La revanche d'un Venadicci
Les jours suivants, Gabby fut presque capable…
11.
Les jours suivants, Gabby fut presque capable de s’imaginer que sa lune de miel avec Vinn était parfaite. Au fil des jours de détente ensoleillés, elle se sentait s’épanouir, sans parler des nuits passionnées passées dans les bras de Vinn, qui la laissaient à bout de souffle, épuisée et de plus en plus désespérément amoureuse. Elle passait des heures à le regarder, à profiter de chaque sourire qu’il lui adressait. Elle frissonnait dès qu’il l’effleurait au cours de leurs promenades pour découvrir les criques, les plages et la forêt tropicale.
Elle avait l’impression que son corps était différent, plein d’énergie et de vie. Et cela n’avait rien à voir avec le hâle doré qu’elle commençait à avoir, ni avec la cuisine délicieuse qu’elle dégustait aux repas, et grâce à laquelle elle avait repris un peu de poids. Non, son corps était en éveil à cause de Vinn. Il suffisait qu’il pose sur elle un de ses regards brûlants, et son désir s’éveillait. Elle entrouvrait la bouche dans l’attente de ses baisers…
Le dernier jour de leur séjour, ils allèrent dans la partie la plus éloignée de l’île. Peu de touristes s’y rendaient dans la mesure où une marche de quatre heures était nécessaire pour accéder à cette solitude parfaite.
Après un délicieux pique-nique à base de brochettes de poulet tandoori, de fromages et de fruits, agrémenté d’une bouteille de champagne, ils avaient fait l’amour sur les serviettes de plage.
Comblée, Gabby était allongée dans les bras de Vinn. Les yeux clos pour se protéger du soleil, elle reprenait son souffle, tout en écoutant le doux bruit des vagues sur la rive, pendant que Vinn caressait ses cheveux.
Les mouvements de ce dernier se firent plus lents, sa respiration plus profonde, et Gabby comprit qu’il s’était endormi. Elle se redressa sur un coude pour l’observer. Bronzé, musclé et élancé, il était magnifique de virilité.
Du bout des doigts, elle caressa sa bouche avant de se pencher pour y déposer un léger baiser. Ses lèvres bougèrent, comme si, même au sein du plus profond sommeil, il était conscient de ce qu’elle faisait.
Elle se dégagea doucement et se mit à marcher vers l’eau avant de plonger et de nager lentement, se délectant de la caresse de l’eau salée sur sa peau chauffée par le soleil. Jamais auparavant elle ne s’était baignée nue, et elle y trouvait une sensation de liberté exaltante, et très érotique. L'eau la caressait, lui donnant une conscience plus aiguë du plaisir qu’elle pouvait ressentir et donner.
Le désir que Vinn éprouvait pour elle la bouleversait. Certes, il ne prétendait pas l’aimer, mais elle sentait qu’il n’avait plus pour elle les mêmes sentiments de colère et de vengeance. Il était tendre, protecteur et attentif à ses moindres besoins. Au début, elle avait pensé qu’il se conduisait ainsi pour donner le change, en raison de la présence du personnel de la station, mais il agissait de même lorsqu’ils étaient seuls. Elle aimait penser qu’il était en train de tomber amoureux d’elle, mais après l’erreur qu’elle avait commise avec Tristan, elle n’osait se fier à son jugement.
Lorsque Gabby sortit de l’eau un peu plus tard, Vinn était assis et la regardait avancer avec des yeux brûlant de désir. Un délicieux frisson d’attente la parcourut.
— Tu ressembles à une sirène, cara, dit-il en se levant. Une belle sirène sortie des profondeurs de la mer pour séduire un simple mortel.
Il la serra contre elle.
— Une sirène ? répliqua-t-elle avec une petite grimace. Sans maquillage et les cheveux pleins de sel ?
Il sourit et écarta les mèches de cheveux qui jouaient sur ses joues.
— Tu n’as jamais été aussi belle qu’en cet instant, dit-il en posant les mains sur ses reins pour la plaquer contre lui.
Elle plongea son regard dans le sien. Ses jambes tremblaient. Ecrasés contre son torse, ses seins se gonflaient de désir.
Vinn pencha la tête et l’embrassa avec un sentiment d’urgence qui répondait à celui qu’elle ressentait. Leurs langues se livraient à une danse sensuelle et passionnée qui lui faisait tout oublier, tout sauf qu’elle mourait d’envie qu’il la possède et qu’il fasse vibrer son corps de plaisir.
Il l’allongea sur une serviette de bain, et se mit à embrasser ses seins jusqu’à ce que Gabby se cambre de désir. Son corps n’attendait plus qu’une chose, qu’il la mène vers l’extase.
Enfin, il la pénétra d’un seul coup de reins, et elle cria de bonheur tandis qu’elle serrait les jambes contre lui. Il allait et venait de plus en plus vite, ses doigts caressant son sexe pour accroître son plaisir. La jouissance l’emporta telle une vague, et elle ne reprit vraiment conscience que lorsqu’elle le sentit la rejoindre à son tour.
— C'est si bon, murmura-t-il.
— J’aime te toucher, dit-elle en lui caressant le dos.
Il se redressa sur un coude pour la regarder.
— J’aime aussi te toucher, cara. Et je ne crois pas que je pourrais m’en lasser.
Gabby baissa les yeux.
— Et que se passera-t-il si tu te lasses tout de même ?
— Il n’y aura pas de divorce, déclara-t-il en lui prenant le menton pour qu’elle le regarde.
Elle tenta de réprimer son amertume, mais en vain.
— Ainsi, je suppose que si je ne te plais plus, tu te précipiteras auprès d’une de tes nombreuses maîtresses ?
Il la regarda durement.
— C'est comme ça que tu me vois ? Tu n’as donc rien appris sur moi pendant ces quelques jours ?
Elle se mordit la lèvre.
— Je sais que tu aimes beaucoup le sexe. Mais, comme tu me l’as déjà dit, c’est uniquement mon corps que tu désires.
Il se dégagea et se leva.
— Eh bien, les choses sont différentes à présent, dit-il.
Gabby enroula autour d’elle la serviette de bain.
— Que veux-tu dire ?
Il se tourna vers elle, mais la lumière du soleil l’empêchait de voir l’expression de son visage.
— Tu ne ressembles pas à la femme que je pensais avoir épousée. Par conséquent, j’ai dû… reconsidérer certaines choses.
— Par exemple, commencer à m’apprécier et non plus me haïr ?
— Je ne t’ai jamais haïe.
Il soupira avant d’ajouter :
— Enfin, je reconnais que j’ai dû te haïr quelques fois, mais pas maintenant. Gabriella… J’ai toujours séparé ma vie sexuelle de mes sentiments. C'est la première fois que je ressens quelque chose d’autre que du désir pour une femme.
— Es-tu en train de me dire que… tu m’aimes ? demanda-t-elle dans un murmure.
Il lui adressa un sourire malicieux.
— Si l’amour est ce sentiment qui fait battre le cœur chaque fois qu’on regarde la personne qu’on a épousée, alors oui, je suis peut-être amoureux de toi. A moins qu’il ne me faille prendre rendez-vous chez un cardiologue ? Qu’en penses-tu ?
Gabby bondit sur ses pieds et se jeta dans ses bras pour l’embrasser.
— Je pense que tu es la personne la plus merveilleuse que j’aie jamais rencontrée ! s’écria-t-elle. Je t’aime tellement!
— Assez pour te débarrasser de ta pilule ? demanda-t-il en souriant.
— Tu sais que je la prends ? demanda-t-elle d’un air contrit.
Il déposa un baiser sur son front.
— Si tu as besoin de plus de temps, nous attendrons, dit-il. Mais j’ai envie d’avoir une famille depuis très longtemps. Je pense que c’est parce que j’ai été un enfant unique élevé par une mère seule.
— Je vais jeter ma plaquette, promit-elle. Je veux porter tes enfants, Vinn. Je veux être une épouse merveilleuse pour toi, afin d’effacer toutes les choses affreuses que je t’ai faites par le passé.
— Nous sommes différents, aujourd’hui, Gabriella. Le passé ne doit pas nous dicter notre avenir.
Elle leva la tête.
— Pourquoi m'appelles-tu toujours « Gabriella » ?
— C'est un beau prénom. Et il est d’origine italienne. Mais si tu veux que je t’appelle « Gabby », je peux faire un effort.
Elle sourit.
— Non, j’aime la façon dont tu dis mon prénom. Personne ne le prononce de cette manière. Cela me fait frissonner… depuis toujours.
— Oh, vraiment ? Voilà qui est intéressant ! répondit-il en lui rendant son sourire. Moi qui avais toujours pensé que tu détestais tout en moi.
— Peut-être a-t-on raison de dire que l’amour et la haine sont les deux faces d’une même médaille ? Même si j’étais très jeune lorsque tu es arrivé chez nous, je pense que j’ai été dure avec toi parce que j’avais peur de ce que tu me faisais ressentir.
Il prit son visage entre ses mains.
— Tu en as toujours peur, mia piccola ? demanda-t-il.
— Avec toi, je me sens en sécurité comme avec personne, répondit-elle en le regardant avec amour. Après Tristan, je pensais que je ne pourrais jamais plus faire confiance à un autre homme mais, ces derniers jours, tu as réussi à chasser toutes mes peurs.
Gabby vit le regret assombrir le regard de Vinn.
— J’aurais voulu pouvoir te protéger de lui, dit-il en serrant les dents. Si j’avais su ce qui se passait, je l’aurais fait jeter en prison, mais seulement après lui avoir donné une bonne leçon. Il savait que tu ne pouvais te défendre… Bon sang, je préfère ne pas penser à ce qui aurait pu arriver.
Elle posa la main sur sa joue.
— Je ne me vois pas comme une victime, dit-elle. Plus maintenant.
Il l’embrassa avec douceur, presque avec dévotion.
— Nous devrions rentrer, murmura-t-il, car nous avons une longue route devant nous. Et je ne voudrais pas que tu sois trop fatiguée pour ce que j’ai prévu cette nuit…
Gabby lui adressa un sourire malicieux tout en ramassant son Bikini.
— Tu veux dire que je vais devoir attendre cette nuit pour connaître tes projets ?
Il l’attrapa par la taille alors qu’elle lui tournait le dos, et la serra contre lui.
— Nous pouvons peut-être revoir un petit peu l’emploi du temps, murmura-t-il en lui mordillant le lobe de l’oreille.
— Cela me va, répondit Gabby avec un soupir.
Il la surprenait sans cesse avec ce qu’il lui faisait avec ses mains, sa bouche, son corps, et ce qui l’étonnait encore plus, c’était la façon dont elle réagissait à ses caresses. S'il ne lui faisait pas l’amour, là, tout de suite, elle avait l’impression qu’elle allait mourir. Mais il la faisait attendre, faisant durer l’attente jusqu’à ce qu’elle sanglote presque de désir.
— Sois patiente, cara, ce sera encore meilleur si tu attends un peu…
— Non, maintenant ! murmura-t-elle en se serrant contre lui. Ne me fais pas attendre plus longtemps.
Il rit.
— Dis-moi ce dont tu as envie, Gabriella, lui chuchota-t-il à l’oreille. Dis-moi ce que tu veux que je te fasse.
— Tu sais ce que je veux, dit-elle dans un souffle.
— Ça ?
Et il la pénétra d’un seul coup de reins.
— Oh, oui…, gémit-elle.
— Et ça ? demanda-t-il en commençant à bouger en elle.
Il agrippa ses hanches et accéléra peu à peu le rythme de ses va-et-vient, jusqu’à ce que Gabby sente qu’elle approchait le point de non-retour. Elle était au bord de l’extase, en train de tomber en chute libre dans un abîme de sensations délicieuses. Une chute vertigineuse de sensations qui s’accélérait, encore et encore.
Elle atteignit le sommet du plaisir, suivie par Vinn. Quel bonheur de le sentir en elle, de sentir le pouvoir qu’elle avait sur lui, un pouvoir de femme qu’elle n’avait jamais connu jusqu’alors…
Vinn serrait Gabriella dans ses bras, tout en tentant de reprendre son souffle. Elle avait le pouvoir de le déstabiliser totalement, de faire vaciller le contrôle qu’il exerçait d’ordinaire sur lui-même. Chose inhabituelle, il avait pris des risques…
Il l’aimait. Il l’avait toujours aimée.
Pendant des années, il s’était fait croire le contraire, mais la vérité, c’est qu’il n’avait jamais désiré qu’elle, qu’il n’avait jamais aimé qu’elle. Elle était la moitié qu’il avait cherchée toute sa vie. Le problème était qu’il l’avait rencontrée trop jeune, et qu’il l’avait effrayée par l’intensité des sentiments qu’il lui avait maladroitement fait ressentir, la poussant ainsi dans les bras d’un autre homme.
Réticent à relâcher son étreinte, Vinn prit les seins de Gabriella en coupe dans ses mains.
— Tu crois pouvoir retrouver le chemin dans le noir ? demanda-t-il. Tu connais l’île mieux que moi.
Elle se tourna vers lui et noua les bras autour de sa nuque.
— Nous ne pourrions pas rester ici cette nuit ? suggéra-t-elle. Je n’ai pas envie que ce moment magique prenne fin.
Il posa sur elle un regard mélancolique.
— Nous prenons l’avion demain, cara, lui rappela-t-il. Pour retrouver le vrai monde.
— Je sais… Mais cela ne change rien, affirma-t-elle. Je veux être la meilleure épouse du monde pour toi. Je ne veux pas te décevoir.
Il sourit et la serra dans ses bras.
— Tu ne me décevras jamais, Gabriella. J’en suis certain.