La revanche d'un Venadicci
Les gérants de la station balnéaire, Judy…
8.
Les gérants de la station balnéaire, Judy et Garry Foster, accueillirent chaleureusement Gabby et Vinn. Garry partit devant pour s’occuper de leurs bagages, et après un rapide tour de la station pour que Vinn se familiarise avec les lieux, Judy les conduisit à leur luxueuse villa, qui donnait sur une plage privée.
La villa disposait d’une piscine, d’un spa et d’un sauna, et d’une douche extérieure dans un jardin clos. Le parfum exotique des frangipaniers alourdissait l’air, et les hibiscus, qui formaient des taches de couleur brillante, évoquaient pour Gabby de la soie froissée.
— Si vous avez besoin de quoi que ce soit, leur dit Judy en partant, composez le 1 sur le téléphone.
— Merci, répondit Vinn avec un sourire aimable, avant de refermer la porte.
Quand son regard gris-bleu se posa sur elle, Gabby ne put réprimer un frisson.
— Que dirais-tu d’un plongeon dans la piscine pour nous rafraîchir ? suggéra-t-il.
— Oh… d’accord, répondit-elle en se dirigeant vers son sac.
L'idée de partager la villa avec Vinn la rendait très nerveuse. Bien sûr, l’endroit était vaste, mais aussi incroyablement intime.
Non seulement elle n’avait jamais partagé la même salle de bains que Tristan, mais ils n’avaient jamais fait chambre commune. Il avait insisté pour disposer de la sienne — pour une raison que Gabby n’avait découverte que quelques mois avant sa mort. Ce jour-là, elle cherchait du savon, et elle avait vu les traces éloquentes de poudre blanche sur le lavabo dans la salle de bains de Tristan, et les rouleaux de billets de vingt dollars sur le sol de marbre.
Savoir que son mari consommait régulièrement de la cocaïne ne l’avait pas étonnée tant que ça. Ce qui l’avait surprise, c’était de ne pas l’avoir deviné plus tôt. Ses humeurs changeantes, sa conduite parfois proche de celle d’un dément, avait-elle compris rétrospectivement, étaient autant de signes d’une dépendance à la drogue incontrôlée. Tout comme ses parents n’avaient pas voulu accepter le fait que James se soit battu contre une addiction, elle n’avait jamais imaginé que son mari soit un drogué.
Et ainsi, en plus des nombreuses liaisons de Tristan, elle avait dû cacher cet autre terrible secret.
— Je te laisse te changer, dit Vinn. Je vais jeter un coup d’œil à la salle de gym.
Gabby serra sur sa poitrine le Bikini et le paréo qu’elle avait pris dans sa valise.
— Bien… merci.
Lorsque la porte se referma sur Vinn, elle poussa un profond soupir.
La plage devant leur maison faisait environ deux cents mètres de long, et un affleurement de rochers la séparait de la suivante. Gabby nageait tranquillement le long de la rive, se réjouissant du contact de l’eau sur sa peau. Lorsqu’elle ouvrait les yeux sous l’eau, d’une clarté merveilleuse, elle voyait des poissons exotiques colorés tout autour d’elle.
Elle était assez loin du bord lorsqu’elle aperçut une forme sombre. Elle hoqueta et son cœur se mit à battre la chamade. Mais, soudain, elle comprit que c’était Vinn.
— Tu ne devrais pas t’éloigner ainsi toute seule, dit-il en sortant de l’eau. Cela pourrait être dangereux.
— Je suis une bonne nageuse, répliqua-t-elle en détournant les yeux de ses épaules puissantes où ruisselaient des gouttelettes d’eau.
— Cela ne t’empêchera pas d’avoir une crampe ou d’être piquée par une méduse.
— Ne pas avoir pied ne semble pas te déranger, rétorqua-t-elle avec irritation.
Il s’approcha et, soudain, elle sentit sa jambe contre la sienne.
— C'est parce que je perds rarement pied. Dans toute situation.
Gabby passa la langue sur ses lèvres salées. Il était trop proche, mais elle ne parvenait pas à s’éloigner. Le frôlement de ses cuisses contre les siennes faisait jaillir le désir dans ses veines.
Quand il pencha la tête vers elle, elle entrouvrit les lèvres. Et leurs bouches s’unirent avec passion.
Elle gémit doucement en sentant la langue de Vinn venir taquiner puis caresser la sienne. Ses bras forts l’entouraient, et il la tenait si serrée qu’elle pouvait sentir la puissance de son érection contre elle. Ils étaient si proches l’un de l’autre que leurs deux corps presque nus ne semblaient faire qu’un. Le désir se propageait en elle comme un incendie.
— Je pourrais te prendre ici, maintenant, murmura Vinn d’une voix rauque.
Il voyait briller le désir dans les yeux de Gabriella. Un désir qu’il sentait également dans tout son corps plaqué contre le sien.
— Tu penses que c’est une bonne idée, alors que nous sommes à l’extérieur ? demanda-t-elle d’une voix haletante. Quelqu’un pourrait nous voir.
— Pour dire la vérité, je m’en moque complètement. Mais peut-être as-tu raison. Rentrons.
Elle frissonna, mais il savait que ce n’était pas de froid. Au contraire, son corps entier brûlait et vibrait, et il éprouvait une joie indicible à la sentir ainsi entre ses bras. Elle le voulait autant qu’il la voulait. Et Dieu seul savait avec quelle force il la désirait… Tout son être se tendait à l’idée d’être en elle, enserré par sa douceur soyeuse. Il en avait rêvé pendant des années, se haïssant pour sa faiblesse, mais sachant qu’il ne serait jamais satisfait avant de l’avoir possédée. C'était comme une fièvre, un ouragan dans ses veines.
Il la guida hors de l’eau, se délectant de la vision de son corps simplement vêtu d’un Bikini rouge. Ses cuisses étaient dorées et douces, sa poitrine généreuse maintenue par les minuscules triangles de tissu, et son décolleté le rendait fou.
Il avait envie de faire tant de choses avec elle, songea-t-il tout en lui prenant la main. Embrasser les endroits les plus secrets de son corps, lui faire l’amour de toutes les façons possibles pour qu’elle ne pense plus qu’à lui et à lui seul lorsqu’elle serait dans ses bras. Il voulait la posséder, établir son droit sur elle de la façon la plus primaire : en devenant le père de son enfant. Elle y réfléchirait à deux fois avant de partir, si elle portait son bébé. Un bébé qu’il aimerait de tout son cœur et pour lequel il sacrifierait tout, comme sa mère l’avait fait pour lui.
A l’intérieur de la villa, la fraîcheur était bienfaisante après la chaleur de la plage. Pourtant, Gabby avait l’impression d’être en feu. Vinn ferma la porte et elle se mit à trembler. Son désir avait crû jusqu’à atteindre une force inimaginable. Pas plus que dans l’eau, elle n’aurait pu lui dire non à présent. Ce qui arrivait était inévitable, et ils l’avaient voulu tous les deux, peut-être depuis plus de temps qu’elle n’était prête à le reconnaître.
Il ne lui disait peut-être pas de mots doux, de ceux dont Tristan avait usé pour qu’elle accepte de l’épouser, mais elle devinait que Vinn était un amant extraordinaire.
Une telle virilité émanait de lui… Sans aucun doute, il avait eu beaucoup de maîtresses, et il leur avait fait des choses qu’elle ne pouvait même pas imaginer. Et pourtant, c’était elle qu’il désirait à présent.
Il commença par lui ôter le haut de son Bikini. Lorsque sa poitrine fut libérée du carcan de tissu, il se pencha pour prendre les tétons dans sa bouche. Comme c’était délicieux de sentir sa barbe naissante contre sa chair… Elle sentit ses genoux trembler quand la main de Vinn s’attaqua aux liens qui retenaient le bas de son maillot de bain. A présent, elle était totalement nue devant lui.
— Tu es belle, dit-il d’une voix rauque, tandis que son regard parcourait tout son corps. Incroyablement belle.
Gabby sentit sa respiration s’accélérer.
— Je veux te voir, toi aussi, murmura-t-elle.
Mon Dieu, c’était vraiment elle qui venait de dire ça ? Venait-elle d’admettre ouvertement combien elle le désirait?
Il leva les bras comme s’il se rendait.
— Je suis tout à toi. Je t’en prie.
Elle n’avait pas besoin de plus d’encouragement. Elle tendit une main tremblante vers lui et fit glisser son maillot de bain noir. Quand elle le vit dans toute la splendeur de sa virilité, elle retint son souffle. Il était si beau, si impressionnant… et son désir pour elle était si évident.
D’abord avec hésitation, puis, de plus en plus d’assurance, elle se mit à le caresser.
— C'est bon, gémit-il, tout en lui prenant la main. Mais je veux pouvoir me contrôler.
Gabby tremblait. Ce qu’elle ressentait était si nouveau pour elle. Son corps réclamait celui de Vinn avec une force inouïe, elle sentait un désir liquide et brûlant pulser au creux de ses cuisses, sa poitrine se tendait et s’offrait, et sa bouche attendait celle de Vinn.
Alors, sans plus réfléchir, elle se serra contre lui pour l’embrasser. Vinn répondit à ce baiser avec passion, tout en la poussant vers le lit. Il s’allongea sur elle et la pénétra d’un coup de reins puissant. Gabby poussa un petit cri de douleur.
— Je vais trop vite ? demanda Vinn, en s’immobilisant.
Elle secoua la tête.
— Non… c’est… cela fait si longtemps.
Vinn détestait penser à l’homme qui, le premier, lui avait fait l’amour. Cela le rendait fou que ce misérable l’ait eue dans son lit nuit après nuit, lui donnant du plaisir comme il voulait lui en donner. Il voulait qu’elle l’oublie, et il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour cela, pour qu’elle crie son prénom à lui lorsqu’il la mènerait à l’extase.
— Je vais aller tout doucement, dit-il en embrassant ses lèvres. Détends-toi, cara, suis-moi, ne te crispe pas.
Il allait et venait lentement, se délectant de sa chaleur, mais toujours conscient de son hésitation. Il le sentait à ses muscles tendus, comme si elle avait peur qu’il la blesse.
— C'est ça, murmura-t-il quand il la sentit bouger au même rythme que lui. Gabriella, suis-moi… doucement…
Gabby commençait à se détendre. Il était si prévenant, si doux… et pourtant si puissant. Elle le sentait aller et venir en elle, à chaque poussée plus profondément. Son corps tremblait, mais cela ne suffisait pas à la combler, à apaiser ce besoin qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même. Elle gémit. Elle voulait quelque chose de plus, quelque chose qui lui ferait oublier le passé…
Il glissa la main au cœur de sa féminité et caressa le bourgeon secret où semblait se concentrer tout son désir. Un flot de sensations intenses et merveilleuses la submergea. Elle était sur le point de découvrir ce qu’elle cherchait, elle le sentait, mais elle avait encore peur… Impossible de se laisser aller.
— Jouis pour moi, cara, murmura Vinn contre ses lèvres. Laisse-toi aller.
Gabby se concentra pour éloigner de son esprit les souvenirs douloureux qui l’assaillaient.
— Je ne peux pas…, dit-elle, au bord des larmes. Je suis désolée, je n’y arrive pas.
— Ne t’inquiète pas, prends ton temps.
Submergée par un sentiment de honte, elle secoua la tête.
— Je ne peux pas faire ça… Je n’ai jamais pu y arriver…
Il fronça les sourcils et Gabby le sentit se raidir.
— Qu’es-tu en train de me dire ?
Elle serra les lèvres. « Mon Dieu, faites que je ne m’effondre pas en larmes… »
— Tu veux dire que tu n’as jamais eu d’orgasme? insista-t-il.
Elle hocha la tête, et les larmes se mirent à couler sur ses joues.
Vinn se rappela son hésitation, sa crainte qu’il ne se montre brutal. Et son cœur se mit à battre à coups sourds dans sa poitrine, alors que de sombres pensées envahissaient son esprit.
Il jura.
— Est-ce que ce salaud t’a fait du mal ? demanda-t-il.
Elle ne dit rien, mais il devina la réponse à l’expression de ses yeux noisette, au léger tremblement de sa lèvre inférieure. La rage l’envahit.
Il s’écarta d’elle aussi doucement qu’il le put.
— Je suis désolé, Gabriella. Si j’avais su, je n’aurais jamais été si vite.
Elle posa la main sur son épaule.
— Tout va bien, dit-elle. Je veux apprendre, je veux que tu me donnes du plaisir. J’étais si près de… Je suis sûre que je peux y arriver… avec toi.
Vinn eut l’impression de vaciller. Son esprit réfléchissait à toute vitesse. Gabriella avait été mariée cinq ans et, apparemment, elle n’avait jamais connu le plaisir physique. Qu’est-ce que cela voulait dire ?
— Je ne veux pas te blesser, dit-il en la pénétrant de nouveau avec une infinie douceur. Dis-moi ce que tu veux.
— Toi, je te veux toi, murmura-t-elle. Personne avant toi ne m’a jamais fait éprouver cela…
Elle soupira de plaisir lorsqu’il bougea en elle, lentement puis plus vite, sans cesser de la caresser, d’observer les émotions qui défilaient sur son visage. Enfin, il sentit qu’elle était au bord de l’orgasme. Elle se cambra, puis elle cria son prénom. Vague après vague, la jouissance l’emportait, et Vinn s’autorisa enfin à la rejoindre dans l’extase.
Quand il eut repris ses esprits, il leva la tête et vit que Gabriella pleurait. Pas des sanglots, juste des larmes silencieuses qui le bouleversèrent.
Il caressa ses cheveux et ramena en arrière les mèches qui jouaient sur son visage.
— Tu as été merveilleuse, dit-il.
— Je ne réalise pas encore... C'était si intense...
Il déposa un baiser léger sur son front.
— Ce sera encore mieux lorsque tu sauras ce dont ton corps a envie. Et je vais aussi apprendre ce que tu aimes.
Le regard qu’elle lui adressa était empli d’une vulnérabilité qu’il n’avait jamais vue chez elle auparavant.
— Je t’ai donné du plaisir ? demanda-t-elle d’une petite voix.
— Comment peux-tu en douter, cara ? répondit-il en fronçant les sourcils.
Elle passa un doigt sur la cicatrice de Vinn.
— Je me suis toujours trouvée si lamentable… physiquement, avoua-t-elle dans un souffle. Durant nos fiançailles, Tristan ne m’a jamais touchée, sauf pour me donner quelques baisers et me tenir la main. Il prétendait vouloir attendre le mariage…
Elle prit une profonde inspiration avant de continuer.
— Je n’ai pas compris tout de suite qu’il avait des liaisons. Des liaisons qui ont continué pendant notre mariage.
Vinn plissa le front. Il avait toujours pensé que Gabriella avait fermé les yeux sur les aventures extraconjugales de Glendenning parce que seul comptait pour elle le prestige de ce mariage. S'était-il trompé ?
— Quand l’as-tu découvert ?
Elle détourna les yeux.
— Juste après notre mariage. Je l’ai trouvé dans une situation… embarrassante.
— Comment cela ?
Les joues de la jeune femme étaient écarlates, et sa voix mal assurée.
— Sa secrétaire… était à genoux devant lui.
Vinn jura de nouveau et sortit du lit. Il enroula une serviette autour de ses hanches et se mit à arpenter la pièce.
— Pour l’amour de Dieu, Gabriella, pourquoi n’as-tu rien dit ? Le mariage aurait pu être annulé !
Les yeux remplis de larmes, elle murmura :
— Mes parents avaient été déjà trop éprouvés pour affronter un nouveau scandale. Tu imagines ? Ma mère était si fière de ce mariage… Il l’avait aidée à sortir de la dépression et à se passer des médicaments. Comment aurais-je pu lui faire ça ? Non, ils avaient trop souffert.
Vinn serra les dents.
— Si j’avais été là, je jure devant Dieu que je serais intervenu. Mais tu t’es arrangée pour que je ne sois pas là, n’est-ce pas ?
Elle se mordit la lèvre.
— Je ne voulais pas d’une scène qui aurait perturbé mes parents, Vinn.
Il s’immobilisa.
— Ton mari t’a-t-il dit que c’était à lui que je devais ma cicatrice ? demanda-t-il en désignant son sourcil.
Gabriella pâlit.
— Non… Non !
— Il a embauché trois brutes pour m’empêcher de venir à ton mariage, expliqua-t-il d’une voix pleine d’amertume. Et quand ils ont eu fini, il m’a donné un coup de talon au visage, en me disant que c’était un cadeau de ta part.