Flash !
Chapitre IX
Edith et moi on avait emmené le P’tit Gars faire sa première promenade en voiture.
Le P’tit Gars, c’est toujours comme ça que j’appelais le gosse. Edith n’aimait pas beaucoup ce nom. Elle l’appelait Junior. Mais quand j’étais seul avec lui, je lui disais : « P’tit Gars ».
Edith était drôlement heureuse de faire cette balade. Elle disait : « Regarde la vache », « Tu vois le petit cheval ? », « Tu vois les cocottes ? », comme si le P’tit Gars pouvait la comprendre.
On suivait la route de Green Spring Valley. Pour un dimanche après-midi, il n’y avait pas beaucoup de circulation. L’air était un peu froid. On aurait dit qu’il allait pleuvoir. Le P’tit Gars était tout emmitouflé et l’on ne voyait que ses yeux. Il avait de grands yeux comme Edith et rien ne lui échappait. Il notait tous les détails du paysage. Sa tête branlait encore un peu, mais il faisait un gros effort pour la tenir droite, afin de ne rien perdre.
Edith fredonnait un petit air. Elle avait une jolie voix et tandis que l’auto filait, je repensais à notre première sortie, où nous avions mangé du chow mein et vu cette pièce de théâtre. Elle avait chanté sur la route du retour.
Il avait coulé pas mal d’eau sous les ponts depuis ce soir-là, et maintenant j’étais en train de balader ma femme et mon gosse en voiture, en trouvant ça drôlement chouette. Je me demandais ce que j’aurais fait en cette journée de dimanche, si je n’étais pas tombé amoureux d’Edith et si nous n’avions pas eu notre chez nous et notre P’tit Gars, Ce n’était pas difficile à deviner : ou bien j’aurais été en train de cuver une cuite au plumard, jusque vers les quatre heures de l’après-midi, ou alors, toujours rond, j’aurais couché dans une quelconque turne avec une quelconque morue.
La vie s’annonçait belle. La bagnole était payée et nous étions là, Edith, le P’tit Gars et moi, à nous balader, le cœur léger.
On était le 16 septembre et la campagne était bien jolie. Les feuilles n’avaient pas commencé à jaunir, mais l’air était comme chargé de fumée, ainsi qu’il arrive souvent en automne. Les nuages étaient bas et de temps en temps, le soleil essayait de percer.
Je roulais lentement. Je n’étais pas pressé de rentrer. C’était trop agréable de flâner. Il commençait à faire sombre. J’allumai les phares et repris le chemin de la ville.
— Est-ce qu’on a de la visite, ce soir ? demandai-je à Edith.
— Non.
J’en fus content. C’était une de ces soirées où j’avais envie d’être seul avec Edith et le P’tit Gars, à écouter la radio ou à lire les journaux. Le P’tit Gars s’était endormi. Il n’en avait pas perdu une miette, pendant tout l’après-midi, mais à la longue, sa tête s’alourdit, il s’abandonna à la fatigue et ferma les yeux.
Je roulais toujours doucement. Nous arrivâmes au sommet d’une côte. A nos pieds, la vallée semblait endormie. Quelques lumières révélaient l’emplacement des maisons et une brume bleuâtre s’étendait sur le paysage. Je pris le virage et m’engageai dans la descente. Deux phares apparurent en haut de la côte, derrière nous et une voiture se mit à dévaler la pente à une allure d’enfer.
Je me rangeai sur le bord de la route pour la laisser passer. C’était apparemment une grosse voiture et elle faisait beaucoup de bruit. Ses phares zigzaguaient d’un côté de la chaussée à l’autre et j’en conclus que le chauffeur était blindé.
— Il doit être saoul, le mec derrière nous, dis-je à Edith.
J’arrêtai presque la voiture et appuyai à droite, pour lui laisser la place. Des deux côtés de la chaussée, il y avait de grands arbres. Il faisait assez noir.
Mon feu arrière était peut-être en panne. Je n’en sais rien.
La grosse bagnole ne commença à ralentir que lorsqu’elle fut sur nous. J’entendis les pneus grincer sur l’asphalte. Les phares oscillèrent vers la gauche. Les cailloux crissèrent sous les roues.
— Tiens bon, dis-je.
Je me cramponnai au volant. Je croyais qu’on allait être emboutis par-derrière.
Le temps sembla s’arrêter, tandis que la grosse voiture, derrière nous, oscillait vers la gauche, dans un grincement de pneus et un crissement de cailloux. Le radiateur de la voiture apparut à ma hauteur. Il était pointé vers la gauche de la route. Le conducteur essayait, sans doute, de dégager l’arrière pour ne pas nous rentrer dedans.
— Fais gaffe, bougre de con ! gueulai-je à pleins poumons. Fais gaffe !
Je ne pouvais absolument rien faire.
Les arbres au bord de la route étaient plantés serrés et il m’était impossible d’appuyer plus à droite. Il n’y avait pas de barrière en vue, sans ça j’aurais risqué et foncé dessus. Je continuai à rouler pour me maintenir en avant de la grosse voiture, le temps qu’elle se décroche.
Edith restait immobile, serrant le bébé contre elle.
Il y eut un craquement, puis un éclatement et le lent tableau qui se déroulait sous mes yeux fut littéralement broyé.
J’étais affalé sur le côté, les mains cramponnées au volant, essayant de virer à droite. Une de mes mains lâcha le volant pour saisir Edith et le P’tit Gars.
J’effleurai une épaule, mais mes doigts glissèrent, avant que je puisse l’agripper.
Quelque chose me frappa au-dessus de l’œil. Le bruit de métal déchiré s’amplifiait toujours. Je lâchai le volant et essayai de trouver un point d’appui pour me redresser.
Il y eut un brusque soubresaut et je fus projeté en l’air. J’avais l’impression d’être suspendu entre ciel et terre.
Mes mains se tendaient pour attraper Edith et le P’tit Gars.
Quelqu’un me grillait la joue.
Il tenait un fer rouge à la main et il me l’appliquait constamment sur le visage. J’essayai de le repousser, mais quelque chose me transperça l’épaule.
Je crus que j’étais à l’hôpital, attendant qu’Edith mette le bébé au monde. Je reconnaissais l’odeur du iodoforme, de l’éther et de la vapeur. Tout à fait comme au salon d’attente.
J’ouvris les yeux un instant. Un type en blanc s’apprêtait à me brûler avec son fer rouge. J’essayai de parler, mais ne pus y parvenir.
J’étais épuisé. Je ne savais pas ce qui se passait, mais j’étais content d’être allongé. Si seulement ce type voulait s’arrêter de me griller la joue avec ce fer ! Il s’arrêta au bout d’un moment. Je restai là, attendant qu’il recommence. Au lieu de ça, il appliqua de la glace à l’endroit brûlé.
*
Tout à coup, je vis apparaître, au sommet de la côte, les phares de la bagnole. Ils arrivaient sur moi. J’essayai de donner un coup de volant pour appuyer sur la droite, mais le volant ne voulait pas bouger.
— Fais gaffe, bougre de con ! gueulai-je, fais gaffe !
*
Nisely était assis dans un fauteuil à côté de moi, la tête sur la poitrine, la figure cramoisie. Ses petites mains potelées étaient croisées sur son ventre rond.
— T’en fais pas, dis-je à Edith. T’en fais pas. Tout ira bien.
— Mais bien sûr, dit Edith.
Le docteur Walters déclarait qu’il ne s’était trompé sur le sexe d’un nouveau-né qu’une seule fois sur quatre-vingt-sept, quatre-vingt-sept, quatre-vingt-SEPT.
Puis ce fut de nouveau le bruit de métal éclaté.
*
— Fais gaffe, bougre de con ! gueulai-je. Fais gaffe ! Charley était appuyé contre le mur d’un immeuble. Je le regardais. Il porta une cigarette à sa bouche et souffla une longue bouffée de fumée.
Charley était mort.
Charley soufflait la fumée par les narines et par la bouche.
*
On me roulait sur un chariot. Des murs défilaient. Edith était étendue sur un chariot.
— Fracture du crâne, dit une voix d’homme.
On roulait Edith sur un chariot. Quelqu’un avait parlé de fracture du crâne. Qui donc avait le crâne fracturé ?
— T’en fais pas, dis-je à Edith.
*
— Je ne me suis pas gêné pour tripoter ta femme avec mes sales mains, toquard, alors que toi, tu ne la connaissais même pas ! dit Charley.
Je voulus lui foutre mon poing dans la gueule, mais il n’était plus là.
Il attaquait et esquivait sans cesse. Il me flanquait une drôle de dérouillée. Et moi qui avais toujours voulu le rencontrer pour lui foutre une correction maison !
Le chariot ne roulait plus : il s’amollit soudain sous mon poids. Je fermai les yeux un instant.
*
Quand je les rouvris, une infirmière passait au pied de mon lit. Elle s’arrêta et me regarda. Elle disait quelque chose, mais je ne l’écoutai pas. Je refermai les yeux.
*
Le P’tit Gars était une tache rouge au milieu d’un paquet blanc. Il avait la bouche toute humide.
— Ça se passera très bien, lui dis-je.
— Mais bien sûr, répondit-il. Ça se passera très bien.
Voilà qui était incongru. Le P’tit Gars ne savait pas parler. C’était donc Edith qui parlait. J’ouvris les yeux pour voir Edith. Un flic était debout à côté de mon lit. J’avais tué Charley et tout était à recommencer.
— Plaise au tribunal d’accepter mes conclusions, Votre Honneur, disait Nisely.
Je croyais que c’était fini cette histoire… Je regardai le flic. Je ne le connaissais pas. Au pied du lit, il y avait une autre infirmière. Tandis que je l’observais, le brouillard qui obscurcissait la chambre se dissipa. Je pus distinguer le lit blanc et les cheveux noirs de l’infirmière, sous la coiffe.
— Comment vous sentez-vous, maintenant ? demanda l’infirmière.
Je ne répondis pas. J’essayais de découvrir où j’étais, sans rien demander à personne.
— Vous vous sentez mieux ? demanda le flic.
J’essayai de faire un signe de tête, mais je ne pus que regarder l’infirmière, sans bouger. Bientôt je refermai les yeux.
Des lumières aveuglantes me traversaient la tête. Elles éclataient une seconde, comme des décharges d’un vieux fusil à poudre, puis elles s’éteignaient. Quand j’ouvrais les yeux, elles brûlaient toujours, mais la flamme devenait noire.
Noire, quand j’ouvrais les yeux.
Blanche, quand je les fermais.
Je voulais poser une question, mais je ne savais plus laquelle.
J’ouvris les yeux de nouveau. Le flic et l’infirmière étaient toujours là.
— Edith ? demandai-je.
Ni l’un ni l’autre ne m’entendirent. Ils me regardaient dans les yeux, mais ils ne m’entendaient pas.
Puis l’infirmière quitta le pied du lit et se pencha sur moi.
— Vous désirez quelque chose ? me demanda-t-elle.
— Edith. Le P’tit Gars, dis-je.
Les lumières noires me faisaient mal. Je fermai les yeux. Les lumières blanches surgirent, puis s’évanouirent. Je gardai les yeux fermés longtemps.
Quand je les ouvris, le flic avait disparu. L’infirmière était toujours au pied de mon lit et un jeune type en blanc me tâtait le poignet. Ils restèrent quelque temps sans remarquer que j’avais ouvert les yeux.
— Edith, prononçai-je.
Cette fois, ils m’avaient entendu.
— Comment vous sentez-vous ? demanda le jeune type.
Je voulais lui répondre que j’étais malade à crever, mais tout ce que je pus articuler fut : « Edith ».
— Elle va bien, dit le jeune type. Vous avez eu un accident et vous souffrez d’une petite commotion. Reposez-vous un peu et il n’y paraîtra plus. Edith va bien. Tout ce qu’il vous faut, c’est du repos.
— Et le P’tit Gars ? demandai-je.
— Ils vont bien tous les deux, dit le type. Ne parlez pas. Restez bien tranquille et vous serez bientôt sur pied.
Je refermai les yeux. Puisque le mec disait qu’ils allaient bien, je pouvais me rendormir. Je ne me rappelais pas l’accident. Je me rappelais seulement les phares qui étaient apparus derrière nous, au sommet de la côte.
Mais le type avait dit qu’Edith et le P’tit Gars s’en étaient bien tirés. Je restai les yeux fermés. Les lumières que j’avais dans la tête ne me faisaient plus si mal. Elles s’éteignirent et je me retrouvai seul, dans la nuit.
Je marchais dans la nuit.
Je n’y voyais rien, mais je savais qu’il y avait des murs de chaque côté. Je me gardais d’écarter les bras pour les toucher, car si je le faisais, ils allaient se refermer sur moi et je serais emprisonné dans cette impasse sombre.
La ruelle s’étendait très loin devant moi, bien qu’il me fût impossible de la voir. Je savais qu’elle était très longue, avec ses grands murs de chaque côté. Si je parvenais au bout sans toucher les murs, j’arriverais à l’endroit qu’il me fallait atteindre.
Je m’efforçais d’arriver au bout de la ruelle, mais en réalité je n’y tenais pas.
J’étais fatigué de marcher les bras ballants, de peur de toucher les murs. Ça me donnait mal aux épaules et mal à la tête. Mais je savais que si je continuais à marcher, j’arriverais à ce quelque chose que j’essayais de rejoindre.
Bientôt, mon mal de tête diminua. Mes épaules ne me firent plus aussi mal. Mais au lieu de m’en réjouir, je souhaitais que ma souffrance revienne. La souffrance dissipée, j’étais capable d’oublier, d’allonger les mains et de toucher les murs.
J’étais drôlement tenté de toucher ces murs si proches. J’écartai le bras et effleurai le mur de la main droite.
La douleur revint et l’allée qui s’étendait devant moi disparut. Je ne l’avais jamais vue, mais j’en avais deviné la perspective et je la sentis s’estomper. Les murs se recroquevillèrent et s’éclipsèrent aussi.
J’ouvris les yeux.
— Salut, Eddie, dit Heath.
— Salut, répondis-je.
Tout était clair maintenant. Je voyais mes pieds qui faisaient saillie sous la couverture, au bout du lit, et le bord du bandage qui m’entourait le front.
— Comment ça va ? demanda Heath.
— Ça va, dis-je. Le docteur a dit qu’Edith et le P’tit Gars s’en étaient tirés sans mal.
— Oui, oui, dit Heath. Ils vont bien.
Je voulus soulever la main, mais une douleur me transperça l’épaule et je laissai retomber le bras.
— Tu t’es fait emboutir, petit, dit Heath.
— Ce salaud nous est rentré en plein dedans et ensuite, il nous a encore pris en biais, dis-je. J’ai rien pu faire.
— Il devait être saoul, dit Heath. Il s’est sauvé comme un dégueulasse.
— La bagnole doit être foutue, dis-je.
— Ouais. Elle est bonne à mettre à la ferraille.
— Il s’est sauvé, le mec, hein ? demandai-je.
— Hé oui, dit Heath. Il s’est débiné à tout berzingue. C’est une autre voiture qui t’a ramassé.
— Heureusement qu’Edith et le P’tit Gars s’en sont sortis, dis-je. Ils vont venir me voir ?
— Bien sûr, dit Heath.
— Quand ça ?
Heath alluma une cigarette et la piqua entre mes lèvres. Il souffla l’allumette.
— Dès que tu seras en état de recevoir des visites, dit-il. T’as une fracture du crâne, petit. T’es resté dans le coma pendant trois jours.
— Trois jours ? Hé bien ! La cigarette tressautait entre mes lèvres quand je parlais. Je suis où ?
Il me dit le nom de l’hôpital. Je faillis éclater de rire. Je me sentais heureux parce que Heath et le jeune mec en blanc m’avaient assuré qu’Edith et le P’tit Gars se portaient bien et j’étais là, dans la clinique la plus huppée de la ville.
— Edith a dû leur dire qu’elle paierait ce qu’il faut. On n’accepte pas d’accidentés dans cette taule, ou alors s’agit de cracher !
— Ouais, dit Heath, elle a dû faire le nécessaire.
Il m’ôta la cigarette de la bouche et l’écrasa dans un cendrier, posé sur la table de chevet.
— Eh bien, petit, dit-il, faut que je retourne au canard maintenant. Je passerai ce soir, avant de rentrer chez moi.
— Vous direz à Edith que je vais très bien. D’accord ?
— Entendu, petit. Je lui dirai.
Je dormis un instant et quand je m’éveillai, le docteur était encore en train de m’appliquer son fer rouge sur la gueule. Ça me faisait un mal de chien. En fait, il me tamponnait une coupure à la paupière.
— C’est le pare-brise qui vous a tailladé la figure, expliqua le toubib. Vous avez une fracture à l’épaule et une à la jambe. La fracture du crâne n’est pas grave. A part ça, tout va bien.
— Ma femme est venue pendant que je dormais ? demandai-je.
— Passez-moi le pansement, Miss Everett, demanda le docteur à l’infirmière, de l’autre côté du lit.
Il coupa la gaze avec de petits ciseaux et recommença à me tamponner la figure.
— Je voudrais voir ma femme, dis-je.
Il tamponnait toujours et je commençai a avoir les foies.
— Je veux voir ma femme, répétai-je plus haut.
L’infirmière se pencha et arrangea les couvertures. Je me mis à gueuler :
— Où est ma femme ? Je veux voir ma femme ! Je veux voir Edith ! Docteur, soyez gentil… Je veux voir ma femme et mon gosse… Le P’tit Gars, docteur…
— Allons, calmez-vous, mon petit, calmez-vous.
J’étais glacé à l’intérieur.
Je savais, mais je ne voulais pas savoir. Je voulais que le docteur me dise… Je voulais le lui entendre dire.
Les lumières noires éclatèrent dans ma tête.
J’essayai de hurler, mais je ne parvins qu’à chuchoter :
— Docteur, laissez-moi voir ma femme.
Il termina le pansement et me regarda. Il avait un long nez et des rides autour des yeux et aux coins de la bouche. Il portait un stéthoscope en sautoir. Les boutons de sa blouse étaient blancs et il avait de petits poils noirs sur les bras, là où s’arrêtaient ses manches courtes.
— Il faut être courageux, dit-il.
— Je veux savoir.
Je me mis à pleurer.
Il prononça quelques mots.
Il devait être drôlement embarrassé et faisait de son mieux pour s’en sortir honorablement :
— Ça été instantané, mon petit, dit-il. Ils n’ont souffert, ni l’un ni l’autre. Ils n’ont pas su ce qui leur arrivait.
J’étais là, au fond de mon lit. Le docteur s’éclaircit la gorge. Il posa la main sur mon épaule indemne.
— Ils n’ont pas souffert une seconde, mon petit, reprit-il. C’est déjà quelque chose. Le coup est dur. Mais, en tout cas, ça s’est passé très vite.
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