La princesse Oghérof
Chapitre VI
En rentrant chez lui pour dîner, Michel trouva la petite fille assise par terre dans un coin, les mains pendantes à son côté, dans un état voisin de l’abrutissement. Il était facile de voir qu’on ne l’avait pas gâtée depuis la mort de sa mère.
– Elle est comme ça depuis que vous êtes parti, dit la vieille bonne qu’il interrogea. Est-ce qu’elle va rester ici ?
– Non, non, fit Michel avec un soupir de soulagement, nous partons demain pour l’étranger.
– Pour l’étranger ? Sainte Vierge ! Et vous aussi ? Mais votre linge n’est pas prêt, vous ne m’avez rien dit !...
– Je partirai sans linge, répliqua Michel avec quelque impatience ; fais-nous dîner.
La vieille obéit. L’enfant mangea peu ; elle
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avait le cœur gros et tombait de sommeil.
– Où va-t-elle dormir, demanda la vieille, démoralisée. Il n’y a pas de place.
– Couche-la avec toi, répondit Michel, non moins abattu.
– Avec moi, à la cuisine ! Y pensez-vous, monsieur ? C’est un enfant de maître, cette petite !...
Elle regardait Michel d’un air interrogateur.
– Eh bien, couche-la sur le canapé du salon.
– Mais elle roulera en bas !
– Mets des chaises, douze chaises, si tu veux, fit le jeune homme impatienté, et laisse-moi tranquille.
Quand il eut fini de s’habiller pour aller à Kamennoï-Ostrow, il sortit de sa chambre ; le salon était éclairé par une seule bougie, que tenait la vieille bonne arrêtée au pied du divan où dormait la petite fille. Ses cheveux bruns, les longs cils abaissés sur ses paupières lui donnaient l’air plus vieux que son âge. La bouche et le menton trahissaient son origine paternelle à ne
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pas s’y méprendre.
– Elle est jolie, fit Michel en la regardant avec compassion ; pauvre petite !
– C’est une Avérief... dit la vieille bonne à voix basse. C’est tout votre portrait quand vous aviez son âge.
Michel, horrifié, fit un pas en arrière :
– Comment, tu crois ?...
– Non, monsieur, je ne pense pas que ce soit la vôtre... C’est la fille de Paul Nicolaïtch, n’est-ce pas ? J’avais toujours pensé qu’il y avait quelque chose, – et puis, son ancien cocher, celui qu’il a renvoyé il y a quatre ans, nous avait parlé de la jeune femme...
– Elle est morte, interrompit Michel à voix basse.
La bonne garda un instant le silence. L’enfant dormait, mais son sommeil était douloureux et agité comme sa veille. Elle avait pleuré silencieusement pendant qu’on la croyait endormie déjà, et une larme avait glissé le long de sa joue en y laissant une trace humide et
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brillante.
– Pauvre innocente ! murmura enfin la vieille femme touchée dans sa fibre maternelle, – elle connaît déjà la peine ! Dors, mon pauvre ange, ce n’est pas nous qui te ferons pleurer.
Elle raffermit les chaises au bord du canapé, passa et repassa la main sur les couvertures, et, pendant que Michel sortait, fit rapidement le signe de la croix sur la petite que sa mère ne pouvait plus bénir.
Le chemin parut bien long à Michel, la route était poudreuse, les équipages nombreux. Son cheval, fatigué par les courses du matin, n’allait pas très vite, – et puis il était horriblement impatient. Ces quinze jours allaient être interminables. Comment Marthe allait-elle prendre son absence ? Que penserait-elle pendant tout ce long intervalle ?
– J’aurai bien le temps de lui donner un mot d’explication, et elle aura confiance en moi pour le reste, se dit-il en manière de consolation.
En approchant de la villa Milaguine, Michel
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vit trois ou quatre équipages à la porte. On n’avait pas perdu de temps pour venir saluer les nouveaux arrivés.
Comme il entrait, Michel entendit une volée d’éclats de rire qui l’arrêta dans l’antichambre ; la voix aiguë de Nastia faisait un inextinguible dessus, et la basse continue de M. Milaguine modulait un ronron harmonieux dans le troisième dessous. D’autres voix, des phrases entrecoupées, de lourds piétinements formaient un brouhaha parfait.
Ne voyant personne pour l’annoncer, Michel prit le parti d’entrer, et il se trouva vis-à-vis d’une croupe de cheval.
Oghérof, arrivé dix minutes auparavant, avait voulu faire admirer sa monture à Marthe Milaguine, qui avait refusé de se montrer sur le perron, alléguant sa toilette poussiéreuse et chiffonnée.
– Eh bien, vous le verrez tout de même ! s’était écrié Oghérof en sortant à toutes jambes.
Cinq minutes après, il était revenu, tenant par
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la bride son cheval, très bien dressé d’ailleurs, qui avait monté sans difficulté les quatre ou cinq marches du perron, et qui était entré à sa suite.
La noble bête – un anglais pur sang – un peu effrayée par les lumières et le bruit des voix, n’en faisait pas moins bonne contenance.
– Saluez la société ! criait Oghérof au moment où Michel fit son entrée ; et le cheval obéissant leva gracieusement le pied droit, en inclinant à plusieurs reprises sa tête fine et osseuse.
Michel tourna l’obstacle qui lui barrait le passage, et vint à bout de s’approcher du maître de la maison. M. Milaguine était devenu violet à force de rire. Toute la société faisait chorus ; les convenances un peu étroites de la ville avaient soudain fait place au laisser-aller de la campagne. Jamais Oghérof ne se fût permis pareille incartade dans un salon pétersbourgeois ; mais aux Îles, c’était bien différent.
– Très bien, fit un jeune officier, tu l’as fait monter, mais comment vas-tu le faire descendre ?
– Au fait, dit Marthe en achevant un éclat de
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rire, il ne peut pas terminer ses jours ici, – quoiqu’il soit bien gentil, ajouta-t-elle en flattant les naseaux du cheval, qui la regardait amicalement, avec ses yeux brillants et pleins d’intelligence.
– C’est mon affaire, répondit Oghérof ; mademoiselle Marthe, avez-vous un petit morceau de sucre ?
– Certainement, répondit la jeune fille.
En se retournant, elle se trouva face à face avec Michel, qu’elle n’avait pas encore aperçu ; elle étouffa une exclamation de surprise.
– Vous ici, monsieur Michel, dit-elle en rougissant légèrement.
– Oui, mademoiselle..., j’ai bien des choses à vous dire... Je ne pourrai pas venir demain.
– Comment cela ? dit la jeune fille en se redressant ; vous avez promis !
– Oui, certainement ; mais écoutez-moi, Marthe Pavlovna, un empêchement sérieux...
Le cheval fit un brusque mouvement.
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– Marthe ! cria M. Milaguine, fais donc apporter du sucre, sans quoi il va nous manger tous, son cheval prodige.
– Je reviens, fit rapidement Marthe, vous m’expliquerez cela. Et elle disparut.
– Mesdames et messieurs, mon cheval est plus intelligent qu’une personne naturelle, dit Oghérof d’un ton de boniment ; il n’acceptera ce sucre que de la main la plus blanche, la plus délicate, la mieux faite pour être adorée de cette honorable société. Essayez, et voyez si son jugement le trompe.
Aux éclats de rire de tous les assistants, il fit présenter successivement le morceau de sucre par un garde à cheval, par Nastia, par mademoiselle Pauline, par M. Milaguine, et enfin par mademoiselle Marthe, de laquelle le cheval accepta ce qu’il avait refusé des autres. On applaudit à tout rompre ; M. Milaguine, de violet devenu bleu, se roulait sur un canapé.
– Et maintenant, il s’agit de sortir d’ici, mon ami, dit Oghérof à son animal qui grattait le parquet depuis une minute avec des signes
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d’impatience. Marthe Pavlovna, par où voulez-vous que je sorte ? Par la porte ou par la fenêtre ?
– Par où vous voudrez, prince, pourvu qu’il n’y ait pas de danger, répondit Marthe, qui ne riait plus.
Elle n’était pas accoutumée à se voir rendre des hommages si publics ; elle ignorait, disons-le pour son excuse, que la pauvre bête, dressée à ce genre d’exercice, l’avait accompli cent fois pour l’une ou l’autre des petites actrices dont le prince faisait sa plus chère compagnie.
– Le danger ? fit Oghérof, cela n’existe pas ! Préférez-vous la porte ? Aimez-vous mieux la fenêtre ?
– La porte, certainement, dit Marthe, confuse de se voir le point de mire de toute la société qui attendait sa réponse.
– Cela n’est pas plus facile ! fit observer Michel.
– N’importe ! répondit Oghérof avec un geste d’insouciance. Et il sauta sur son cheval.
Marthe ne put retenir un léger cri en voyant
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piaffer et bondir sur le parquet ciré le bel animal excité par son cavalier. Ils passèrent tous deux par la porte à peine assez haute, traversèrent l’antichambre et arrivèrent sur le perron, accompagnés de toute la société. Oghérof arrêta sa monture au bord de la première marche.
– Attention, dit-il à son cheval en le flattant doucement, regarde bien et sois sage.
Puis, rassemblant les rênes, il fit un geste de salut à Marthe, qui le regardait inquiète.
– Souhaitez-moi bonne chance, mademoiselle, lui dit-il moitié sérieux, moitié plaisant.
– Vous n’allez pas sauter ? s’écria la jeune fille effrayée.
– C’est vous qui l’avez voulu. Tout pour les dames. Hourrah ! s’écria-t-il en enlevant son cheval.
Un cri général accompagna leur mouvement. Marthe mit ses deux mains sur ses yeux. Quand elle les ôta, Alexandre Oghérof revenait déjà au petit trot et recueillait les félicitations de l’assistance.
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Michel ne put échanger deux paroles avec Marthe pendant toute la soirée. La prouesse d’Oghérof avait mis un peu de fièvre dans l’air ; jamais on n’avait tant ri, ni si haut, sous les plafonds de la villa.
Onze heures étaient sonnées ; Michel sentait que sa malle n’était pas faite, qu’il n’avait rien de prêt pour son voyage du lendemain, qu’il avait oublié d’aller chez le banquier toucher la traite de son frère et prendre de l’or ; – il ne pouvait cependant pas se décider à battre en retraite sans avoir motivé son départ d’une façon plausible. Mais le moyen de parler sérieusement au milieu de cette bande de fous !
Il aurait bien voulu aussi voir partir Oghérof, qui se montrait particulièrement assidu auprès de Marthe, et qui trouvait moyen d’accaparer à tout moment son attention. Renonçant enfin à toute explication intime, il prit le parti de s’adresser à M. Milaguine.
– Je suis venu m’excuser, lui dit-il, je ne pourrai pas avoir l’honneur de dîner chez vous demain.
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– Mais demain, c’est la fête de Marthe ! s’écria le digne homme : Oghérof a promis de tirer un feu d’artifice.
– Je pars pour l’étranger, répondit le jeune homme d’une voix sérieuse ; mon frère est très malade et me demande instamment. Je serai ici dans quinze jours.
– Votre frère est plus mal ! C’est bien fâcheux, dit Milaguine soudain attristé. Y a-t-il du danger ?
– Non, non, se hâta de répondre Michel, il n’y a aucun danger ; mais Paul veut absolument me voir ; – il a à me parler, ajouta-t-il avec quelque embarras.
– Allez, allez, mon ami ! Avant de partir, faites votre paix avec ma fille ; elle n’aime pas qu’on lui manque de parole.
– Si vous voulez bien le permettre... balbutia le jeune homme, enchanté de trouver ce prétexte pour parler à Marthe en particulier.
Il s’éloigna et trouva la jeune fille dans la salle à manger. Les domestiques allaient et venaient,
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préparant un souper improvisé.
– Marthe Pavlovna, lui dit-il, – elle le regarda en face, – croyez-moi, ce n’est pas pour mon plaisir que je pars.
– Alors vous ne voulez pas venir demain ? dit-elle avec une insistance dont elle sentait vaguement l’injustice.
– Je ne puis pas, je pars pour l’étranger ; je vais rejoindre mon frère, qui a besoin de moi pour une affaire... et qui a eu une rechute, ajouta-t-il après une seconde d’hésitation.
– Est-il dangereusement malade ?
– Non, dit Michel, cette fois avec un vague regret de ne pouvoir répondre oui.
– Eh bien, partez après-demain.
– Je ne puis.
– Même si je vous en priais ? fit Marthe en avançant involontairement sa main vers le bras du jeune homme.
Elle était dans un étrange état d’esprit, elle avait envie de supplier, et en même temps elle se
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sentait blessée d’un refus si net, qui lui semblait si peu motivé. Michel se taisait, la regardant avec des yeux suppliants,
– Vous ne partez pas en société ? reprit-elle, vous n’emmenez pas de camarade ?
– Non, Marthe Pavlovna, pas de camarade...
– Eh bien, alors...
– Je vous en supplie, pardonnez-moi, croyez-moi, dans quinze jours je vous expliquerai...
– Je n’ai pas le droit de demander ni d’accepter d’explications, répondit Marthe avec quelque hauteur, mue peut-être par un secret dépit d’en avoir déjà trop demandé.
– Si vous saviez...
– Je sais que je vous ai prié de rester vingt-quatre heures de plus pour assister à ma fête, et que vous avez refusé sans que la santé de votre frère exigeât tant d’empressement.
– Marthe Pavlovna, s’écria presque haut le jeune homme au désespoir, pour vous plaire, je donnerais ma vie, je ferais bien d’autres prouesses que ce fou d’Oghérof... mais je ne puis
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rester. Je vous dirai tout.
Marthe s’éloignait lentement. Pauline entra. Son regard haineux embrassa la hauteur offensée de Marthe, l’air suppliant du jeune homme ; elle comprit qu’il n’était pas trop tard pour elle.
– Allez, monsieur Michel, je ferai votre paix, lui dit-elle à voix basse, je n’ai pas encore eu le temps de leur raconter votre visite de l’après-midi ; tout s’expliquera demain.
Une idée vint au jeune homme. Il remercia Pauline en lui serrant la main, et se précipita à la poursuite de Marthe, qu’il atteignit au moment où elle allait entrer dans le salon.
– Je pars à une heure, lui dit-il ; demain matin, à dix heures, je serai ici pour vous féliciter.
Les yeux de Marthe rayonnèrent d’un éclat doux et subtil comme celui des étoiles, mais elle ne répondit rien.
– Au revoir, lui dit-il en lui tendant la main.
– Elle y mit lentement la sienne en le regardant toujours.
– Marthe, lui dit-il à l’oreille, au risque d’être
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entendu, je reviendrai vous dire que je vous aime.
Elle retira brusquement sa main et détourna la tête.
– Au revoir, monsieur Milaguine, dit Michel tout haut, je pars ; je viendrai vous présenter mes félicitations demain matin.
– Fort bien, mon ami, fort bien. Je suis toujours enchanté de vous voir. Mes amitiés à votre frère, si je ne vous revoyais pas.
Il était deux heures et demie du matin quand Michel se coucha harassé, après avoir mis de l’ordre dans ses tiroirs et jeté quelques effets dans une malle. Avant de se coucher, il alla voir la petite orpheline dans le salon. En dormant, elle avait repoussé les chaises et roulé par terre sur le tapis, où elle dormait aussi bien que sur un lit de plume. – Michel la releva avec précaution, sans provoquer autre chose qu’un léger grognement de la petite dormeuse, la remit sur son canapé, la couvrit, l’embrassa et s’en alla.
– Ouf ! se dit-il en se jetant sur son lit, ce sera bientôt fini, par bonheur, car si cela devait durer
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seulement huit jours, je deviendrais fou.
Le lendemain, Michel s’éveilla avec la sensation, bien connue des voyageurs, qu’il avait manqué le train. Il sauta à bas du lit et regarda sa montre. Il n’avait pas manqué le train, mais dix heures et demie allaient sonner.
– Pourquoi ne m’a-tu pas éveillé ? cria-t-il en fureur à son domestique.
– Vous ne l’aviez pas ordonné, monsieur, répondit celui-ci ; vous vous êtes couché si tard, et le train ne partant qu’à une heure, je n’ai pas pensé qu’il fût nécessaire... Le thé est prêt, et la bonne vous a fait un excellent déjeuner.
Maudissant cent fois l’affection de ses serviteurs qui avaient respecté son sommeil, le jeune homme s’habilla en un tour de main et s’aperçut qu’il avait encore oublié une demi-douzaine de choses indispensables. La gouvernante était arrivée ponctuellement, il lui remit l’enfant et sortit.
Il se rendit avant tout chez un jardinier, et lui commanda le plus beau bouquet qui lui eût
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jamais passé par les mains ; il donna l’adresse de M. Milaguine sur une carte à lui, à laquelle il ajouta quelques mots au crayon : « Retard absolument involontaire ; impossible à présent de venir. Explications d’aujourd’hui en quinze. Respects et félicitations. »
Il prit toutes ses précautions pour que le bouquet fût remis à point, et retourna chez lui.
Une heure après, il arrivait à la gare, juste à temps pour se voir bousculer dans un compartiment de premières avec l’étrange société que le ciel lui avait si inopinément adjointe.
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