La revanche d'un Venadicci
Gabby avait du mal à contenir son…
5.
Gabby avait du mal à contenir son inquiétude, tandis qu’elle patientait avec sa mère dans la salle d’attente. Comment allait son père ? Elle attendait depuis si longtemps…
Enfin, le chirurgien arriva avec de bonnes nouvelles. Tout s’était très bien passé, et Henry se réveillait. Il resterait en salle de réveil encore quelques instants, avant d’être conduit en soins intensifs.
— Quand pourrons-nous le voir ? demanda-t-elle.
— Dès qu’il sera en soins intensifs, j’enverrai quelqu’un vous avertir. Ne soyez pas impressionnées par les machines et les tubes qui sont reliés à lui, je vous assure que c’est moins effrayant que cela en a l’air. Henry est très chanceux. Il n’a pas fumé depuis des années, il n’a pas de problèmes de poids. Bien sûr, il a malheureusement des antécédents familiaux mais, avec un bon mode de vie et pas de stress, il se remettra très bien.
Ces dernières paroles confortèrent Gabby dans sa décision. L'accord prénuptial qu’elle avait signé ce matin, par échange de courrier, lui semblait moins amer. Elle s’était engagée à épouser Vinn devant un célébrant, dans un bureau d’état civil. Ils partiraient ensuite pour une courte lune de miel dans la station balnéaire Saint Clair.
Gabby essayait de ne pas y penser, si bien qu’elle était presque heureuse de devoir s’inquiéter pour son père. Cela lui permettait de concentrer son attention, de soutenir sa mère, elle qui avait en général du mal à faire face à un ongle cassé ou à un problème de cheveux. Alors, face à une telle situation…
A la mort de James, la réaction de sa mère avait poussé Gabby à épouser Tristan Glendenning, alors même qu’elle avait des doutes au sujet de ce mariage depuis des mois. Tristan lui avait assuré qu’une grande cérémonie était le meilleur moyen de redonner envie de vivre à sa mère, et de l’aider à se passer des calmants prescrits par les médecins.
L'inquiétude de Gabby pour la santé de sa mère avait en quelque sorte scellé son destin. Elle avait été si occupée par ses parents et leur chagrin, qu’elle en avait fini par ignorer le sien. Et par se préparer des années d’enfer.
Voilà qu’à présent, tout recommençait. Elle épousait un homme qu’elle n’aimait pas, uniquement pour protéger ceux qu’elle chérissait de tout son cœur.
Pourtant, Gabby pressentait que Vinn ne serait pas du tout le même genre de mari que Tristan. Et peut-être était-ce pour cette raison qu’elle se sentait si perturbée. Pour elle, Vinn représentait un mystère. De bien des façons, il en avait toujours été ainsi.
Mais elle devinait qu’il ne lèverait jamais la main sur elle. Par le passé, il avait eu maintes raisons de le faire, et pourtant, il n’avait jamais rien tenté contre elle. Sauf ce baiser, bien sûr… Secrètement, elle l’avait toujours admiré pour la retenue dont il avait alors fait preuve, ce soir-là ; elle s’était si mal conduite avec lui ! A sa place, bien des hommes auraient profité de l’occasion pour se venger. Lui, avait attendu sept ans…
Gabby frissonna et se tourna vers sa mère, qui sanglotait dans son mouchoir.
— Tout va bien, maman, dit-elle. Tu as entendu le chirurgien ? Papa va bien.
Pamela Saint Clair s’essuya les yeux.
— Je sais, ma chérie. J’aurais juste voulu que James soit là. Avec ton père incapable de travailler, que va devenir l’entreprise ? Il ne m’a jamais parlé de ses affaires. Tu es sûre que tout va bien ? Tu ne nous en as rien dit depuis une éternité et je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter… me dire que nous pourrions perdre tout ce que nous avons, tout ce pour quoi nous avons tant travaillé. Si nous perdions la maison… je ne pourrais pas le supporter !
— Maman, arrête de t’inquiéter. Tout va bien, répliqua Gabby en serrant sa mère dans ses bras pour qu’elle ne devine pas son mensonge. J’ai parlé aux Foster hier encore et ils m’ont confirmé que tout se passait bien. Ils ont fait le plein des réservations pour le mois prochain, et nous faisons des bénéfices, comme nous l’avions prévu. Tout est sous contrôle.
— J’en suis si heureuse, murmura Pamela en séchant ses larmes. Et je suis heureuse que tu épouses Vinn, je veux que tu le saches.
— Pourtant, j’ai toujours pensé que tu ne l’aimais pas, rétorqua Gabby en s’écartant. Que tu considérais que lui et sa mère n’étaient pas assez bien pour nous.
Pamela fit une petite grimace.
— Je sais… Du coup, je parais horriblement hypocrite, n’est-ce pas ? Mais je crois que mon comportement d’autrefois s’explique par la honte que j’éprouvais face à mes propres origines.
— Que veux-tu dire ? demanda Gabby en fronçant les sourcils.
Sa mère la regarda droit dans les yeux.
— Ton père m’a épousée contre l’avis de ses parents. Nous ne vous en avons jamais parlé, à James et à toi, et heureusement, vos grands-parents n’y ont jamais fait allusion. Mais tu comprends, j’étais issue des quartiers pauvres…
Gabby ne pouvait en croire ses oreilles. Sans rien dire, elle fixait sa mère si bien apprêtée, à la diction parfaite… La connaissait-elle vraiment ?
— Rose, la mère de Vinn, me rappelait la mienne, poursuivit Pamela. Elle était mère célibataire elle aussi, sans instruction, à la merci de ses employeurs. Quand j’étais enfant, elle allait de place en place et nous déménagions sans cesse, si bien que je n’avais jamais le temps de me faire des amis. Alors j’ai laissé tomber l’école et je me suis fiée à mon apparence pour arriver là où je voulais aller. J’ai rencontré ton père alors que je travaillais dans un restaurant. C'est là aussi que j’ai connu Janice, la mère de Tristan… Ses parents étaient les propriétaires. Elle a été si gentille avec moi, nous sommes devenues très amies. Tu connais la suite de l’histoire…
Gabby déglutit avec difficulté avant de demander :
— Mais tu aimais papa quand tu l’as épousé, n’est-ce pas?
Inconsciemment, elle retint sa respiration en attendant la réponse de sa mère.
— Au début, non, avoua celle-ci dans un soupir et en évitant de la regarder. J’étais enceinte de ton frère… J’étais stupide et naïve, et je n’ai pas pensé aux risques lorsque nous avons commencé à sortir ensemble… Ton père a insisté pour m’épouser, et c’est ce qu’il a fait en dépit des objections de sa famille.
Les yeux rougis de sa mère revinrent se planter dans les siens.
— Mais avec le temps, j’ai appris à l’aimer. Je n’ai pas besoin de te dire que c’est un homme bon. Il n’a pas toujours fait les choses comme il fallait, tout comme moi, mais il est tout ce qui me reste avec toi. J’aimerais tellement que James…
Elle prit une profonde inspiration avant de continuer :
— Je veux juste que tu sois heureuse, Gabby. Et c’est ce que voulait aussi Janice, la mère de Tristan. Je lui ai parlé hier, ils t’aiment tellement. Tu as été une épouse formidable pour leur fils.
Elle se mit de nouveau à sangloter, cachant son visage dans un mouchoir.
Gabby avait l’impression d’être malade. La culpabilité la submergeait à un point tel qu’elle risquait de voir éclater le contrôle précaire qu’elle exerçait sur elle-même. Les parents de Tristan, comme les siens, n’avaient jamais su toute l’histoire. Comment aurait-elle pu leur raconter ce qui se passait vraiment ? Comment aurait-elle pu dévaster tant de vies avec la sordide vérité ?
Elle s’était sentie si seule.
Tout comme aujourd’hui.
Mais quelqu’un aurait-il pu seulement comprendre ce que signifiait ce fardeau de culpabilité, de honte et de regrets ? Sa vie serait-elle marquée à tout jamais par les terribles erreurs qu’elle avait commises ? Et comment repartir de zéro ? Etait-ce seulement possible ?
Soudain, elle prit conscience des sanglots de sa mère, et serra de nouveau celle-ci dans ses bras.
— Ne pleure pas, maman, dit-elle doucement. Tout va bien se passer, j’en suis sûre. Vinn et moi allons nous occuper de tout.
Sa mère s’écarta et la regarda droit dans les yeux.
— Tu l’aimes ?
Gabby eut l’impression que son cœur cessait de battre. Comment mentir à sa propre mère ? Elle avait déjà proféré tellement de mensonges…
— Euh… maman…, bredouilla-t-elle, quelle question ! Pourquoi l’épouserais-je si je n’éprouvais pas… ça pour lui ?
Sa mère lui adressa un sourire radieux et lui serra les mains avec enthousiasme.
— Alors tu le rendras plus heureux que ton père ne l’a été avec moi la première année de notre mariage. Au moins, tu n’épouses pas Vinn parce que tu t’y sens obligée. Tu l’épouses parce que tu l’aimes et que tu ne peux imaginer de vivre avec un autre homme. A part Tristan, bien sûr. C'était ton âme sœur, tout le monde le savait. Mais la vie nous offre d’autres chemins, et c’est bien ainsi, n’est-ce pas, ma chérie ?
Gabby se força à sourire.
— Bien sûr, c’est exactement ce que je pense.
Gabby venait à peine de rentrer à Point Piper lorsque Vinn arriva. Tandis qu’elle observait sa haute silhouette sur la caméra de surveillance, elle se demanda un instant s’il n’avait pas guetté son arrivée.
Il était passé à l’hôpital en milieu d’après-midi, mais n’était resté que quelques instants. Juste le temps d’embrasser Gabby — un baiser sensuel qui l’avait fait frissonner — avant de se tourner et de sourire à sa mère.
D’une oreille, Gabby l’avait entendu discuter de la santé de son père. Dans sa poitrine, son cœur battait la chamade… Son estomac s’était noué lorsqu’il avait passé un bras autour de sa taille d’une façon possessive mais aussi protectrice. Elle n’avait pu lutter contre l’instinct qui la poussait à se rapprocher de lui. Il semblait si grand, si fort…
Tout à coup, Gabby avait pris conscience que sa mère les avait laissés pour se rendre au chevet de son père, en soins intensifs, où un seul visiteur à la fois était admis. Vinn avait retiré son bras, et elle s’était rapidement recomposé un visage pour qu’il ne voie pas combien elle était perturbée par sa proximité.
— Ce baiser était-il vraiment nécessaire ? avait-elle demandé avec irritation, en prenant soin de ne pas regarder la bouche sensuelle de Vinn.
Il l’avait fixée avec une lueur d’amusement dans les yeux.
— En fait, j’ai même pensé glisser ma langue dans ta bouche, mais je me suis dit que ta mère serait gênée de ce témoignage d’affection envers sa fille en public.
Elle avait arqué les sourcils d’un air volontairement ironique.
— D’affection ? Il ne s’agit que d’attirance physique, tu le sais très bien. Et c’est dégoûtant.
Il avait souri et lui avait caressé la joue du revers de la main. Une caresse légère, mais ce contact avait suffi à enflammer ses sens.
— Tu le sens aussi, mia piccola ? avait-il murmuré. Ce désir…
Elle s’était efforcée de le regarder avec froideur, tout en essayant de calmer les battements affolés de son cœur.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, avait-elle répliqué en croisant les bras sur sa poitrine.
Le sourire de Vinn s’était élargi. Il s’était penché vers elle pour déposer un baiser sur son front avant qu’elle puisse l’en empêcher.
— La façon dont tu combats le désir entre nous m’excite, Gabriella, avait-il dit d’une voix rauque et sexy. Tu le combats, mais tu veux la même chose que moi. Tu l’as toujours voulu…
— Ce que je veux, c’est te voir brûler en enfer ! s’était-elle écrié, avec rage.
Mais il s’était déjà éloigné, et elle l’avait regardé se diriger vers les ascenseurs. Deux infirmières s’étaient retournées sur son passage, lui lançant un regard admiratif. Puis les portes de l’ascenseur s’étaient refermées sur lui…
Gabby secoua la tête pour revenir au présent, et ouvrit la porte à Vinn. Elle se recula pour le laisser passer, de peur qu’il ne cherche à l’embrasser, comme cet après-midi.
— Que fais-tu ici ? demanda-t-elle d’un ton coupant.
Il mit la main dans la poche intérieure de sa veste et en sortit une boîte de velours noir.
— C'est pour toi, déclara-t-il avec une expression impénétrable. S'il ne te plaît pas, tu pourras le changer. Pour moi, cela n’a pas d’importance.
D’une main hésitante, Gabby prit la boîte. Quand elle l’ouvrit, elle vit briller à l’intérieur un magnifique solitaire en diamant. La pureté de la pierre était à couper le souffle.
— C'est... cette bague est splendide, dit-elle d'une voix faible. Elle a dû te coûter une fortune.
— Rassure-toi, pas autant que le remboursement de ton prêt, répliqua-t-il avec un regard ironique.
Gabby serra les lèvres en pensant à la somme qu’il avait dépensée pour qu’elle devienne sa femme. Même si elle avait eu une existence privilégiée que la plupart des gens ne connaîtraient jamais de toute leur vie, elle ne parvenait pas encore à croire qu’il ait pu faire ça.
Sortir de ce mariage serait d’autant plus difficile ! songea-t-elle pour la énième fois. Elle avait déjà supporté une union lamentable, chaque jour lui apportant son lot de mensonges et de trahisons. Pourrait-elle supporter pendant des années que Vinn la trompe avec d’autres femmes ? En effet, pourquoi changerait-il de comportement ? Depuis qu’il avait quitté le domaine des Saint Clair, il n’avait fait que multiplier les conquêtes…
— Bien sûr, tu dois d’abord ôter la bague de Glendenning, dit-il soudain.
Gabby regarda sa main gauche où brillaient le diamant et l’alliance qu’elle avait tant de fois voulu enlever depuis la mort de Tristan, deux ans plus tôt. Mais elle n’avait jamais osé affronter les commentaires de ses parents si elle l’avait fait.
— Oui… bien sûr, répondit-elle.
Vinn lui prit la main.
— Laisse-moi faire.
Et avec douceur, il lui enleva les bagues. Son regard était plongé dans le sien…
Gabby sentit son cœur s’accélérer et sa respiration devenir irrégulière. Soudain, elle avait si chaud… Elle retint son souffle lorsqu’il prit la bague qu’il avait achetée pour la lui passer doucement au doigt.
— Elle te va parfaitement, fit-il remarquer avec un sourire énigmatique. Comment est-ce possible ?
En proie à un tourbillon d’émotions contradictoires, Gabby se sentait aussi proche des larmes que la veille.
— Tu as eu de la chance, dit-elle d’une voix aussi désinvolte qu’elle le put.
Elle recula pour mettre un peu de distance entre eux. Une lueur de contrariété assombrit brièvement les yeux de Vinn.
— Tu ne m’invites pas à entrer pour fêter notre mariage imminent ? demanda-t-il. Je peux tout de suite enlever ma chemise, au cas où tu aurais de nouveau envie de me jeter ton verre à la figure…
Gabby pinça les lèvres.
— Je promets de ne rien te lancer à la figure si tu gardes tes suppositions insultantes pour toi, répliqua-t-elle en redressant le menton.
— Quelles suppositions ? dit-il d’un ton songeur.
Elle parcourut l’immense salon qui surplombait le port, et lui lança par-dessus l’épaule :
— Que veux-tu boire ? Nous avons toutes sortes d’alcool et du vin, ou même du champagne, si tu désires.
— Tu sais très bien ce que je désire, murmura-t-il en la rejoignant près du bar.
Gabby retint sa respiration tandis qu’il posait les mains sur ses épaules. Ce contact sur sa peau la brûlait comme une flamme, même à travers le coton de son chemisier. Elle percevait la puissance de son corps dans son dos. Que ressentirait-elle si elle se laissait aller dans ses bras ? Sentir la puissance de son corps contre le sien, ses mains glisser de ses épaules à sa poitrine, ses doigts caresser ses tétons durcis…
Elle ne l’aimait pas. Mais elle aurait menti en prétendant ne pas le désirer. Le magnétisme qui émanait de lui était ensorcelant. A présent encore, elle mourait d’envie de se retourner et de plonger son regard dans le sien, pour voir si son désir était aussi fort que le sien.
— Quel parfum portes-tu ? demanda-t-il en se rapprochant un peu plus d’elle.
Un frisson la parcourut tout entière lorsqu’elle sentit son menton contre son cou.
— Je… je ne me rappelle plus. Je l’ai depuis une éternité…, balbutia-t-elle.
Elle était incapable de réfléchir, comme si toutes les sensations de son corps court-circuitaient sa pensée.
— Il me fait penser à une nuit d’été, murmura-t-il à son oreille. Frangipane, jasmin et quelque chose d’autre.
Elle sentait le désir pulser entre ses cuisses serrées. Jusqu’à présent, elle avait tenu Vinn à distance en utilisant l’ironie, et elle s’était ainsi protégée. Mais que se passerait-il si son corps la trahissait totalement ? Devinait-il à quel point elle était proche de s’abandonner ?
Vinn fit pivoter la jeune femme sur elle-même, et lui prit les mains. Il vit son visage se fermer, comme si le fait qu’il la touche ne lui faisait ni chaud ni froid. Mais il sentait le léger tremblement de ses mains dans les siennes, il voyait la flamme dans ses yeux, ses lèvres légèrement entrouvertes…
Il avait envie de l’embrasser, de goûter la douceur de sa bouche, de sentir sa langue contre la sienne, jusqu’à ce qu’elle se rende. Il voulait la pousser contre le mur le plus proche et s’enfoncer en elle, sentir son corps enveloppé de sa chaleur soyeuse, la faire crier de plaisir.
Mais il lâcha ses mains et recula d’un pas.
— J’ai changé d’avis, dit-il. Je ne vais pas rester boire un verre avec toi. J’ai un rendez-vous ce soir et je ne veux pas conduire en état d’ébriété.
Elle fronça les sourcils.
— Tu n’as pas de chauffeur ?
— Pas tout le temps, répondit-il. Pas plus que je n’ai de femme de ménage à demeure. Par conséquent, j’espère que tu ne verras pas d’inconvénient à participer à la tenue de notre intérieur.
Elle plissa les paupières.
— Tu te moques de moi ?
— Pas du tout, ma chérie. Je prépare mes repas, et j’espère que tu feras de même.
— Mais tu es un milliardaire !
— Et alors ?
— Et alors, tu perds ton temps à des tâches subalternes alors que tu pourrais employer des gens pour ça ? Et te consacrer à ce que tu sais faire le mieux ?
— Il se trouve que j’aime cuisiner, répliqua-t-il avec un sourire narquois.
Elle avait été tellement dorlotée qu’elle n’avait aucune idée du monde qui l’entourait ! Cela lui ferait du bien de l’apprendre. Après cette expérience, elle y penserait à deux fois avant de traiter avec dédain ceux qui n’avaient pas eu la même chance qu’elle.
— Si tu crois une seule seconde que je vais laver ton linge et étendre tes caleçons, tu es encore plus fou que je le croyais ! s’écria-t-elle avec rage.
— La seule chose que j’attends de toi concernant mes caleçons, c’est que tu me les enlèves, rétorqua-t-il avec un sourire lascif.
Il la vit serrer les poings.
— Jamais je ne ferai une chose pareille !
Il éclata de rire et, avant d’être tenté d’embrasser la bouche pulpeuse de Gabby, il tourna les talons et sortit.
Longtemps après qu’il fut parti, Gaby faisait encore les cent pas dans le salon. En elle, la colère le disputait à la déception qu’elle ressentait parce qu’il n’était pas resté boire un verre.
Non, ce n’était pas vrai, pensa-t-elle en revenant vers le canapé. Ce qu’elle aurait voulu, c’est qu’il reste assez longtemps pour l’embrasser. Tout son corps criait de désir et d’attente. Mais il l’avait laissée en plan, et elle le détestait pour cela. Elle le détestait pour la façon dont il jouait au chat et à la souris avec elle, attendant le bon moment pour s’emparer d’elle.
Oui, elle le détestait.
Bon, ce n’était pas tout à fait vrai non plus, songea Gabby en se passant une main dans les cheveux. Et c’était là tout le problème. Elle ne savait pas ce qu’elle ressentait pour Vinn Venadicci, mais il s’agissait d’un sentiment un peu trop éloigné de la haine à son goût.