La revanche d'un Venadicci

Melanie Milburne · Chapitre 6 sur 11

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La revanche d'un Venadicci

Gabby se sentit fondre dans la chaleur…

7.

 

 

Gabby se sentit fondre dans la chaleur de son baiser. Les lèvres de Vinn étaient fermes et sensuelles à la fois, exigeantes et douces. Et elle tremblait de tout son corps sous leur assaut.

Elle répondait à son baiser avec une intensité qui l’effrayait presque. Elle brûlait de désir pour lui, elle avait envie qu’il touche chaque centimètre de son corps, qu’il la fasse chavirer de plaisir… Son désir était de la lave liquide. Et le fait de sentir l’excitation de Vinn l’enflammait.

Sans cesser de l’embrasser, il se mit à défaire les boutons de son chemisier de coton. Un par un. Puis il lui ôta son soutien-gorge et se pencha vers ses seins. Elle gémit tandis qu’il traçait avec la langue des cercles autour de son téton, avant de se mettre à le sucer. Gabby crut que ses jambes allaient cesser de la porter. Il se pencha vers son autre sein, le suçant plus fort, le mordillant doucement. Des étincelles de plaisir jaillissaient dans son ventre. Son esprit se vidait de toute pensée. Une seule chose comptait : les sensations inouïes qu’il faisait naître en elle.

Il la plaqua si fort contre lui qu’elle sentit la force de son érection contre son ventre.

— J’aime le goût de ta peau, murmura-t-il contre ses lèvres. Je veux te goûter tout entière… Viens. Nous n’avons pas à attendre. Je te veux, maintenant.

Gabby se sentit vaciller. Son corps voulait une chose, tandis que son esprit s’y opposait de toutes ses forces. Vinn avait une maîtresse, elle ne devait pas l’oublier. Il était un vrai play-boy, et il ne l’épousait que par vengeance. Aucun amour dans leur accord, même pas de l’affection. Tout cela n’était qu’une histoire de désir sexuel : il la voulait depuis longtemps et il avait fait en sorte de réussir. Il allait se servir d’elle et, lorsqu’il serait lassé, il la laisserait seule, prisonnière de ce mariage ridicule, jusqu’à ce qu’il décide de rompre ce dernier lien.

Mais son corps lui soufflait des arguments tout différents… Il vibrait de désir, chaque centimètre de sa peau attendait les caresses de Vinn. Comment ignorer le besoin qu’il avait fait naître en elle ?

— D’ailleurs, pourquoi ne pas rester ici ? murmura Vinn en la poussant vers le bar.

Une de ses mains se glissa sous sa jupe.

— Non ! s’écria Gabby en le repoussant vivement.

Elle s’efforçait de respirer régulièrement et de faire taire sa frustration. Elle devait à tout prix rassembler ce qui lui restait de dignité…

— Non, répéta-t-elle. Je ne veux pas.

— Pourtant, tu ne m’as pas donné cette impression voilà quelques minutes, répliqua-t-il sèchement. Puis-je savoir ce qui t’a fait changer d’avis ?

Gabby se dégagea et réajusta son chemisier. Vite, elle devait trouver quelque chose à dire…

— Je ne veux pas faire l’amour avec toi avant que nous soyons mariés, déclara-t-elle.

— Au nom du ciel, Gabriella ! Tu as déjà été mariée ! Ce n’est pas comme si tu voulais être vierge pour ta nuit de noces.

Gabby entendait vibrer la frustration dans la voix de Vinn. Comme elle s’en voulait d’avoir laissé les choses aller aussi loin…

— Je suis désolée, murmura-t-elle en se mordant la lèvre. Ce n’est pas facile pour moi. Cela fait longtemps que je n’ai pas eu de… relations intimes… Depuis…

Il posa l’index sur ses lèvres pour la faire taire.

— Chut… Ne me parle pas de ton mari. Chaque fois que je pense à toi entre ses bras, je deviens fou.

Mais après quelques secondes, il ôta son doigt et demanda :

— Il a été ton premier amant ?

Gabby hocha la tête, réprimant la grimace qui lui venait aux lèvres lorsqu’elle pensa à l’unique fois où Tristan l’avait forcée à coucher avec lui. Jamais elle n’aurait pensé que cela pouvait être aussi douloureux… Mais il avait été si brutal. Il l’avait prise comme une prostituée, avant de la laisser, brisée physiquement et émotionnellement.

— Et depuis, il y a eu quelqu’un ? poursuivit Vinn.

— Non, non, répondit-elle en secouant la tête.

Vinn inspira profondément. Devait-il la croire ? Son mari s’était tué en percutant un poteau télégraphique, la nuit de leur cinquième anniversaire de mariage. Selon les dires de la police, il était mort sur le coup. Après l’accident, les journalistes avaient pris de nombreuses photos de Gabriella. Sur tous les clichés, elle apparaissait bien coiffée, les ongles faits, avec à peine une ombre de tristesse sur son beau visage. A de nombreuses reprises, Vinn s’était demandé s’il devait accorder crédit aux rumeurs circulant en ville, selon lesquelles Gabriella avait eu de nombreuses aventures pendant son mariage. Glendenning aurait fermé les yeux pour ne pas remettre en question l’alliance entre leurs deux familles.

— Tu l’aimais ? demanda Vinn.

— Je croyais que tu ne voulais plus que je te parle de lui, répliqua la jeune femme avec un regard ironique.

— C'est une simple question. Un oui ou un non me suffira.

— Pourquoi tiens-tu à le savoir ? Ce n’est pas comme si tu éprouvais pour moi autre chose que du désir sexuel. Ou bien me caches-tu quelque chose ?

Pendant une seconde, Vinn admira son sens de la repartie. Elle avait le don de déplacer la conversation pour ne plus en être l’objet ! Mais le plus amusant, c’est qu’il ne savait pas ce qu’il ressentait pour elle. Pendant des années, il l’avait haïe et désirée en même temps. Elle avait été si détestable avec lui, par le passé… Il pouvait lui pardonner sa conduite au nom de sa jeunesse, mais pas la façon dont elle continuait à le mépriser aujourd’hui. A ses yeux, il était toujours le fils de la femme de ménage, même pas digne de lui tenir la porte, sans parler même de la toucher.

— Cela t’arrangerait, n’est-ce pas, Gabriella ? Que je te confesse un amour éternel ? Désolé de te décevoir, mais mes sentiments sont plus simples. Du désir physique en effet, voilà tout. C'est peut-être un peu grossier pour quelqu’un de ton milieu, mais cela se résume pourtant à ça.

Elle lui adressa un regard hautain. Vinn sourit en prenant ses clés de voiture.

— Reboutonne correctement ton chemisier avant que je te ramène à l’hôpital voir ton père, dit-il.

Gabby baissa la tête et rougit en voyant qu’elle avait mal remis les boutons de son corsage. Mais ce qui l’humiliait encore plus, c’était la façon dont Vinn avait toujours le dernier mot. C'était comme si, d’une simple pichenette, il pouvait totalement réduire à néant son amour-propre. Elle allait devoir se battre pied à pied pour empêcher cela, mais, après chaque baiser qu’il lui imposait, elle se rendait compte qu’elle dérivait de plus en plus loin et perdait pied dans des eaux inconnues.

Elle avait toujours pensé qu’épouser Tristan Glendenning avait été la pire erreur de sa vie, mais à présent, elle savait que tomber amoureuse de Vinn serait pour elle une tragédie bien plus grande.

 

En face du célébrant, Gabby s’écoutait répéter de façon mécanique les vœux qui, vu les circonstances, n’avaient jamais été aussi dépourvus de sens.

Pourtant, la voix claire et grave de Vinn leur donnait un peu de force, pensa-t-elle. Il les prononçait comme s’il l’aimait vraiment, comme s’il voulait la respecter et l’honorer toute sa vie durant.

Lorsque le célébrant annonça qu’il était temps que le marié embrasse la mariée, Gabby se tourna pour faire face à Vinn. Elle ferma les yeux tandis qu’il prenait ses lèvres pour un baiser possessif qui semblait dire : « Tu es à moi maintenant, corps et âme. » Et s’il en avait décidé ainsi, cela pourrait bien être le cas d’ici à quelques heures seulement.

Leur vol avait été réservé pour la station Saint Clair, et ils étaient censés partir dans une heure. Leurs bagages se trouvaient déjà dans la voiture de Vinn et, une fois le certificat de mariage signé, il la guida jusqu’au parking.

Tandis qu’ils se dirigeaient vers l’aéroport, Gabby ne savait quoi dire. Troublée, elle avait conscience du corps puissant de Vinn tout près du sien. Il avait déjà ôté sa veste et remonté les manches de sa chemise, en raison de la chaleur, et elle ne put réprimer un frisson d’inquiétude et d’excitation en observant à la dérobée ses avant-bras musclés et hâlés.

Que se passerait-il lorsqu’ils seraient sur l’île ? se demanda-t-elle avec appréhension. Avec la température qu’il allait faire là-bas, elle ne pourrait porter guère plus que son Bikini et son paréo. Sans penser à ce qu’elle mettrait pour dormir…

— Quand es-tu allée sur l’île pour la dernière fois ? demanda soudain Vinn, la faisant sursauter.

— J’y suis allée au début de l’année, en février. Je voulais surveiller le réaménagement, mais je ne suis restée que quelques jours.

Il ne disait rien, mais sans doute estimait-il qu’elle aurait dû y aller plus souvent, pour garder un œil sur ce qui s’y passait. Gabby soupira. Mark Vella, le nouveau directeur que Vinn avait engagé, avait déjà repéré quelques erreurs dans ses comptes, ce qui avait encore accru son sentiment d’incompétence. Pourtant, Vinn n’avait pas paru y attacher grande importance. Il avait simplement informé Mark Vella que les choses avaient été difficiles ces derniers temps, en raison des problèmes de santé du père de Gabby. Un instant, celle-ci avait espéré que Vinn avait agi ainsi pour la ménager, mais elle avait très vite compris qu’il n’avait fait que jouer le rôle du fiancé, et que ce qu’elle ressentait n’avait aucune importance pour lui.

Pour rien au monde elle ne l’aurait avoué devant Vinn, mais depuis qu’elle ne devait plus aller au bureau, elle se sentait libérée d’un énorme poids. Même ses parents n’avaient guère semblé inquiets qu’elle se retire. Au contraire, ils faisaient confiance au jugement de Vinn.

— Et puis, avait ajouté sa mère avec un timide sourire, peut-être allons-nous bientôt avoir un petit-fils ou une petite-fille, n’est-ce pas, Gabby ? Après tout, tu vas bientôt avoir trente ans.

Vinn avait souri et pris Gabby par la taille.

— Ne vous inquiétez pas, Pamela. Nous y travaillons.

Rougissant jusqu’à la racine des cheveux, elle s’était forcée à sourire…

 

Une fois dans l’avion, Gabby fit semblant de dormir. Mais après ce qui lui parut seulement quelques minutes, elle ouvrit les yeux et découvrit qu’elle avait la tête posée sur l’épaule de Vinn.

Elle se redressa et cligna des yeux plusieurs fois.

— Désolée… J’ai dû m’assoupir.

— Pas de problème, répondit-il avec un sourire décontracté. J’adore t’écouter ronfler.

— Je ne ronfle pas ! protesta-t-elle.

— Comment peux-tu en être sûre ? Tu n’as pas eu d’amant depuis la mort de ton mari. Du moins, c’est ce que tu as dit.

— Tu ne me crois pas ? releva-t-elle en fronçant les sourcils.

Il la toisa pendant quelques secondes.

— Tu ne peux pas ignorer les rumeurs qui ont circulé durant ton mariage, dit-il enfin.

Gabby sentit son estomac se nouer.

— Q... quelles rumeurs ?

— Des rumeurs au sujet de tes aventures.

Elle rougit mais répliqua :

— Je trouve particulièrement amusant que tu accordes du crédit à ce que tu lis dans la presse, alors que tu prétends que la femme avec laquelle tu as été photographié n’est pas ta maîtresse. Tout semble dire le contraire.

— Tu maintiens donc que ces rumeurs étaient sans fondement ? insista-t-il sans la quitter des yeux.

Devait-elle lui dire ce qui s’était réellement passé lors de son mariage ? songea-t-elle. Deux choses l’arrêtèrent. La première, ils étaient assis dans un avion au milieu des autres passagers. La deuxième, c’était sa fierté. Vinn l’avait mise en garde contre son mariage avec Tristan, et elle l’avait ignoré, ce qui lui avait coûté très cher. Si elle lui avouait la vérité, il ne cesserait ensuite de la lui rappeler pour lui faire du mal. Non, elle avait assez souffert et, d’une certaine façon, elle paierait toute sa vie pour son erreur. Une vie qui avait pris une trajectoire qu’elle n’aurait jamais imaginée…

— Je dis que tu ne devrais pas croire tous les ragots. Les choses ne sont jamais aussi simples.

— C'est vrai, approuva-t-il avec un sourire impénétrable. Il y a toujours la version de la femme, celle du mari, et puis il y a la vérité.

Gabby fut soulagée d’entendre le commandant de bord annoncer l’atterrissage. Tant mieux, elle n’aurait pas à poursuivre cette conversation ! Elle plaça son sac sous le siège, ferma sa ceinture, fixa le ciel d’un bleu azur et l’océan par le hublot.

De nombreuses autres îles entouraient l’île Saint Clair, mais, pour Gabby, aucune n’était aussi belle et paisible. Elle avait de merveilleux souvenirs des vacances qu’elle y avait passées, enfant. Elle avait partagé des jours magiques avec son frère, à jouer dans les vagues, construire des châteaux de sable, faire de longues marches sur les plages privées, en dehors de la plage principale qui bordait le restaurant et le bar.

Une bouffée de nostalgie la submergea lorsque l’avion toucha le sol. Des larmes perlaient à ses paupières, et elle dut cligner des yeux pour ne pas les laisser couler. James avait aimé l’île autant qu’elle. Et même après tout ce temps, elle trouvait terrible de se dire qu’il ne reviendrait jamais ici, qu’il ne marcherait plus au bord de l’eau avec elle, ramassant un ou deux coquillages pour sa collection.

Soudain, elle sentit la main de Vinn prendre la sienne.

— Tout va bien ? demanda-t-il.

Elle lui retourna un sourire forcé.

— Bien sûr.

Il serra ses doigts.

— Il me manque aussi, cara. C'était mon ami, ajouta-t-il doucement.

La gorge de Gabby se serra, mais elle parvint à articuler :

— Tu étais comme un frère pour lui. J’étais si jalouse de votre relation… A présent, mon attitude me paraît si mesquine et infantile !

— Tu étais une enfant, répondit-il en lâchant sa main. Et une enfant plutôt gâtée. Je ne retiendrai pas cette charge contre toi.

Gabby frissonna.

Leur mariage ne se résumait-il pourtant pas à ça ?

Châtiment. Revanche. Vengeance.