La Mère
Chapitre XXIX
résonné avec plus de force, l'épaisse vague de sons
s'abaissa de nouveau, glissa en arrière. Les voix se tai-
saient les unes après les autres, çà et là on faisait des La mère aperçut au bout de la rue une p e t i t e . m u -efforts p o u r essayer de soulever de nouveau le chant raille grise et basse, composée de gens sans visage et à sa hauteur primitive. qui barraient l'entrée de la place. -A l'épaule de cha-
L è v e - t o i , l i v e - t o i , p e u p l e o p p r i m é ! cun d'eux brillaient de minces bandes d'acier aigu. Et, S u s à l ' e n n e m i , g e n s a f f a m é s 1 cette muraille silencieuse et . immobile répandait
comme un' froid sur la foule; Pélaguée ; en fut glacée
Mais il n'y avait déjà plus dans cet appel la certitude
jusqu'au cœur. ' •
générale qui vibrait auparavant; l'inquiétude s'y était
Elle se dirigea du côté où ceux qu'elle connaissait
mêlée..
et qui étaient en avant se fondaient avec les inconnus,
Pélaguée ne pouvait voir ce qui s'était passé au p r e -
comme pour s'appuyer s u r eux. Elle poussa du flanc un
mier rang, mais elle le devinait; écartant les gens, se
homme de haute taille, rasé et borgne; il tourna vive-
frayant un passage, elle avança r a p i d e m e n t ; la foule
ment la tête p o u r la voir.
reculait, des têtes se baissaient, des sourcils se fron-
— Que veux-tu? Qui es-tu? demanda-t-iï.
çaient; il y avait des sourires embarrassés, des coups
— La mère de Pavel. "Vlassov ! répondit-elle; elle
de sifflets railleurs. La mère examinait les visages avec
sentait que ses jambes fléchissaient et que sa lèvre in-
tristesse; ses yeux questionnaient, suppliaient, appe-
férieure s'abaissait.
laient...
— Ali ! dit le borgne.
— Camarades ! s'écria Pavel. Les soldats sont des
—• Camarades ! continuait Pavel. La vie tout entière
hommes comme nous. Ils ne nous frapperont pas !
est en avant de nous. Nous n'avons.pas d'autre chemin.
Pourquoi le feraient-ils ? Parce que nous apportons la
Chantons !
vérité nécessaire à t o u s ? Mais, eux aussi, ils ont
besoin de notre vérité... Ils ne comprennent pas encore, Un silence angoissant plana. Le drapeau s'éleva, se mais le temps est p r o c h e où ils se mettront dans nos balança et, flottant au-dessus des têtes, se dirigea vers rangs, où ils m a r c h e r o n t non plus sous l'étendard des le m u r gris des soldats. L a mère frémit, ferma les yeux pillards et des assassins, mais sous le nôtre, sous le et poussa un gémissement : quatre personnes seule-, drapeau de la liberté et du bien. Et pour qu'ils corn- ment s'étaient détachées de la foule, et c'étaient Pavel.'
André, Samoïîov et Mazine.
1S2 LA MÈRE 183
Soudain, la voix claire de Fédia Mazine s'éleva dans de Pavel; elle vit André se placer devant son fils et le
l'air, tremblante et lente : protéger de son long corps.
— Vous êtes tombés victimes! entonna-t-il. — A côté de moi, c a m a r a d e ! cria Pavel d'un ton
— Dans la lutte .fatale ! continuèrent deux voix tranchant.
épaisses et assourdies, comme deux soupirs pénibles. André chantait, les mains croisées derrière le dos,
Les gens firent quelques pas en avant, m a r c h a n t au la tête haute, Pavel le poussa de l'épaule en clamant de
rythme de la mélodie. Et un nouveau chant vibra, déter- nouveau : -miné et créateur de résolutions.. — A côté de moi ! Tu n'as pas le droit de te tenir
—• Vous avez sacrifié votre vie! chanta Fédia dont la là ! C'est le drapeau qui doit être le premier.
voix s'allongeait comme un ruban bigarré. -—Dis... per... sez-vous ! cria un petit officier d'une
voix aigrelette, en agitant un sabre rutilant. A chaque
— Pour la liberté! reprenaient les camarades en
pas, il frappait le sol du talon avec rage, sans plier les
chœur.
genoux. Les yeux de la mère furent attirés p a r ses
—• Ah ! vous commencez à chanter le Requiem, fils
bottes reluisantes.
de chiens ! cria quelqu'un d'une voix malveillante.
A côté de lui et un peu en arrière, marchait lourde-
— Battez-les ! répliqua une autre voix rageuse.
ment un homme rasé, de grande taille, à l'épaisse
La mère passa ses deux mains sur sa p o i t r i n e ; elle moustache b l a n c h e ; il était vêtu d'un long manteau
se r e t o u r n a et vit que îa foule, qui remplissait aupara- gris doublé de rouge; des bandes jaunes ornaient ses
vant la rue d'une masse compacte, stationnait mainte- larges pantalons. Comme le Petit-Russien, il croisait lés
nant indécise, et regardait se détacher d'elle ceux qui mains derrière le dos; ses épais sourcils blancs étaient
entouraient l'étendard. Ils furent suivis par une dizaine relevés, il regardait Pavel.
de personnes; à chaque pas en avant, quelqu'un bon- La mère voyait toutes ces choses; en elle, un cri
dissait de côté comme si le milieu de la rue eût été se figeait, prêt à s'arracher à chaque soupir; ce .cri
incandescent et qu'il brûlât les semelles. l'étouffait, mais elle le retenait, sans savoir pourquoi,
—-L'arbitraire tombera... prophétisait le chant, sur en comprimant sa poitrine des deux mains. Bousculée
les lèvres de Fédia. de tous côtés, elle chancelait et continuait à avancer,
•— Et le peuple se lèvera! lui répondit un chœur de sans pensée, presque sans conscience. Elle sentait que
voix puissantes, énergiques et menaçantes. derrière elle, le nombre des gens diminuait sans cesse,
Mais des paroles chuchotées se faisaient-jour au tra- une vague glacée venait au devant d'eux et les disper-
vers du courant harmonieux. sait.
Des mots brefs retentirent : Les jeunes gens du drapeau rouge et la chaîne com-
— Croisez baïonnette ! pacte des hommes gris se rapprochaient toujours; on
Les baïonnettes se tordirent en l'air, puis s'abais- distinguait nettement le visage des soldats: large de
sèrent et s'allongèrent dans la direction du drapeau, toute la largeur de la rue, il était monstrueusement
comme avec un sourire rusé. aplati en une bande étroite d'un jaune sale. Des yeqx
— Marche !" de couleurs diverses y étaient découpés de manière
—• Les voilà partis ! dit le borgne en enfonçant les inégale; "et les baïonnettes minces et pointues brillaient
mains dans ses pocnes, et en s'éloignant à grandes en- d'un éclat cruel. Dirigées contre les poitrines, elles
jambées. . .' détachaient les gens de la foule, les uns après les
La muraille grise s'ébranla et, occupant toute la lar- autres, et les éparpillaient sans même les toucher.
geur de la rue, avança froidement, à pas égaux, pous- Pélaguée entendait le piétinement de ceux qui s'en-
sant devant elle le râteau des pointes d'acier étin- fuyaient. Des voix criaient, inquiètes, étouffées : celantes comme de l'argent. Pélaguée se r a p p r o c h a alors — Sauve qui peut, camarades !
— Viens, VJassov ! aperçut, au-dessus des têtes des soldats, le visage r o n d
d'André; il lui souriait, il la saluait.
— En arrière, Pavel !
—• Mes chéris... mes enfants... André ! Pavel ! cria-
.— Jette-moi le drapeau, Pavel ! dit _ Vessoftchikov
t-elle.
d'un air sombre. Donne-le, je le cacherai... — Aa revoir, camarades ! -
il saisit la hampe, le drapeau vacilla. On leur répondit à plusieurs reprises, mais sans
— Laisse-le ! cria Pavel. unanimité; les voix venaient des fenêtres, des toits,
Le grêlé retira sa main comme si on l'avait brûlé. d'on ne sait où.
Le chant s'était éteint. Les jeunes gens s'arrêtèrent,
entourant Pavel d'un cercle compact qu'il parvint à
franchir. Le silence se fit tout d'un coup, brusquement, XXX " et enveloppa le groupe.
Sous l'étendard, il y avait une vingtaine d'hommes, Quelqu'un poussa la mère à l a poitrine. Au travers
pas p l u s ; mais ils tenaient bon. La mère tremblait du brouillard qui voilait ses yeux, elle vit devant elle
pour eux; elle souhaitait vaguement de pouvoir leur le petit officier; il avait les traits rouges et tendus, il
dire on ne savait quoi. cria :
— Lieutenant... prenez-lui donc cela I fit la voix me- Va-t'en, la vieille ! •
surée du grand vieillard, Elle le toisa du regard, aperçut à ses pieds la hampe
Et, tendant la main, il désigna le drapeau. du drapeau brisée en deux : à l'un des tronçons p e n d a i t
Le petit officier accourut; il saisit la hampe en un petit morceau d'étoffe rouge. La mère se baissa pour
criant d'une voix perçante : le ramasser. L'officier lui arracha le bâton des mains, le
:— Donne ! lança à terre, et cria en frappant du pied :
— Non ! A bas les opprimeiirs du peuple !... — Va-t-en, te dis-je ! L'étendard rouge tremblait en l'air; il se penchait — Lève-toi, lève-toi, peuple opprimé !
tantôt à droite, tantôt à gauche, puis il se redressait. Du milieu des soldats, un chant résonna soudain:
Vessoftchikov passa devant la mère avec une rapidité Tout tourbillonna, chancela et frémit. Dans l'air, un
qu'elle ne lui connaissait pas, Je bras tendu, le poing bruit sourd tremblait, pareil à celui des fils télégra-
serré. p h i q u e s . L'officier revint au galop, et glapit :
— Saisissez-les ! grogna le vieillard en frappant du — Faites-les taire I Kraïnov...
pied. Chancelante, la mère ramassa le débris de hampe que
Quelques soldats s'élancèrent. L'un d'eux b r a n d i t sa le lieutenant avait jeté, et l'éleva ce nouveau.
crosse ; l'étendard frissonna, se pencha et disparut dans — Fermez-leur la b o u c h e ! . . . le groupe grisâtre des soldats. La chanson s'embrouilla, s'entrecoupa; puis elle se
— Hé ! soupira tristement une voix. déchira et se tut. Quelqu'un saisit la mère p a r l'épaule,
La mère poussa un cri, un hurlement qui n'avait lui lit faire demi-tour et la poussa dans le dos.
plus rien d'humain. La voix nette de Pavel lui répon- • — Va-t-en ! va-t-eh ! '
dit, du milieu des soldats : — Balayez ia rue ! cria l'officier. -
— Au revoir, maman i au revoir, ma chérie ! A dix pas devant elle, Pélaguée distingua de nouveau
—, Il est vivant S H s'est souvenu de moi 1 une foule compacte. Les gens hurlaient, grognaient,
Ces deux pensées lui frappèrent le cœur. sifflaient, reculant lentement et se répandant dans les
•— Au revoir, ma petite mère ! cours voisines. Pélaguée se dressa sur la pointe des pieds en agitant — Va4-en au diable ! cria dans l'oreille de la m è r e -
les bras. Elle voulait voir son fils et son c a m a r a d e : elle un jeune soldat moustachu, et il la poussa sur le trottoir. 186 MAXIME GORKI LA MÈRE 187
Elle m a r c h a i t appuyée sur la h a m p e pour ne pas ^— Ecoutez, au nom de Jésus ! Vous êtes tous des
tomber, car ses genoux fléchissaient, elle s'accrochait nôtres... vous êtes tous des gens sincères... ouvrez les
de l'autre main aux murs et aux palissades. Devant elle, yeux... regardez sans crainte... que s'est-il passé ? Nos
les manifestants reculaient toujours, derrière elle et à enfants se lèvent paisiblement... Nos enfants, notre
ses côtés les soldats avançaient et criaient de temps à sang, se lèvent au nom de la vérité... ils frayent loyale-
autre : ment la route p o u r arriver à une nouvelle voie, une
— Va-t'en, va-t'en ! voie large et directe destinée à tous... Pour vous tous,
Us la dépassèrent; elle s'arrêta et regarda autour p o u r vos enfants, ils ont entrepris une croisade...
d'elle. Au bout de la rue, en un cordon espacé, la force Son cœur se brisait, sa poitrine était embarrassée, Sa
armée empêchait les gens d'arriver à la place, vide gorge sèche et enflammée. Au plus profond d'elle-même
- maintenant. En avant, des silhouettes grises m a r c h a i e n t naissaient des paroles d'un immense amour qui em-
sans hâte sur la fouie. brassait tout et tous, elles brûlaient sa langue et la fai-
Pélaguée voulut revenir sur ses pas, mais, sans s'en saient mouvoir avec une force croissante.
r e n d r e compte elle continua à avancer; arrivée à une
Elle voyait qu'on l'écoutait; tous se taisaient; la mère
petite ruelle étroite et déserte, elle s'y engagea... Là,
comprenait qu'ils réfléchissaient; un désir dont elle
elle s'arrêta de nouveau. Elle soupira profondément et
avait nettement conscience maintenant s'éveillait en
prêta l'oreille. Quelque part, là-bas, la foule grondait.
elle : celui d'entraîner ceux qui l'entouraient, là-bas,
Toujours appuyée sur la hampe, elle se remit en vers André, vers Pavel, vers les camarades qu'on avait
marche, en remuant les sourcils. Soudain, elle s'anima, laissé p r e n d r e p a r les soldats, qu'on avait laissés seuls
les lèvres frémissantes, elle agita la main. Pareilles à et dont on s'était éloigné. des étincelles, on ne sait quelles paroles éclatèrent dans
son cœur et s'y pressèrent, la bridant du désir de les Elle reprit avec une force atténuée, en p r o m e n a n t
crier. son regard sur les visages attentifs et sombres :
— Nos enfants s'en vont p a r le monde vers la joie;
La ruelle tournait brusquement à gauche; au coin, la
au nom de tous et au nom de la vérité du Christ, ils
mère vit un groupe compact de gens; quelqu'un disait
marchent contre toutes les choses au moyen desquelles
avec force :
les méchants, les trompeurs, les rapaces nous enchaî-
— Ce n'est pas p a r insolence qu'ils bravent les baïon-
nent, nous étranglent et nous retiennent prisonniers.
nettes, frères ! -
Mes amis ! c'est pour îe peuple, pour le monde entier,
— Avez-vous vu cela, hein ? Les soldats .marchaient
pour tous les opprimés, que notre jeunesse, notre sang,
sur eux, et ils ne bougeaient pas ! Et ils restaient là,
se sont soulevés... Ne les abandonnez donc pas. ne les
sans peur !...
reniez pas, ne laissez p a s vos enfants suivre leur voie
— Oui... solitairement !... Ayez pitié de vous-mêmes... aimez-
— Quel gaillard, ce Pavel Vlassov ? les... comprenez ces coeurs d'enfants... ayez confiance
.— Et le Petit-Russien ! en eux î • . — Les b r a s derrière le dos, et il souriait, ce diable !
— Mes amis 1 bonnes gens ! cria la mère en péné- Sa voix se brisa, elle chancela, épuisée; quelqu'un la
soutint p a r le b r a s . . .
trant dans la foule.
On s'écartait devant elle avec déférence. Quelqu'un — C'est Dieu qui l'inspire ! cria une voix sourde et
dit en riant : agitée, c'est Dieu qui l'inspire, bonnes gens. Ecoutez-la!
— Voyez, elle a ie d r a p e a u ! elle a le drapeau à la Un autre la plaignit.
main ! • — Hé ! elle se tue...
— Tais-toi ! répondit une voix avec sévérité. — Ce n'est p a s elle qu'elle tue, c'est nous autres
La mère étendit les bras en un large geste. imbéciles, qu'elle frappe, comprends-le ! '
188 MAXIME GORKI
ils la suivaient lentement, échangeant à voix basse des
Une voix aiguë et anxieuse s'éleva au-dessus de la paroles brèves.
foule : Près de ia porte de la maison, la mère se' tourna vers
— Chrétiens ! Mon Mitia... cette âme p u r e . . . qu'a-l-il eux, et, s'appuyant au tronçon de hampe, elle s'écria
fait î II a suivi ses camarades... ses camarades bien- d'une voix pleine de reconnaissance : aimés... Elle a raison... pourquoi abandonnons-nous — Merci à vous tous ! nos enfants V Quel mal ont-ils fait ? Et, de nouveau, se souvenant de sa pensée, de cette
Ces paroles firent trembler ia m è r e ; elle leur répondit pensée nouveau-née dans son cœur, elle ajouta :
par de douces larmes. — Notre Seigneur Jésus-Christ ne serait pas venu dans
— Rentre chez toi, Pélaguée. Va, mère ! tu es haras- le monde si les gens ne périssaient pas pour sa gloire.
sée î dit Sizov d'une voix forte. La foule la regarda silencieusement. Elle fit un geste
Il était sale, l a barbe tout ébouriffée. Soudain, il de la main et r e n t r a chez elle avec Sizov. Les gens
fronça le sourcil, p r o m e n a un regard sévère sur la foule, restés à la porte échangèrent encore quelques réflexions,
se redressa de toute sa hauteur, et dit d'une voix nette : puis ils s'en allèrent sans se hâter.
— Mon fils Matwéï a été écrasé à la fabrique, vous
le savez. Mais s'il était vivant, je l'aurais moi-même
envoyé se mettre dans les rangs de ceux-là... je lui
aurais dit : Vas-y aussi, Matwéï, va, car c'est une cause
juste, une cause sainte !
Il s'interrompit, les gens gardèrent le silence; ils
étaient envahis p a r la sensation d'on ne sait quoi de
grand et de nouveau qui ne les effrayait déjà plus.
Sizov leva le bras, l'agita et r e p r i t :
— C'est un vieillard qui p a r l e . . . Vous me connaissez
tous ! II y a trente-neuf ans que je travaille i c i . . . 11 y
a cinquante-sept ans que je vis sur la terre. Mon neveu,
un brave garçon, intelligent et honnête, a de- nouveau
été arrêté aujourd'hui... Il était aussi en avant, avec
Vlassov, à côté du drapeau.
Son visage se c r i s p a ; il continua en prenant la main
de la mère : ' -
— C^tte femme a dit v r a i . . . Les enfants veulent vivre
dans l'honneur, selon la raison, et nous, nous les avons
abandonnés... oui, nous les avons abandonnés. Rentre
chez toi, Pélaguée !
— Mes amis, c'est pour nos enfants qu'est la vie, la
terre est p o u r eux ! dit la mère en regardant la foule
avec ses yeux rougis de larmes.
— Va chez toi, Pélaguée S Tiens, prends ton bâton !
fit Sizov en lui tendant le débris de hampe.
On. considérait la mère avec une tristesse respec-
tueuse, une r u m e u r de compassion la suivait. Sans mol
dire, Sizov lui frayait un passage, les gens s'écartaient
sans récriminer et, obéissant à une force inexplicable,
DEUXIÈME PARTIE