La somme de toutes nos larmes

Jean-Christophe Boccou · Chapitre 18 sur 41

Pages du PDF

La somme de toutes nos larmes

Chapitre 15

15

 

 

Arrondissement de Croix-des-Bouquets, Haïti

18° 35′ 00′′ N 72° 14′ 21′′ W

 

Mathias Schaeffer avala sa bière d’un trait. La chaleur au-dehors était insupportable depuis plusieurs semaines et la ville tout entière bouillonnait sous une chape en fusion. Il vint se poster à la fenêtre de son bureau de Croix-des-Bouquets et tenta de se persuader qu’il avait rêvé la conversation qu’il venait d’avoir avec Esther.

Sa voix. C’était ça, le plus compliqué. Il ne l’avait jamais oubliée. Il en connaissait toutes les nuances, toutes les inflexions. Ce ton qu’elle prenait quand il la rendait folle de rage ou quand il la faisait rire aux éclats. Ils ne s’étaient plus parlé depuis longtemps, mais la voix d’Esther pouvait encore griffer son âme.

Il attrapa sa veste de treillis et sortit se dégourdir les jambes dans les ruelles cariées qui ceinturaient les locaux de Digicel, l’opérateur téléphonique haïtien pour lequel il travaillait depuis sa démission de son poste d’officier de sécurité pour les Nations unies. Il traversa quelques quartiers délabrés, un pétard aux lèvres, puis il obliqua vers l’avenue Louverture.

Son esprit fourmillait de flashs d’images et de sons du passé, alors qu’il se rapprochait des locaux de la Direction centrale de la police judiciaire. Il pensait à Esther et à ce jour où il l’avait rencontrée. Ce jour qui avait changé sa vie.

 

Son poing rageur martelait la portière du Land Cruiser.

— Bougez-vous, bordel ! gueulait-il à la foule de badauds qui lui coupaient la route sans lui prêter la moindre attention.

Il était en retard pour la patrouille de fin de matinée et Niko allait encore lui tomber dessus. Il porta une cigarette à ses lèvres et prit son mal en patience. Personne ne bougerait plus vite pour laisser passer un véhicule blindé de la Minustah. La population de Cité Soleil s’en foutait complètement.

Mathias alluma la radio et écouta les infos locales d’une oreille distraite. On avait retrouvé trois corps dans le bidonville de Martissant en fin de matinée. Le présentateur évoquait un lynchage public, mais le mode d’exécution suggérait la mise à mort d’une bande de mouchards. Les types avaient été abattus d’une balle dans la bouche ; et les corps, laissés à l’air libre toute la journée sans que personne ne puisse s’en approcher, mis à part les flics de la PNH – la Police nationale haïtienne –, qui veillaient à ce que tout le monde voie les cadavres, y compris les familles des victimes. Et pour cause, soupira Mathias pour lui-même. Encore des flics pourris à la solde des gangs. C’était probablement eux qui avaient tué ces hommes.

Il baissa le son et fit un signe de tête au chauffeur d’un pick-up déglingué qui se frayait lui aussi un chemin à travers la foule. Agglutinés à l’arrière du véhicule, les membres d’un gang de Chimères signalaient leur présence en tirant en l’air des rafales de fusil-mitrailleur.

L’unité de patrouille et d’intervention de Mathias avait été créée pour protéger le personnel civil des Nations unies contre les Chimères d’Aristide. Personne à Port-au-Prince n’était aussi redouté que ces gangs de gamins des bidonvilles à la solde de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, qui avait fait d’eux sa milice privée ainsi que le bras armé de son parti politique : Lavalas. Tous vénéraient l’ancien président et étaient prêts à mourir pour lui, même après sa destitution et son départ d’Haïti en 2004.

Les gangs de Chimères passaient leurs journées à arpenter les rues du bidonville, s’arrêtant à intervalles réguliers pour prendre des nouvelles de certains habitants, distribuer des billets à d’autres, se payant leur loyauté et l’assurance qu’ils leur rapporteraient les moindres faits et gestes des gangs de Martissant ou de Village-de-Dieu. Trafics, meurtres, extorsion, les Chimères continuaient à faire régner la terreur dans le pays et à combattre les ennemis de leur président en exil : les Casques bleus de la Minustah.

Mathias et ses hommes avaient la chance de ne pas porter d’autre uniforme qu’un gilet pare-balles, mais leur 4 x 4 blindé était connu de tous à Cité Soleil.

Il se gara devant un étal de fortune installé à même le sol sous un toit de tôle ondulée. Assis sur une chaise de paille, son coéquipier expira vers lui une volute chargée de marijuana.

— Yo, Niko ! C’est l’heure de faire brûler les caoutchoucs, dit Mathias en s’esclaffant.

L’homme leva le nez au ciel et fit claquer d’un geste nerveux la culasse de la mitraillette MP5 qu’il tenait sur ses genoux. Il détestait cette expression utilisée par les Chimères quand ils mettaient le feu à des pneus pour barrer des routes ou créer des émeutes de manière à bien faire comprendre aux flics et aux Casques bleus qu’ils étaient les seuls maîtres du territoire.

— T’es à la bourre, lâcha-t-il en s’affalant sur le siège passager.

— Il est seulement midi, répondit Mathias avec ironie avant de lui prendre le pétard des mains.

Ils commencèrent à rouler au pas dans les rues de Cité Soleil, le regard braqué sur un groupe d’hommes qui picolaient en jouant aux cartes au coin de la rue.

— Qu’est-ce qu’ils foutent, ceux-là ? s’écria soudain Niko en désignant deux silhouettes qui en traînaient une autre le long d’un mur criblé d’impacts de balle et de tags à la gloire de Jésus.

Mathias mit sa main en visière et attendit que ses yeux s’accommodent. Il connaissait ces types.

— C’est Tobias et Jean-René, des Chimères du gang de Sixpack. Ils ont attrapé une Blanche.

Niko braqua le canon de son MP5 sous le nez de Mathias et pointa les deux hommes qui se dirigeaient vers une bicoque délabrée en traînant par les cheveux une jeune femme aux cheveux orange. Mathias stoppa net le véhicule et ouvrit la portière en dégainant le Glock 17 qu’il planquait sous sa chemise hawaïenne. Niko l’attrapa par l’épaule.

— Tu joues à quoi ? On est sur le territoire de Sixpack.

— On est peut-être sur le territoire de Sixpack, mais ils s’apprêtent à s’en prendre à une Blanche. Continue à patrouiller, si tu veux. Je vais m’occuper de ça.

Niko hocha la tête en regardant Mathias s’éloigner vers la baraque de tôle recuite par le soleil et la crasse. Il le rejoignit en maugréant :

— C’est de la folie, d’y aller seul.

Les yeux de Mathias passèrent de son ami à la cabane de tôle où venaient de disparaître les deux Chimères et leur victime.

— Elle me plaît bien, cette fille, dit-il en souriant à Niko, qui fulminait dans son dos.

Ils avancèrent épaule contre épaule jusqu’à l’entrée de la cabane. Niko colla une oreille contre la porte. Il perçut d’abord des gémissements, puis une plainte, puis des cris, qui se juxtaposèrent bientôt pour devenir un hurlement de terreur pure.

Il défonça la porte d’un coup de ranger et se rua dans la pièce délabrée, suivi par Mathias. Au centre, une jeune femme complètement nue était allongée sur une paillasse, pieds et poings liés. Niko admira un instant son beau visage couvert de sang qui tressaillait de droite à gauche comme pour lui envoyer un signal, qu’il perçut trop tard.

Le premier coup de batte s’abattit sur le canon de son fusil-mitrailleur, qui vola à l’autre bout de la pièce alors que le suivant lui faisait exploser le visage.

Mathias se jeta à l’intérieur et roula sur lui-même, braquant son Glock sur l’un des hommes, qui le pointait d’un index menaçant.

— Lâche ton arme, monsieur ONU, sinon, on achève ton pote.

L’autre Chimère était accroupi devant le corps inanimé de Niko et lui plantait le canon d’un 38 dans la joue.

Mathias balança son Glock sur le matelas où se tenait la fille. Il se redressa en mettant les mains sur sa tête.

— On peut éviter ça, les gars. On n’est pas là pour vos trafics de came, on veut juste récupérer la fille.

Les deux Chimères s’observèrent un instant et éclatèrent de rire.

— Tu te crois où, toi ? C’est Soleil 12, ici, c’est le territoire de Sixpack. Qu’est-ce que tu as dans le crâne ?

L’homme n’attendit pas la réponse de Mathias et sortit un couteau à cran d’arrêt de sa poche. Son regard se fit glacial.

— Tu sais quoi ? Je vais le fouiller, ton crâne. On va bien voir ce qu’il y a dedans ! aboya-t-il. Jean-René ! Tiens-moi ce chien pendant que je le scalpe.

Mathias aurait voulu hurler alors que le fil de la lame crantée lardait les contours de son cuir chevelu et découpait son front comme une simple boîte de conserve. Un sang chaud s’écoula du sommet de sa tête et troubla sa vision dans un rideau de pourpre qui rendait la scène encore plus surréaliste. Il allait enfin s’évanouir quand un coup de feu claqua dans la pièce. Le visage de Jean-René disparut dans un fracas de sang et d’os qui aspergea les murs de tôle. Une deuxième balle emporta la mâchoire de Tobias, qui s’affaissa sur le sol et entraîna Mathias dans sa chute. Quand enfin il releva les yeux, il la découvrit qui braquait sur lui le canon encore fumant de son Glock. Il détailla l’ovale de son beau visage couvert de sang. Les lueurs pâles de sa peau aux reflets de lune de printemps, sa coupe de cheveux au carré, d’un orange violent tel qu’il n’en avait encore jamais vu sur cette île de malheur. Il ne tomba pas amoureux d’elle. Il l’aimait déjà, tout simplement.

Il se frotta le visage dans les mains et se redressa maladroitement sur un coude. Elle ne bougeait pas, le regard noir, les phalanges verrouillées sur la crosse de l’arme qu’elle braquait toujours sur lui en tremblant comme une feuille.

— Je… Je m’appelle Mathias, je travaille pour les Nations unies. Je ne suis pas votre ennemi. Je suis venu pour vous aider.

Les traits de la jeune femme se détendirent un peu. Elle pencha la tête sur le côté puis le fixa intensément pendant quelques secondes, détaillant le crâne tailladé de son sauveur. Elle lui envoya un sourire presque moqueur.

— Moi, c’est Esther, et je ne suis pas sûre d’être la seule à avoir besoin d’aide dans cette pièce.

 

Mathias écrasa son mégot au pied d’une des motos cross qui équipaient les flics de la PNH et pénétra dans le bâtiment bleu et blanc de l’ULCS – l’Unité de lutte contre les crimes sexuels.

Les locaux flambant neufs avaient été inaugurés en 2018, et les flics haïtiens disposaient désormais d’un large espace composé d’une douzaine de bureaux et de salles de conférences, le tout financé par des fonds norvégiens. Mathias salua les fonctionnaires de l’accueil et grimpa les étages sans qu’on lui pose la moindre question. Tous connaissaient Mathias Schaeffer, dans le bâtiment. Et tout le monde savait aussi qu’il était le meilleur ami du directeur de l’ULCS.

Il entendit Niko brailler derrière la porte de son bureau et entra sans frapper. Le visage de l’ancien Casque bleu était noyé dans un halo de fumée brune. Il baragouina encore quelques insultes, puis écrasa le mégot de son cigare dans un cendrier en inox comme s’il le plantait dans l’œil de son interlocuteur. Mathias s’installa dans le fauteuil où son ancien coéquipier avait l’habitude de faire ses siestes et attendit tranquillement que le combiné du téléphone se fracasse sur sa base.

Niko leva les yeux vers lui et lui adressa un large sourire de rage contenue.

— Sale journée ? hasarda Mathias.

— À ton avis, mon pote ? Bref, on boit un coup !

Mathias opina alors que Niko sortait deux verres et une bouteille de Jack Daniel’s d’un tiroir de son bureau.

— Qu’est-ce qui t’amène ?

— Esther vient de m’appeler.

Le visage du flic s’assombrit soudain. La séparation entre Esther et Mathias avait été un moment compliqué et douloureux pour son ami, mais Niko avait toujours été là pour lui. Il se frotta la barbe en marmonnant. Il n’avait pas vraiment de temps pour une énième séance de consolation.

— Ce n’est pas ce que tu crois, ajouta Mathias. Elle veut que je lui trouve des renseignements sur un dénommé Daniel Janssen, un type qui a servi chez les paras en tant qu’aumônier de guerre. Il a été en poste à Port-au-Prince au début des années 2000.

Niko avala son verre et rota bruyamment.

— C’est un commissariat, ici, Mathias, pas un bureau de renseignement. Il faisait partie de la Minustah, ton padre ? C’est plutôt de ce côté-là qu’il faut fouiller, si tu veux mon avis.

— Justement, c’est ce qui m’amène. Tu connais toujours du monde au siège de l’ONU ?

Le flic plissa les yeux et réfléchit un instant.

— Je suis resté en contact avec Véra Atkins.

Mathias hocha la tête ; il ne connaissait pas de Véra.

— Tu avais déjà quitté la Minustah quand elle est arrivée ici comme secrétaire du responsable sécurité du secteur ouest. On a eu une petite histoire, tous les deux, rien de sérieux. Elle est repartie bosser au siège à New York, mais je pense qu’elle peut te trouver des infos. À condition que ton padre figure quelque part dans les archives, évidemment. Il a fait quoi, ce Daniel Janssen ?

Mathias lui répéta mot pour mot ce que lui avait raconté Esther une heure plus tôt.

— Bon. Un ancien aumônier militaire zombifié par un tueur psychopathe qui porte un masque de sorcier vaudou. Ce sera tout ? fit Niko en ricanant.

— Le flic français qui est venu voir Esther pense que tout est lié au passé militaire de Janssen. Je pense que ça mérite d’être creusé.

Le flic se redressa sur sa chaise et se massa le nez en repensant au coup de batte qui l’avait envoyé valdinguer à l’autre bout d’une cabane de tôle quelques années auparavant. Ce jour où Esther leur avait sauvé la vie à tous les deux.

— J’appelle Véra et je te tiens au courant.

OceanofPDF.com

18° 47′ 59′′ N 72° 49′ 35′′ W

 

Nous sommes arrivés pile à l’heure le mercredi suivant. Zéphyr avait caché le téléphone des soldats à côté du trou secret où nous remplissions d’eau les calebasses. Nous sommes passés le récupérer en longeant discrètement la maison de Marinette et nous nous sommes enfoncés dans la forêt.

Son père avait fait semblant de croire à son histoire quand il lui avait dit qu’il était tombé de la mule sur le chemin du retour. Il s’était contenté de lever les yeux au ciel et avait rincé la plaie à l’eau fraîche, mais je sentais bien qu’il n’était pas dupe, même s’il nous a laissés repartir le lendemain sans nous poser de questions.

Le ciel était limpide quand nous avons aperçu la piste d’atterrissage. Zéphyr s’est assis sur une pierre et il a scruté les environs d’un air concentré. Il n’avait pas l’air plus nerveux que ça à l’idée de revoir les Lougawous. Je me souviens avoir pensé qu’il ne l’était pas suffisamment. J’aurais pu lui faire comprendre que nous n’avions rien à faire ici, mais il ne m’aurait pas écouté, de toute façon. Ces soldats étaient dangereux, capables du pire, mais lui restait là à mâchouiller son brin d’herbe comme si nous attendions d’autres enfants pour aller jouer au foot.

Quand le ciel a soudain vrombi au son des pales du bimoteur, il s’est relevé et s’est dressé face au vent en me faisant signe de le suivre. Nous avons marché à découvert jusqu’à la piste de fortune. Je me tenais un peu derrière lui, histoire de surveiller nos arrières. Mais Zéphyr s’en fichait, occupé qu’il était à dévorer des yeux la carlingue tremblante de l’avion qui se posait sur le sol dans un fracas de caillasse pulvérisée.

Les Lougawous se sont extirpés de l’avion, et celui qui était leur chef est venu à notre rencontre en tenant son chapeau sur sa tête pour l’empêcher de s’envoler. Il sentait mauvais.

— Salut, le petit cafard ! a-t-il lancé joyeusement à Zéphyr, qui soutenait son regard. Pas d’espions en vue ?

C’est moi qu’il observait quand il a dit ça. J’ai reculé de quelques pas. Je n’aimais pas cet homme.

Zéphyr lui a répondu non de la tête, plus occupé à observer les quatre autres qui empilaient de lourdes caisses de bois les unes sur les autres.

— C’est quoi, ça ? a demandé Zéphyr à Kœnig.

L’homme a attrapé la gourde qu’il portait à la ceinture et s’est enfilé une bonne rasade avant de se frotter la bouche en rotant.

— Vaut mieux pas que tu le saches, petit. Mais tu vas quand même nous aider à porter la cargaison jusqu’à notre planque.

Un autre soldat nous avait rejoints. Il était tout rouge à force de porter ces satanées caisses. Lui aussi, il sentait mauvais.

— Oh ! Kœnig, tu déconnes ou quoi ? Tu le laisses en vie et tu veux en plus lui montrer notre planque ?

Kœnig a levé la main pour faire taire son complice.

— Ferme-la, Novak, et contente-toi d’aller ouvrir la trappe. Demande à Dapper de te filer un coup de main. Le gamin, c’est mon problème.

Celui qui s’appelait Novak a marmonné quelque chose dans sa barbe, puis il s’est dirigé vers le bord de la piste et a soulevé une bâche jaunie qui cachait une trappe de bois. Il a sorti une clé de sa poche et a déverrouillé le gros cadenas qui sécurisait la cache. Kœnig s’est mis à aboyer en direction des autres :

— Janssen, Dapper ! Bougez-vous le cul. On va pas y passer la journée.

Ils s’y sont mis à trois et la trappe s’est ouverte d’un coup. Nous nous sommes approchés pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur.

Rien que des caisses en bois. Des dizaines de caisses, empilées les unes sur les autres. Une fois l’avion vidé de sa mystérieuse cargaison, Kœnig est allé voir le pilote. Je me souviens qu’il était immense, une bonne tête de plus que les autres. Je me suis demandé comment quelqu’un d’aussi grand pouvait rentrer dans un avion aussi petit.

Donatien, il s’appelait.

— Je viens d’avoir mon cousin au téléphone. Il vous attend dans la baie avec le zodiac, a-t-il dit.

Kœnig a fait signe aux autres de refermer la cachette et ils se sont regroupés autour de nous. C’est à ce moment que j’ai compris que la mauvaise odeur ne venait pas d’eux mais de quelque chose qui pourrissait à l’intérieur du cockpit.

— OK, les gars, on rentre à Port-au-Prince. Donatien, tu redécolles tout de suite, route habituelle, et tu me fais ton rapport à ton retour en ville.

Puis il s’est baissé vers nous.

— Toi, le petit cafard, on se revoit mercredi prochain. Même heure, même endroit.

Zéphyr ne lui a pas répondu. Il a juste hoché la tête en lui lançant un regard qui ne m’a pas plu. Pas plu du tout.

C’était le regard de quelqu’un qui a une idée derrière la tête.

OceanofPDF.com