi un signe

caractéristique de l’hypothyroïdie.

Troubles de la concentration, de la mémoire, ralentissement

intellectuel, anxiété ou phobies : tout cela s’explique par le fait que le

cerveau comporte de très nombreux récepteurs aux hormones

thyroïdiennes T3 et que le manque de stimulation par une quantité

suffisante d’hormones perturbe le fonctionnement cérébral et donc

l’équilibre psycho-émotionnel.

Peau froide, pâle et sèche, parfois jaunâtre ou grisâtre.

Ongles mous, cassants, striés et sans lunules (petits croissants blancs

normalement présents à la base de l’ongle, signes de vitalité).

Cheveux secs, cassants, parfois clairsemés.

Prise de poids ou difficulté à gérer son poids : l’hypothyroïdie

s’accompagne (presque) toujours d’une prise de poids, alors même que

l’alimentation n’a pas changé ou qu’elle a été diminuée. Toutefois,

certaines personnes peuvent aussi souffrir d’hypothyroïdie sans

prendre de poids. Elles peuvent même être trop maigres et avoir des

difficultés à prendre du poids.

Œdème principalement au niveau des paupières et du visage :

peut-être avez-vous l’impression d’être bouffi(e), d’avoir des poches

sous les yeux. L’œdème peut également se trouver au niveau des

mains, des poignets et des chevilles. La langue peut aussi être touchée,

on parle alors de macroglossie. L’œdème pourra aussi être présent sur

l’avant des cuisses, sur les bras ou être généralisé. Si vous souffrez

d’hypothyroïdie, vous pouvez avoir la sensation d’être serrée dans

tout, voire dans votre propre corps, d’être toujours à l’étroit.

Constipation : tout le système digestif est soumis aux hormones

thyroïdiennes et notamment les muscles de l’abdomen et des intestins,

ainsi que leur régulation nerveuse. Tout marche au ralenti, le

péristaltisme (les ondes qui permettent la progression du bol

alimentaire dans le tube digestif) aussi. Les intestins sont paresseux.

Digestion lente et difficile du fait d’une moindre sécrétion des

enzymes digestives par le pancréas, accompagnée de fermentations, de

flatulences, de ballonnements, ou encore des lourdeurs après les repas.

Perte d’appétit.

Dysfonctionnement hépatique qui se traduit souvent par un taux de

cholestérol LDL (le « mauvais ») élevé et un taux de cholestérol HDL

(le « bon ») trop bas. Rappelez-vous tout ce que votre foie fait pour

vous. Il est aussi l’allié de votre thyroïde. Son bon fonctionnement

peut être affecté par l’hypothyroïdie, tout comme son mauvais

fonctionnement peut affecter celui de votre thyroïde.

Douleurs musculaires et articulaires inexpliquées : l’œdème et la

mauvaise circulation (elle aussi fonctionne au ralenti !) empêchent la

bonne nutrition et l’élimination des déchets au niveau des muscles, des

tendons et des articulations. Vous pouvez alors souffrir de rigidité, de

contractures, de courbatures et/ou de douleurs lombaires ou cervicales.

Peut-être avez-vous aussi des crampes.

Faiblesse musculaire, notamment au niveau abdominal (petit ventre

rebondi) et de la posture (voûtée).

Hyperlaxité : vous êtes trop souple, trop élastique, peut-être souvent

sujet(te) aux entorses.

Ralentissement des réflexes, notamment le réflexe rotulien.

Système immunitaire moins performant : infections ORL ou

urinaires récurrentes.

Fréquence cardiaque plus basse : le cœur fonctionne au ralenti. Il bat

donc plus lentement, on parle de bradycardie. Pour compenser, il est

obligé de travailler plus, ce qui augmente son volume (cardiomégalie).

En cas d’hypothyroïdie, il peut arriver que vous souffriez de

palpitations, d’essoufflement. Le pouls peut être plus difficilement

palpable et les bruits du cœur à l’auscultation peuvent être amoindris.

Hypotension : mais, avec l’âge, la personne souffrant d’hypo-

thyroïdie peut voir sa tension s’élever. Cela s’explique par l’action des

hormones thyroïdiennes sur l’activité rénale qui, par le biais du

système rénine-angiotensine-aldostérone, va empêcher l’élimination

du sel, d’où rétention d’eau et hypertension.

L’HYPOTHYROÏDIE CHEZ LA FEMME

 

L’hypothyroïdie touche plus souvent les femmes que les hommes, et les

symptômes sont plus marqués chez elles, en raison de l’influence des hormones

thyroïdiennes sur les hormones sexuelles, œstrogène et progestérone

notamment.

Règles précoces ou tardives chez la jeune femme.

Cycles irréguliers, trop longs ou inexistants.

Règles douloureuses et/ou trop abondantes, ce qui favorise les pertes de fer, élément essentiel pour votre thyroïde. Cela peut donc aggraver un peu plus l’hypothyroïdie.

Syndrome prémenstruel marqué (fatigue, irritabilité, œdème, migraines, douleurs…).

Problèmes de fertilité, fausses couches et dépression post- partum. Kystes aux seins et aux ovaires, fibromes utérins.

Ménopause précoce par manque de stimulation ovarienne : la T3 intervient dans la stimulation de l’ovulation.

 

Demandez un bilan médical complet !

 

Si vous pensez souffrir d’hypothyroïdie et si vous souhaitez confirmer votre

ressenti par un bilan sanguin, voici les analyses que vous pouvez demander

à votre médecin :

TSH : c’est l’indicateur du niveau d’activité de la thyroïde. A priori, si

elle est trop élevée, c’est qu’il n’y a pas assez d’hormones

thyroïdiennes disponibles pour les cellules. C’est l’hypothyroïdie. Si

elle est trop basse, c’est qu’il y a trop d’hormones thyroïdiennes

disponibles. C’est l’hyperthyroïdie.

En France, les valeurs normales de la TSH sont comprises entre

0,4 mUI/l et 4,5 mUI/l. Sachez toutefois que la TSH est un indicateur

peu fiable de votre activité thyroïdienne. De nombreux facteurs

peuvent la faire varier à la hausse ou à la baisse :

Le jeûne.

Les régimes basses calories, la malnutrition.

Le glutamate de sodium, très présent dans l’alimentation

industrielle.

L’alcoolisme chronique.

L’exercice intense et de longue durée.

L’état dépressif, l’anxiété, le stress.

Le syndrome post-traumatique.

L’âge.

La privation de sommeil.

Le rythme jour-nuit et les saisons : à l’automne, notre corps se

prépare pour hiberner. L’activité de la thyroïde peut donc ralentir.

Au printemps, le corps se réveille et l’activité thyroïdienne repart.

Un traitement par des hormones thyroïdiennes.

La prise de certains médicaments comme les statines, les

antidépresseurs, les antihistaminiques.

La grossesse, les contraceptifs œstro-progestatifs et les

progestatifs.

Toutes les pathologies lourdes : insuffisance rénale, diabète,

cancer, infarctus du myocarde…

T4 libre : c’est la principale hormone thyroïdienne, considérée comme

un précurseur de la T3. Mesurer la T4 permet, comme la TSH, de

vérifier que votre thyroïde produit suffisamment d’hormones

thyroïdiennes. Mais ce dosage est vraiment intéressant dans le cadre

d’un bilan plus complet, comprenant notamment un dosage de T3. En

effet, des taux de TSH et de T4 normaux permettront, en cas de

carence en T3, de savoir que l’anomalie ne vient pas de la thyroïde, qui

ne produirait pas assez d’hormones, mais d’un problème de conversion

de T4 en T3. Les valeurs normales de T4 sont actuellement comprises

entre 9 et 26 pmol/l ;

T3 libre  : c’est la seule hormone active au niveau cellulaire. Son

dosage donne donc beaucoup d’informations, notamment sur une

possible mauvaise conversion de la T4 en T3. Les valeurs normales

sont actuelles comprises entre 2,63 et 5,70 pmol/l ;

Autres dosages à réaliser :

TBG (thyroxine-binding globulin), l’une des protéines de

transport des hormones thyroïdiennes. Un taux élevé de TBG peut

être le signe d’une carence en hormones disponibles pour les

cellules. Rappelez-vous que ce lien peut être favorisé par la

dominance œstrogénique ;

les anticorps antithyroïdiens pourront également être réalisés afin

de détecter la présence de la maladie auto-immune de Hashimoto.

Il s’agit des anticorps anti-thyroperoxydase (ATPO) et anti-

thyroglobuline (AT). Ils doivent normalement être indétectables.

Le seuil de positivité est actuellement fixé à environ 30 U/ml ;

R-T3, hormone inactive. Un taux de R-T3 élevé pourrait

expliquer un taux de T3 extrêmement bas. Les valeurs actuelles

sont comprises entre 15 et 35 ng/dl ;

ferritine : le fer est nécessaire à l’activité thyroïdienne. Toute

carence peut donc conduire à une hypothyroïdie et, comme nous

l’avons vu précédemment, elle est aussi l’une des principales

causes de fatigue. Ne négligez donc pas cette piste.

 

Pour avoir une meilleure perception de ce qui se passe sur vingt-quatre

heures au niveau hormonal, l’idéal est de réaliser un dosage urinaire des

dernières vingt-quatre heures pour la T4, la T3 et l’iode. Certaines

anomalies ou subcarences qui n’apparaîtront pas dans le bilan sanguin se

verront ici. Les dosages normaux sont compris entre :

T4 : 550 et 3 160 pmol/24 heures ;

T3 : 800 et 2 500 pmol/24 heures ;

Iode : 800 et 2 400 nmol/24 heures.

Retrouvez votre équilibre thyroïdien

 

Autant dire que rien ne fonctionne vraiment bien si vous manquez

d’hormones thyroïdiennes. À long terme, vous vous exposez à de

nombreuses maladies : diabète, troubles cardiovasculaires, ostéoporose ou

encore troubles hormonaux. Ne laissez donc pas l’hypothyroïdie s’installer

et suivez les conseils ci-dessous pour retrouver un équilibre thyroïdien.

 

Pour relancer l’activité de votre thyroïde et de ses hormones, vous devrez

agir à plusieurs niveaux, afin d’être sûr(e) qu’à chaque étape votre thyroïde

et votre organisme aient ce qu’il faut et soient dans les bonnes conditions

pour que vos hormones thyroïdiennes soient pleinement efficaces :

mangez mieux : vous l’avez maintenant bien compris, rien ne se règle

sans une bonne alimentation. La thyroïde n’échappe pas à la règle. En

plus des conseils donnés à l’étape 1, suivez ceux-ci :

veillez à un apport suffisant en protéines afin d’apporter

suffisamment de tyrosine à votre thyroïde. D’autant plus que la

tyrosine ne sert pas qu’à la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Elle est aussi utilisée pour la synthèse de la dopamine, que nous

avons déjà croisée dans notre quête de vitalité. Souvenez-vous :

c’est elle qui vous donne l’envie de faire des choses et de bouger

dès le matin. Manquer de tyrosine, c’est la fatigue assurée !

surveillez votre apport en iode en privilégiant le sel de mer non

raffiné, les produits de la mer, de préférence crus (huîtres, tartares

de poisson, par exemple), et en intégrant les algues dans votre

alimentation. Vous pouvez les consommer sous forme de tartares

ou en paillettes à saupoudrer sur vos crudités ;

mangez des noix du Brésil : deux par jour suffisent à couvrir vos

besoins en sélénium, un nutriment essentiel pour la thyroïde ;

évitez les aliments goitrogènes : ils contiennent des thiocyanates

qui entravent la fixation de l’iode en bloquant la TPO, à

consommation élevée. Ils peuvent être à l’origine d’un goitre,

d’où leur nom. En voici une liste non exhaustive mais

relativement complète : tous les choux (chinois, brocolis, kale,

rave…), le raifort, les feuilles et graines de moutarde, le colza, le

rutabaga, les épinards, les navets, les radis, les pousses de

bambou, le manioc, le maïs, les haricots de Lima, les graines de

lin, le millet, les pêches, les poires, les fraises, les cacahuètes, les

patates douces, le soja et ses dérivés.

Sachez toutefois que la cuisson résorbe partiellement l’effet

goitrogène et qu’il faudrait de grandes quantités de ces aliments

pour qu’il y ait un effet marqué sur votre thyroïde. Nombre

d’entre eux, notamment les choux, contiennent des substances

intéressantes pour la santé (certaines sont des « anti-cancer »

reconnus) dont il serait dommage de se passer ;

si vous souffrez de la maladie d’Hashimoto, adoptez une

alimentation anti-inflammatoire et supprimez le gluten et tous les

produits laitiers. Certaines études 18 ont montré que la suppression

du lait entraînait une diminution importante d’un taux élevé de

TSH dans les cas de la maladie d’Hashimoto ;

l’alimentation peut parfois être insuffisante pour combler tous vos

besoins, surtout si vos intestins sont fragilisés et que la fonction

d’assimilation est amoindrie. Dans ce cas, la prise d’un complément

alimentaire spécifique pour la thyroïde pourra vous aider, le temps de

réparer vos intestins, par exemple, ou si vous ne parvenez pas à

suffisamment équilibrer votre alimentation. Veillez à ce qu’il contienne

a minima de la tyrosine, de l’iode, toutes les vitamines B, du zinc, du

sélénium et du magnésium. Faites-en une cure de plusieurs mois en

suivant les recommandations du fabricant ou de votre naturopathe ;

prenez soin de votre foie et de vos intestins : leur rôle dans l’hypo-

thyroïdie est fondamental. Retournez à l’étape 2, vous savez comment

faire maintenant ;

stimulez votre thyroïde grâce aux plantes : pour stimuler votre

thyroïde, le commiphora mukul, le coleus forskohlii et l’ashwagandha

sauront vous apporter le soutien nécessaire :

le commiphora mukul, également appelé guggul, est une plante

indienne utilisée depuis plus de trois mille ans par la médecine

ayurvédique. C’est la résine du tronc de l’arbre qui est utilisée

sous forme de gomme. Ses principes actifs, appelés

guggulstérones, stimulent l’activité de la thyroïde et favorisent la

conversion de la T4 en T3 dans le foie 19. Elle diminue aussi les

lésions oxydatives au niveau du foie, principal lieu de stockage de

la T4 et de la conversion en T3. Le guggul a également une action

sur le métabolisme des lipides et est utilisé pour faire diminuer le

taux de cholestérol, ainsi que celui de triglycérides.

Il est recommandé de prendre le commiphora mukkul guggul en

gélules, à raison de 2 g par jour, d’un extrait titré à 2,5 % de

guggulstérones, en trois prises réparties sur la journée ;

le coleus forskohlii (Plectranthus barbatus) : c’est une autre

plante ayurvédique de la même famille que la menthe et l’ortie.

Cette plante contient de la forskoline, principe actif qui augmente

la production d’hormones thyroïdiennes et stimule leur

libération 20. Cette stimulation thyroïdienne pourrait expliquer

pourquoi la forskoline favorise la perte de poids. Elle possède en

outre des propriétés antidépressives, intéressantes en cas d’hypo-

thyroïdie.

Il est recommandé de prendre le coleus forskohlii sous forme de

gélules, à raison de 200 à 400 mg par jour, d’extraits standardisés

à 10 % de forskoline au moins, en deux prises réparties sur la

journée ;

l’ashwagandha (Whitania somnifera) : en plus de son action sur

le stress et la vitalité, certains principes actifs de l’ashwagandha,

les whitanolides, ont une action stimulante sur la thyroïde et

augmentent la production des hormones thyroïdiennes 21.

L’ashwagandha a des propriétés reconstituantes de l’ensemble du

système endocrinien, surtout la thyroïde et les glandes surrénales.

Elle active le métabolisme et la production d’hormones et sera

particulièrement indiquée pour toutes les personnes en

convalescence ou souffrant de fatigue chronique. Précisons

qu’elle a également des effets bénéfiques sur le système digestif.

Elle est hépatoprotectrice, agit favorablement contre la

constipation tout en diminuant les inflammations du tube digestif,

vertus bien utiles pour soulager certains symptômes de

l’hypothyroïdie.

La prise d’ashwagandha devra se faire progressivement pour

atteindre une dose de 700 à 900 mg par jour d’extraits titrés à 5 %

de withanolides, en deux prises réparties dans la journée. C’est

sous la forme de gélules que l’ashwagandha sera la plus efficace.

D’autres plantes peuvent être utiles en cas d’hypothyroïdie. C’est

le cas du bacopa (Bacopa monnieri), du houblon (Humulus

lupulus), de l’huile essentielle de myrte vert (Myrtus

communis), des macérats de bourgeons de bouleau pubescent

(Betula pubescens), d’amandier (Prunus dulcis) et de sorbier

(Sorbus aucuparia). Faites-vous aider par un naturopathe ou un

phyto- thérapeute pour choisir la ou les plantes qui conviendront

le mieux à votre situation ;

gérez votre stress : un taux de cortisol trop bas ou trop élevé peut

rapidement devenir l’ennemi de votre thyroïde, tant et si bien que, dans

de nombreux cas, le stress, à lui seul, cause un ralentissement de la

thyroïde. Pour vous aider, retournez à l’étape 4 et mettez en œuvre les

conseils qui s’y trouvent. Si vous devez choisir une plante adaptogène,

ce sera l’ashwagandha car, on l’a vu, en plus de vous relaxer et de vous

aider à faire face au stress, elle stimulera votre thyroïde ;

pratiquez une activité physique douce et régulière… Nous y

reviendrons à l’étape 7.

 

LUTTEZ CONTRE LA DOMINANCE

EN ŒSTROGÈNES

 

C’est l’une des causes de l’hypothyroïdie fonctionnelle, car les œstrogènes

empêchent l’action de la T3. La dominance œstrogénique se caractérise par un

déséquilibre de la balance œstrogènes/progestérone en faveur des œstrogènes.

Le taux d’œstrogènes n’est pas nécessairement trop élevé. Il peut être normal,

mais il est alors associé à un taux de progestérone trop bas. Les causes de ce

déséquilibre sont :

la fatigue surrénalienne ;

le stress ;

l’exposition à des xénœstrogènes (que l’on retrouve dans tout notre environnement, notamment l’eau et certains aliments) ;

une faible sécrétion ovarienne de progestérone, des cycles anovulatoires (sans sécrétion de progestérone dans la seconde partie du cycle) ; l’utilisation de la pilule ou d’un traitement hormonal substitutif lors de la ménopause ;

une mauvaise alimentation et certaines carences (notamment en vitamines B) ;

le surpoids et l’obésité (les œstrogènes pouvant être fabriqués dans les cellules adipeuses).

Nous aborderons plus en détail ce thème à la prochaine étape. Vous y trouverez

alors des solutions pour rétablir l’équilibre.

 

Si vous êtes déjà sous traitement d’hormones thyroïdiennes de synthèse ou

si, malgré ces conseils, vous souffrez toujours d’hypo- thyroïdie, vous

obligeant à prendre des hormones de synthèse, n’abandonnez pas vos

bonnes habitudes d’hygiène de vie et continuez à appliquer ces conseils. Vous rendrez votre traitement plus efficace, car votre organisme sera

pleinement en mesure d’utiliser les hormones qu’il contient. N’oubliez pas :

prendre des hormones thyroïdiennes résout le défaut de production, mais ne

règle pas un éventuel problème de conversion ou d’utilisation cellulaire.

 

L’hyperthyroïdie

 

Nous avons beaucoup parlé de l’hypothyroïdie, car elle reste une cause de

fatigue plus fréquente que l’hyperthyroïdie. Toutefois, comme nous l’avons

dit au début, la fatigue est aussi un symptôme courant en cas

d’hyperthyroïdie.

 

Si vous souffrez d’hyperthyroïdie, tout s’emballe dans votre organisme et

votre thyroïde produit beaucoup trop d’hormones. Pourquoi en arrive-t-elle

là ?

 

Les causes de l’hyperthyroïdie

 

Il existe deux causes principales d’hyperthyroïdie :

la présence d’un ou plusieurs nodules hypersécrétants, également

appelés toxiques, qui vont sécréter de grandes quantités d’hormones

thyroïdiennes ;

la maladie de Basedow, une maladie auto-immune dans laquelle le

système immunitaire se met à fabriquer des anticorps contre les

récepteurs de la TSH. La thyroïde ne reçoit alors plus le message de

régulation émis par la TSH. Elle continue donc à produire encore et

toujours plus d’hormones thyroïdiennes, bien au-delà des besoins de

l’organisme.

 

Signes et symptômes de l’hyperthyroïdie Si vous souffrez d’hyperthyroïdie, voici les signes et symptômes que vous

pouvez ressentir :

goitre ;

tachycardie et palpitations ;

exophtalmie bilatérale (yeux exorbités) ;

tremblements ;

perte de poids ;

nervosité, anxiété ;

insomnie ;

transpiration excessive ;

sensation permanente d’avoir trop chaud ;

transit accéléré ;

hypertension artérielle ;

fatigue.

 

Demandez un bilan sanguin

 

Si vous pensez souffrir d’hyperthyroïdie, vous pouvez réaliser un bilan

sanguin pour évaluer votre TSH, vos taux de T4 libre et de T3 libre, ainsi

que les anticorps antirécepteurs de la TSH.

 

Pourquoi il ne faut pas négliger

une hyperthyroïdie

 

Ne négligez pas l’hyperthyroïdie car, au-delà des symptômes gênants

qu’elle occasionne, elle met votre santé en danger. Votre organisme « brûle

la chandelle par les deux bouts » et s’épuise progressivement. Vous vous

exposez par exemple à des pathologies cardiovasculaires ou à de

l’ostéoporose.

Le traitement conventionnel consiste à prendre des médicaments

antithyroïdiens comme le Néomercazole® ® ou le Basdene, à prendre de

l’iode radioactif ou à enlever les nodules toxiques et donc une bonne partie

de votre thyroïde. Il est fréquent que ces traitements aient pour conséquence

une hypothyroïdie, vous obligeant à prendre des hormones thyroïdiennes de

synthèse à vie. Avant de choisir l’une de ces options, essayez de retrouver

l’équilibre naturellement.

 

Retrouvez votre équilibre thyroïdien

 

Il s’agit, cette fois, de calmer le jeu et de réduire l’activité de votre thyroïde.

Là aussi, vous devrez agir à plusieurs niveaux :

mangez mieux : suivez la bonne alimentation détaillée à l’étape 1 et

ces quelques conseils supplémentaires :

évitez tous les aliments riches en iode : les produits de la mer et

surtout les algues ;

faites le plein d’aliments goitrogènes : souvenez-vous, ils

bloquent la fixation de l’iode sur la tyrosine. Reprenez la liste

détaillée pour l’hypothyroïdie et mangez tous ces aliments, de

préférence crus, aussi souvent que possible ;

si vous souffrez de la maladie de Basedow, adoptez une

alimentation anti-inflammatoire et supprimez le gluten et tous les

produits laitiers ;

misez sur la coenzyme Q10 et sur la L-carnitine : certaines études

ont montré que les taux de coenzyme Q10 sont plus bas en cas

d’hyperthyroïdie 22. Or cette enzyme est essentielle au bon

fonctionnement de l’organisme et à la production d’énergie (vous vous

souvenez : nous l’avons déjà croisée à l’étape 2 en parlant de vos

mitochondries). La L-carnitine, une association de deux acides aminés,

la lysine et la méthionine, semble également diminuer les symptômes

de l’hyperthyroïdie, notamment parce qu’elle empêche les hormones

thyroïdiennes T3 et T4 de pénétrer dans les cellules 23. La

supplémentation orale doit être comprise entre 2 et 4 g par jour ;

prenez soin de votre foie et de vos intestins : tout particulièrement si

vous souffrez de la maladie de Basedow, car l’inflammation intestinale

et l’hyperperméabilité intestinale favorisent le terrain auto-immun.

Retournez à l’étape 2 ;

freinez votre thyroïde grâce à ces deux plantes en association :

le lycope d’Europe (Lycopus europaeus) : il freine l’activité de

la thyroïde en empêchant la captation de l’iode. Des études

récentes confirment que le lycope réduit significativement les

symptômes de l’hyperthyroïdie 24 et qu’il est efficace en cas de

maladie de Basedow en agissant sur les récepteurs à la TSH 25 ;

la mélisse (Melissa officinalis) a les mêmes propriétés et a une

action calmante qui permet de réduire l’anxiété et les palpitations.

Elle améliore également la digestion.

Côté aromathérapie, c’est l’huile essentielle de myrrhe

(Commiphora myrrha) qu’il faudra privilégier car elle a une

action régulatrice sur l’activité thyroïdienne. Elle s’utilise en

massage sur la thyroïde à raison de 2 gouttes diluées dans

10 gouttes de l’huile végétale de votre choix. Appliquez-la cinq

jours sur sept pendant trois semaines, puis faites une pause d’une

semaine avant de recommencer.

Enfin, vous pouvez aussi miser sur les macérats de bourgeons de

viorne mancienne (Viburnum lantana) et de cornouiller

sanguin (Cornus sanguinea), qui régulent efficacement l’activité

de la thyroïde en cas d’hyperthyroïdie. Prenez ces macérats en

association, toujours en dehors des repas, en cure de plusieurs

semaines, en respectant la posologie du fabricant ;

gérez votre stress : eh oui, c’est aussi valable en cas d’hyper-

thyroïdie. Souvenez-vous que certaines hypothyroïdies sur- viennent à

la suite d’une sursollicitation et d’un fonctionnement en mode

hyperthyroïdien. Notre mode de vie survolté et le stress quotidien sont

en cause. Si vous souffrez d’hyperthyroïdie, il faut lever le pied,

calmer le jeu, apprendre à vous poser et à vous relaxer. Toutes les

techniques de relaxation évoquées à l’étape 4 vous seront utiles.

Certaines plantes antistress aussi, mais attention à ne pas choisir une

plante adaptogène, peut-être trop stimulante.

 

Encore une nouvelle étape de franchie, même si vous avez parfois un peu

l’impression de tourner en rond, puisque nous ne cessons de revenir en

arrière pour valider l’alimentation, savoir comment prendre soin de votre

foie et de vos intestins ou encore gérer votre stress. C’est que tout est lié

dans l’organisme et qu’il ne faut pas espérer faire l’impasse sur tel ou tel

point pour retrouver votre énergie et votre vitalité ! Allez, encore quelques

efforts, la sortie est proche.

 

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