L'appel du bout du monde
Conclusion
La vie, ça demande du courage et des sauts dans l’inconnu.
WALTER MITTY
On m’a un jour conseillé : « Partage ton voyage. Il n’est pas censé changer uniquement ta vie ! » Comme tu as pu le lire, je n’ai pas cherché à idéaliser en te faisant croire que l’herbe était plus verte ailleurs ou en te présentant une version édulcorée de ces années de voyage. Le voyage m’a offert des moments extraordinaires et des souvenirs impérissables, j’ai vu les merveilles de notre planète et des paysages dont je n’avais pas soupçonné l’existence. Je n’ai pourtant pas vu que de belles choses : j’ai aussi vu la misère, la haine et le désespoir. Le voyage a brisé mon couple mais il m’a surtout construite et fait comprendre qui j’étais vraiment. Dans les moments difficiles, il m’est arrivé de me dire : « On m’a menti, l’aventure, c’est le mot romantique pour parler de galère ! » Mais j’ai (presque) toujours réussi à transformer mes galères en aventures humaines hors norme en osant demander de l’aide.
J’aurais pu ne pas te parler de la désertion (je déteste ce mot qui ne m’a jamais paru adapté à ma situation), de la rupture ou de mes erreurs… Je me suis beaucoup questionnée sur l’axe à donner à ce livre : est-ce que j’embellis l’histoire, est-ce que je romance pour faire rêver ou au contraire suis-je honnête en racontant aussi le côté moins gai ? J’ai choisi la seconde option, même si elle n’est pas la plus rose, car c’est la vérité. J’ai voulu être transparente en te racontant toute l’histoire, en te faisant confiance, en me disant que tu allais me comprendre après avoir lu ce livre, et aussi parce que je suis fière de mon parcours et de chacune des étapes qui ont jalonné mon existence.
Le voyage est devenu mon mode de vie, avec ses hauts et ses bas, ses victoires et ses défaites, ses moments de bonheur et de tristesse. J’ai essayé d’être honnête avec toi en racontant tout ce qu’il peut y avoir de merveilleux mais aussi parfois de tragique durant un tour du monde, comme la perte d’un proche à distance ou l’incompréhension puis la rupture au sein du couple. Ce sont finalement les risques que j’ai assumé de prendre en partant, et ces moments difficiles ont de loin été contrebalancés par tant de moments magiques ! On s’ennuierait si la vie était trop simple, n’est-ce pas ? Tout n’a pas toujours été un conte de fées mais le jeu en valait la chandelle. Comme le dit si bien Gandhi : « La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre. »
Ces dernières années, j’ai été auprès de mes proches pour les moments marquants mais jamais pour le quotidien et la banalité. Je voulais tout vivre, tester toutes les possibilités, tout expérimenter. Je ne me suis pas posée par envie et par besoin de nouveaux horizons mais peut-être aussi par peur de rester, par crainte de ne pas être aimée pour celle que je suis vraiment. Pendant quatre ans, j’ai arpenté ce que j’aime appeler les « chemins de la bonté » car j’ai découvert sur la route que ce sont les actes désintéressés qui nous rendent le plus heureux et, finalement, le plus humain. J’ai appris à avoir foi en l’autre et à ne pas avoir peur des inconnus. L’humanité, ce sont les liens qui nous relient, la gentillesse et la bienveillance comptent parmi les valeurs les plus importantes. Si je n’ai qu’une chose à retenir de ces dernières années, c’est que 99,9 % des hommes sont bons et aspirent à la même chose : être heureux, en bonne santé, en sécurité, et prendre soin de leurs proches. N’écoute pas trop les médias qui dressent des barrières plutôt que des ponts entre les hommes et prends du recul par rapport aux informations. Voyager redonne foi en l’humanité et, comme le dit Averroès, « l’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence ».
Je suis convaincue de la véracité de ces propos, alors laissons une chance à l’autre et faisons le premier pas pour le rencontrer et nous sentir citoyens du monde, connectés à la richesse de la diversité des cultures… N’oublie jamais que tu es l’écrivain du livre de ta vie ! Que ton rêve soit d’arpenter le globe, de traverser un océan à la voile, d’ouvrir un restaurant, d’avoir ta propre association ou n’importe quel projet que ton entourage pourrait juger farfelu, tu tiens les clefs de ton propre destin. Toi et personne d’autre !
La vie ne compte que 30 000 jours en moyenne (si tu as la chance de vivre jusqu’à l’âge de quatre-vingt-deux ans), alors il faut vivre sans perdre une seconde. Fais de ton mieux pour t’entourer des bonnes personnes, celles qui t’offrent une aura positive, une énergie qui te fera avancer en te tirant vers le haut. Ne regarde pas trop loin, fixe-toi des objectifs réalistes et réalisables car il faut manger l’éléphant morceau par morceau pour en venir à bout. Fonce vers ton vrai rêve sans trop envisager les plans B. Et si ça te fait trop peur, pense qu’il n’y a pas de différence physique entre la peur et l’excitation : ton rythme cardiaque s’accélère, ta peau devient moite, tes mains se mettent à trembler… mais il s’agit de te convaincre que ces sensations ne sont que de l’excitation, du positif, pour que ça le devienne vraiment ! Puisqu’on ne peut pas expliquer certaines choses qui ne peuvent que se vivre, j’espère de tout mon cœur que tu vas te lancer à ton tour vers tes rêves. Offre-toi ce cadeau et cette chance de les réaliser, quelle que soit la somme de travail que cela implique.
À travers ce livre, l’aventure se poursuit grâce à la transmission. Mes souvenirs débordaient et il me fallait les ancrer. Je me suis inspirée et nourrie de toutes les personnes dont j’ai croisé la route et j’espère encourager à mon tour, ne serait-ce qu’une personne, à réaliser ses rêves. Tout est possible si tu te fais confiance et que tu oses sauter le pas. Le voyage initiatique, celui qui te transforme et qui change ta façon d’être, de vivre et de penser, ce voyage-là se vit et s’appréhende à sa façon. Voyager, surtout en solo, m’a donné des ailes et une force que je n’aurais pas soupçonnée. Cela m’a fait comprendre que nous avons trois maisons : notre corps, notre esprit et la planète Terre, et nous devons prendre soin des trois.
Un sage m’a dit un jour : « Rappelle-toi que la dernière chose que tu vois sur un arbre fruitier, c’est le fruit. On ne peut pas le goûter le jour où on a planté la graine. Il faut avoir foi en soi et être patient. » Le voyage et la prise de risque m’ont appris une leçon fondamentale : c’est lorsque tu n’as plus rien que tu es le plus créatif, le plus ambitieux. Tu n’as de toute façon plus rien à perdre alors tu te permets de rêver en grand.
La mondialisation, l’acculturation et la paupérisation font peur. Nos différences culturelles sont notre richesse et il faut faire de notre mieux pour qu’elles ne soient jamais gommées par l’uniformisation des modes de vie à travers le monde. Il est de notre devoir de tout faire pour les préserver. La diversité des habitants du monde en fait sa beauté. Préserver notre planète, prendre du recul sur les médias, développer un esprit critique, ne pas avoir de stéréotypes ou de jugements trop rapides sont les leçons que j’ai tirées. J’ai appris que tous les hommes et toutes les femmes sur Terre, malgré le fait qu’on veuille insister sur les différences de cultures, de races ou de religions, sont les mêmes et rêvent globalement des mêmes choses.
Je n’en suis encore qu’aux prémices de ma vie d’aventure. De voyageuse, j’aimerais un jour devenir aventurière et avoir le courage d’expérimenter ce qui n’a pas encore été tenté et faire un jour partie de ces femmes exploratrices qui ont été des précurseures comme Alexandra David-Néel qui fut la première femme d’origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet en 1924 (ce qui était alors interdit), Annie Kopchovsky qui fut la première femme à réaliser un tour du monde à vélo, Junko Tabei qui fut la première femme à gravir l’Everest, ou encore Mae Jemison, la première femme astronaute noire dans l’espace. J’ai une immense admiration pour ces femmes qui ont su se distinguer par leur audace, leur adresse et leur habileté, à une époque où la gent féminine était cantonnée aux foyers. Sois de ceux qui sortent des sentiers battus ! L’impossible n’est pas définitif, il n’est impossible que jusqu’au moment où tu trouves un moyen de le rendre possible. N’oublie pas que si tes rêves ne te font pas (assez) peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands.
Depuis toujours, je me sentais appelée par mon destin, par ce qui faisait du sens pour moi : partir découvrir le monde. J’avais la sensation de tourner en rond dans mon bocal à Paris et j’ai voulu en sortir pour plonger dans l’océan… Pendant cette épopée, j’ai rencontré mes démons : la peur, la solitude, les doutes. Mais j’ai aussi rencontré la bonté des inconnus. Inconnus devenus amis, aux histoires et aux destins parfois opposés mais aux aspirations communes. L’unité dans la diversité. Prendre le temps d’aller à la rencontre de l’autre m’a fait réfléchir à la personne que je voulais devenir. Quel exemple suivre ? Qui prendre pour modèle ? J’ai souvent dû remettre en question mes certitudes, mes évidences au contact des autres. À leur côté, j’ai appris la résilience, le courage, la générosité… mais aussi l’humilité en demandant parfois de l’aide. En reconnaissant que nous avons besoin de l’autre, nous nous mettons à nu, à la merci de sa décision, mais nous sommes aussi si vivants ! J’ai dû apprendre à gérer la solitude. Même si elle m’effrayait, je savais que je ne voulais pas avoir peur de la seule personne avec qui j’allais être coincée toute ma vie : moi-même.
Nous avons souvent tendance à nous autocensurer car nous projetons nos peurs, nos doutes ou nos jugements sur les autres en nous dévalorisant : suis-je à ma place ? Suis-je légitime ? Pourtant, quand nous osons nous faire confiance, un nouvel horizon s’offre à nous. Si, un jour, tu as envie de tenter quelque chose de nouveau, emprunte cette voie qui t’attire même si tu te dis que ce n’est pas ce qu’on attend de toi… Malgré le bruit qu’il y a autour de toi, garde en tête tes rêves et n’écoute que le silence que tu as au plus profond de toi, suis tes intuitions car tu ne peux être heureux que si tes actions sont en accord avec tes pensées et si tu es en phase avec tes valeurs profondes.
Mon histoire est banale, j’ai simplement pris un jour une décision à la fois terrifiante et incroyablement excitante, décision qui a été un tournant dans ma vie. Je me demande souvent ce que serait mon existence si je n’étais pas partie mais je ne regrette rien… Je ne voulais pas cligner des yeux un jour et me rendre compte que ma vie avait filé sans que je vive vraiment. Je voulais me tester, sortir de ma zone de confort, voir de quoi j’étais capable. J’avais, et j’ai toujours, une véritable phobie de la routine. Elle est l’ennemi de notre bien le plus précieux : le temps, qu’elle fait disparaître en un claquement de doigts.
Qu’est-ce qui rend la vie digne d’être vécue ? Réussir sa vie n’exclut ni la faille, ni l’erreur, ni les tâtonnements. Prendre un risque, c’est déjà une victoire en soi, même si une chute s’ensuit. Et si l’on tombe, savoir se relever est la plus belle des réussites, la plus grande des victoires… Fais confiance à la vie et n’aie pas peur de l’inconnu. Si tu as la capacité de vivre avec des incertitudes, tu atteindras le bonheur plus facilement ! Et bien sûr, l’amour rend la vie plus belle : j’ai remarqué que le monde est rempli de personnes seules qui n’ont pas osé faire le premier pas, alors n’attends pas pour aimer passionnément et crier ton amour car la vie sourit aux audacieux !
Ne prévois pas trop, dans ta vie comme en voyage, laisse de la place à l’imprévu car quand rien n’est prévu, tout est possible… Voyage, ouvre ton cœur, ton âme et ton esprit à ce qui t’est étranger. N’hésite pas non plus à suivre ton cœur s’il te dit un jour que l’heure de rentrer est arrivée.
Dans ce monde où nous pouvons décider d’être qui nous voulons, choisissons d’être bons car la gentillesse est contagieuse et fait souvent effet boule de neige. Le sourire en est la première démonstration, c’est un langage universel qui va au-delà des races, des passés, des cultures et des traditions. Essaie, tu verras ! N’oublie jamais de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour réaliser tes rêves, dans le respect des autres et de la nature. Si tu devais t’écrire une lettre à toi-même, que tu lirais dans dix ans, que te dirais-tu ? Définis tes priorités et ne perds pas de vue ce fil rouge pour devenir la meilleure version de toi-même. Crois en toi, ton destin n'attend que toi…
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Duquesne Justine