Le livre des rêves [Trad Philippe Mikriammos 2022]
Rêves en mer
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JE SUIS DANS MA CHAMBRE de Sarah Avenue, de retour d’un boulot quelconque, soir --- Maman est en bas dans la cuisine où elle fait marcher la radio --- C’est un événement sportif où toutes les lycéennes rebelles sont allées pour dire de taper des mains dans un grand unisson rythmique --- plus fort, plus fort, plus fou, plus effrayant --- qui hante mon somme dans la chambre sombre au bureau vert de Gérard --- (dormant sur un lit de camp sur le pont dans le Pacifique) --- Maman monte pour allumer ma lumière ---pour bavarder --- seuls dans la maison spectrale --- Les pauvres filles cinglées ne trouvent pas d’hommes qui dorment toujours chez leur mère, me souviens-je d’avoir pensé ---
Ensuite c’est un étrange San Luis Obispo, bonshommes, filles, salles, événements, meurtre soudain ou découverte d’un meurtre --- je marche dans la rue avec un type --- plus tard je détruis des preuves, je jette des choses ---trie des objets --- horreur immémoriale mais cela arrive tout le temps.
MAMAN ET NIN ET MOI habitons à nouveau la maison de Sarah Avenue, j’avance dans Sarah, entre dans la maison d’Alice où tous sont réunis --- Alice a agrandi et amélioré sa maison --- grands tapis épais, meubles, sapin de Noël comme d’habitude ---
JE PORTE LE PETIT LUKE ou le petit Tim dans mes bras, des enfants de l’hôtel Liverpool spectral et gris s’acharnent autour de moi, essayent de l’atteindre pour le mettre en pièces à la suite d’un crime indéfinissable, pendant que je le tiens en l’air à bout de bras il me suce le nez — les femmes sont là, mais il y a un pugilat quelconque, ou une manifestation, un gros avion vient de décoller de Cow Field — il fait nuit — je tiens le bébé, il gigote, se débat, il continue à me sucer le nez —
DANS LA VRAIE DOUCE-NUIT DE FRISCO du Chinatown d’Al Damlette plus tard je suis avec Irwin Garden --- nous marchons vers sa piaule en bavardant --- il est plus sombre et plus vieux --- il y a des implications --- des filles --- c’est le même Frisco dramatique de Charley Low, rues nocturnes et à présent avec une authentique tristesse gardénienne qui remplace la joyeuse spectralité blanche du début ---
LE GOSSE JUIF DE HORACE MANN COMPLÈTEMENT FOU — Un humour fantastique — dans mon passé de rêve il me semble que je le connais — il était très farouche et très intéressant — j’étais chez une fille, l’appartement new-yorkais d’une Juive très riche — il était venu pour faire la cour à la sœur — elle ne voulait pas de lui, mais il la baratinait — invraisemblable les trucs qu’il lui racontait — il m’a envoyé quelques lettres — je connaissais son drôle de père — mais il se passait tant de choses en ce temps-là, je n’avais guère l’occasion de lui répondre et au bout de quelques mois je l’ai laissé tomber dans la bousculade des événements — dans la vie réelle je ne l’ai pas connu — sauf un mélange de Musselman à l’asile, et des petits gros pleins d’esprit genre Horace Mann — mais celui-ci était net, vrai, très présent — l’esprit invente en Dieu — c’était un obsédé sexuel — il baratinait la sœur d’une manière très suggestive, mais de telle sorte qu’elle ne puisse pas le coincer — et trop rapide et complexe pour qu’elle le comprenne tout à fait — moi je suis là, je me dis « quel mec étonnant — un jour il sera producteur — je devrais être stupéfié par l’éternité de son âme énorme, complexe et hilare » — Marty Churchill, le jeune Blatberg — Ah inévitable —